[ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

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[ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Yûn le Sam 31 Mar 2012 - 21:23

Presque deux semaines étaient passées après les transformations causées par le conflit des divinités spatio-temporelles. Le Dragon Master avait invité sa jeune disciple dans sa demeure, un immense château digne des familles royales perché sur un pic rocheux, où il avait commencé à lui faire part de son savoir sur ces nobles créatures qui le fascinaient tant. Un entraînement intensif avait également débuté. Le Champion nalcien lui imposait des exercices visant à la renforcer et à repousser ses limites. Grâce à cela, elle parvenait mieux à maîtriser les flammes de jade qu’elle parvenait à invoquer. Dire que, la première fois, elle avait manqué de le brûler, car incapable de stabiliser le souffle sacré des dragons ! Elle s’était confondue en excuses, mais son maître ne l’en avait pas blâmé.
C’était plutôt dur, elle n’avait jamais vécu cela ! Son corps entier lui faisait mal, le moindre de ses muscles la tiraillait. Le soir, à peine se couchait-elle qu’elle s’endormait, épuisée par ses efforts de la journée. Et le lendemain, cela reprenait, plus terrible encore car elle ressentait le contrecoup de la veille. Pourtant, elle ne s’en plaignait nullement. Elle avait fait son choix depuis longtemps, et elle ne regrettait absolument rien. Elle le savait : la petite souffrance qu’elle éprouvait et éprouverait d’ici les prochains mois serait payante. Le résultat en vaudrait la peine, elle en était persuadée !
Mais son enseignement ne se limitait pas qu’à l’entraînement physique ou les connaissances. Il lui expliquait comment harmoniser son entente avec son dragon taciturne. Par exemple, en approfondissant l’exercice de respiration qu’elle avait déjà expérimenté au Lac de la Liberté. Le Dragon Master lui avait parlé du rôle crucial de la maîtrise de son souffle, ainsi que du rythme des battements de son cœur. Il lui avait montré qu’en plus de s’apaiser soi-même, cela permettait également de s’harmoniser avec autrui. Notamment avec l’hybride qui l’accompagnait. Il avait d’ailleurs joué les cobayes. Yûn devait arriver à le calmer, à comprendre plus ou moins ce qu’il ressentait. Ce qui n’était pas forcément évident. Certes il avait pris la résolution de demeurer assez tranquille tout le temps qu’ils côtoieraient le Dragonnier. Pourtant, il ne trompait personne. Son calme n’était qu’apparent, ses iris trahissaient sa rage, sa jalousie et la méfiance qu’il éprouvait. C’était d’autant plus flagrant lorsqu’ils effectuaient l’exercice de respiration. Elle le sentait. Il était à fleur de peau, au moindre faux pas, au moindre relâchement il laisserait sa colère s’exprimer.
Mais il faisait des efforts, et la jeune Terrosienne lui en était énormément reconnaissante.

Pourtant, lorsqu’elle se réveilla ce matin-là et se rendit au terrain d’entraînement, elle fut surprise constater que son maître n’avait sorti que sa reine des dunes et son seigneur aérien aux écailles d’or. Elle lui demanda ce que cela signifiait, mais il ne lui avait rien répondu, si ce n’était de se jucher sur Sunagon. Elle obtempéra. Peut-être un entraînement au vol ? Il n’en était rien. Son étonnement augmenta d’un cran lorsque sa monture, suivant son dresseur, se dirigea vers le sud. Où se rendaient-ils donc ?

Le voyage ne dura pas plus de deux heures, les deux créatures bénéficiant d’une vitesse conséquente, couplée à une endurance à toute épreuve. Enfin, ils entamèrent leur descente… Et atterrirent sur une large place, au centre de laquelle trônait une somptueuse statue d’un Draco. L’œuvre semblait avoir été sculptée directement dans l’or, les détails étaient tout simplement magnifiques, on distinguait chacune des écailles composant son corps longiligne, chacune des plumes formant ses délicates ailettes d’albâtre.


« Sensei… Où sommes-nous ? »


Dernière édition par Yûn le Lun 18 Juin 2012 - 21:52, édité 1 fois

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Peter le Lun 23 Avr 2012 - 12:39

Voilà près de deux semaines que les deux titans du Temps et de l’Espace s’étaient livré un combat sans merci. Tout était revenu à la normale…ou presque. En effet, bien que de retour dans sa forteresse isolée, le Dragon Master n’avait pas repris sa vie de solitaire entièrement dévouée à ses Dragons. Il poursuivait bel et bien son terrible entraînement. Mais pour la première fois depuis la disparition de sa mère, il n’était pas le seul habitant du château : sa jeune disciple avait été conviée à participer à ce qui s’apparentait, pour tout non initié, à une véritable torture. Et c’était apparemment ce que subissait la Terrosienne jour après jour, s’accrochant du mieux qu’elle le pouvait, mais repoussant sans cesse les limites de son endurance physique et morale. Car, pire qu’une volée de coups, c’était un atroce assaut lancé contre son corps et son esprit que Yûn devait encaisser. Peter le sentait : elle était souvent près de perdre connaissance, tant elle était épuisée. Elle devait mobiliser absolument toute sa volonté pour ne pas se détacher du monde réel et se réfugier dans un repos salutaire. Mais le champion nalcien était sans pitié, et il enchaînait les exercices sans lui laisser de répit. Il savait que c’était très difficile au départ, et qu’il faudrait longtemps à la jeune fille pour voir un réel résultat, mais n’avait-elle pas choisi cette voie de son propre chef ?

C’est après une nouvelle journée harassante pour Yûn que Peter prit la soudaine décision de rendre visite à Sandra. Sa « première élève » (bien qu’il ne l’ait jamais entraînée régulièrement) était une femme un peu plus âgée que Yûn, était originaire d’Eternara et vouait une admiration proche du culte à son idole aux cheveux acajou. Elle avait requis sa présence à plusieurs reprises, l’implorant de revenir s’installer dans la capitale nalcienne, mais il avait toujours refusé. Maintenant qu’il avait une disciple attitrée, il souhaitait que les deux adeptes des Dragons se rencontrent. Oh, bien sûr, il n’était pas naïf au point de croire que Sandra accueillerait Yûn à bras ouverts et le sourire aux lèvres. Il connaissait sa jalousie maladive et sa tendance à vouloir écarter au plus vite celles et ceux qui tournaient autour de lui, tâche généralement simple, puisqu’il ne vivait qu’avec ses Dragons. Mais il était persuadé que Yûn pourrait tirer profit de la rencontre avec Sandra, qui se trouvait à mi-chemin entre la découverte et le début de l’apprentissage (la situation de la Terrosienne) et la quasi transformation en homme-dragon (« l’état » de Peter). Et, qui sait, peut-être que la visite adoucirait un peu le caractère impétueux et colérique de l’Eternarienne ; elle n’oserait pas dire clairement ce qu’elle penserait de la dresseuse d’Uroko, tout comme elle ne pourrait pas s’opposer à une décision de son maître, car après tout, s’il l’avait choisie, elle, la jeune fille aux cheveux d’argent, c’est qu’il avait une raison valable. Le Dragon Master espérait faire « d’une pierre deux coups » en allant voir Sandra, en offrant une vision d’une Dragonnière en devenir à son élève, et en prouvant à sa « fan » frustrée qu’elle aurait pu être son apprentie si elle avait travaillé sur son caractère au lieu de chercher à atteindre Peter à tout prix.

Il faisait encore frais lorsque Yûn se présenta au terrain d’entraînement, les traits tirés, mais l’air déterminé, comme à l’accoutumée. D’un geste de la main, il désigna Sunagon, qui faisait vrombir ses ailes doucement, puis enfourcha Kairyuu et se dirigea vers Eternara. Il n’avait volontairement rien dit à la Terrosienne pour plusieurs raisons, et notamment pour l’exercer à la patience. Deux heures de flou n’étaient rien dans une vie de doute pour Peter, et l’attente paisible, bien que génératrice de questions intérieures, faisait partie intégrante de l’entraînement du champion.
Au terme du voyage, les deux créatures volantes se posèrent calmement sur une place grande et claire, au centre de laquelle une statue d’un Draco plus vrai que nature dominait en maître en observant tous les passants. Sautant du dos de son ami, Peter ne dit d’abord rien, puis se décida à répondre à l’interrogation de son élève.


« Bienvenue à Eternara, le célèbre port de Nalcia, la « capitale » du pays de l’air et la dernière cité avant l’épreuve de la route vers la victoire. J’y suis né, et j’y ai vécu en partie jusqu’à mes treize ans, entre cette ville et le château que tu connais. Mais ce n’est pas pour ça que je t’ai amenée ici. »

Le Soleil se levait à peine sur le majestueux port tandis que les habitants commençaient à vaquer à leurs occupations. Quelques-uns d’entre eux tournèrent la tête à la vue de Peter et le saluèrent avec respect. Il était plutôt rare de voir l’ancien gouverneur d’Eternara hors de son arène ou de sa forteresse, même s’il se forçait à y passer quand on avait besoin de lui. Après seulement quelques minutes, le regard du champion se tourna vers une direction précise, à savoir une petite rue discrète qui faisait face aux yeux de la statue. Une silhouette longiligne approchait, serpentant lentement dans les airs, suivie de près par une femme grande et aux formes plutôt généreuses. Portant des vêtements majoritairement bleus, une cape sombre et des bottes à talons, la vedette locale s’apprêtait, comme toujours, à débuter sa journée par un salut à la statue protectrice de la cité. Cependant, quand elle déboucha sur la place, elle s’immobilisa, se demandant si elle ne rêvait pas. IL était là. Son modèle absolu et son idole pour toujours. Après s’être arrêtée au même niveau que son Draco, elle rougit légèrement, incapable de prononcer le moindre mot.

« Eh bien, ton Draco t’aurait-il volé ta langue, Sandra ? »

Sur un ton un peu moqueur, mais pas méchant, le Dragon Master venait de révéler le prénom de la raison de leur venue à Eternara. Il poursuivit ensuite :

« Je vois qu’il a grandi et qu’il dégage une belle aura. Je te présente Yûn, qui vient de Terros et suit mon entraînement pour devenir Dragonnière. »

Si le compliment fit très plaisir à Sandra, la suite laissa un vide glacé souffler dans son cœur. « Yûn », « mon entraînement » et « Dragonnière », trois expressions qui suffirent à faire de la jeune apprentie l’ennemie numéro 1 à abattre pour la jeune femme. Autant dire que là, pour elle, c’était le drame total…


[Je te laisse voir comment la pauvre Sandra va réagir xD *Mode sadique ON*]

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Yûn le Ven 18 Mai 2012 - 0:41

La jeune Terrosienne fut plutôt surprise de la réponse de son maître. Pas tant dans la description du lieu qu’il en fit. Ou plutôt, cela y était lié. Le Maître des Dragons venait en effet de révéler un détail concernant ses origines. Certes, ce n’était pas grand-chose, et cela ne fit qu’alimenter la curiosité de la jeune femme le concernant. Il n’était jamais très bavard, ne disant que le plus important, et son passé demeurait un véritable mystère. Enfin, cela était normal, se disait Yûn. Après tout, elle n’était que son apprentie. Une personne qu’il ne connaissait que depuis quelques mois. Il n’avait donc aucune raison de lui parler d’une chose aussi importante que son histoire. Cela ne l’empêchait pas de s’interroger là-dessus. Qu’il soit aussi distant et refermé, malgré le fait qu’il ne soit pas avare lorsqu’il s’agissait de dispenser ses connaissances, il avait dû vivre quelque chose qui l’avait fait devenir ainsi. Mais bon, cela ne la concernait pas, n’est-ce pas ? Et elle était certaine qu’il n’aurait pas apprécié qu’elle lui pose des questions à ce sujet.
De toute façon, elle n’en eut pas le temps. En effet, une jeune femme plus âgée qu’elle mais, elle devait l’avouer, qui était vraiment très belle et habillée presque exclusivement de bleu venait d’apparaître sur la place, précédé d’un Draco qui semblait lui appartenir. Yûn comprit immédiatement que c’était elle qu’ils étaient venus voir, au vu de l’expression de joie et de surprise qu’elle afficha.


« Eh bien, ton Draco t’aurait-il volé ta langue, Sandra ? Je vois qu’il a grandi et qu’il dégage une belle aura. Je te présente Yûn, qui vient de Terros et suit mon entraînement pour devenir Dragonnière. »

Aussitôt, l’atmosphère changea du tout au tout. Le regard étonné de Sandra devint aussi dur et glacial que la pierre lorsqu’elle le posa sur celle qu’elle considérait désormais comme sa rivale. Yûn déglutit. Elle avait l’impression qu’elle l’étudiait entièrement et que, si le Champion nalcien n’avait pas été là, elle n’aurait eu aucun scrupule à lui sauter à la gorge… Enfin, façon de parler. Plus que mal à l’aise, la tête baissée de gêne, elle tenta de briser la glace.

« Euh… Bonjour…
- Bonjour. »


Le mot avait été prononcé d’un ton sec, presque avec dégoût. Au moins, c’était clair… Elle jeta un regard timide vers son maître, mais celui ne semblait nullement disposé à vouloir l’aider. Au contraire, on aurait dit qu’il l’encourageait à affronter cette femme. Un autre genre d’exercice ? Mais qui la prenait totalement au dépourvu. Comment faire pour tenter de sympathiser avec quelqu’un qui vous considérait comme son ennemi sans même vous connaître. Yûn eut un mouvement vers la sphère contenant son dragon mais interrompit son geste. Non. Au vu du caractère du reptile cuirassé et de l’affection qu’il portait envers Peter, cela ne ferait qu’envenimer les choses. Si en plus il venait à apprendre qu’une de ses connaissances, qu’il leur avait fait volontairement rencontrer, agissait ainsi avec sa dresseuse… Il y avait fort à parier que toute la colère qu’il avait accumulée et contenue tant bien que mal jusqu’à présent exploserait, peu importe qui en ferait les frais –tant que ce n’était pas elle.
Après un long silence, Yûn tenta une nouvelle approche.


« Hum… Vous connaissez Sensei depuis longtemps, Sandra… ?
- On peut dire ça, oui. »


Mais ce fut plus quelque chose comme ’Oui et c’est chasse gardée ! Je ne tolèrerai pas que tu traînes autour de lui ! Et comment oses-tu m’appeler ainsi par mon nom aussi facilement ?!’ qui résonna à ses oreilles. Eh ben, c’était pas gagné…

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Peter le Mer 13 Juin 2012 - 12:11

Comme prévu, l’accueil de Sandra fut d’une chaleur au moins égale à celle qui accablait la région de Mizuhan – autant dire d’un froid mordant, glacial et à couper le souffle. Les yeux bleu clair de la femme fusillèrent la jeune apprentie de Peter, la transperçant comme si elle avait tiré un projectile avec une rare violence. En toisant Yûn, elle lui répondit, plus par politesse qu’autre chose, et lança ensuite un regard plein de reproche et d’incompréhension à son maître. Ce dernier, impassible, ne dit pas un seul mot, que ce soit pour rassurer son élève ou pour apaiser son admiratrice. Il laissa un silence pesant s’installer, un silence qui sembla durer une éternité, mais qui ne fut en réalité qu’une dizaine de secondes pendant lesquelles l’écrasante aura de Sandra engloutit la jeune femme aux cheveux d’argent. Estimant que les présentations avaient assez duré, la Dragon Master se décida enfin à parler.

« Sandra, je ne suis pas là pour rien. Puisque tu t’entraînes beaucoup, régulièrement et sérieusement, j’ai quelque chose à vérifier. Tu n’y vois aucun inconvénient, n’est-ce pas ? »

Bien évidemment, l’Eternarienne fit signe que non, sans cesser de fixer la pauvre Yûn d’un air menaçant. Si Peter lui demandait quelque chose, elle ne pouvait absolument pas refuser, quel que soit l’ordre. Il lui aurait dit de mourir pour lui, elle l’aurait fait sans hésiter. Cependant, ce que voulait Peter d’elle n’était pas exactement de cet ordre…

« Ma jeune disciple s’entraîne dur, elle aussi. Je pense qu’elle est prête à commencer à mettre en pratique ce qu’elle apprend. Je vais être clair : je veux que vous me montriez vos compétences de vol sur un Dragon dans une course. Mais puisque je ne t’ai pas vue depuis longtemps, je vais t’accorder une sorte de « bonus » : tu auras le droit de choisir ta monture, contrairement à Yûn, qui devra voler sur un Pokémon de mon choix. »

Immédiatement, la femme vêtue de bleu reprit des couleurs, sentant un parfum de victoire certaine et anticipée lui effleurer les narines. Une novice comme cette gamine ne ferait pas le poids contre elle, c’était évident. De plus, Sandra allait sélectionner son partenaire de vol, contrairement à l’autre, qui devrait prendre un Pokémon imposé. Sandra alla même jusqu’à esquisser un sourire, certes en coin, mais suffisamment explicite pour faire comprendre à Yûn qu’elle ne ferait qu’une bouchée d’elle… Et, qui sait, elle lui prendrait peut-être sa place aux côtés de Peter, cette fameuse place qu’elle convoitait depuis tellement longtemps.

« Je t’en prie, Sandra, je te laisse faire ton choix. Quant à toi, Yûn, voilà ton compagnon. »

La main du Dragon Master se saisit prestement d’une capsule accrochée à sa ceinture et dissimulée sous sa cape, puis la lança vigoureusement au-dessus de lui, tandis que le champion nalcien regardait sa jeune élève. Il voulait observer sa réaction, car il savait pertinemment qu’elle s’attendait à concourir sur le dos de Sunagon. La jeune femme s’entendait bien avec la Libégon, qui était douce, gentille et compréhensive, même si elle se montrait parfois espiègle et taquine. Il paraissait donc normal que ce soit elle qui lui soit attribuée pour ce duel, sans doute le plus important et décisif que Sandra ait jamais livré. Mais Peter en avait décidé autrement. Il aurait tout le loisir de tester la complicité de Yûn et de ses Dragons. Aujourd’hui, c’était une tout autre capacité qu’il voulait éprouver, et le Pokémon qui jaillit de la Ball illustra parfaitement la couleur de cette vérification.

Droit et fier, le saurien orangé écarta les ailes en grand, en poussant un rugissement qui fit tripler la taille de sa flamme de queue. Très heureux de faire un peu d’exercice, et excité à l’idée de se battre, il salua Peter, puis Yûn, avant de remarquer la présence de Sandra. Il plissa alors les yeux, grognant doucement, en sourdine, puis avança vers l’élève de son dresseur, pour finir par se pencher légèrement en avant. Il invitait ainsi la jeune femme à monter sur son dos et à prendre place. Il était rare que le Dracaufeu de Peter prenne une initiative de la sorte, aussi docilement et sans broncher. Il fallait dire qu’il ne portait pas particulièrement Sandra dans son cœur, Sandra, cette humaine qui n’arrêtait pas de tourner autour de son maître en le badant et en lui léchant les pompes ouvertement. Si ses camarades n’en tenaient pas rigueur plus que ça à l’Eternarienne, Hakkatsu, lui, trouvait qu’elle le collait un peu trop. De plus, fier et orgueilleux qu’il était, il ne supportait pas de voir une humaine faire montre d’autant de force et d’adresse devant Peter et, s’il partageait volontiers l’amitié et le respect du Dragon Master avec les autres Pokémon du maître, il était plus possessif quant il s’agissait d’un humain. Pourtant, avec Yûn, c’était différent. Elle était humble, douce et travailleuse – oui, travailleuse, et c’était bien le seul point commun qu’elle avait avec cette furie aux cheveux bleus, qui était l’exact contraire de Yûn. Et puis, Peter l’avait choisie, elle, avec un soin égal à celui qu’il avait mis à rejeter Sandra. Cela suffisait au Dracaufeu pour que la Terrosienne attire sa sympathie.

Et tout cela, Peter le savait très bien.



« Sandra, avec qui vas-tu voler ? »

Très sûre d’elle, la femme vêtue de bleu prit une capsule dans sa paume, planta son regard de glace dans les morceaux d’argent de sa cadette et fit sortir ce qui serait sans doute le pire cauchemar d’Uroko s’il était hors de sa Ball. Un Dragon aux ailes rouges, massif et agressif se dessina lentement devant la pauvre Yûn, qui devait se demander pourquoi le monde était si cruel.

« Bonjour, Reisu. Fais de ton mieux pour gagner. »

La Drattak ouvrit grand la gueule, laissant voir une rangée de dents pointues, et poussa un cri de défi en direction du Dragon Master qui venait de la saluer et de l’encourager. Aussitôt, Sandra sauta sur son Pokémon, interrogea du regard son maître et tapota le cou de la créature, qui était sans aucun doute la plus à l’image de sa dresseuse, agressive, impulsive et maladivement jalouse, y compris de ses propres compagnons. Le Draco, d’ailleurs, eut droit à un regard de mépris manifeste de la part de la Dragonne.

Le champion nalcien rappela sa Libégon, enfourcha à son tour sa propre monture et commença à expliquer le déroulement de la course.


« La ville est parcourue de tunnels souterrains, qui se rejoignent tous plus ou moins, se croisent et se séparent régulièrement. En surface, les bâtiments sont, pour certains, hauts et fins, et les huit plus élevés forment un cercle qui entoure Eternara. Je veux que vous passiez dans les tunnels, et qu’à chacune de vos sorties, vous fassiez une boucle autour d’un bâtiment avant de retourner dans les tunnels. Vous tournerez dans le sens anti-horaire. Je surveillerai chacune de vos sorties. La première à regagner cette place après le parcours sera la gagnante. Trois… Deux… Un… »

Peter abaissa son bras levé, donnant ainsi le signal du départ. Hakkatsu partit comme une fusée, laissant une traînée de flammes brûlantes derrière lui, tandis que la Drattak de Sandra rugissait, le son de sa voix se perdant peu à peu au loin. Le Dragon Master s’éleva à son tour, observant les deux femmes s’éloigner et devenir deux points minuscules dans les cieux. Autour du champion, les habitants s’étaient rassemblés lentement, intrigués à la vue d’une compétition inédite organisée par Peter. Ce n’était pas dans les habitudes de l’ancien gouverneur de (se) donner en (un) spectacle de la sorte. La course promettait d’être un événement singulier.

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Yûn le Lun 18 Juin 2012 - 21:46

[Pas pu m'en empêcher... J'ai essayé de ne pas trop décrire les réactions d'Hakkatsu. Après tout, il reste ton poké ^^]


La jeune Terrosienne rougit légèrement à l’écoute de son maître. C’était la première fois qu’il énonçait clairement qu’il reconnaissait ses efforts. Elle qui avait toujours eu l’impression d’avancer aussi rapidement qu’un Caratroc dans son apprentissage, malgré toute sa volonté, voilà que le Champion nalcien lui-même valorisait son travail. Il n’y avait pas plus bel encouragement ! Mais elle se garda bien de montrer tout signe trahissant son soulagement –voire… Sa fierté ? Oui, on pouvait bien parler de cela-, au risque que la situation ne s’envenime davantage entre les deux femmes.
Mais son soulagement laissa bien vite place à de l’incertitude.


« Je vais être clair : je veux que vous me montriez vos compétences de vol sur un Dragon dans une course. »

Aussitôt, Yûn se tourna d’un bloc vers son aîné. Qu… Quoi ? Il voulait vraiment qu’elle affronte une Dragonnière aussi expérimentée que semblait l’être l’Eternarienne ?
Mais elle s’obligea à se calmer. Allons, allons. Le Dragon Master savait ce qu’il faisait, n’est-ce pas ? S’il mettait en place un tel concours, c’était parce qu’il pensait qu’elle avait une chance, non ? Il ne voudrait tout de même pas voir sa disciple être humiliée. Cela reviendrait à entacher sa réputation… Non ?
En sentant le regard narquois de Sandra dans son dos, elle comprit tout de suite que ce ne serait pas une tâche aisée. Surtout lorsqu’elle vit quelle était la créature avec laquelle elle allait devoir concourir…
Comme Peter s’en était douté, elle s’était attendue à participer avec la douce souveraine des dunes. Après tout, jusqu’à présent, c’était avec elle qu’elle avait pratiqué chacun des exercices aériens que son maître lui avait imposés. Alors, forcément… Quand elle le vit s’emparer d’une autre sphère, l’incompréhension la gagna, puisque Sunagon était déjà de sortie. Et quand la capsule libéra son fougueux occupant… Yûn ne put s’empêcher de blêmir légèrement. Ha… Hakkatsu… ? Mais… Elle n’avait jamais accompli le moindre travail avec lui… Et voilà que le Dragon Master voulait qu’elle participe au duel avec lui ? Qu’avait-il donc derrière la tête ?
Mais, pour le moment, tout cela n’avait pas d’importance. Elle devait faire abstraction de sa surprise, afin d’établir un premier contact avec le saurien aux écailles d’enfer. Comme il le lui avait appris. Or, si elle laissait le doute l’envahir, la créature enflammée le percevrait immédiatement et risquerait de rejeter ce lien qu’elle tentait de tisser. Fort heureusement, cela n’arriva pas. Le dragon la laissa poser sa main sur son cou, qu’il avait légèrement abaissé. Il avait agi de lui-même, sans aucune intervention de sa part ou de son maître. C’était déjà un bon point, non ? En tout cas, rien que par l’effleurement de ses écailles, Yûn comprit qu’il n’avait pas du tout le même fonctionnement que la dragonne des sables. Alors que la femelle avait un grain de peau lisse, presque insaisissable, le corps du Dracaufeu était plus rugueux, et surtout plus chaud. Comme si un feu nourri brûlait perpétuellement en lui. Ce même feu qui, elle le sentait, alimentait ses muscles, notamment ceux de ses ailes puissantes. De plus, son corps large, ses os robustes devaient lui assurer une plus grande stabilité dans le vol, par rapport à la reine du désert. Ce qu’il perdait sur le plan de la vitesse pure en comparaison avec la femelle, il le gagnait en termes d’endurance et de puissance. Autrement dit, il employait moins souvent ses ailes qu’elle, mais chaque battement le faisait avancer plus loin et de manière bien plus explosive.

La jeune disciple se hissa sur le dos de sa monture temporaire, se positionnant entre ses omoplates. Elle jeta un œil sur Sandra… Et déglutit péniblement en remerciant Arceus, en son for intérieur, qu’Uroko soit docilement resté dans sa sphère. Car il n’y avait pas à douter que l’hybride aurait laissé s’échapper toute sa rage contenue ces derniers mois contre cette Drattak, à l’attitude tout simplement odieuse. Hakkatsu dut percevoir son trouble car il la regarda brièvement. Ce à quoi elle répondit en posant une main qui se voulait rassurante sur son cou.
Elle écouta attentivement l’ancien Gouverneur de la ville énoncer les consignes. Des tunnels, des boucles… C’était un vrai parcours d’obstacle !
Le signal fut alors donné… Et Yûn manqua bien de se retrouver à terre ! Elle dût s’agripper en catastrophe au saurien embrasé pour ne pas se retrouver désarçonnée, tant son démarrage fut violent. Eh ben, elle ne s’était certainement pas attendue à ça ! Mais, au moins, Hakkatsu venait de prendre une légère avance sur leurs adversaires. Ce qui ne sembla pas plaire à la Drattak, qu’elle entendit beugler derrière eux.
Malheureusement, la jeune femme aux cheveux couleur de lune était loin d’être habituée au vol de sa monture. Ses mouvements n’avaient rien à voir avec ceux effectués par Sunagon, lors d’un exercice de ce type, elle avait du mal à synchroniser son poids du corps avec les battements d’ailes du saurien ! Ce qui fait qu’elle l’empêchait d’atteindre une vitesse optimale, et même le ralentissait, malgré tous ses efforts continus. Ils n’avaient même pas atteint le premier tunnel que déjà, Sandra les dépassait en lui adressant un sourire moqueur et mauvais. Et ça ne s’arrêta pas là !
En effet, alors qu’ils quittaient le chemin souterrain, le Dracaufeu du maître se redressa d’un mouvement brusque pour attaquer la boucle autour du premier bâtiment. Mouvement qui, une nouvelle fois, surprit la Terrosienne, sans compter qu’il enchaîna aussitôt sur sa volte. Ca ne pouvait pas continuer comme ça !


« Hakkatsu… Ralentis un instant, s’il te plaît. Je voudrais tenter quelque chose… »

Certes, elle avait conscience qu’en lui demandant cela, Reisu ne cesserait de prendre de l’avance. Mais, si elle voulait avoir une chance de l’emporter, elle devait essayer quand même.
Yûn posa une main au garrot de la créature des enfers, alors que cette dernière adoptait un vol plus stable et lent. Elle inspira à fond… Avant d’expirer. Elle recommença ainsi, plusieurs fois. Elle se fichait éperdument que Sandra en soit déjà à la sortie du deuxième tunnel. Pour le moment, elle devait faire le vide dans son esprit.
Ce qu’elle parvint à faire. Elle n’entendait plus rien… Si ce n’était les battements du cœur d’Hakkatsu. Des coups vigoureux, plus rapides qu’un être humain ou que ceux d’Uroko, mais plus lents que ceux émis par la Libégon du Dragon Master. Or, lorsqu’elle volait, même si, désormais, elle le faisait inconsciemment car habituée à la dragonne, elle adoptait le même rythme cardiaque que sa partenaire. C’est pour cela qu’elle n’avait plus aucun mal à évoluer dans les airs avec elle. En harmonisant sa pompe organique avec la sienne, elle synchronisait par là même ses mouvements avec les siens. Réagissait en même temps qu’elle. Comme si elles ne formaient plus qu’un seul et même corps. Alors… Si elle y arrivait avec Sunagon, pourquoi pas avec ce dragon d’ocre et d’encre ?
Progressivement, Yûn ajusta le métronome de son corps sur celui de son partenaire actuel. Cela ne prit que quelques secondes. Et elle sut immédiatement que tout irait mieux.
Comprenant certainement ce qu’elle venait de faire, Hakkatsu donna un vigoureux battement d’ailes. Qui, pour une fois, ne déstabilisa pas l’apprentie Dragonnière. Au contraire, elle s’était instinctivement penchée en avant, afin de leur permettre de garder la vitesse générée par le mouvement. Tant qu’elle maintiendrait son rythme cardiaque à la même cadence que celui du dragon, tout irait bien. La course ne faisait que commencer.

Seulement… Restait à savoir si elle parviendrait à tenir suffisamment longtemps. Elle n’avait jamais participé à un exercice de ce genre, et ignorait donc si son cœur parviendrait à soutenir une cadence trop soutenue pour un humain…

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Peter le Mer 18 Juil 2012 - 12:34

Comme Peter s’y attendait, la jeune fille manqua d’être désarçonnée par le départ en trombe de sa monture. Le Dracaufeu du champion était une créature aussi bouillante que le feu intérieur dont son corps était rempli, et sa manière de voler était à l’image de son caractère. Aussi, il n’était pas étonnant que la pauvre Yûn ait du mal à tenir en selle, enfin, sur son dos du moins, puisqu’elle montait à cru. Ce n’était pas le cas de Sandra qui, parfaitement à l’aise sur son Drattak, se mouvait en symbiose avec le Dragon belliqueux. Elle dépassa brusquement le duo improvisé formé par le Dragon Master et s’engagea dans le premier tunnel, alors que la Terrosienne peinait à adapter ses mouvements à ceux du Dracaufeu. Lorsque ce dernier se redressa subitement à la sortie du tunnel pour effectuer la boucle réglementaire, Yûn faillit tomber pour de bon. Elle prit alors la sage décision de faire ralentir sa monture, le temps de s’adapter à son rythme cardiaque plus puissant, mais moins désordonné que celui de la voix du désert…

…et plus haut, près du sommet de la première tour, juché sur son Dracolosse, le Dragon Master observait en silence sa jeune élève s’imposer un malus qui lui coûterait un temps précieux, mais lui sauverait probablement la vie. Il n’était en effet absolument pas exclu que, sans cet exercice respiratoire, elle aurait gagné un aller simple pour le sol d’Eternara. Bien sûr, Peter était là et la surveillait, et il ne la laisserait pas s’écraser sans intervenir. Elle était encore en apprentissage, et une blessure aussi grave maintenant interromprait l’entraînement pour de longues semaines, réduisant à néant tous les efforts qu’elle avait fournis jusque là. C’est donc d’un œil bienveillant que le maître la vit demander à Hakkatsu de marquer un quasi temps d’arrêt afin de calquer ses pulsations cardiaques sur les siennes. Ces quelques précieuses secondes suffirent à harmoniser la cavalière et sa monture, monture qui perçut le changement et en profita pour repartir à fond. Même si Sandra était déjà à l’entrée du second tunnel, ce que venait de faire Yûn était indispensable, ne serait-ce que pour faire face aux situations les plus inattendues. Elle allait sans doute agrandir son équipe de Pokémon si elle aspirait à devenir une Dragonnière digne de ce nom, et elle tomberait peut-être sur des Dragons aussi récalcitrants que l’avaient été Sakeriba ou Hakkatsu… Si elle voulait se frayer un chemin jusqu’à leur cœur et en faire des alliés, il fallait qu’elle apprenne à se calquer sur eux, imitant jusqu’à leur moindre souffle.

Mais malgré cela, Peter sentit une inquiétude émaner de sa jeune élève. Peut-être la crainte de ne pas tenir le choc. C’était vrai, la course était un exercice intense, autant pour la monture que pour son cavalier, spécialement quand il s’agissait d’un duo humain/Dragon. Et c’était la première fois que le champion nalcien lui demandait quelque chose de ce genre. Après tout, si elle se mesurait à Peter, elle était certaine de perdre : son maître avait bien trop d’expérience, comparé à elle, pour qu’elle puisse espérer ne serait-ce que l’égaler. Ce duel avec un autre Dragonnier était inédit. Mais il faisait partie de son entraînement. Cependant, le Dragon Master concevait parfaitement le potentiel stress qu’il pouvait générer, et il décida d’intervenir. Indiquant à Kairyuu d’avancer pour se mettre à la hauteur de son camarade, le champion se rapprocha si près de Yûn qu’on aurait pu croire que les deux montures allaient se percuter sur le flanc. Il lança alors à sa jeune élève :


« C’est bien Yûn ! Tu t’entends bien avec Hakkatsu, il t’apprécie et te fait confiance, alors n’hésite pas ! Tu es sur la bonne voie, fonce ! »

Comme il s’y attendait, la Terrosienne parut surprise, tant les compliments de son maître étaient rares et distillés. Mais il était persuadé que pousser quelqu’un dans ses derniers retranchements du matin au soir sans l’encourager un minimum était, pour le coup, totalement inhumain. Peter était un professeur très dur et sévère, cherchant à montrer la voie de l’excellence. Mais ce n’était pas un monstre pour autant. S’il ne faisait ses compliments qu'au compte-gouttes, c’était pour tirer Yûn vers le haut et lui montrer que malgré sa fatigue, ce qu’elle faisait n’était pas vain. Pour finir, Peter fit à son apprentie un sourire léger, mais si rare qu’il valait son pesant d’or. Si le Dragon Master savait distribuer des sourires de façade hypocrites à la pelle, ses vrais sourires, les beaux et les sincères, il les réservait à ses proches. Peut-être de quoi rassurer la pauvre Yûn, qui subissait les durs exercices que son maître lui imposait chaque jour.

Toujours en parlant assez fort pour couvrir le bruit du vent qui sifflait à leurs oreilles, le champion nalcien ajouta :


« Que tu gagnes ou non cette course m’importe peu. C’est une tout autre chose que je veux voir. Je compte sur toi. »

D’une simple pression des jambes, le Dragon Master demanda à Kairyuu de se déporter doucement vers la gauche tout en se penchant, histoire de laisser le champ libre à son Dracaufeu. Le Dracolosse s’éloigna ensuite pour prendre de l’avance et plonger dans la prochaine cavité, connaissant bien les raccourcis du réseau souterrain. Peter croisa alors Sandra qui, étant originaire d’Eternara, était sur son terrain de prédilection. Quand celle-ci lui sourit en rougissant, dans l’espoir d’avoir un mot gentil en retour, elle n’obtint qu’un coup d’œil neutre, presque froid, et les quelques secondes pendant lesquelles son idole ancra son regard dans le sien lui semblèrent être une descente dans un abîme glacé et mordant. Peter ne lui dit rien, mais elle sentit son cœur se serrer horriblement dans sa poitrine. Que lui avait-elle fait pour ne mériter qu’un mépris à peine dissimulé ? Elle qui s’entraînait si dur chaque jour pour atteindre le niveau de celui qu’elle aurait voulu avoir pour maître, elle se sentait totalement lésée. Pire encore, le champion avait l’air tellement bienveillant avec Yûn que Sandra en était maladivement jalouse. Quelques minutes en sa compagnie avaient suffi à la rendre détestable. Et la différence de traitement entre les deux jeunes femmes ne faisait qu’attiser les sentiments négatifs de Sandra.

Elle commença alors à se demander si les avertissements de son entourage n’étaient pas fondés. En effet, les quelques proches qu’elle avait (la grande majorité des gens qui l’admiraient n’étaient qu’un ramassis de fans décérébrés à ses yeux) lui répétaient souvent qu’elle ferait mieux de changer d’attitude et de comportement, surtout envers le Dragon Master, si elle voulait ne serait-ce qu’un encouragement ou un sourire sincère de sa part. Sa façon de le coller et de vouloir l’avoir pour elle toute seule ne faisait que l’éloigner davantage de son modèle, lui qui était déjà si distant et réservé. Plus elle cherchait à percer les secrets qui entouraient la vie de Peter, moins elle y voyait, comme si la brume protectrice qui le masquait aux autres s’épaississait à mesure qu’elle tentait d’en savoir plus sur lui. Et si Peter faisait tout pour l’éviter ? Des images, des conversations et des situations antérieures se succédèrent dans son esprit, tandis que les pièces du puzzle mental commençaient à s’assembler lentement, puis de plus en plus vite dans l’esprit troublé de Sandra. Et une évidence s’imposa à elle.

Peter ne voulait pas d’elle, que ce soit en tant qu’élève ou en tant que compagne. Et, pire que tout, il n’en voudrait probablement jamais.

Les battements du cœur de Sandra se désynchronisèrent de ceux de Reisu, qui sentit le changement et poussa un cri de surprise et de colère. Elle était là pour gagner, pas question de se laisser battre par l’autre abruti à la queue qui crame… Sans se soucier le moins du monde de sa cavalière, la Drattak accéléra et manquer de désarçonner Sandra. Celle-ci revint brusquement sur Terre et se cramponna comme elle le put au cou de la créature, tout en pestant et en maugréant contre son Pokémon et contre elle-même. Elle ne devait pas se laisser distraire ! Mais c’était trop tard…


« Yûn te rattrape, Sandra. »

Ces quelques mots, pourtant prononcés sur un ton égal, lui firent l’effet d’une douche froide. Elle tourna la tête pour apercevoir la jeune fille aux cheveux d’argent réduire peu à peu l’écart qui les séparait, une expression à la fois calme et déterminée sur le visage. Sandra pâlit et resserra si fort ses jambes sur sa monture que cette dernière poussa un grognement de douleur, consentant néanmoins à accélérer encore la cadence. Mais la discorde entre les deux partenaires serait sans nul doute un avantage pour Yûn. Vu ce qu’il restait à parcourir, ce serait la ruse et l’expérience qui feraient la différence… Et malheureusement pour la Terrosienne, ces facteurs jouaient en sa défaveur. Ce qui ne signifiait pas une défaite assurée pour autant.

« Il reste trois bâtiments, le chemin entre eux et celui du retour à parcourir. »

La voix de l’arbitre résonna, impassible et impénétrable. Impossible de savoir si Peter favorisait l’une ou l’autre des concurrentes. Pourtant, Sandra se doutait bien que, s’il n’encourageait pas Yûn, du moins n’était-il pas vraiment pour la victoire de la jeune femme d’azur. Une sorte de leçon et de punition, parce qu’elle s’était entêtée à vouloir un homme qui était tout, sauf accessible. Peter était libre. Libre et intouchable. C’était le seul à décider de sa voie, lui qui était seul avec ses Dragons depuis la mort de sa mère. Lui qui n’avait jamais trouvé la personne capable d’atténuer ses blessures. Qui ne l’avait jamais cherchée, en vérité, préférant consacrer son temps à sa passion. Même celle de Sandra n’était pas aussi dévorante que celle de son maître pour ses compagnons.

Le Dracolosse survola alors les deux concurrentes tandis que son cavalier scrutait le visage de Yûn, attentif au moindre de ses gestes et à chacune de ses réactions. Il pressentait l’étoffe d’une Dragonnière chez elle, mais il fallait toujours du temps avant de pouvoir affirmer qu’il était en présence d’une « graine de championne ». Et c’était la première fois qu’il acceptait de prendre quelqu’un avec lui dans sa forteresse, Sandra n’ayant jamais été autorisée à y pénétrer. Son admiratrice serait une excellente dresseuse. Mais Yûn allait devenir une grande Dragonnière. La différence était de taille, car selon Peter, Sandra n’aurait jamais ce petit « truc » qui la sublimerait. Elle dressait et élevait des Dragons, bien sûr, et elle était capable de parler avec eux, en établissant une communication mystérieuse dont seuls les Dragonniers avaient le secret. Mais elle ne gagnerait jamais le respect d’un Dragon légendaire, par exemple, ce dont Yûn serait capable dans un futur plus ou moins proche.

Le fils de l’Eternarien des Cieux resta silencieux, écoutant le vent chanter et son instinct lui parler. Il espérait ne pas se tromper au sujet de son élève. Curieux de voir l’issue de ce duel étrange, il laissa les couleurs défiler autour de lui, attendant qu’une des deux jeunes femmes atteigne une arrivée déterminante pour l’avenir de Sandra et de Yûn.

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Yûn le Jeu 19 Juil 2012 - 19:12

Yûn n’en revenait pas. Le Dragon Master, si avare en compliments… Venait de l’encourager ?

« Je compte sur toi. »

Ces quelques mots, mais surtout le léger sourire qui l’accompagnait, suffirent à la remotiver entièrement. Il comptait sur elle. Il croyait en elle. Elle pouvait y arriver… Non, elle le devait !
Elle hocha la tête, une lueur déterminée dans le regard. Cet éclat, s’il avait été présent durant tous ses exercices avec le Maître des Dragons, était plus brut, plus lumineux que jamais. On aurait dit une véritable pierre au fond de ses iris.
Alors que le Champion nalcien s’éloignait pour s’approcher de son adversaire, Yûn posa une main ferme sur le cou du saurien des enfers. Le doute avait disparu de son corps comme de son esprit. Hakkatsu le sentit. Il redoubla de vitesse grâce à ses battements d’ailes explosifs. Après de telles paroles, la jeune Terrosienne refusait de perdre. Même si son Maître lui avait assuré que cela ne comptait pas à ses yeux.

Elle y arrivait… Oui, elle le voyait clairement ! Chaque seconde passée la reprochait un peu plus de sa rivale. La distance entre elles, qui semblait si grande auparavant, se comblait petit à petit. Les paroles du Nalcien quant à la distance restante ne lui semblèrent qu’être un écho lointain, tant elle était concentrée sur sa tâche. Elle ne faisait même plus attention à la cadence infernale adoptée par son cœur. Celui-ci paraissait s’être habitué à ce rythme inhumain, à ces battements d’une puissance destructrice que lui imposait l’esprit de la jeune femme et sa monture. Et petit à petit, Yûn accélérait d’elle-même les pulsions de son cœur, pour encourager le seigneur des sommets à gagner en vitesse.

Et cela porta ses fruits.

Au moment d’entamer la boucle autour de la quatrième tour, l’élève du Dragon Master était au coude à coude avec Sandra. Elle se doutait que cette femme vêtue d’azur était avantagée par sa connaissance du terrain. Mais tant pis, elle se battrait avec ses armes.
Yûn indiqua à Hakkatsu, d’une légère pression de sa main sur un côté, d’effectuer sa volte au ras du bâtiment. Celui-ci comprit aussitôt où elle voulait en venir. Les écailles de ses ailes frôlèrent la structure, manquant de le blesser par une roche mal placée. Heureusement, il la repéra à temps et put l’éviter. Mais, même avec ce contretemps, le duo formé par l’ancien Gouverneur de la ville avait accompli ce qu’ils souhaitaient. En se maintenant à la corde du cercle, ils étaient parvenus à dépasser légèrement leurs adversaires.

Mais il ne fallait pas se reposer sur ses lauriers !

Yûn entendit Reisu pousser un beuglement de rage. Elle s’empêcha de se retourner pour voir où elle se trouvait précisément. Le Dragon Master lui avait toujours dit de ne jamais regarder en arrière lorsqu’elle était poursuivie. En plus d’interrompre momentanément la concentration, cela constituait également en un malus pour le cavalier, qui pouvait alors fausser son jugement. Elle devait faire abstraction de sa vue, au profit de ses autres sens. Notamment l’ouïe. Ecouter et comprendre les éléments était primordial.
En ne se fiant donc qu’à ses oreilles, l’apprentie Dragonnière estima donc que son adversaire devait se trouver au niveau du début de la queue de sa propre monture. Une courte avance, donc. Mais celle-ci s’agrandissait au fur et à mesure que les duos avançaient. S’ils continuaient ainsi, ils allaient gagner !
Près d’une longueur les séparait quand ils entrèrent dans l’avant-dernier tunnel. La victoire semblait être acquise. Pourtant…

Un violent battement de son métronome organique coupa le souffle de la jeune femme. Le choc fut tel qu’il perturba même Hakkatsu. Mais ils repartirent sur le même rythme. Bah, ce n’était peut-être rien. Peut-être l’avait-il ressenti de façon plus intense parce que l’exercice les essoufflait tous les deux. Oui, ce devait être ça.
Pourtant, ce coup de semonce ne fut pas isolé. Un deuxième survint, plus puissant encore que le premier. Yûn eut l’impression que son cœur avait voulu jaillir de sa poitrine. Une légère plainte sortit de sa bouche, bien malgré elle, alors qu’elle portait sa main droite sur sa poitrine. Le seigneur des sommets sentit que quelque chose n’allait pas. Mais alors qu’il s’apprêtait à ralentir légèrement la cadence, la jeune femme l’en empêcha.


« Non, Hakkatsu… Ne t’en fais pas pour moi, ça va aller. Je vais tenir, je te le promets. On est presque arrivés, alors vas-y ! Vole aussi vite que tu le pourras ! »

Bien qu’elle ait dit tout cela dans un souffle à peine perceptible, la moindre syllabe était remplie de la même détermination qui l’avait envahie lors des encouragements de son maître. Hakkatsu poussa un grognement et repartit de plus belle. Mais, derrière eux, Sandra et Reisu semblèrent avoir compris que la situation n’allait pas tarder à tourner à leur avantage…
Et en effet, au moment d’effectuer la boucle autour du dernier bâtiment, elles étaient parvenues à rattraper leur retard. La Dragonnière esquissa un sourire de satisfaction en voyant le visage grimaçant de sa rivale. Mais celle-ci s’accrochait de toutes ses forces. Elle ne pouvait pas céder davantage de terrain ! Ignorant les violents à-coups de plus en plus rapprochés de sa pompe organique elle encouragea Hakkatsu à accélérer. Cependant, bien qu’elle demande ça, le dragon d’ocre et d’encre ne pouvait accomplir sa tâche avec la même efficacité que quelques instants auparavant. Yûn ne cessait de se désynchroniser de lui, et cela se répercutait sur ses mouvements. L’alchimie entre les deux êtres ne tenait plus que par un mince fil, la détermination de la jeune Terrosienne. Mais cela était loin d’être suffisant… D’autant plus que l’apprentie Dragonnière commençait à percevoir un goût métallique et amer au fond de la gorge…
Ils y étaient presque… Ils venaient de sortir du dernier tunnel. Reisu les devançait de moins d’une tête, ils pouvaient le faire. Ils pouvaient gagner !
Néanmoins… Le corps de Yûn en décida autrement.
Une secousse encore plus violente et longue que les autres la frappa. A tel point qu’elle en fut pliée en deux par la douleur. Une seconde survint au moment où la première cessa. Sa souffrance fut telle qu’elle perdit connaissance durant quelques instants. Alors qu’elle sombrait dans le néant, son corps glissa de sa monture et se précipita vers le sol. Hakkatsu plongea pour rattraper sa cavalière, à quelques mètres du sol. Il atterrit non loin du Dragon Master, qui venait lui-même de mettre pied à terre, et déposa la jeune Terrosienne. Elle reprenait doucement ses esprits, mais le moindre de ses muscles la tiraillait. En particulier, son cœur ne cessait de la faire souffrir. Il lui faudrait un peu de temps avant de retrouver son rythme cardiaque habituel. Quelques gouttes de sang perlaient sinistrement au coin de ses lèvres. Son visage avait une pâleur de mort. Elle était à bout de forces. Mais en vie.
Voyant son Maître s’avancer, elle baissa la tête, honteuse. A cause de sa chute, de nombreux badauds chuchotaient des commentaires certainement moqueurs à son égard. Or, elle avait l’impression que cela revenait à se moquer du Champion aux dragons.


« Je… Je suis désolée, Sensei… »

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Peter le Lun 23 Juil 2012 - 18:56

Les encouragements du Dragon Master portèrent leurs fruits. En effet, Yûn fit accélérer sa monture, augmentant graduellement son rythme cardiaque… Peter se mit à surveiller de près ce changement, connaissant bien les éventuelles conséquences d’une telle demande sur le corps humain, aussi entraîné soit-il… Et il craignait que sa disciple ne repousse trop loin les limites du sien. Même si elle s’exerçait sans relâche pour augmenter l’étendue de ses capacités physiques et mentales, elle n’était pas encore au point pour de tels pics d’adrénaline. Et elle n’avait pas eu le temps de laisser les connaissances qu’elle avait accumulées « décanter » pour rivaliser avec une personne plus expérimentée. Pourtant, au détour du quatrième pilier, la Terrosienne était à la même hauteur que son adversaire. Il était clair qu’elle avait fait d’énormes progrès depuis sa rencontre avec Peter, et que sa manière d’appréhender l’environnement, surtout lorsqu’elle chevauchait un Dragon, était bien meilleure qu’auparavant… Ce qui n’apaisait pas les inquiétudes de son maître. Ce dernier fit accélérer sa propre monture pour se rapprocher d’Hakkatsu, tout en se tenant à distance respectable.

Lorsqu’à son tour il dépassa Reisu, qui venait de pousser un cri terrible de rage et d’orgueil malmené, il comprit tout de suite que Sandra avait beaucoup de mal à se remettre de sa déconcentration antérieure. Si, au début, Peter ne s’était pas aperçu de l’intérêt manifeste qu’elle lui portait, il y avait longtemps à présent qu’il avait pris conscience de la position de Sandra par rapport à lui. Elle, en revanche, semblait avoir à peine réalisé qu’elle n’avait aucune chance, que ce soit sur le plan « professionnel » ou le plan affectif… Et elle avait de grandes difficultés à resynchroniser sa pompe organique avec celle de sa Drattak déchaînée. De plus, la jeune élève du Dragon Master mettait en pratique un des nombreux conseils qu’il lui répétait sans cesse, à savoir ne jamais se retourner pour observer un poursuivant, ni même pour jauger son retard sur soi... Et cette rigueur empêchait Sandra de profiter d’un court instant de faiblesse pour remonter.

Mais comme le champion nalcien le redoutait, la faiblesse de Yûn, ce fut son corps, cette enveloppe charnelle qui empêchait tout mortel de devenir l’égal d’un dieu. Et cette prison qui allait coûter la victoire à Yûn. En effet, un premier cognement la surprit quelque peu, mais n’interrompit pas sa course vers l’arrivée. Quand le second suivit, peu après, Peter sut qu’elle ne pourrait pas gagner ce duel. Même son Dracaufeu le sentit, puisqu’il tourna légèrement le cou pour interroger l’humaine du regard. De là où il était, le Dragon Master put déchiffrer quelques mots sur les lèvres de son apprentie, et l’expression de son visage, bien que reflétant une douleur intense, n’était pas celle de quelqu’un qui était sur le point de renoncer.


« C’est de la folie… Si elle continue, elle va… »

Kairyuu fit un petit mouvement de tête en signe d’assentiment, sachant également parfaitement ce qui arrivait à un être humain qui franchissait les (étroites) frontières qui le faisaient basculer dans un monde dangereux. Et, manque de chance pour Yûn, sa rivale faisait partie de ceux qui savaient saisir la moindre faille chez l’ennemi pour s’y engouffrer dedans tête la première, en appuyant là où ça faisait mal, au passage, dans la mesure du possible. Ce que s’empressa de faire Sandra lorsqu’elle dépassa sa cadette, un sourire narquois aux lèvres. Le duo suivit malgré tout l’Eternarienne dans le dernier tunnel sans accentuer le mince écart qu’avait pris la fan éconduite de Peter, et ce fut presqu’en même temps que les quatre êtres jaillirent de la cavité, s’envolant vers la victoire.

« Kairyuu. »

Le colosse orangé déploya un peu plus encore ses ailes pour augmenter leur aérodynamisme et leur offrir une résistance moindre. Il y avait urgence, l’élève de Yûn allait tomber de sa monture d’une seconde à l’autre, et vu la hauteur, elle n’avait absolument aucune chance de survivre à une telle chute. Dans le plus miraculeux des cas, elle s’en sortirait avec des fractures multiples qui la cloueraient au lit pendant de longs et précieux mois. Et Peter n’avait aucune envie de voir sa disciple dans un état pareil, sans compter son Drackhaus, qui allait probablement perdre le peu de patience et de retenue qu’il avait déjà du mal à garder. De toute manière, le fils de l’Eternarien des Cieux avait entière confiance en son Dracaufeu, qu’il avait élevé depuis tout petit, et il savait pertinemment qu’il serait assez rapide et réactif pour aller aider sa cavalière. Mais il voulait être près d’elle quand les choses tourneraient au plus mal.

Le décompte mental s’avéra exact à la seconde près. Les yeux d’argent de Yûn se voilèrent, puis se fermèrent tandis que son corps de poupée plongeait à la verticale, droit vers le sol de la ville. Aussitôt, Hakkatsu pencha le cou vers le bas, replia ses ailes et se laissa tomber en piqué pour accroître sa vitesse de chute, rattrapa la jeune femme entre ses pattes avant et déploya ses ailes juste avant qu’ils ne s’écrasent, soulevant un petit nuage de poussière qui se déposa doucement sur les joues et les cheveux d’argent de Yûn. Peter avait déjà posé un pied à terre quand le lézard ailé replaça la Terrosienne sur ses pieds alors qu’elle revenait à elle. Ses traits étaient crispés, son teint crayeux et son corps tremblant. Mais surtout, elle était si honteuse qu’elle baissa les yeux et s’excusa platement auprès de Peter. Autour d’eux, les spectateurs matinaux improvisés commençaient à chuchoter, un murmure affolé s’élevant de la foule massée sous l’arrivée que le champion avait désignée. Le maître s’avança à pas lents, s’assura en quelques secondes que la Terrosienne n’était plus en danger… Et posa, en douceur, sa main droite sur l’épaule de Yûn. Cette dernière sursauta un peu au contact de la main de son mentor, lui qui évitait soigneusement de toucher les autres êtres humains quand ce n’était pas nécessaire. Justement, Peter avait décidé que le moment était approprié pour ce genre de geste, ce qui était assez rare pour provoquer des « oh » de surprise parmi les habitants qui observaient la scène. Le Dragon Master se pencha légèrement pour regarder son élève droit dans les yeux et lui dire doucement :


« Ne le sois pas. Ton corps n’a pas pu suivre le rythme, mais j’ai vu la détermination dont tu as fait preuve. Pour moi, tu as gagné cette course. »

Le Dragon aux ailes rouges de Sandra avait pourtant franchi la ligne seule, et était incontestablement le vainqueur du duel. Mais la femme aux habits bleus, en revenant vers le duo Yûn/Peter, lut dans leur échange une scène de cuisant échec. Elle qui s’était autorisé un sourire en survolant le point de départ, elle perdait lentement le rouge qui lui était monté aux joues dans le feu de l’action et de la joie. La main de son idole sur l’épaule de sa rivale, et surtout le regard plein de bonté et de gentillesse de Peter lui comprimèrent tant le cœur dans la poitrine qu’elle suffoqua, submergée par le chagrin et la haine. Elle lui prenait SA place ! Elle n’avait pas le droit d’être là, aux côtés du Dragon Master ! Comment osait-elle s’attirer ses bonnes grâces pour mieux se l’approprier, avec ses moues et ses manières faussement maladroites de lui voler son cœur ? Hors d’elle, Sandra sauta de sa monture avant l’atterrissage et se planta devant le duo maître – élève en criant :

« Elle a PERDU ! C’est moi qui ai atteint le point fixé en premier ! Elle ne mérite pas autant de… De… »

Un coup de fouet vocal claqua subitement dans les airs.

« Tais-toi. Tu doutais à ce point de tes capacités pour hurler ainsi sur quelqu’un qui a frôlé la mort en essayant de se surpasser pour vaincre quelqu’un ayant ton expérience ? Tu me déçois beaucoup, Sandra. Alors maintenant, tais-toi. Je ne veux plus t’entendre. »

Si Sandra avait encore le moindre doute quant à ses chances d’atteindre le champion nalcien, il venait d’être balayé en quelques secondes. Avec une telle réaction, elle avait perdu la considération qu’elle aurait peut-être obtenue en travaillant, non pas sur ses capacités de Dragonnière, mais sur son caractère et sa façon d’agir avec autrui. Alors qu’elle restait sans voix devant la première (et sans doute la dernière) réprimande de son « maître » adoré, elle sentit les larmes perler à ses yeux, menaçant à chaque instant de dévaler ses joues et d’accentuer davantage l’humiliation qu’elle était en train de subir. D’un ton plus posé, Peter reprit :

« Bravo à toi, Sandra. »

Des félicitations dénuées de chaleur et ressemblant plus à une politesse, voilà tout ce qu’avait gagné la prétendante du Dragon Master. Peter la délaissa bien vite pour redonner toute son attention à Yûn, qui reprenait peu à peu des couleurs et fuyait de manière plus qu’évidente le regard de son aînée. Si Sandra avait montré un minimum d’inquiétude et de compassion envers elle, Peter aurait sans doute été plus clément à son égard. Mais son caprice l’avait rendue totalement inintéressante aux yeux du Nalcien, qui préférait consacrer son temps et son énergie à quelqu’un qui en valait la peine. C’est dans un état d’esprit similaire qu’Hakkatsu dévisagea « l’enquiquineuse » d’un air mauvais et condescendant au possible, alors que Kairyuu frottait doucement sa joue à celle de Yûn en signe de soutien et de réconfort…

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Yûn le Lun 13 Aoû 2012 - 19:26

Plus que le contrecoup de sa chute et de son arrêt cardiaque presque fatal, ce fut l’attitude pour le moins inhabituelle du Dragon Master qui perturba la jeune fille à la chevelure de Lune. Lui si distant et réservé d’habitude… Après ses encouragements et ses compliments, voilà qu’il arborait une expression franchement amicale et bienveillante. Lui qui l’avait habituée à son regard sévère et impartial, ses yeux de braise avaient, pour le moment, l’air d’un feu protecteur mais fier.
Néanmoins, le formidable éclat de voix dont il fit preuve à l’encontre de sa malheureuse fan, semblable à un hurlement de rage de l’un de ses chers compagnons, rassura –si on pouvait dire ça…- sa jeune disciple. Là, elle retrouvait son maître, comme elle le côtoyait depuis quelques mois. Certes, elle ne prétendait certainement pas le connaître par cœur et elle considérait ces rares moments où Peter faisait preuve de franche bonté à son égard comme une vraie récompense à tous ses exercices intenses. La fierté qu’elle avait ressentie envers elle… Mais bon, elle n’était vraiment pas habituée à autant de compassion de sa part, et cela la déstabilisait un peu.
En revanche… Reisu ne sembla pas aussi docile que sa dresseuse. Si cette dernière, après s’être essuyée une douche glacée en la matière des propos acérés du Champion aux Dragons, parut se résoudre à accepter son sort, la Drattak perçut cela comme une menace adressée à l’égard de sa dresseuse. Elle poussa un puissant rugissement de colère qui fit trembler les bâtiments alentours. Soudain, elle s’éleva légèrement dans les airs et fonça sur cet être qui avait l’odeur des dragons ainsi que cette pimbêche qui l’avait défiée, elle, la toute puissante reine des cieux éternariens ! Ouvrant sa gueule béante, elle était prête à planter ses crocs dans les chairs de ses ennemis.
Elle n’en eut pas l’occasion.
Sans qu’elle l’y ait invité, l’unique sphère bicolore de la jeune Terrosienne se scinda en deux, délivrant son occupant dans une éclatante lumière immaculée. Ce dernier apparut juste devant le petit groupe, entre eux et la dragonne en furie. L’hybride en armure, sans aucune crainte dans ses yeux luisants d’ébène, saisit son évolution à la jonction du cou et de la tête d’une main, appuya son autre membre sur son large poitrail. Bien qu’il soit moins puissant qu’elle d’un point de vue théorique, sa lourde protection lui offrait une importante stabilité, que Reisu avait perdue en évoluant dans les airs. Poussant de toutes ses forces sur ses jambes et ses bras, il parvint à repousser le reptile enragé et à la projeter au loin. Cela se révéla cependant inutile, cette dernière se rétablissant sans peine d’un mouvement d’ailes agile.
L’hybride se redressa et se tourna légèrement vers Peter, ses dragons et sa dresseuse. Il ne dit rien, se contentant de fixer d’abord la jeune femme aux cheveux de Lune, puis son maître. Il ne savait pas quoi dire. Certes, c’était le Dragon Master qui avait provoqué cette course. Mais il l’avait senti, il n’était absolument pour rien dans l’incident dont Yûn avait été victime. C’était elle et elle seule qui était en cause, malgré les avertissements répétés de son propre corps et du Dracaufeu. Et, au contraire, il l’avait senti se précipiter pour lui venir en aide.
Finalement, ne sachant trop comment réagir, il adressa un léger grognement de remerciement à Hakkatsu. Si faible qu’il fallait vraiment tendre l’oreille pour le percevoir. Mais, c’était un début.

Il n’eut pas le loisir de s’étendre davantage là-dessus. En effet, Reisu venait de lui adresser une nouvelle menace sonore. Uroko toisa sa rivale. Mais ce n’était pas l’envie ou la jalousie qui se lisaient dans son regard. Mais bien du dégoût. Il savait que lui-même avait le sang chaud, et il s’en était déjà pris à Peter sans raison. Ca, même si ça lui faisait du mal, il parvenait à l’admettre. Mais là… Cette dragonne n’avait aucun respect pour son environnement, si ce n’était sa prétentieuse de dresseuse. Intérieurement, il se jura de ne jamais devenir ainsi.


« Qu’est-ce qu’elle a, la grognasse ? Elle veut se battre, c’est ça ? Viens, je t’attends ! »

La reine des cieux éternariens ne se fit pas prier. Sans crier gare, labourant le sol de ses griffes puissantes au moment où elle prenait son envol, elle lui tomba littéralement dessus. Bien que robuste, Uroko fut obligé de plier sous son poids, alors que la Drattak l’assénait de terribles coups de crocs. Il tenta alors de riposter d’un coup de tête dans son estomac, dans l’optique de lui couper le souffle et la repousser. Malheureusement, Reisu sembla avoir deviné ses intentions. Elle s’écarta prestement de lui avant de revenir à la charge. Cette fois-ci, ses griffes impressionnantes s’enflammèrent d’un azur ardent, et pénétrèrent sans peine l’armure d’écailles d’albâtre du dragon. L’attaque fut telle qu’elle surprit l’homme Drackhaus. C’était la première fois que quelqu’un parvenait à transpercer sa protection naturelle et à même atteindre la peau en dessous. Il chancela, mais un violent coup de queue lui empêcha tout répit. Il vola sur quelques mètres. Etendu sur le dos, les yeux clos, un filet de sang au coin des lèvres et un autre bien plus abondant au niveau de sa blessure, il était vaincu.

« Uroko ! »

Yûn, ignorant la faiblesse de son corps, se précipita vers lui. Malheureusement, la dragonne en furie s’interposa, ivre de rage. Elle semblait avoir encore soif de sang et de victoire. Elle adressa un furieux beuglement à l’apprentie du Dragon Master. Celle-ci, mettant de côté sa peur, tenta de la faire reculer en invoquant le feu de jade qui sommeillait en son sein. Un serpent corrosif s’échappa de ses mains, exactement comme son maître lui avait appris, prêt à mordre la créature hostile. Mais l’assaut de la jeune Terrosienne était loin d’avoir la puissance nécessaire pour infliger quoi que ce soit à Reisu. Celle-ci se contenta d’opposer son aile sanglante au reptile impalpable, ce dernier se dissipant à son contact. La jeune femme à la peau ocre ne se laissa pas faire et réitéra son offensive. Sans plus de succès que la première. Reisu continuait de s’approcher. Or, ses jambes fléchirent. D’habitude, elle était plutôt résistante. Mais employer ses capacités, alors que son corps se remettait difficilement de l’épreuve qu’elle s’était imposée, l’avait complètement vidée de ses forces.
Alors qu’elle était au sol, elle releva la tête. La dragonne enragée ouvrit lentement sa gueule. De sa gorge monta une lueur sinistre de feu, qui gagnait chaque instant en intensité. Quelle idée que d’avoir osé affronter une telle créature, surtout dans cet état ?! Mais ça avait été plus fort qu’elle, elle avait voulu protéger son cher dragon. Son vieil ami. Comme lui le faisait depuis le temps qu’ils se connaissaient. Pour une fois, elle avait voulu inverser les rôles. Alors non, elle ne regrettait pas. Elle ferait face à la Mort, si celle-ci avait décidé de s’incarner en ce monstre incontrôlable.

Le torrent de feu quitta la gueule béante, se dirigeant, affamé, vers sa proie. Mais, alors que le souffle embrasé n’était plus qu’à quelques mètres de la jeune femme, Uroko jaillit et offrit son dos comme rempart. Les flammes ricochèrent d’abord contre lui avant de l’engloutir. Pourtant, lorsqu’elles se dissipèrent, ce fut comme si elles ne lui avaient causé aucun dommage.


« Idiote » Murmura-t-il « J’en ai pas encore fini avec elle… »

C’est alors que Yûn constata quelque chose de très anormal. De nombreuses fissures parcouraient son armure habituellement inviolable. Si certaines prenaient leur source des plaies béantes subies par le dragon, d’autres semblaient être apparues de nulle part. Et elles s’étendaient. Pourtant, ce n’était pas de l’inquiétude ou de la peur que ressentait la jeune femme. Non. Elle sentait que quelque chose s’était brisé en lui, mais de manière bénéfique. Toute la colère, la frustration accumulée… Pour parvenir à ce résultat-là. Avant même que cela ne se produise, elle sut ce qui allait arriver.
La suite lui donna raison.
Ce fut d’abord la protection de l’un de ses avant-bras qui, se disloquant des autres, tomba lourdement au sol. Puis la jambe. Puis les autres membres. Le torse. Soudain, l’armure du dos vola en éclats, libérant deux ailes au vermeil bien plus éclatant que celui de la dragonne ainsi qu’une queue aux teintes des abysses. Enfin, le casque qui, depuis si longtemps, dissimulait son visage, tomba à son tour. Libérant enfin totalement l’homme dragon de ses chaînes. Le léger vent soulevait doucement ses cheveux de jais. Depuis combien de temps n’avait-il pas senti ainsi la caresse de l’air sur sa peau, enfermé dans cette forteresse inviolable ? Son sang bouillonnait d’une puissance nouvelle, totalement différente de celle qu’il avait connue étant un Drackhaus.
Ca y était. Il y était parvenu. Enfin.
Une larme de joie coula doucement des yeux de Yûn, tandis que son pokémon se redressait fièrement pour défier sa congénère. Car oui. Après de longs mois d’un dur labeur, il était enfin devenu un Drattak. Et il le sentait : même s’il ne savait pas encore voler, Reisu trouverait une sacrée résistance si elle souhaitait poursuivre ce duel insensé.

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Re: [ Clos ] Quand la jalousie s'en mêle [Peter]

Message par Peter le Mar 21 Aoû 2012 - 20:07

Sandra s’était résignée, totalement abattue par sa pseudo victoire. Presqu’éteinte, la lueur dans son regard fixait Peter d’un air hagard… Mais sa Drattak n’était pas de cet avis. Furieuse, elle poussa un cri de rage et fonça sur le Dragon Master et son apprentie. Comprenant bien que Reisu était devenue incontrôlable, le Nalcien ne bougea pourtant pas, sachant parfaitement que l’unique Pokémon de Yûn ne la laisserait pas passer. Kairyuu plissa doucement les yeux en dévisageant Sandra, alors que le Dracaufeu grognait en sourdine en direction du Dragon aux ailes écarlates. Non seulement l’humaine était un pot-de-colle, mais sa créature était une mauvaise perdante doublée d’une malpolie ! Seules la présence de Peter et son aura l’empêchaient de se jeter sur cette effrontée pour lui apprendre le respect. Mais ce fut, comme prévu, le Drackhaus humanoïde qui s’interposa entre les deux groupes. Après avoir jailli de sa capsule sans autorisation, il arrêta la Drattak à la force des bras, la repoussa et se prépara à l’accueillir comme elle le méritait. Un regard dédaigneux, une insulte en guise de défi – qui fit légèrement hausser les sourcils à Peter – et Reisu repartit à l’assaut, prête à en découdre. Elle se laissa tout simplement tomber sur Uroko et commença à le mordre de toutes parts, le Pokémon de Yûn se couvrant de blessures à une vitesse dangereuse. Ce dernier tenta une riposte, mais elle fut déjouée sans mal, et punie par une attaque Dracogriffe qui fractura son armure pourtant solide. Pour finir, un coup de queue l’envoya valser sur le dos et le sonna. C’était ce qu’on pouvait appeler une sacrée leçon…

Debout, les bras croisés, Peter avait observé la correction en silence. Malheureusement pour Uroko, et malgré le caractère exécrable de Sandra et de son Pokémon, Reisu avait atteint un niveau de puissance que le Pokémon de Yûn était loin d’égaler. Il lui faudrait encore travailler dur et longtemps pour en arriver là, et ce, même si la Terrosienne et son ami étaient sur la bonne voie.

La jeune apprentie du Dragon Master se précipita alors vers son compagnon allongé sur le sol, mais ne réussit pas à l’atteindre : une dragonne en furie lui barra la route et la menaça. Sans se démonter, Yûn tenta de mettre en pratique un des enseignements de Peter en crachant un dragon vert par le biais de ses paumes. Peine perdue : Reisu absorba le premier basilic de feu avec son aile, puis le deuxième, avant de cracher une flamme ardente, droit sur Yûn.


« Insolente ! »

Peter, qui avait enfin réagi, venait de lâcher à nouveau un mot cinglant comme un fouet. Reisu avait fait son petit caprice, et il l’avait laissée faire, mais cette fois, elle allait trop loin. Hakkatsu s’envola subitement, puis poussa un cri terrible, franchement excédé par le comportement de l’autre abrutie de Reisu. Mais avant même que son Dracaufeu n’aille intercepter la flamme qui menaçait Yûn, Peter leva un bras et le dressa comme une barrière devant son ami. Il n’aurait pas besoin d’intervenir. En effet, Uroko venait de prendre le déluge brûlant dans le dos pour protéger sa dresseuse, et le Dragon Master sut, avant qu’il n’ouvre la bouche, qu’il allait enfin pouvoir exploser et laisser tout cet amas de négativité voler en éclats, tout comme son armure d’ivoire.

« C’est terminé. »

Avec ces paroles, le Dragon Master entendait à la fois commenter l’aboutissement d’une attente et d’efforts qui avaient dus paraître interminables pour Uroko et sonner la fin de ce déchaînement de colère. Abaissant le bras qu’il avait levé quelques instants auparavant, le champion nalcien avança à pas lents vers la Drattak, qui se mit à grogner tout en découvrant ses crocs. Mais, pas impressionné le moins du monde par la rangée de dents pointues que la créature exhibait, Peter continua à marcher, chacun de ses pas provoquant une légère vibration dans le sol. Ce n’était pas très bon signe pour la créature aux ailes sanglantes. Car Peter était, pour la première fois depuis longtemps, très en colère.

« Tant d’insolence… Tant d’arrogance… Doivent être punis. »

Alors que Kairyuu, ayant deviné que la Drattak allait prendre la rouste de sa vie, regardait son maître sans un mot, Hakkatsu, lui, agitait ses ailes en poussant un grognement de satisfaction. Il aurait aimé la remettre à sa place lui-même, mais voir Peter le faire était au moins tout aussi plaisant. Le Dragon Master finit par approcher son visage très près de la tête de Reisu, plongea ses yeux devenus dorés dans ceux de la bête… Et plaça sa main gauche sur le poitrail de celle-ci. Pendant l’espace d’une seconde, rien ne se produisit. Mais soudain, la Dragonne fut littéralement éjectée et son corps projeté plusieurs mètres en arrière comme si quelque chose de très lourd lui était rentré dedans. Alors qu’elle tentait de se relever, totalement sonnée et abrutie par le choc, l’homme-Dragon inspira un grand coup, remplissant d’air son torse puissant pour relâcher ensuite un Dracosouffle dont Kairyuu aurait pu être jaloux s’il n’avait pas été le plus fidèle ami de Peter. Écarquillant les yeux, Reisu vit la colère matérialisée du champion nalcien lui arriver droit dessus. Sandra, elle, regardait sans bouger son Pokémon se faire étaler en bonne et due forme, comprenant enfin, mais trop tard, qu’elle l’avait amplement mérité. La Drattak resta au sol, gisant sans pouvoir émettre autre chose qu’un souffle saccadé. Il fallait dire que Peter n’avait pas fait semblant…

« Tu as beau être un Dragon, tu dois le respect à des humains qui ne t’ont absolument rien fait. Et j’ai beau respecter les créatures de ton rang, je n’ai pas à m’incliner devant un Pokémon qui pourrait être la source de conflits inutiles. »

Hakkatsu s’approcha alors de Sandra en volant vers elle, lui lança son plus ignoble regard de mépris, fit cadeau du même coup d’œil de dédain à la Drattak vaincue et rejoignit Yûn et Uroko, plongeant son regard dans celui de ce dernier pour lui faire comprendre qu’il avait entendu son remerciement. Kairyuu, lui, se posa doucement près de Peter, alors qu’un silence de mort s’était abattu sur la foule ayant assisté à la scène. Le Dragon Master, dont les yeux avaient retrouvé leur couleur normale, sauta sur le dos de son compagnon et lança :

« Voilà ma première et dernière leçon, Sandra. »

Le Dracaufeu s’aplatit légèrement au sol, histoire d’inviter Yûn à grimper. Il poussa cependant un cri en direction du Drattak fraîchement évolué, comme pour lui dire que malgré ses toutes nouvelles ailes, il ne pourrait sans doute pas porter sa dresseuse tout de suite, et encore moins sur de longues distances. Puis, le Dracolosse ouvrit ses ailes pour décoller, alors que Peter, d’une voix calme et douce, annonçait :

« Rentrons. »


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