[ Clos ] La Lance et le Bouclier [Solo 1/2]

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[ Clos ] La Lance et le Bouclier [Solo 1/2]

Message par Velusia Varam le Mar 28 Déc 2010 - 14:55

[Rp solitaire en deux parties [1/2] ]
Contrainte n°5 : Faire intervenir un objet particulier.

Il s’était écoulé plusieurs semaines depuis que son supérieur lui avait ordonné de prendre une permission, jusqu’à ce qu’elle ne se sente mieux. Se sentait-elle mieux ? Velusia n’aurait su dire, mais différentes rencontres lui avaient prendre conscience de certaines choses. Ce n’était peut-être que des faits évidents ou peu de choses, mais c’était là ce qu’avait oublié Velusia depuis longtemps. Entre autre l’innocence, vouloir découvrir le monde et faire les choses pour soi-même. La jeune femme n’avait jamais agit que pour son pays et si du temps de son frère, elle savait se poser et baisser les armes, elle avait comme oublié que c’était possible depuis. Comment pouvait-on oublier de telles choses ? Les guerres, les champs de batailles, les pertes humaines et animales… Les horreurs qu’elle avait rencontré avaient prit trop de place dans sa vie et rien n’était venu pour combler le vide laissé par la mort de ses anciens compagnons et celle de son frère. C’était sans doute pour combler ce vide qu’elle avait agit ainsi, qu’elle avait oublié sa propre vie pour s’investir dans la défense du pays. Seulement maintenant, elle s’en rendait compte.  Rien ne pourrait jamais remplacer ceux qui étaient morts, pourtant, elle ne pouvait laisser ce trou béant plus longtemps. Mais que pouvait-elle bien y mettre ? Elle ne voulait pas revivre ses pertes. C’est pour cela qu’elle ne voulait plus de pokémons. Au final, elle n’avait pas su dresser et protéger suffisamment bien ces derniers, leur mort était son erreur. Une erreur qu’elle n’était pas prête de refaire. Paradoxalement, il y avait cet œuf qu’elle avait toujours. Il était là depuis tellement longtemps, et sans avoir jamais montré signe de vie qu’il devait être mort depuis longtemps. Le dernier héritage de son frère. Héritage mort avec lui. Elle ne le garderait pas beaucoup plus longtemps, elle ne pouvait garder un œuf qui n’avait aucune chance d’éclore un jour. Alors a quoi bon ? Mais c’était une décision plus difficile qu’il n’y paraissait, Velusia connaissait son frère par cœur, il avait toujours eut à cœur de lui trouver des pokémons exceptionnels. Pas tant pour leur espèce ou leur type que des qualités rares. Elle avait eut des exemples de courage et de loyauté, comme on en trouvait rarement. Des pokémons exceptionnels. Mais cela n’avait pas suffit, elle avait faillit à sa tâche, comment pourrait-elle élever un nouveau pokémon et le regarder en face en sachant que ses prédécesseurs étaient morts ? Elle ne le pourrait pas. Son cher frère le lui avait offert. Il avait toujours été là pour elle, depuis leur plus petite enfance. Pourquoi s’était-il donné tant de mal pour elle ? Alors que finalement, elle était certaine de l’avoir terriblement déçut ? Pire que cela, elle s’était montrée indigne de sa confiance. Alors qu’il l’avait toujours portée en haute estime. Il l’avait surestimée. Si seulement, elle pouvait revenir en arrière… Ses choix et ses actes n’auraient alors plus aucune importance et elle aurait pu prendre une autre voix, loin de la guerre. Mais c’était trop tard, bien trop tard… Dix ans de vie à effacer, comment le pouvait-on ? Elle ne pouvait pas plus déserter, cela ne lui ramènerait pas son frère. Ce n’était pas non plus son genre. Velusia ne pouvait plus rester ainsi, coincée entre deux temps, elle était restée bien trop longtemps à croupir entre deux ères dont l’une était révolue. Le passé… Elle devait avancer. Vers où, elle ne pouvait le dire, elle l’ignorait elle-même.
Velusia se leva. Elle avait décidé de sa dernière visite avant de rentrer au pays. Ou plutôt, de rentrer à la caserne. Elle n’était pas certaine de remplir les conditions, mais une chose était sûre, errer dans Nalcia ne lui convenait pas. Il y avait de cela une semaine maintenant, elle avait quitté l’Auberge du Chat et la compagnie d’une jeune terrosienne pour prendre la direction du Sanctuaire du Vent. Les soldats étaient généralement mal admis dans de tels endroits, car bien armés. Et les armes étaient mal perçues. Mais cela ne serait pas pour l’intimider. Marchand dans les plaines du pays de l’air, la jeune femme voyait se rapprocher le Sanctuaire. Adoptant une marche d’avancée militaire, Velusia parvenait à engloutir beaucoup de kilomètre en une journée. Elle ne portait rien d’autre que ses armes, facilitant grandement son avancée. Endurante, elle pouvait don se permettre de prendre peu de repos. Ses journées de marche étaient ainsi longue, mais grâce à cela, elle arriva bien vite au Sanctuaire du Vent. Il était bien plus grand qu’elle ne l’avait pensé. C’était là, la première fois que Velusia se rendait dans un tel lieu. Pourquoi venir ici exactement ? Elle avait besoin de réfléchir. De réfléchir dans un lieu calme où rien ne viendrait la déranger et le Sanctuaire était à sa connaissance, le seul habilité à remplir ces conditions particulières.

Passant les grandes portes, seuls ses pas et le cliquetis régulier de sa lance cognant contre son bouclier, alors que les deux étaient accrochés dans son dos, se faisaient entendre. Velusia se sentait un peu gênée, elle n’avait pas sa place dans un tel lieu en tant que soldat. Et elle n’était rien d’autre. Le vent mugissait entre les murs, réussissant à s’infiltrer malgré les murs épais. La soldat parcourut les couloirs, ne sachant à qui s’adresser et ne croisant pas âme qui vive. Le lieux était étrange en lui-même. Elle ne savait pas en quoi, mais elle le trouvait étrange. Alors qu’elle parcourait les couloirs, un grognement se fit entendre quelque part en dessous d’elle. Aux aguets, elle en cherchant l’origine, avant de voir une petite chose à ses pieds. Un Draby, ne dépassant même pas la hauteur de ses bottes la regardait ; l’animal venait de capter son regard et la regardait intensément de ses yeux bleus. Des yeux d’un bleu profond. Que lui voulait-elle ? Il ne bougea pas et se contenta de deux grognements supplémentaires, semblant parler pour lui-même. Après quelques instants à lui rendre son regard, Velusia passa son chemin. Au bout du couloir, elle tomba sur une grande salle vide. Une fois encore, il n’y avait personne. Elle resta quelques instants, indécise. Mais puisque personne ne semblait vouloir venir, ni s’inquiéter de cette intrusion, elle y resta et ferma le volet faisant office de porte. S’asseyant en silence, disposée en tailleur, elle observa la salle un moment avant de décrocher les lanières de cuir qui retenaient prisonnière sa lance et son bouclier. Ils étaient sales et usés par les batailles. Un bon soldat se devait d’entretenir les instruments de sa survie. Velusia les disposa devant elle, sa lance directement devant ses jambes et son bouclier en retrait derrière cette dernière. A plusieurs endroits, les argentures et les dorures étaient bosselées, râpées. L’acier lui-même avait beaucoup souffert des chocs et des nombreux assauts, la décoration rouge n’était plus que brune. Le bouclier, n’était pas mieux. Des trous le parsemait en de nombreux endroits, signe qu’il avait lui aussi bien servit. Parfois, un morceau de métal manquait et à son en-tête la pierre était fendue en plusieurs points. Velusia profita de faire l’état de ses armes pour en vérifier celui de son armure, du moins, des quelques pièces d’armure qu’elle possédait. Elle déboucla ses jambières, ses épaulières et ses bracelets. Contrairement au reste, s’était encore les seules choses encore en bon état. Il fallait dire qu’elle laissait peu de chance à ses adversaires de l’atteindre.  Elle sortit son kit de réparation. Déroulant un court drap blanc, elle dérangea un instant sa lance et son bouclier pour y reposer la première avec respect. Jetant un regard aux alentours, elle trouva divers récipients et des savons. Velusia en prit de chaque avant de retourner s’assoir. Décrochant le pompon de sa lance, elle le plongea dans l’eau savonneuse et le frictionna. Alors que l’eau devenait brune à sont tour, la décoration retrouvait sa couleur écarlate. Avec éponge et grattoir, Velusia décollait la boue accumulée sur sa lance. Celle-ci s’était incrustée dans les moindres rainures. Il lui fallut de nombreuses dizaines de minutes avant de pouvoir la nettoyer de mois de salissures. Par larges mouvements, elle y appliquait l’eau et le savon, et au fur et a mesure, la lance retrouva sa clarté, le gris de l’acier, le vert des décorations. Mais elle restait très abîmée. Il fallut à Velusia poncer le fer pour effacer les rayures et les chocs. Petit à petit, elle retrouva presque sa beauté passée. La lance redevenait ce qu’elle avait été. Elle débarrassa du bol le pompon rouge et l’accrocha de nouveau à sa place sur la lance. Se levant, Velusia ouvrit grand une fenêtre et déposa la lance en appui sur un mur, juste derrière elle. Elle changea l’eau et s’appliqua à s’occuper de son bouclier, subissant le même sort que son homologue offensif. Cela faisait maintenant bien des années que Velusia les possédaient.  Il lui avait fallut du temps pour apprendre à s’en servir avec efficacité. Son ambidextrie l’avait de beaucoup aidée et l’alliance du bouclier et de la lance était redoutable. Ensembles, ils étaient toujours très difficiles a manier, mais avec ce qu’elle avait de métier, Velusia savait y faire maintenant. Elle se rappelait sans mal le jour où elles les avaient fait faire, celui où le forgeron les lui avaient rendus en main propre, le jour où elle les avait utilisé pour la première fois… Et gravé dans sa mémoire, toutes les fois où ils lui avaient sauvés la vie. Les armes étaient les meilleurs compagnons des soldats. Ils ne faillissaient jamais. Toute à ses pensées, Velusia ponçait ce qu’il restait des chocs visibles sur le bouclier. Malgré ses soins, cela ne suffirait pas. La pierre qui l’ornait était trop abîmée. De plus, sur la lance comme sur le bouclier, son manque de soin et les rudes batailles avaient entaillés profondément le fer. Elle devrait les porter sous peu au forgeron. Son labeur finit, Velusia contempla la lance et le bouclier au mur. C’était comme à chaque fois, ils lui donnaient l’impression d’attendre avec calme et patience le moment où Velusia aurait besoin de leur service.  Pour cette fois, elle pourrait les reprendre en main avant qu’ils ne se brisent sous la fatigue du temps. C’était cela. Sans se laisser atteindre, tenir sous le temps et les tempêtes, se renforcer. Ne pas se laisser fragiliser.

Le volet s’ouvrit lentement, sur le côté droit de Velusia. Elle regarda entrer le nouveau venu, un moine d’un certain âge. Celui-ci ne semblait pas étonné de la présence d’un soldat de Nalcia, comme put en témoigner le salut que fit Velusia. L’impression qu’il lui était d’être entré, en sachant qu’elle était venue, prit possession pour un temps de cette salle et qu’elle avait finit ce qu’elle avait entreprit. D’une sérénité sans égale, le vieux moine lui demanda si elle avait trouvé ce qu’elle était venue chercher. Sa question n’était pas directe, mais Velusia sembla comprendre, ou du moins, se dit que d’une façon ou d’une autre, il savait. Comment ? Certains moines possédaient des rares et puissants dons psychiques, elle le savait. Cela venait certainement de là. Velusia s’inclina en lui répondant que oui. Il la regarda sans rien dire, semblant pouvoir lire en elle. La jeune femme n’était peut-être pas tout à fait honnête, mais elle avait bien plus avancé ces dernières heures que tous les mois passés réunis. Par quelques paroles énigmatiques, le vieux moine la raccompagna. Au fil des couloirs, Velusia tout en marchand arrêta son regard sur le Draby qu’elle avait croisé  à l’allé. L’animal lui rendit le même regard.
Des heures après être entrée dans le Sanctuaire, la soldat en ressortit.

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Velusia Varam
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