[ Clos ] The hunt is over [Nina]

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[ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Lehna le Sam 2 Fév 2013 - 17:05

Lehna était revenue du concours de Flamen aussi vite qu’elle avait pu. Elle avait préféré prendre du retard sur ses recherches pour participer à cet événement, mais maintenant, il fallait qu’elle se remettre en route. Elle était donc partie le matin même à dos de cet incapable d’Altaria, voulant atteindre la capitale du pays du vent le plus rapidement possible. D’après ses récentes sources, c’était un des lieux où elle avait le plus de chances de croiser sa cousine en exile.

Elle arriva donc en ville en fin de matinée, atterrissant au milieu d’un quartier apparemment populaire. Au fil des indications qu’elle demandait aux passants, la princesse finit par arriver devant l’arène Pokémon de la ville. C’était dans ces coins là que Kajin’ Nezumi, soit disant une amie de la princesse légitime, lui avait conseillé de continuer ses recherches. La demoiselle admira le grand bâtiment un instant, puis pénétra à l’intérieur, voulant quémander une petite audience avec la championne de la ville, afin de recueillir plus de renseignements. On lui indiqua alors, dans le hall qui servait d’entrée, que la maitresse des lieux était actuellement en plein match et qu’elle ne pouvait recevoir personne pour le moment. On la mit même en garde contre le fait que, généralement, ce n’était pas le genre de femme à vouloir faire causette avec d’autre. La princesse sourit légèrement à la réflexion, avant de demander s’il y avait moyen d’observer le dit combat, afin d’intercepter la championne juste après. On lui indiqua le chemin vers le terrain, en lui recommandant pour la énième fois de ne pas prendre la dame aux oiseaux à la légère, et la princesse, à dos d’Altaria, monta voir à qui elle allait avoir affaire.

Elle arriva en faisant face à la championne, et donc dos à la visiteuse, avant d’atterrir sur une large plate-forme apparemment prévue pour accueillir les spectateurs. La championne n’avait pas l’air commode en effet, même si elle semblait perdre contre celle qui avait osé la défier. D’ailleurs, cette femme avait un petit air de déjà vu, avec les cheveux aussi sombre que ceux des Fran et une gestuelle familière qu’on lui avait déjà décrite.

Non, cela serait trop parfait si…

Remontant sur l’oiseau, elle fit un grand cercle afin de voir si elle pouvait apercevoir le visage de celle qui, pour l’instant, semblait dominer le match. La décision fut sans appel. Ces yeux ambrés et ce visage frappèrent Lehna de plein fouet, qui jubila. Ça y est, elle avait trouvé sa proie.

N’ayant pas besoin de rester dans les airs plus longtemps, elle préféra descendre au sol afin d’attendre sa très chère cousine. Elle n’avait plus besoin de fréquenter la championne aux oiseaux, son but étant, finalement, atteint. Elle redescendit sans se faire remarquer, n’ayant fait qu’une brève apparition furtive, et les gens ayant été trop concentré sur le combat pour la remarquer concrètement. Rappelant l’oiseau de malheur dans sa pokéball, elle quitta les lieux, sortant par la grande porte d’entrée. Il était quasiment certain que Nina allait suivre le même chemin qu’elle pour sortir, et à la place de descendre les marches, elle décida de se décaler et de se poser contre le mur de l’arène, juste à côté de la grande porte. Ainsi, lorsque Nina allait sortir, elle ne la remarquerait pas immédiatement, laissant à Lehna le temps de l’aborder la première. Bien sûr, la demoiselle était une gradée reconnue qui ne passerait sans doute pas outre sa présence, mais cela devrait suffire pour que la princesse déchue frappe la première.

Elle attendit alors patiemment, posée contre le bâtiment, que la challenger sorte, victorieuse ou pas, de son match. Bientôt, elle put entendre des pas résonant dans l’immeuble, et la jeune femme se redressa, prête à aborder Nina le cas échéant. Son cœur accélérait légèrement dans sa poitrine alors qu’elle atteignait son but, impatiente que cette confrontation ait enfin lieu et soit teminée. Elle laissa la colonel lui passer devant, puis Lehna l’interpella à peine avait-elle fait quelques mètres à la sortie de l’arène.

« Nina ! » appela-t-elle comme si elle avait connu la fille depuis toujours, « je te cherchais partout ! Si tu savais le souci que tu m’as causé ! »

Elle prononçait ces paroles avec un grand sourire et un visage innocent, presque naïf. Ce masque était une de ses fiertés, elle avait eu beaucoup de mal à le mettre au point. Elle voulait bien sûr leurrer la princesse dans une vague de confiance, même si elle se doutait que dans un premier temps, Nina ne saurait pas à qui elle avait affaire ; après tout, il était sans doute fort probablement de la guerrière ne soit même pas au courant de l’existence de sa cousine.

Mais cette façade cachait une réalité bien plus triste. Tout d’abord, le vrai but de Lehna était de convaincre cette femme de rentrer à la maison et sagement reprendre le trône qui lui était du. Ensuite, une rage certaine bouillonnait au fond de la fausse princesse, une colère qu’elle-même, pour une fois, n’était pas sûre de cerner complétement. Cette femme lui faisait peur, et elle n’avait qu’une envie, qu’elle disparaisse de la surface de cette terre.

Contrôlant formidablement bien ses émotions, comme toujours, elle afficha un sourire enjoliveur à la femme, attendant patiemment sa réaction afin d’apprendre à la connaître et de pouvoir agir en conséquence.

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Nina Wang le Mer 6 Fév 2013 - 16:02

On pouvait dire que pour son septième match d’arène, Nina avait livré un sacré combat contre la championne aux oiseaux. Asaka s’était défendue comme une tigresse, forçant la princesse à donner le meilleur d’elle-même pour guider ses Pokémon au mieux. Cependant, au cœur de la bataille enragée, quelque chose avait perturbé, l’espace d’un instant, le colonel de Mizuhan : en effet, une présence à la fois familière et inconnue avait fait irruption dans l’enceinte de l’arène, au beau milieu de la confrontation, et si elle ne l’avait pas dérangée, elle avait au moins eu le mérite d’attirer l’attention de Nina. Pire encore, l’aura n’avait fait que s’éloigner légèrement, au lieu de disparaître, et cela ne pouvait signifier qu’une chose : sa porteuse attendait la fille du major Wang, sans doute à la sortie de l’établissement… Et la jeune femme avait une petite idée de la raison de sa venue.

Lors de la dernière bataille en date, la guerrière de l’Eau avait rencontré sa mère, Sifuru Fran, et sa demi-sœur, Abigaël d’Alma. Au-delà du double choc d’une telle apparition, Nina avait clairement senti que ceux qui partageaient son sang avaient en eux leur propre bête, semblable à celle qui habitait l’âme désormais apaisée du colonel, mais qui se distinguait à la fois par son fonctionnement, son mécanisme d’activation… Et par la personnalité de l’être qui l’abritait. Ainsi, si Bara Suishô se déchaînait quand un proche de Nina était en danger, le pouvoir d’Abby, Kira Kishô, était libéré lorsque quelqu’un tentait de se rapprocher de son hôte, ou lui envoyait des sentiments positifs. Et évidemment, même si Nina ne connaissait pas les spécificités du don de chacun des membres de sa lignée, elle savait maintenant repérer les rares personnes qui le possédaient.

La présence qui avait fait irruption dans l’arène en faisait partie.

Son septième badge en poche, le colonel salua la championne d’Alfen, puis se dirigea vers l’entrée du bâtiment. Plus elle avançait, plus Bara s’agitait, sans pour autant prendre le contrôle de Nina, comme elle le faisait auparavant. Elles coopéraient désormais, s’étant mutuellement acceptées, et travaillant donc de concert. La douce mélopée sonnait plutôt comme un avertissement que seule la princesse pouvait entendre, au plus profond de son âme. Il y avait quelqu’un qui avait le même sang qu’elle… Et qui bouillonnait d’une rage démente, rage qui dissimulait assez mal, pour n’importe quel porteur de ce fameux pouvoir, une terrible frayeur. Mais même sans Bara, Nina avait compris que cette personne était comme les lames de la guerrière : un caméléon, à la fois un et multiple, à l’aise partout et présent nulle part. Les premières paroles qui franchirent ses lèvres, ainsi que le ton sur lequel elle les prononça, achevèrent de convaincre la princesse légitime de se méfier d’elle.


« Nina ! Je te cherchais partout ! Si tu savais le souci que tu m’as causé ! »


Fran de Mizuhan - Fate

Tiens donc… Des manières mielleuses et faussement amicales, c’était assez peu conventionnel, comme premier contact. La jeune femme ferma les yeux, puis se retourna pour faire face à l’inconnue.
Elle était plus âgée que Nina, mais pas de beaucoup, se dit le colonel. Grande, fine, élancée, avec un visage charmeur… Dès le premier regard, on pouvait deviner qu’elle n’avait pas été élevée dans la fange et les rapines. Elle n’avait cependant pas les yeux d’ambre caractéristiques de la famille royale, ni les cheveux d’un noir bleuté communs aux membres de cette lignée. Pourtant, la fille du major était certaine qu’elle en faisait partie, même si son physique atypique disait le contraire au premier abord.

Malgré le grand sourire et le visage avenant de la visiteuse, Nina n’était pas dupe. Sa présence ne pouvait signifier qu’une chose : la souveraine de Mizuhan, d’une manière ou d’une autre, s’impatientait de ne pas voir sa fille cadette se présenter à elle. Elle n’avait obtenu d’elle qu’une soumission parfaitement réglementaire, en vertu du grade de la guerrière et de sa place dans l’armée. Mais la fille du major l’avait senti : elle voulait plus qu’une simple obéissance… Elle voulait qu’elle la considère comme elle considérait Sergei, comme la personne à qui elle devait une gratitude éternelle. Et cela, peu importe ce qui arriverait… C’était totalement impossible.

Et voilà donc cette femme, belle, délicate… Mortelle. Un chien de chasse déguisé en beauté fatale que Sifuru avait envoyé à ses trousses pour la ramener à la maison. Un chien terrifié pour une raison que Nina ignorait, et qu’elle méprisait tout autant qu’elle le prenait en pitié. Sans détacher son regard fauve de celui, sombre et profond, de sa parente, l’héritière fit quelques pas vers elle, puis lui annonça, d’un ton égal, plein de maîtrise et de contrôle :


« Je ne crois pas vous connaître, bien que je devine vos… Origines. Vous êtes une Fran, n’est-ce pas ? Effectivement, je suis bien Nina… Nina Wang, colonel de l’escadron aérien de l’armée de Mizuhan. Je suppose que c’est Jôuheika* Sifuru qui vous envoie. Et je ne crois pas me tromper. Que me voulez-vous ? »

La guerrière de l’Eau ne bougea pas, impassible, les morceaux d’ambre de ses yeux ancrés dans le regard noisette de son interlocutrice. La princesse légitime ne savait rien du passé de la jolie poupée qui lui faisait face, mais une chose était sûre : elle était maîtresse de son destin, désormais, et rien ne l’empêcherait d’atteindre ses objectifs. Elle était prête à balayer quiconque se mettrait en travers de sa route… Fran ou pas.


[* « Joûheika » signifie « Sa Majesté la Reine », c’est ainsi que l’appellent la plupart des Mizuhaniens faisant partie de l’armée (dont la langue officielle est le japonais). J’ai déjà utilisé ce terme lors de la seconde guerre, lors de la rencontre de la Reine et de Nina. On va bien s’amuser, je sens, sur ce topic… ;)]

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Lehna le Mar 12 Fév 2013 - 13:43

Lehna s’était attendue à une réaction du genre de la part de sa cadette. Cependant, elle était malgré tout beaucoup plus ferme et directe que ce qu’elle avait pu imaginer. Ce côté, c’était tout le portrait craché de sa mère ; les deux étaient des dirigeantes forcenées, c’était dans leur sang, et c’était ce qui avait voulu le trône à leur tribu il y a bien longtemps. Maintenant qu’elle lui faisait enfin face, Lehna prit le temps d’inspecter le personnage. Nina était plus petite qu’elle, avec les traits caractéristiques de la famille royale, particulièrement prononcés. L’ainée ne lui trouvait rien d’extraordinaire, au contraire. Qu’avaient-ils tous à se plier en quatre pour cette fille à l’aspect banal ? Elle ne comprenait vraiment pas. Cela dit, tant qu’on ennuyait Nina, on la laissait tranquille, donc elle ne pouvait pas se permettre de se débarrasser impunément de cette femme. C’était bien dommage d’ailleurs, car quelque chose lui murmurait que sa vie serait mille fois mieux si cette personne n’était plus de ce monde…

La colonel avait commencé tout de suite par tenter de déceler l’identité de celle qui l’interrogeait. C’était une réaction logique, et prévue par la coordinatrice. Gardant son visage de jeune innocente, Lehna répondit naturellement à la demande, avec la réponse qu’elle avait déjà préparée à l’avance.

« Tu ne te souviens pas de moi ? Il est vrai que la dernière fois que l’on s’est vu, tu ne devais pas être plus grande que cela ! » mima Lehna, désignant la forme d’un nouveau né avec ses mains. « Et regarde toi maintenant ! Tu es toute épanouie ! » continua-t-elle, prolongeant la conversation. « Je suis en effet une Fran aussi, mais comme toi, je n’y accorde aucune importance, » répondit-elle en lui lançant un clin d’œil.

La femme en face d’elle avait insisté sur le fait que son nom de famille différait de celui de la famille royale, et instantanément, Lehna s’était collée sur ce comportement. On dit bien que « qui se rassemblent s’assemblent », et la fausse princesse avait prouvé à de multiples reprises que singer le comportement de la personne qu’on cherchait à séduire était la meilleure manière de s’attirer ses faveurs.

Et juste après, Nina enchaina sur Sirufu… Elle était donc décidément aussi prévisible et vide que les autres humains de ce monde. Lehna avait l’impression de participer à une pièce de théâtre à laquelle elle avait déjà prévu l’intégralité du scénario. Il ne lui restait plus qu’à répéter son texte, comme l’actrice fameuse qu’elle était.

« Que dis-tu ? Mais non pas du tout tu te leurres complétement ! » enchaina-t-elle, son sourire ne ternissant point. « Notre Reine n’est en rien responsable de ma présence ici ! » rectifia la jeune femme, « Je suis là car je voulais enfin te rencontrer pour de vrai. »

Comprenant que rien que parler de la famille royale suscitait les nerfs de son interlocutrice, Lehna avait fait exprès d’essayer d’effacer le nom de Sirufu de la conversation. Si Nina pensait qu’elle n’avait ne serait-ce qu’un lien avec sa majesté, elle se remplirait immédiatement contre celle qui essayait juste de remplir sa mission, sans même chercher à l’écouter. Il fallait lui donner l’illusion qu’elle pouvait faire confiance à cette fille tout de bleu vêtue devant elle, et pour ce faire, Lehna devait à tout prix éviter les sujets qui fâchent, et se ranger aux côtés de l’héritière. Si celle-là pensait qu’elle défendait son parti, elle aurait plus de facilité à accepter les conseils venant de la dresseuse, même si ce « conseil » était de rentrer à Arkan.

Ces propos n’étaient pas tout à fait des mensonges ; Sifuru avait bien envoyé Lehna à la recherche de sa fille, mais ce n’était pas elle qui lui avait donné des indications quant à la localisation de cette dernière. Nina ne pouvait s’en prendre qu’à ses amies, en ce sens.

Elle ne lui laissa pas le temps d’assimiler ses paroles, continuant dans sa lancée, afin d’expliciter ce qu’elle venait de dire et justifier ses propos. Prenant une moue un peu plus triste pour s’adapter à la situation et à ses mots, elle commença à développer ses idées.

« Tu vois, quand tu es née, j’ai vraiment cru que j’allais pouvoir avoir une vraie amie au palais. Voire même une petite sœur, tu imagines ? Mais au lieu de ça, des méchants t’ont enlevé à nous, des monstres sans gêne ni morale ! On a tous cru que tu étais décédée tu sais, c’était vraiment dur… »

À nouveau, c’était presque vrai. Sifuru n’avait jamais cessé de croire que sa fille était en vie, mais elle avait bien été la seule du château. Mais ne voulant pas ramener sa majesté dans ses propos, Lehna passa sous silence ce détail. Elle continua sans hésiter, reprenant à nouveau une mine très gaie.

« Puis tu es réapparue ! » s’exclama-t-elle, « Si tu savais comme nous étions heureux d’apprendre que tu allais bien, ce jour là ! Mais à cause de la guerre, j’avais été confiné dans une aile du palais, et avant même que je puisse te rejoindre, tu étais déjà repartie… »

C’était une manière de la faire culpabiliser et réfléchir sur son comportement, même si là n’était pas véritablement le but de la fausse princesse. Elle cherchait surtout à tester sa réaction, et essayer d’apercevoir toutes les facettes de sa cousine.

« Mais je ne t’en veux en rien pour cela. Au contraire, je me suis dite que moi aussi je pourrais partir à la découverte du monde extérieur, et qu’avec un peu de chance, je croiserai ta route ! Je suis si contente que ce jour soit enfin arrivé ! »

Elle avait tenue sous silence que seule la volonté de rechercher Nina lui avait valu l’autorisation de sortir de sa cage dorée. Il ne fallait pas que l’héritière du trône pense qu’elle était partie à l’aventure exprès pour la retrouver, car il y avait fort à parier qu’elle n’apprécie pas beaucoup cela. Lehna tentait de faire croire à un coup du destin, à une chance inouïe.

« Tu dois avoir tellement de choses à raconter ! Ca te dit qu’on se pose une minute pour boire un verre ensemble ? C’est moi qui offre ! » s’amusa l’ainée. Elle savait que cette opération de séduction risquait de prendre du temps, et elle préférait aller s’asseoir avant que ses jambes ne cèdent sous elle. Après tout, elle n’avait pas l’entrainement de sa cadette, elle n’était qu’une frêle princesse d’opérette après tout.

Dissimulant encore sa rage et sa peur sous son visage le plus puéril, elle attendait patiemment le prochain acte de cette drôle de comédie.

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Nina Wang le Lun 4 Mar 2013 - 15:54

Se souvenir d’elle ? Comment l’aurait-elle pu, alors qu’elle avait tout juste un an lorsqu’elle avait été enlevée ? Bien sûr, le limier que lui avait envoyé sa mère était au courant, et elle mima un bébé avec ses mains pour appuyer ses dires. La guerrière de l’Eau se contenta de la regarder faire d’un œil distrait, sans relever la remarque concernant le nom de famille qui leur était commun. Il était clair qu’elle essayait de se mettre Nina dans la poche, mais malheureusement pour elle, qui semblait habituée à voir les gens se plier à ses envies et à ses machinations, elle possédait quelque chose qu’elle devait ignorer, et qui donnait à sa cousine un accès quasi-total, à la limite de la violation de l’intimité, à ses désirs les plus profonds, à ses peurs les plus terribles. Le pire, dans tout ça, c’était qu’elle ne s’en rendait pas compte, sans doute obnubilée par la récitation de sa petite pièce bien préparée. Mais elle ne pouvait pas la blâmer pour ce manque de discernement ; la fille du major elle-même avait mis du temps à cerner cette présence bestiale qui l’habitait, et plus de temps encore pour l’apprivoiser et en faire une alliée.

Mais le colonel, même sans cet avantage, aurait lu clair dans le jeu de la femme qui lui parlait avec un masque d’innocence et de désintéressement. L’errance mentale, les voyages interminables, la douleur de voir ses compagnons d’infortune être vendus à de parfaits inconnus, sa condition d’esclave en sursis, puis l’armée, la discipline, la rigueur… Toutes ces expériences lui avaient ouvert l’esprit, et éveillé sa méfiance envers tous ceux qui l’approchaient. Du coup, lorsque l’inconnue qui partageait pourtant son sang lui affirma avec un grand sourire que ce n’était pas Sifuru qui l’avait envoyée ici, et qu’elle n’était là que pour « la rencontrer pour de vrai », Nina se retint d’éclater de rire. Si elle voulait faire passer l’héritière du trône pour un phénomène de foire, c’était réussi !

Puis, ses yeux d’ambre se plissèrent légèrement, sans ciller, quand elle se lança dans un récit qui se voulait prenant et plein de sincérité, mais qui suintait de manières et d’émotions feintes. De plus, la fille du major avait la désagréable impression d’être prise pour une gamine, à qui l’on raconte l’histoire de sa vie, en commençant par son enlèvement, pour poursuivre par le désarroi et le chagrin qui avaient envahi les membres du palais, et finir sur sa réapparition miraculeuse. La jeune femme précisa également qu’elle n’avait pas pu la croiser lors de la bataille, ce à quoi Nina dit sèchement :


« J’ai des responsabilités au sein de l’armée, et je n’ai pas de temps à perdre avec la couronne, hormis pour des questions d’ordre militaire… Et j’ignorais que vous existiez. Je n’ai pas de pouvoirs de divination, pour mon plus grand malheur. »

Les paroles de la guerrière pouvaient sembler impolies, voire déplacées en présence d’un membre de la famille royale, mais depuis qu’elle avait appris ses origines, elle savait qu’elle ne risquait plus rien si elle offusquait l’un de ses parents. Bien sûr, elle n’avait pas pour ambition de les défier en leur manquant de respect ; ses objectifs étaient ailleurs, et bien plus intéressants à son goût. Mais elle savait pertinemment que Sifuru tenait beaucoup trop à elle pour la faire exécuter, et elle comptait bien profiter de son statut pour poursuivre ses propres rêves, où le trône de Mizuhan n’avait pas sa place, sinon en tant qu’objet à protéger des agressions extérieures.

L’interlocutrice au visage d’ange essaya alors de lui faire croire que la nouvelle de la réapparition de la princesse l’avait inspirée pour voyager, avec l’espoir de croiser son prétendu modèle au cours de ses pérégrinations. Alors celle-là, c’était la meilleure. Comment une femme qui s’était introduite dans l’arène en monture volante, en était ressortie aussi sec, puis avait attendu Nina, embusquée à la sortie, pouvait songer un instant que sa cousine goberait ce monstrueux bobard ? Décidément, cette Fran-là devait être habituée à la facilité et à la crédulité de son entourage, pour oser dire ça à l’héritière. Elle n’avait pas dû voir beaucoup de pays… Ou avoir eu beaucoup de chance, pour ne tomber que sur des abrutis qui buvaient ses paroles comme du petit lait. Peut-être n’avait-elle eu affaire qu’à des hommes, aussi. Avec un corps pareil et des paroles suaves, elle devait tous les mettre à ses pieds. Une vraie petite princesse de chasse, à l’efficacité redoutable, qui comptait sur ses atouts physiques et le miel qui s’échappait de sa bouche royale pour envoûter son monde.

Dommage pour elle, car Nina était, dans ce genre de situation, ce qu’on pouvait appeler… Un os.

Finalement, le premier acte toucha à sa fin, sur une invitation de la Mizuhanienne aux yeux noisette. Elle semblait beaucoup s’amuser, mais probablement pas autant que sa cadette, qui avait sous les yeux la belle comédienne toute de bleu vêtue, tandis que son âme ne voyait qu’une bête agitée et tremblante de rage et de peur, invisible pour qui n’était pas choisi et chéri par le pouvoir du peuple de l’Eau. Nina s’accorda quelques instants pour feindre la réflexion que devait attendre cette femme de sa part… Puis sourit doucement, illuminant son visage si sévère d’une lueur inattendue.


« Oh oui, des tas de choses… J’ai beaucoup voyagé, en réalité. Eh bien, pourquoi pas ? J’ai tout mon temps, après tout. Mais tout ceci ne me dit pas votre nom. Disons que j’ai quelques… Lacunes, malgré mon rang. »

Impossible de savoir si elle parlait de son statut d’héritière ou de son grade de colonel « Lame-caméléon »… Finalement tentée de jouer un peu à la princesse avec cette inconnue envoyée par la Reine, la guerrière emboîta le pas à son aînée, décidée à lui faire croire que c’était bien elle qui menait le jeu. Le sourire dont elle s’était fendue n’avait pas quitté ses lèvres, prêt à s’y éterniser comme à les quitter brusquement. Une lueur indéchiffrable passa brièvement dans le regard fauve de Nina, tandis qu’elle suivait la jeune femme, à qui elle voulait montrer que le mot « caméléon » ne s’appliquait pas seulement à la lame dont elle était experte.

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Lehna le Mar 26 Mar 2013 - 13:23

Elle qui cherchait à tester sa réaction sur cette phrase lancée comme une bouteille d’eau à la mer, elle ne fut pas déçue. Son interlocutrice s’emballa, partant au quart de tour, expliquant qu’elle n’en avait que faire de la place qui lui revenait de droit. Elle était stricte et semblait immuable à ce sujet, mais c’était bien sûr là-dessus que Lehna allait devoir travailler. Elle en était consciente, et savait qu’affronter le problème bi entête aurait été improductif et inutile ; son talent était d’arriver à tourner les choses à son avantage, et c’était ce qu’elle comptait faire. Hochant la tête et secouant la main devant son visage comme pour balayer les malentendus, elle répondit à la tirade avec une moue franche et innocente.

« Ne t’inquiète pas, je ne l’aime pas non plus des masses la couronne, c’est pour cela d’ailleurs que je suis ici ! Il m’a fallu le temps pour prendre mon courage à deux mains et m’envoler de mes propres ailes, mais je te comprend parfaitement, ne mets pas cela en doute, » expliqua-t-elle avec un clin d’œil.

Sa réponse n’était pas entièrement fausse, comme d’habitude. Le plus intéressant était peut-être le langage plus familier qu’elle commençait à employer avec sa cousine, essayant de se rapprocher de cette dernière. Déjà qu'elle avait commencé par la tutoyer sans lui demander son avis, chose rare chez Lehna, elle cherchait maintenant à aller un peu plus loin dans le processus. D’ailleurs Nina lui rappela ne rien savoir de son existence, comme si elle répondait à un reproche que lui aurait fait la fausse princesse. Gardant la même attitude, Lehna lui répondit avec la même « sincérité ».

« C’est bien vrai, et c’est même pour cela que j’ai tenu à corriger cette erreur ! Les gens d’une même famille devrait tous se connaître, non ? Sinon le sens même de “famille” serait mit en péril ! »

La demoiselle n’en avait mais alors rien à ficher de la famille et de toutes ces notions qu’elle impliquait, mais ce n’était pas le genre de chose que l’on pouvait avouer ouvertement alors qu’on essayait de convaincre quelqu’un du contraire. Elle voulait plutôt faire ressortir ce côté bienveillant et fraternel qu’elle aurait pu ressentir si elle était une personne qui croyait en ce genre de sentiments.

Nina accepta son invitation, à son plus grand bonheur bien sûr. Lehna n’avait jamais ôté de ses plans la possibilité qu’elle refuse, mais les choses se dérouleraient plus simplement et facilement de cette manière. Elle pourrait avoir une « vraie conversation », même si la femme en bleu savait que ces paroles vides et creuses ne seraient pas suffisantes pour convaincre l’héritière. Elle allait devoir utiliser un ingrédient magique, une preuve irréfutable qui devrait persuader Nina de rentrer bien sagement à Arkan, pour au moins faire face une fois de plus à sa mère, qui serait sans doute beaucoup plus à même de lui expliquer les nuances et conséquences de son refus de prendre part à cette mascarade qu’est la royauté.

Arrêtant presque brusquement le train en marche, Nina fit remarquée à son interlocutrice qu’elle ne s’était toujours pas présentée. Il était certain que si Lehna connaissait tous les détails de la vie de Nina, le contraire était très loin d’être vrai. Elle ne s’était présentée qu’en tant que Fran, ce qui n’était pas exactement la partie intéressante de l’histoire, et s’empressa donc de corriger cette erreur.

« Suis-je bête, où avais-je donc la tête ? » reprit-elle se roulant les yeux et en se tapant le front, comme exaspérée de son propre oubli, « ce doit être l’excitation qui me fais perdre mes moyens ! Je m’appelle Lehna, je suis la fille d’Oyu, » précisa-t-elle, ne jugeant pas cela utile d’aller bien plus loin. Sa mère était une inconnue au sein même des clans, et si Nina n’était pas au courant et voulait connaître le lien entre Oyu et la couronne, elle avait juste à demander. Lehna ne voulait pas vraiment ramener Sifuru dans la conversation, et donc préféra faire abstraction de ce personnage pour le moment.

Mimant le fait qu’elle était ravie, folle de joie et enthousiaste à l’idée de passer un peu de temps avec sa cousine disparue, elle la conduisit vers le café le plus proche, donnant sur la place au bout de laquelle dominait l’arène. Elles n’eurent pas plus de quelques pas à faire, et la noble s’installa à l’une des petites tables en fer forgé, proposant de s’asseoir à l’extérieur. Avec le soleil qui brillait et la douce chaleur du printemps qui était balayée par une douce brise, cela aurait été presque trop bête de s’enfermer à l’intérieur. Un jeune homme se dépêcha de venir prendre leur commande, leur demandant si « ces charmantes demoiselles désiraient boire ou manger quelque chose ». Lehna leva les yeux au ciel pour réfléchir un instant, puis finalement fit son choix, décidant qu’au milieu de l’après-midi, il n’y avait vraiment qu’un seul vrai élixir à prendre.

« Ce sera un thé au citron pour ma part, si cela ne vous dérange pas. Et toi que désires-tu ? »

Les commandes prises, le serviteur s’éloigna pour aller préparer les boissons. Lehna en profita pour s’ajuster dans sa chaise, se mettant à l’aise, avant de se pencher légèrement vers Nina pour continuer la conversation. Elle ne s’avançait pas trop sur la demoiselle, juste assez pour manifester son intérêt et enthousiasme sans empiéter sur l’espace vitale de la colonel ; c’était un exercice complexe en tant qu’acteur, que, comme les autres, elle réussissait à la perfection.

« Alors, dis-moi tout, raconte-moi tes aventures ! » commença la demoiselle de manière assez vague. « Qu’as-tu vu ? Qu’est-ce qui t’as le plus marqué ? Tu t’es fait des amis ? Que comptes-tu faire à présent ? Oh, cela doit être tellement plus intéressant que les histoires que l’on me narrait platement au palais ! »

Le flot de questions semblait ininterrompu, mais chacune d’entre elle était posée de manière bien spécifique. Lehna avait besoin de chacune de ces réponses pour reconstituer le puzzle en entier et savoir par quelle ficelle elle pourrait manipuler Nina. Sa dernière phrase avait pour but d’atténuer un peu ses propos, lui faisant croire qu’il n’y avait que la curiosité qui la poussait à demander de telles choses.



[T’as pas le droit de répondre « la paix » à la question « que désires-tu » ! :P xDD]

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Nina Wang le Ven 3 Mai 2013 - 16:03

Alors comme ça, elle n’aimait pas la couronne, hein ? Pour une fois, les mots sonnaient justes dans la bouche de la jeune Fran, qui crut bon d’ajouter que c’était précisément pour ça qu’elle était là, à réciter son petit texte devant Nina. La guerrière de l’Eau, une fois de plus, leva un sourcil, en songeant que ce serait sans doute sa mimique favorite pendant la durée de l’échange avec la femme en bleu. Elle prétendait que Sifuru ne l’avait pas envoyée à sa recherche, mais elle affirmait avec aplomb, d’un air innocent, de surcroît, qu’elle avait rencontré le colonel justement à cause de ce pouvoir que personne ne semblait vouloir assumer, en cas de malheur pour la Reine. La fille du major commençait à comprendre les véritables motifs de l’inconnue qui partageait son sang, et plus elle la regardait, plus le mépris enflait en elle. Elle disait avoir mis du temps pour « voler de ses propres ailes », mais Nina était plutôt convaincue qu’elle avait dû batailler pour pouvoir sortir de ce château, qui avait des apparences d’écrasante prison, pour elle… Et l’agitation qu’elle ressentait en provenance des tréfonds de l’âme de l’autre Fran ne faisait que confirmer ce dont elle était déjà certaine. Du coup, forcément, lorsque son aînée lui fit un joli petit discours sur la famille et sur le sens de ce mot, la guerrière se retint de rire, non pas pour se moquer d’elle (et pourtant, ce n’était pas l’envie qui manquait…), mais parce qu’elle trouvait la blague particulièrement drôle. Cependant, elle ne répondit rien, jugeant inutile de se lancer dans une discussion qui rendrait celle en cours plus stérile qu’elle ne l’était déjà.

Lorsque Lehna lui dit enfin son nom, ainsi que son lien de parenté avec la couronne, Nina plissa légèrement les yeux, puis sourit doucement, comme si elle était ravie de faire sa connaissance. Mais elle avait finalement fait le rapprochement et songea que sa chère mère était bien sûre d’elle et avait tout calculé en lui envoyant directement sa cousine germaine. Oyu Fran de Mizuhan n’était pas vraiment un personnage influent à la cour, du moins pas ostensiblement, et dans l’armée, il était réputé pour son flegme… Et son attitude laxiste. Il s’en remettait totalement à sa sœur, qui gouvernait d’une main de fer, et il ne semblait rien désirer d’autre que l’assurance de conserver son train de vie, ainsi que celle de ne jamais avoir à poser une fesse sur le trône du pays. Un joli petit parasite royal, en somme. Nina était presque certaine que c’était un « papa poule », et que la jeune femme qui avançait gaiement devant elle avait réellement été élevée dans de la soie, en étant née avec une cuillère d’argent dans la bouche. Vraiment, la discussion promettait d’être passionnante.

Se laissant entraîner dans un café de la place de l’arène, la fille du major s’assit en face de Lehna, qui commandait un thé au citron. Sans la moindre hésitation, Nina répondit :


« Un café, s’il vous plaît. Noir. »

Une fois le serveur parti, la cousine de Nina s’installa un peu plus dans sa chaise, tout en avançant légèrement vers sa cadette qui, sans un mot, fit lentement craquer ses phalanges gantées, sans ciller. La femme en bleu pouvait très bien y voir un message clair et menaçant, quelque chose du genre « fais attention à ne pas trop t’approcher », tout comme elle pouvait n’y déceler aucun avertissement particulier. Après tout, le colonel se fichait éperdument d’inspirer de la crainte ou non. Elle n’était pas là pour ça, et elle laissa sa cousine essayer de la noyer sous un flot de questions, qu’elle enregistra soigneusement dans un coin de sa tête. Calmement, elle entreprit de lui répondre avec soin.

« J’ai vu beaucoup de choses, de gens, d’attitudes différents. De la joie, de la bonne humeur… L’horreur, aussi. J’ai vu des corps si mutilés que même un proche n’aurait pu l’identifier, et j’ai vu des paysages et des Pokémon à couper le souffle. Tout cela m’a profondément marquée, et je ne pourrai jamais l’oublier. »

Nina s’interrompit un instant, observant avec intérêt l’effet de ses mots sur la petite noble au visage innocent et avenant. Tandis que le jeune homme arrivait avec leur commande, elle poursuivit :

« Les amis que je me suis faits viennent de tous les horizons, et ils sont ma véritable famille… Car nous nous respectons pour ce que nous sommes, et non pour notre sang, ou notre rang. J’ai plus confiance en eux qu’en n’importe qui d’autre. Et la trahison, dans ces conditions, signifie la rupture totale. J’aime mes amis. Mais un seul faux pas, et rien ne sera plus jamais comme avant. »

Le colonel pensait, bien évidemment, à ce soldat qui avait scellé un pacte de sang avec elle, et qui l’avait brisé. Nina savait que l’erreur était humaine… Mais les parjures n’étaient, pour elle, pas pardonnables. D’un geste lent, elle saisit sa tasse, puis souffla sur la fumée qui s’en élevait pour rafraîchir un peu la boisson emprisonnée à l’intérieur.

« Quant à mes projets… Vous n’êtes pas sans savoir que je fais partie de l’armée, et que j’y ai des responsabilités, comme je l’ai dit tout à l’heure. J’ai également plusieurs preuves de la réussite de notre travail, avec les Pokémon et amis qui m’accompagnent. Ces deux objectifs, que je mène de front, me prennent tout mon temps, et ne laissent que très peu de place au reste. »

Là, ça avait le mérite d’être clair. Ceux qu’elle considérait comme sa vraie famille n’étaient pas les individus qui avaient le même sang qu’elle, mais ceux qui faisaient un bout de chemin avec elle, qui prenaient, pour un temps, la même route, qui partageaient pain, joies et peines, et qui avaient parfois déjà versé leur propre sang à ses côtés. Si Sergei n’était qu’un « simple militaire », il avait déjà bien fait plus pour elle que tous les membres des Fran réunis. Sifuru s’était donné la peine de la faire naître, mais avait été incapable de la sauver par la suite… Et le major Wang, avec des moyens bien moindres, avait donné de sa personne pour qu’elle puisse avoir une vie convenable, bien que rythmée par les entraînements à l’Académie militaire et la rigoureuse discipline de l’armée.
Les objectifs de Nina, eux, étaient tout aussi clairs et tracés, et le ton de sa voix était sans appel : il était tout bonnement hors de question que le temps qu’elle ne consacrait pas à ceux-ci soit alloué à s’occuper du pays en y étant à la tête. Pire encore, il était inenvisageable que le colonel renonce à sa carrière militaire ou à son rêve de combattre la Ligue, car elle n’avait pas le droit ni l’envie de piétiner tout ce que Sergei avait fait pour l’intégrer à sa propre vie, ni tous les efforts accomplis par son équipe de Pokémon, avec elle.

Lentement, Nina se pencha en avant à son tour, plongeant son regard d’ambre dans les miroirs couleur noisette de sa chère cousine.


« Et vous ? Pourquoi êtes-vous ici, exactement ? Ce voyage a-t-il été instructif et enrichissant, ou bien dicté par de pesantes contraintes ? Avez-vous des Pokémon, des amis et… Un rêve ? »

Nina n’était pas dupe, et elle savait que Lehna n’était pas aussi innocente ou idiote que ce qu’elle voulait bien lui faire croire. Elle avait également conscience que la nièce de Sifuru ne la prenait pas pour une abrutie, et qu’elle jouait à un jeu dont elle avait l’habitude. Cependant, s’il était dangereux, en temps normal, pour ceux qu’elle prenait pour cibles, la possibilité que le rapport de force soit inversé n’était, par cette belle après-midi de printemps, pas tout à fait à exclure. Alors que leurs visages étaient tout juste à la limite de leurs espaces vitaux respectifs, Nina posa lentement son menton dans sa main libre, tandis que l’autre, occupée à tenir la tasse, se levait légèrement pour permettre à la guerrière de boire une gorgée, dans un léger craquement de cuir bien entretenu. Bara, elle, tapie au fond de l’âme de son hôte et alliée, se délectait tout autant du spectacle que le colonel du café aux effluves puissantes et odorantes. Le café des délices… Ou des vices.


[Un café suffira, très chère, merci bien. xP Et « dis-moi tout », ben… « Moi tout ». :D]

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Lehna le Mar 2 Juil 2013 - 22:15

Lehna interpréta immédiatement le « café bien noir » et le craquement des phalanges comme des gestes de garçon manqué. La femme en face d’elle avait du caractère et aimait le montrer, ce qui était une grosse erreur selon la fausse princesse. Dominer par l’intimidation, la peur et la force était redoutablement efficace et directe, mais les conséquences que cela pouvait engendrer étaient dangereuses : la moindre petite faille pouvait entraîner une mutinerie, et les personnes assujetties ne mettaient pas tout leur cœur aux tâches qu’on leur demandait de faire. De plus, c’était tellement facile et à la portée de tout le monde que cela révulsait la brunette, qui préférait les vrais défis. Elle n’attacha donc aucune importance à ces actes qu’elle jugeait stupides, gardant sa moue « bête et bonne », faisant genre d’être immunisée à ce genre de provocation à cause de son innocence.

Nina entreprit ensuite de répondre méthodiquement à chacune des questions posées par la fausse princesse, n’y répondant jamais qu’avec plus de quelques phrases. Elle se voulait concise et directe, allant droit au but sans passer par des détours interminables, comme le préférait sa cousine. Au moins, de cette façon, Lehna pu rapidement récupérer les éléments d’information dont elle avait besoin, avant de tenter de les exploiter. Le seul soucis étaient que les réponses courtes ne donnait, finalement, que très peu de détails utiles à la démone, et qu’elle allait devoir continuer à approfondir davantage les sujets choisies si elle espérait pouvoir en tirer quelque chose. Reprenant la manière structurée qu’avait utilisée sa cousine, Lehna analysa chacune des réponses avant d’y répliquer de manière appropriée.

Nina était particulièrement vague sur la question de ce qu’elle avait pu voir à travers le monde lors de ses quêtes. Elle passa de l’horreur à l’agréable en moins de quelques mots, sans que cela ne semble la perturber. Tout ce qui était de l’ordre de l’abomination n’intéressait pas Lehna, et ce pour de nombreuses raisons. D’abord, elle ne voulait pas s’aventurer sur un terrain qu’elle ne connaissait pas, car elle manquerait de perdre le contrôle de la situation. En effet, la seule fois où elle avait vraiment eut affaire à ce genre de choses, elle avait manqué de se sentir mal, et elle savait que la colonel avait déjà ressenti des choses bien pire que des odeurs nauséabondes et des personnes en train de faire part de leur repas avalé la veille. De plus, elle ne pensait pas que c’était une bonne idée de faire ressurgir des souvenirs douloureux, cela risquait surtout de replier sa cousine sur elle-même. Cependant, l’évocation des paysages et des animaux était peut-être à approfondir, et la noble se risqua sur cette voie.

« Des Pokémons à couper le souffle ? » demanda-t-elle, presque curieuse, « comme lesquels ? »

La seule bête vraiment intéressante que n’avait jamais croisée la brune, à part ceux qui résidaient au-delà des nuages, était Kyogre, qu’elle avait pu apercevoir vaguement, de loin. Elle se souvenait encore de l’imposant monstre marin, au yeux de qui elle n’avait pas du être plus importante qu’un morceau de plancton. Peut-être que Nina avait des choses plus fascinantes à raconter, et que Lehna arriverait à la convaincre qu’elle étai vraiment une « élue des Dieux » ou quelque chose du genre ?

Le jeune serveur vint à ce moment leur présenter leur commandes, avec un sourire charmeur que la fille toute en bleu lui renvoya. Elle savait que là n’était pas le bon moment d’essayer d’agrandir ses rangs de sujets, devant se concentrer sur sa mission. Quoi que… cela pourrait aussi la mener à des conversations intéressantes. Se faisant rougir légèrement lorsque l’homme les incita à ne pas hésiter à demander si elles avaient besoin de quelque chose, elle jeta un petit coup d’œil par dessus son épaule, avant de reporter son attention sur Nina. Elle jouait la jeune fille lycéenne intimidée par les garçons mignons, espérant ramener sur le tapis les questions d’amour. Cela pourrait aussi l’aider à se rapprocher de sa cousine, si celle-ci se laissait prendre au piège. Il était bien connu que les conversations sur les hommes avaient vraiment le don de fortifier le lien entre deux demoiselles.

Parlant d’amour, Nina s’aventura du côté de l’amitié, qui n’était qu’à un pas du sujet où Lehna cherchait à la conduire. Cela dit, cette facette des relations humaines était aussi intéressante à exploiter, et l’actrice espérait aussi y trouver quelques indices. Curieusement, la princesse héritière ne parla pas des personnes qu’elle avait pu rencontrer, mais plutôt de sa façon de voir la notion de camaraderie. C’était aussi bon à savoir, et la démone nota ces informations dans un coin de sa tête, comprenant que pour conquérir l’estime de cette femme, il lui faudrait gagner son respect et sa confiance. Ce n’était pas une chose aisée à faire autour d’un simple café, et Lehna envisagea le cas où il lui faudrait peut-être une autre rencontre « fortuite » pour venir à bout de la dame. Cependant, avant d’envisager cela, elle devrait d’abord voir où mènerait cette conversation.

La guerrière souligna aussi une notion de « trahison » qui captiva tout de suite l’attention de son interlocutrice. De la manière dont elle s’exprimait, on pouvait comprendre qu’elle avait déjà vécu ce genre de situation, et que c’était un acte qui la révulsait au plus haut point. La démone sourit intérieurement. Si elle arrivait à la convaincre qu’elle trahissait tout son peuple en abandonnant la couronne de la sorte, elle pourrait peut-être lui faire changer d’avis. C’était pour l’instant la meilleure piste qu’elle avait, et qu’elle devait s’empresser d’exploiter. Mais avant cela, il fallait qu’elle comprenne ce que Nina définissait comme étant une « trahison », le terme pouvant être utilisé de manière très large et vague.

« Te trahir ? Mais… Pourquoi est-ce que quelqu’un ferait une chose pareille ? » demanda-t-elle avec un air innocent et désolée, comme si elle était triste pour sa cousine. Elle faisait celle qui n’avait jamais eu à se confronter à ce genre de situation, afin que sa cousine se confesse, ne serait-ce qu’un petit peu, à elle. Elle n’avait pas besoin de grand chose, juste de quoi lancer la discussion sur le bon chemin.

La colonel prit un peu plus de temps à répondre à la dernière question, donnant d’ailleurs plus de détails. Cela dit, elle décrivait davantage son présent que ce qu’elle envisageait pour son futur, interprétant une fois que plus la quémande que Lehna avait formulée de travers. Cependant, la princesse fit avec les moyens du bord, utilisant ce qu’on lui donnait. C’était curieux que Nina refuse à ce point la couronne alors qu’avec elle serait à ce moment là à la tête de l’armée, l’apogée d’une carrière militaire. Si elle n’avait pas peur des responsabilités, c’est qu’il y avait autre chose qui l’en empêchait. Lehna était convaincu que cette première « activité » que la soldat lui décrivait était une excuse en l’air, qui n’était pas valable pour renoncer au titre qui lui revenait de droit. Il allait falloir qu’elle le lui fasse comprendre, mais d'abord, la fausse princesse prit le temps de revenir sur l’autre occupation de la femme, pour voir si elle pouvait détruire celui-là également.

« Des preuves ? Que veux-tu dire ? » interrogea-t-elle, intriguée. Elle avait parlé de « Pokémon » et de « récompenses » dans la même phrase, donnant à Lehna une idée de ce dont il s’agissait, mais la manipulatrice refusait de jouer sur des doutes. De plus, cela lui permettrait peut-être de savoir où elle en était dans cette « quête ».

L’ainée avait saisi sa tasse et sirotait son thé quand la plus jeune se mit à la questionner à son tour. Lehna n’avait aucune envie de répondre, jugeant cela comme une perte de temps dans sa mission, cependant elle savait que c’était généralement ainsi que ce déroulait les conversations. Les concernés devaient parler chacun leur tour, sinon cela avait tendance à créer un dissymétrie et un déséquilibre qui ne plaisait pas aux interlocuteurs. Et puis, si elle voulait que Nina se livre à elle, il fallait lui montrer l’exemple, lui prouvait que elle, au moins, lui faisait confiance. En effet, elle revenait une fois de plus sur les raisons de la présence de la jeune femme, lui demandant à nouveau implicitement si la Reine du pays de l’eau n’était pas à l’origine de tout ce remue-ménage. La fausse princesse soupira intérieurement, fatiguée de devoir se répéter, même si elle ne laissa rien paraître. Levant les yeux comme elle le faisait à son habitude pour réfléchir, elle finit par prendre la parole, répétant ce qu’elle avait déjà plus ou moins explicité.

« Je suis ici parce qu’après avoir appris à quel point le monde extérieur avait été enrichissant pour toi, lors de ta venue au palais, j’ai voulu le découvrir aussi. Les livres et mes professeurs m’avaient déjà enseigné toute la théorie, mais il est des choses que seule la pratique peut professer. J’avais déjà cette idée en tête depuis quelque temps, puis ton apparition m’a convaincu de me jeter à l’eau. »

Il était hors de question que Nina pense qu’on l’avait forcé à sa rencontre, et c’était cette idée que Lehna s’appliquait à faire passer. Il fallait qu’elle lui fasse comprendre qu’elle était là de son plein gré, même si la réalité se trouvait bien loin de ces affirmations.

« Et je dois dire que j’ai pas été déçue ! » reprit-elle en répondant à la seconde interrogation. « Rien de ce que j’imaginais n’arrivait à la cheville de ce que j’ai vécu ! J’ai rencontré du monde bien sûr, mais surtout des animaux époustouflants qui, pour certains, ont accepté de m’accompagner. J’ai pris goût à ce que l’on appelle les “concours Pokémon”, et si je ne les ai jamais remporté j’ai quand même pu couronner deux de mes camarades d’un ruban ! Je crois que je vais continuer dans cette voie, après tout, on s’est tellement amusé les deux premières fois ! »

Elle essayait de mettre en avant son propre but avec un enthousiasme enfantin, respectant le personnage qu’elle essayait de jouer. Avec cette information, Nina comprendrait sans doute qu’elle avait le même genre de but qu’elle, même si elle n’était pas motivée par les mêmes sentiments. Cela devrait lui permettre de voir que Lehna était tout à fait capable de comprendre sa situation, du fait qu’elle était presque dans le même cas qu’elle. Prenant une bonne gorgée de son thé, la princesse baissa un peu la tasse, de manière à dévisager pleinement son interlocutrice avec son air puéril et léger, un sourire aux lèvres.

***
La bête poussa un sourd grognement. Quelque chose venait la déranger dans son sommeil, cherchant à prendre le dessus sur sa porteuse. Sortant lentement de son coma, elle commença à remuer faiblement, cherchant la cause de toute cette agitation.

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Nina Wang le Ven 4 Oct 2013 - 9:58

Lehna pouvait bien prendre Nina pour un garçon manqué : l’héritière s’en moquait totalement, car elle avait été élevée par et pour l’armée, ce qui faisait nécessairement d’elle une jeune femme droite, dure et au caractère inflexible. Et puis, elle, au moins, elle était utile à son pays, elle le défendait et se battait pour lui, pas comme la fille en bleu qui dégageait des parfums capiteux et dont l’attitude montrait clairement qu’elle avait passé sa vie dans le luxe et la facilité. En revanche, elle se trompait totalement sur le comportement de sa cousine vis-à-vis de ses hommes : être ferme ne signifiait pas forcément être tyrannique, et Nina connaissait beaucoup des soldats qui faisaient partie de son escadron aérien. De plus, elle était respectée et admirée par des soldats dont le talent n’était plus à prouver, et la grande majorité de ceux qu’elles commandaient auraient été prêts à se sacrifier pour sauver leur colonel. Non, vraiment, Nina n’était pas la militaire cruelle et rigide que s’imaginait Lehna.

Quand l’aînée des deux Fran se montra curieuse de savoir quels Pokémon Nina avait croisés, la guerrière de l’Eau sourit, se remémorant ceux qu’elle avait vus au cours de son voyage, avant de répondre :


« Eh bien, j’ai rencontré Electhor, qui n’est pas spécialement amical avec les inconnus. J’ai combattu Sulfura et ses sujets aux côtés de notre messager, Artikodin. J’ai affronté des créatures entraînées à la perfection ou magnifiques et rayonnantes de puissance à l’état sauvage. J’ai admiré des Pokémon dont les couleurs juraient tant avec leur teinte habituelle que c’était à se demander si c’était un don du ciel ou une malédiction. Et... J’ai rencontré mes propres Pokémon. »

Si les légendaires et les chromatiques étaient dignes d’éloges, Nina considérait que les Pokémon qui avaient fait rejoindre leurs chemins avec le sien avaient bien plus de valeur que n’importe quelle autre créature. Ce n’était pas là un moyen de se jeter des fleurs en mettant en avant sa capacité à dénicher des bêtes exceptionnelles, mais plutôt une manière de les remercier sans le dire ouvertement. Elle savait qu’elle n’aurait pas pu arriver jusqu’ici sans eux, et que l’éclat du pouvoir et l’aura de commandement qui étaient les siens auraient été ternes s’ils ne s’étaient pas tenus à ses côtés, sur le champ de bataille et dans le quotidien.

Quand le serveur apporta les commandes, Lehna rougit (ou plutôt, se fit rougir), ce qui amusa Nina. Elle avait même cette capacité à changer ses expressions faciales et à modifier les effets de son corps sur son visage... Le colonel devait au moins lui reconnaître ce talent-là. Nul doute que cela avait demandé beaucoup de travail, et des heures d’entraînement. Avec un certain cynisme, elle repensa à ses propres séances de travail, seule ou avec son équipe, et elle songea que finalement, elle n’était pas si différente de son aînée. Toutes les deux étaient prêtes à faire beaucoup de sacrifices pour arriver à leurs objectifs... Mais le moyen d’y parvenir était tout de même assez particulier, chez Lehna, et Nina fit mine d’être complice de cette tentative de drague, qui l’amusait beaucoup et lui donnait plus d’indices sur la femme en bleu qu’elle ne devait s’en douter.

Finalement, Lehna rebondit sur la question de la trahison, et fit semblant d’être désolée et accablée par l’évocation d’une telle chose. Fixant d’abord le liquide opaque qui clapotait paresseusement dans sa tasse, Nina se décida à reprendre la parole après un court instant.


« Eh bien, disons qu’un pacte de sang a plus de valeur que n’importe quoi d’autre, en termes de serments et de promesses. Je ne tolère pas qu’on trahisse un pacte établi ainsi, de manière implicite ou non. Un Mizuhanien a eu le malheur de transgresser cet interdit... Et il n’est pas le seul. Car je considère que faillir à sa mission et à son devoir de protéger les siens est un manquement au respect dû à ceux qui partagent le même sang que nous. J’ai été trahie par les Fran, et j’ai décidé de ne plus les défendre, du moins plus en tant que membre de la lignée. Je suis soldat, maintenant, et je protègerai mon pays et mes Pokémon avant tout le reste. Si je suis un jour amenée à défendre la vie d’un Fran, ce sera uniquement en tant que militaire accomplissant son devoir envers la famille royale, et non en tant qu’héritière de la lignée. Le résultat sera certes le même, mais les motivations seront tout autres. Je suis à ma place dans l’armée, pas dans un palais luxueux et isolé du reste du monde. J’ai beau être noble, je préfère de loin être une partie du mur qu’en être la bénéficiaire. »

Il était difficile d’être plus claire que cela. Nina s’était expliquée au sujet de sa vision des choses, et elle ne changerait pas d’avis. Il aurait fallu prendre un de ses êtres chers en otage, mais au vu de l’entraînement, de la carrure et des réflexes du colonel, s’y risquer était un pur suicide, à moins de s’appeler Kyogre... Ou Sifuru. Cependant, Nina n’avait aucune envie d’entamer une guerre ouverte avec sa mère et souveraine, et elle savait que la Reine était dans le même cas. Toutes les deux, elles avaient bien mieux à faire : si Sifuru avait vraiment voulu mettre la main sur sa fille légitime, elle n’aurait eu aucun mal à s’en emparer de ses propres mains, puisque son pouvoir élémental dépassait de loin celui du colonel. Mais cette méthode aurait provoqué une lutte et une révolte violentes chez sa cadette, et la dirigeante de Mizuhan était suffisamment consciente du caractère de Nina pour comprendre qu’elle aurait préféré mourir plutôt que de se soumettre à elle, ruinant ainsi les efforts cumulés de Sifuru et de Lehna, sans compter tous les pauvres soldats qui avaient été envoyés au bout du monde pour retrouver la princesse enlevée. Pour récupérer sa fille, Sifuru aurait dû la retrouver bien avant sa rencontre avec Sergei. Désormais, il était trop tard.

Quand Lehna revint sur les preuves évoquées par sa cousine, Nina fronça les sourcils. Ignorait-elle à ce point les coutumes des dresseurs qui voyageaient dans tout Erasia, pour lui poser cette question ? Ou n’en était-elle pas sûre, préférant s’assurer qu’elles pensaient bien toutes les deux à la même chose ? Réprimant un soupir, l’héritière dit d’un ton posé :


« Je parle bien évidemment des badges d’arène. J’ai également eu des rubans de concours, mais mon but premier n’est pas dans le spectacle et la démonstration de beauté, même si j’apprécie parfois d’en regarder, voire d’y prendre part. »

Si, avec ça, elle ne comprenait pas que Nina visait la Ligue, c’était qu’elle était un cas désespéré. Pour celle qui était amenée à prendre, un jour ou l’autre, la couronne, l’occupation pouvait sembler triviale et bien moindre à côté des responsabilités liées au trône et aux jeux de pouvoir. Mais c’était le rêve d’une vie, le moyen initial de prouver à Sergei qu’elle avait sa place dans l’armée, mais aussi qu’en tant que personne, elle pouvait se débrouiller et construire quelque chose d’elle-même, sans lui. Il aurait toujours un espace énorme et privilégié dans sa vie, mais elle voulait faire voir qu’elle avait la capacité de rassembler, de fédérer et de gagner avec des Pokémon ou des personnes qu’elle avait rencontrés sur sa route, qu’elle avait choisis (ou qui l’avaient choisie, elle) et qui avaient tissé un lien fort avec elle, sans prêter attention à son rang ou à son origine.

En avalant une gorgée de café fort et brûlant, Nina écouta attentivement Lehna quand elle lui raconta qu’elle était là parce que sa cousine avait montré que le monde était enrichissant lors de sa « venue au palais ». Cette fois, Nina ouvrit de grands yeux, surprise, non pas parce qu’elle se sentait flattée d’avoir inspiré un tel voyage, mais parce qu’elle était sidérée par le manque de renseignements de sa cousine. Quand on cherchait à mettre quelqu’un dans sa poche, on s’informait correctement à son sujet, tout de même...


« Euh... Vous savez, je n’ai jamais remis les pieds au palais depuis mon enlèvement. Je n’ai revu ma mère que sur un champ de bataille, et notre échange a été plutôt bref. Vous devez confondre avec quelqu’un d’autre, je suppose. Une autre personne après laquelle vous courez, peut-être. »

Se retenant de rire devant la grossière erreur de sa cousine, elle la laissa continuer, avant de reprendre :

« Le monde extérieur est magnifique, n’est-ce pas ? Quand on exclut les combats, les soldats tombés au champ d’honneur et les maladies, on peut voir tout ce qu’il a de plus beau et de meilleur à nous offrir. Le ravissement éprouvé devant une représentation, par exemple. Je vois que vous préférez ceux-ci, d’ailleurs ; je dois dire que cela ne m’étonne pas vraiment. C’est une bonne chose, que vous ayez trouvé un sens et un but à donner à votre existence. Mais, au fait, j’ai une question. En votre absence, et surtout en la mienne... Qui est l’héritier ? Les Fran ont-ils un remplaçant – un de plus – qui ferait l’affaire, au cas où les choses... Tourneraient mal ? »

Nina observa son aînée, la dévisageant à son tour, tandis qu’au fond d’elle, Bara, sa propre bête, sentait que l’hôte d’en face commençait à s’agiter. La créature aux origines anciennes, se régalant du spectacle, étira ses lèvres fines en un sourire en coin goguenard. Si « l’autre » se réveillait... Elles allaient bien s’amuser.


[Désolée pour ce long retard, mais comme prévu, on prend le temps qu’il faut sur ce RP ^^ Si tu as un souci ou une question, comme d’hab’, MP/Skype/texto/signal de fumée. xD]

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Lehna le Sam 19 Oct 2013 - 18:36

Répondant strictement à la demande de son ainée, Nina énuméra tous les êtres spéciaux qu’elle avait pu croisé au cours de son existence. Lehna l’écouta avec, à son habitude, un faux enthousiasme, hochant la tête régulièrement pour faire croire qu’elle suivait et poussant  parfois des petites exclamations d’émerveillement. En parallèle, elle analysait scrupuleusement les informations qu’on lui donnait, cherchant des failles à exploiter. Mais les paroles de la colonel étaient parfaitement vides d’intérêt, n’apportant aucun élément utilisable à la démone. Il n’y avait rien à en tirer ; elle soupira intérieurement avant de répondre au récit de la femme.

« Et bien, cela en fait des découvertes ! » s’exclama la fausse princesse lorsque l’autre eut – enfin – terminé.

Elle s’était exprimée avec un ton rêveur en regardant les quelques nuages qui passaient, faisant genre d’être transcendée par les paroles inutiles de son interlocutrice, comme si elle espérait pouvoir accomplir la même chose un jour, même s’il n’en était rien. Elle laissa cette conversation stérile se clore, pressée de passer à la suivante en espérant qu’elle lui rapporte davantage.

Cependant, suivant toujours la ligne tracée par Lehna, la soldat lui raconta son blabla sur les pactes et les serments. La vipère ne comprenait pas comment l’on pouvait croire en ce genre de chose, alors que l’homme, par nature, mentait dans le but de satisfaire ses propres besoins et envies, sans se soucier des devoirs qu’il avait envers les autres. C’était idiot de faire confiance en autrui, et c’était de cette connaissance que Lehna tirait sa puissance et son influence. Connaissant l’espèce humaine et ses dessins les plus noirs, elle était capable de prendre sans rien donner en retour, surplombant ses testaments et autres serments que s’infligeait le commun des mortels. Certes, Sifuru l’avait demandé de ramener sa fille en échange de sa liberté, mais la coordinatrice savait que même si elle ne respectait pas sa part du marché, on ne pourrait pas lui retirer ce qu’elle y avait gagné.

Malgré tout, elle ne se laissa pas distraire, écoutant ce que Nina avait à dire sur le sujet. Quand elle s’aventura sur le chemin de la « trahison des Fran », Lehna sourit intérieurement, voyant là une opportunité pour renvoyer à la figure de cette femme tous les arguments qu’elle utilisait contre la couronne. Elle attendit patiemment qu’elle finisse sa tirade avant de répondre avec un ton très doux et amical, perdant un peu de l’émerveillement enfantin pour avoir l’air un peu plus sérieuse.

« Tu… tu penses que les Fran t’ont trahie ? » commença-t-elle avec un voix posée, un peu troublée. « Mais… mais personne n’aurait jamais fait une chose pareille ! Tu n’as pas idée des moyens que notre Reine a mis en œuvre pour tenter de te retrouver quand tu as disparu ! Elle a mobilisé tout le pays, et fait tout ce qui était en son pouvoir… Elle aurait même continué jusqu’à t’avoir à nouveau dans ses bras, mais c’est le conseil militaire qui a fait pression sur elle pour qu’elle cesse tout et laisse les troupes retourner à leur position pour que le pays ne soit plus vulnérable… Elle ne t’a jamais abandonné ; même quand tout le monde te pensait morte, elle n’a jamais arrêté d’affirmer le contraire. Elle a toujours cru en toi, et il n’y avait pas un jour qui s’écoulait sans qu’elle ne s’inquiète pour sa fille disparue. Je le sais, j’étais là, » expliqua-t-elle avec une voix claire et sincère.

Elle dramatisait un peu, mais dans le fond, elle ne racontait que la vérité, pour une fois. Elle prit le temps de faire une petite pause pour que sa cadette assimile ces informations, avant de continuer.

« Quand notre Reine t’as mise au monde, elle a fait le pacte en tant que mère de prendre bien soin de toi jusqu’à sa mort. Et malgré les tours joués par le destin, elle a toujours fait tout ce qu’elle pouvait pour respecter ce serment. Pour les avoir côtoyé, je sais que les nobles de la cour ne valent rien, mais ta mère est forte et valeureuse, et malgré le fait que tu ne sois plus à ses côtés, elle n’a jamais cessé de t’aimer… » conclut-elle dans une voix une peu feinte.

C’était une manière contournée de proposer à Nina de au moins tenter de faire un tour au château pour voir sa mère, à défaut de lui faire accepter la couronne. Si elle arrivait à convaincre sa cadette de pardonner Sifuru et se réconcilier avec, elle savait qu’elle aurait au moins rempli le deux-tiers de sa quête, si ce n’est plus.

Reportant son attention sur la question un peu idiote de la coordinatrice, Nina confirma simplement son souhait de récolter tous les badges du continent, sans rien ajouter de plus. Lehna acquiesça, attendant un peu pour voir si la colonelle ne cracherait pas plus d’informations. Comprenant que ce ne serait pas le cas, la princesse laissa tomber cette piste également, pensant qu’il était temps d’arrêter de chercher et de commencer à agir.

La soldat continua en reprenant les paroles de son ainée, faisant remarquer qu’elle n’était jamais revenu au palais. Réagissant parfaitement, les yeux de la noble s’écarquillèrent au maximum de ce qu’ils pouvaient, alors que la surprise s’inscrivait sur chaque trait de son visage et de son corps.

« Mais… mais si ! J’étais là, je me souviens ! » objecta-t-elle, confuse, son regard fixant maintenant un point quelconque de la table, perdu dans ses pensées alors qu’elle faisait semblant de se concentrer sur la question pour raviver sa mémoire. « J’étais sur le balcon, en haut, qui donnait sur la salle du trône, » murmura-t-elle, mimant le fait qu’elle parlait plus pour elle que pour Nina, « avec mon père... On était tous réuni pour assister au retour des héros du champ de bataille… » Elle fit une petit pause, reprenant en fronçant les sourcils. « Et la Reine est rentrée accompagnée de ses grands généraux et… » Elle se tut encore pour quelques secondes, avant d’ouvrir grand les yeux à nouveau, inspirant une courte bouffée d’air, comme si tous ses souvenirs avaient été restaurés d’un coup.

« C’est vrai, tu n’es jamais revenue avec la Reine… Mais elle parlait tellement de toi et de tes exploits, c’était comme si tu étais là… Elle n’arrêtait pas de te complimenter, ce qu’elle était fière de toi ! »

Et voilà ! Cette fois encore Lehna revenait sur le lien mère-fille, insistant sur les sentiments de Sifuru. Elle recollait ce détail à la conversation précédente, bouclant le cycle. Quand Nina évoqua les « personnes après qui courrait » Lehna, celle-ci détacha son regard de la table pour reporter son attention sur son interlocutrice, les sourcils un peu levés sur son front, interrogatrice alors que son visage respirait l’innoncence.

« Mais, je cours après personne, » dit-elle avec un air confus, faisant comprendre qu’elle ne voyait pas de quoi parlait l’héritière. Puis ses yeux s’ouvrirent un peu alors qu’une lueur de complicité s’y glissa. « Ah, tu parles du serveur ? Il est craquant non ? » reprit-elle en baissant un peu le ton pour pas qu’il risque de l’entendre, comme une vrai lycéenne. Puis regardant par dessus son épaule pour lui jeter un coup d’œil, elle continua. « Mais je ne sais pas si ce serait une bonne idée, je ne compte pas rester longtemps ici, cela lui ferait juste du mal à ce pauvre garçon. »

Elle se détacha rapidement de cela après avoir fini de contrer les pensées accusatrices de Nina, pour retrouver son image un peu enfantine devant les « compliments » que lui faisait cette dernière. Elle sourit et hocha la tête ponctuellement, glissant même un petit « merci, cela signifie beaucoup venant de toi » avec un air un peu embarrassé. Elle avait monté la tasse de thé à sa bouche en écoutant sa cousine, gaie jusqu’à ce que celle-ci évoque la question de l’hérédité en leur absence dans la pire des situations. Lehna jubila le fait qu’elle ramène cela sur le tapis, prête à lui lancer une belle prestation. avec une moue un peu triste, elle reposa son verre vide sur sa soucoupe, prenant un instant pour rassembler ses pensées avant de commencer à parler.

« Non… si jamais il arrivait malheur à notre Reine, il n’y a personne à Arkan pour prendre les choses en main rapidement. Le pays se retrouverait livré à lui-même, et il est possible que les différents clans essaye chacun de reprendre cette place laissée vacante, se montant éventuellement les uns contre les autres, engendrant une terrible guerre civile, selon certains spécialistes… » Elle arrêta de parler, laissant à Nina le soin d’imaginer ce scénario catastrophe dans sa tête. « Mais je les trouve bien pessimistes, et cela n’arrivera jamais de toute façon, non ? » finit-elle en essayant de reprendre sa fausse joyeuse humeur.

Lehna voulait faire croire qu’elle se détachait complétement du problème, comme une véritable enfant, laissant à la véritable héritière le soin de prendre toutes les responsabilités et de s’inquiéter à ce sujet. Peut-être que cela l’aiderait à prendre conscience de son rôle dans cette histoire, et que personne n’était prêt à assumer cela pour elle ?

***
Elle en était sûre maintenant, il y avait quelque chose… Quelque chose qui venait et vaquait librement autour et dans les pensées de son hôte, la dérangeant elle et l’humaine… Elle ne pouvait pas se laisser faire ainsi, elle devait agir…

Se réveillant de son profond sommeil, elle tira les lourds rideaux noirs de velours, enveloppant sa porteuse dans une bulle sombre, cachant, bloquant toute émotion ou pensée qui aurait pu sortir…




[Prend pas mal les remarques du début hein, c’est pas que ce que tu dis est inintéressant, c’est que Lehna ne trouve pas ce qu’elle veut dedans, c’est tout ^^ (et du coup tu la connais quoi ^^” xD) Bref à part ça n’hésite pas si t’as une remarque ou quelque chose qui va pas ^^]

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Nina Wang le Mar 5 Nov 2013 - 12:02

L’enthousiasme de sa cousine sonnait tellement faux que Nina ne put que réprimer un soupir, songeant à tous ces pauvres gens qu’elle avait réussi à tromper avec ses airs de petite fille innocente et ses sourires maniérés. Comprenant qu’elle avait parlé dans le vide, le colonel se maudit d’avoir répondu à la question de Lehna, se promettant d’économiser son temps, son énergie et sa salive à l’avenir.

En revanche, elle ne regrettait pas ce qu’elle venait de dire au sujet des pactes et des serments, qui étaient pour elle une chose capitale dans les liens entre les gens. Autrefois, quand elle était encore une jeune femme totalement fermée aux autres et cachée derrière son statut de soldat et son armure, ces garanties scellées par le sang étaient la seule chose digne de confiance pour elle. Elle ne croyait en rien, sinon en ces alliances et en ces promesses parfois établies sur un coup de tête (comme celle qu’elle avait été persuadée de trouver en la personne du traître qu’elle haïssait désormais) qui constituaient, à ses yeux, l’assurance de quelque chose de pérenne et de durable. Si elle était désormais plus ouverte et encline à rencontrer les autres, elle avait gardé cette foi tenace en ces pactes lourds de sens pour elle, et les Fran avait, selon elle, brisé leur part du contrat.

Une fois encore, Lehna insista sur les moyens que la Reine avait mis en œuvre pour la retrouver, en expliquant qu’elle l’aimait malgré tout, et qu’elle souhaitait son retour. Elle essaya de l’entraîner sur un terrain qu’elle avait compris sensible chez sa cadette, mais ce n’était pas l’idée du siècle, pour le coup : parler du « pacte entre mère et fille » établi à la naissance de l’enfant, c’était justement mettre l’accent sur ce non-respect du serment...


« Je sais déjà tout ça. Je sais qu’elle a envoyé des troupes pour me retrouver. Et qu’elles ont échoué. Ou plutôt, qu’elle a échoué... Car, en l’absence de résultats avec des hommes lambda, elle aurait dû penser à se déplacer elle-même. Les Fran possèdent quelque chose qui, par le lien du sang, leur permet de se retrouver sans aucun problème, et je n’ai aucun doute quant à la connaissance de ce précieux pouvoir par notre chère Reine. Si elle avait vraiment voulu me retrouver, elle se serait déplacée elle-même. Elle aurait gagné beaucoup de temps, et économisé des phalanges et des ressources. Mais elle ne l’a visiblement pas fait, et je me suis fait promener pendant des années dans un groupe de trafiquants d’esclaves. J’y serais encore si celui à qui je dois tout ne m’avait pas sortie de ce cauchemar. Si je suis là aujourd’hui, je peux bien affirmer que ce n’est pas grâce à la couronne. Si elle voulait que j’aie de l’affection pour elle en tant que fille, il fallait me retrouver avant. Maintenant, c’est trop tard. »

Explicitant clairement ce qu’elle pensait depuis qu’elle avait vu sa mère sur le champ de bataille, Nina avait dit ces derniers mots d’un ton sec et sans appel. Elle commençait à être lasse de toutes ces questions et de cette discussion stérile et préparée qui ne mènerait à rien.

Quand Lehna décrivit le retour triomphal des généraux en vainqueurs, elle recréa une petite scène qui donna la nausée à Nina. En bonne militaire, elle était bien sûr heureuse de revenir victorieuse d’une bataille, et les acclamations des civils et de ses pairs faisaient chaud au cœur, c’était clair. Mais l’image des Fran, en haut de leur balcon, qui la regarderaient sans doute en biais en la traitant de « fausse princesse », de « traître à son pays », ou encore de « miracle des dieux » lui brûlait la rétine. Non pas qu’elle se sentait coupable de trahison ou d’usurpation : elle était réellement l’héritière du trône, et elle servait Mizuhan avec toute la ferveur dont elle était capable. Mais elle n’était ni une parjure, ni un miracle. Elle avait juré de se battre pour l’armée qui l’avait élevée, et le vrai miracle, ce n’était pas elle, mais Sergei, qui avait mis sa carrière et sa vie en danger pour la recueillir. Quant à la trahison... S’il y avait bien des gens qui pouvaient se remettre en question et avoir honte en se regardant dans leurs grands miroirs décorés avec l’argent prélevé sur le labeur du peuple, c’était bien ceux appartenant à la cour... Ou ceux qui en étaient les maîtres.

La guerrière de l’Eau leva un sourcil quand sa cousine affirma que la Reine était fière de sa fille. Cela ne collait pas vraiment avec ce que Sifuru lui avait dit, lors de leur dernière entrevue... « Ta place n’est pas sur un champ de bataille », quelque chose comme ça ? Soit elle se contredisait pour faire bonne figure à la cour et devant sa famille, soit la brune vêtue de bleu mentait encore comme elle respirait. Nina aurait pu en avoir le cœur net, mais elle ne chercha pas à en savoir davantage, lassée de cette petite comédie où la dichotomie entre les paroles de Lehna et ses plus profondes pensées était criante. Ne se prêtant même plus au jeu, le colonel lâcha :


« C’est drôle, parce qu’elle ne m’a pas dit tout à fait la même chose, la dernière fois qu’elle m’a parlé. Pour elle, le combat ne sied pas à quelqu’un de mon rang, selon ses propres mots. Je suppose que cette fierté évoquée fait partie du lot des choses à affirmer quand on est dans une telle position, devant un parterre de courtisans et de gens de la haute qui nous attendent au tournant ? C’est la chose à dire quand on a échoué à retrouver la garantie d’assurer la suprématie de la lignée sur le trône du pays, sans doute. »

Bien que parfaitement calme, Nina avait balancé cela d’un ton un peu amer et désabusé. Elle ne revenait pas du cynisme des Fran, que ce soit sa mère ou sa cousine, car elle ignorait de laquelle des deux venait le mensonge. Et puis, en toute honnêteté, elle s’en fichait un peu. Elle n’avait accepté de suivre Lehna pour lui parler que par curiosité, et par jeu, non par politesse envers la couronne.

Et puis, une fois encore, Lehna se déroba avec une pirouette, essayant de ramener sa cousine sur une pente qui lui était plus favorable (et qui devait marcher avec les filles de son âge), à savoir la drague et le badinage. Pour le coup, la guerrière espéra sincèrement qu’elle ne s’abaissait à ça que dans le but de mettre sa personne dans sa poche, parce que dans le cas contraire... Non seulement elles avaient passé l’âge (Lehna encore plus qu’elle-même...), mais en plus, avec de telles préoccupations chez l’une des leurs, les Fran avaient du souci à se faire. D’autant plus que la comédienne avoua qu’elle ne projetait pas de rester bien longtemps dans les parages, et qu’elle se pensait dominante, dans la situation, vu la façon dont elle parlait du serveur...


« Il est bel homme, en effet, mais il ne mérite pas d’être dévoré par une croqueuse d’hommes de votre trempe. »

Hop, une petite pointe d’humour qui refaisait surface. Une petite flatterie bien placée, et Nina sentait un regain d’intérêt pour le jeu qui la lassait un peu plus tôt. Tout de même admirative devant une telle stratégie pour gagner la confiance et l’attachement des hommes, Nina sourit : elle qui était si regardante sur la véritable sincérité et le respect mutuel, elle aurait été bien incapable de faire cette petite pièce de théâtre bien arrangée pour qu’un individu de sexe masculin daigne à lui accorder un regard intéressé... Fort heureusement, les hommes n’attiraient pas Nina (ni les femmes, d’ailleurs), puisqu’elle avait déjà été profondément déçue dans la première et seule relation qu’elle avait construite avec quelqu’un. Elle se sentait donc parfaitement neutre et extérieure à tout ça, ayant des choses bien plus urgentes et importantes en tête.

En réponse à l’attitude faussement innocente de son aînée, Nina avala un peu de café encore chaud, savourant les arômes riches et de qualité en écoutant la petite tirade de sa cousine. Laissant volontairement un silence s’installer, la jeune femme reprit finalement :


« J’ose espérer que notre Roi, qui est quand même censé diriger le pays avec son épouse, a des épaules assez larges pour reprendre les choses en main si jamais il la perdait... Mais c’est vrai, tout le monde sait bien que c’est elle qui mène la danse. »

Cette fois, elle avait légèrement édulcoré ses paroles, car elle avait été tentée de dire que « c’était Madame qui portait la culotte »... Mais c’était tout de même un peu trop familier, même pour parler de ses parents... Et surtout du couple royal, à qui elle devait malgré tout le respect.

« Quant aux clans, je suis persuadée que les Guran ne chercheraient pas à s’imposer. Ils sont bien trop loyaux envers les Fran pour les supplanter, et j’ai confiance en eux pour mater les velléités dominatrices des autres. Mais ça ne risque pas d’arriver, effectivement. Le Roi est là, et je sais la Reine bien trop coriace pour laisser sa place aussi vite. »

Il y avait une petite touche d’insolence dans ses propos, mais ce n’était que la pure vérité. La Reine ne s’appelait pas « Sifuru » pour rien : elle représentait le zéro absolu, la glace à l’état pur et la maîtrise de l’eau et de ses dérivés sous toutes ses formes. Quelqu’un qui était doté d’une telle puissance et d’une volonté de fer comme la sienne n’était pas prêt à quitter le devant de la scène... C’était net. Sans rien ajouter de plus, Nina se tut, tandis que Bara, au fond d’elle, ne cachait pas sa déception devant les rideaux tirés dans l’âme de « l’autre ». C’était déjà fini, alors que ça ne faisait que commencer ? Quel dommage.


[Longtemps que je me formalise plus des propos de Lehna tu sais xD Je me permets de répondre aux pensées pour les raisons que tu sais. On approche de la fin, c’est chouette !]

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Lehna le Mer 13 Nov 2013 - 18:44

Lehna fronça les sourcils lorsque Nina évoqua le « quelque chose » que possédaient les membres de la famille Fran. Elle savait très bien de quoi elle parlait ; étant membre de cette famille, on l’avait initié à l’histoire de sa dynastie et à ses particularités, en commençant par celle-là, bien entendu. La princesse de pacotille connaissait donc fort bien les caractéristiques évoquées par sa cadette, et était familière avec les pouvoirs qu’elles impliquaient. Elle-même n’avait pas hérité de ce don, ou plutôt de cette malédiction, du fait que sa mère n’était pas un descendante du peuple originel, mais une simple paysanne. Cependant, c’était plutôt le fait que Nina évoque un tel lien qui l’intriguait. Qu'elle soit porteuse de cette chose était une évidence, et de ce fait qu’elle l’est découvert n’était pas bizarre, au contraire, mais ce que la femme en bleu ne comprenait pas, c’était qu’elle sache que, justement, ce truc était une spécificité de la royauté de Mizuhan. La colonel avait répété n’être jamais retournée au palais, et n’avoir rencontrée sa mère qu’une unique fois, ce qui semblait bien peu à la noble pour permettre à quelqu’un de comprendre toutes les subtilités de l’art qu’elle invoquait. Lehna était très sceptique maintenant, incertaine de savoir que croire dans les paroles de son interlocutrice.

Cependant, comme d’habitude, la démone ne se laissa pas dépasser par les événements, décidant de jouer l’ignorance sur ce passage plutôt que de risquer de s’y enfoncer. Aucun de ses doutes ne traversa ni l’épais rideau de velours noir ni sa mimique si bien entraînée, alors que les sourcils montèrent sur son front sous la surprise.

« La Reine n'a jamais partagé avec moi le fait qu'elle possédait ces compétences, comme tu dis. Cela vient sans doute du fait que je ne suis pas pure et ne mérite donc pas cet enseignement. Mais comment as-tu pu le constater, toi ? » demanda-t-elle, cherchant innocemment à éclaircir ce mystère.

Pour sa part, elle trouvait cela normal que Sifuru ait eu des choses plus importantes à faire que courir après une enfant perdue. C’était d’ailleurs plus simple pour elle de rester à son post et de se contenter de concevoir une héritière de plus, mais il fallait croire que ces sentiments humains dont Lehna avait la chance de s’être débarrassée harassaient encore la plus puissante femme du pays.

Le sujet dévia à nouveau sur la fameuse rencontre entre la mère et la fille, Nina évoquant les paroles que sa génitrice avait partagées avec elle à ce moment là. Lehna aurait voulu soupirer d’exaspération, un peu essoufflée de devoir mettre sans cesse les évidences sous le nez de sa cousine.

« Elle pense que le combat ne te sied pas, mais n’est-elle pas elle-même la plus puissante guerrière de Mizuhan ? Et puis, elle était, elle aussi, présente au milieu de ce champ de bataille, non ? » expliqua le serpent avec un clin d’œil, voulant faire comprendre que son rang ne lui empêchait pas de faire la bagarre si elle souhaitait en effet s’abaisser à ce genre de chose.

Nina releva la remarque sur le serveur qu’avait faite Lehna, y glissant en même temps une remarque acide qui aurait pu révolter n’importe quelle femme, ces dernières aimant se croire précieuse et fragile même quand ce n’était pas vrai. Évidemment, la démone n’était pas dans ce cas là, sachant exactement que répondre à une attaque de ce genre.

« Une croqueuse d’homme ? Moi ? Je ne pense pas malheureusement, c’est d’ailleurs plutôt le contraire. Selon mes expériences, c’est eux qui s’amusent à me faire souffrir, » expliqua-t-elle dans un soupir, ayant même pour cette histoire un bon exemple à donner. Cependant, comme elle ne voulait pas s’attarder sur sa personne, elle n’ajouta rien de plus, glissant juste un sourire enjôleur à l’homme quand celui-ci vient déposer leur note sur la table, en précisant que « si ces demoiselles avaient besoin de quoi que ce soit, elles avaient juste à demander ».

Lehna saisit son sac alors que la princesse héritière donnait son propre point de vue sur ce que pourrait donner la mort de leur Reine. Son ainée avait le regard un peu perdu et haussa les épaules en écoutant ses explications, posant assez de monnaie sur la table pour payer leurs deux consommations.

« Eux peut-être, mais les autres… » murmura-t-elle en rebondissant sur la loyauté des Guran.

Elle se secoua rapidement pour retrouver son aspect juvénile et inintéressée par la situation, comme si elle voulait dissiper les pensées funestes qu’elle avait en imaginant le pays tomber dans le chaos. Pas que cela la dérange sincèrement, loin de là, mais il fallait qu'elle ait au moins l’air préoccupée pour sa patrie en présence de celle qu’elle essayait de convaincre de retourner au palais.


[Niarf… De plus en plus court ^^”]

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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Nina Wang le Ven 15 Nov 2013 - 10:21

Lehna sembla surprise lorsque Nina évoqua les capacités propres aux Fran, et elle l’interrogea à ce sujet, en lui demandant comment elle avait découvert ce pouvoir... Et ce qu’elle savait à ce propos, en filigrane. La guerrière n’était pas dupe, elle voyait clair dans le jeu de sa cousine, malgré la barrière qu’elle avait dressée – un peu tard – pour empêcher ses véritables sentiments de filtrer. Mais Nina fut également étonnée, pour une tout autre raison : son aînée affirmait qu’elle n’avait pas hérité de ce don, alors que le colonel avait très clairement senti la présence d’une « bête » chez la brune... Ce qui laissait penser qu’elle n’était pas encore au courant. Gardant ces considérations dans un coin de son esprit, la guerrière de l’Eau répondit, tranquillement :

« Quand notre entourage nous affirme que nous avons fait un massacre sur un champ de bataille, alors que nous n’en avons aucun souvenir... Il est normal de se poser des questions. Et j’ai toujours senti cette présence en moi, alors j’ai fait, disons... Quelques recherches. L’expérience, la loyauté et la sincérité ouvrent bien des portes, étonnamment. J’ai eu accès à certaines archives, et j’ai mené ma petite enquête à ce sujet. Finalement, je suis remontée jusqu’à la famille royale... Et j’ai eu la confirmation de mes soupçons quand je l’ai rencontrée, elle. J’ai appris à vivre avec ce pouvoir, à l’apprivoiser et à le faire mien... Ce qui n’est vraisemblablement pas le cas de certains Fran que j’ai pu croiser jusqu’ici. »

Bien sûr, elle parlait de Lehna, mais aussi de sa demi-sœur terrosienne, dont l’existence était inconnue de la plupart des membres de la famille royale, en tant que première fille de Sifuru, en tout cas. Avoir un enfant hors-mariage, avec l’ennemi qui plus est... Plutôt honteux pour celle qui était destinée à monter sur le trône un jour, non ? Certes, la situation n’était pas la même qu’à présent, mais les alliances et les jeux de pouvoir étaient bien souvent trop cruels pour laisser une chance à quelqu’un de son rang. Quand on appartenait à la lignée des Fran, on n’avait pas droit à l’erreur, et Mizuhan n’était pas une exception : la royauté, quelle qu’elle soit, était réputée pour ne pas pardonner le moindre écart.

La femme vêtue de bleu tenta alors de faire passer un message à sa cadette en relevant la présence de la Reine elle-même sur le terrain, en pleine guerre. Nina coupa net sa cousine, un peu exaspérée.


« Là n’est pas le problème. En tant que Reine, elle peut bien faire ce qu’elle souhaite : si elle a envie de se battre avec ses soldats, libre à elle de le faire, mais elle n’a pas à juger ce que j’ai choisi de faire de ma vie. Me dire que le combat n’est pas fait pour moi, c’est renier ce que j’ai fait de ma propre existence, ce que j’ai fait parce que j’ai dû emprunter un chemin différent. Je sais bien qu’elle est une guerrière d’exception, mais elle est avant tout considérée comme l’incarnation du pouvoir, pas comme une combattante. Je suis sûre qu’elle ne s’est montrée que pour se faire bien voir – et pour me chercher, aussi. Mais moi, je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je ne suis pas née guerrière, mais je suis devenue colonel. L’armée est une part de ma vie que personne ne pourra me reprocher de vouloir défendre. Se battre pour se montrer et donner quelques coups d’épée histoire de prouver qu’on n’est pas juste un membre de la famille royale ? Très peu pour moi. »

Lehna sourit bêtement au serveur qui venait probablement prendre leur paiement, en affirmant que c’était elle qui souffrait le plus dans les relations avec les hommes. Cette fois, Nina laissa échapper un éclat de rire, trouvant tout à fait drôle le jeu de pauvre victime dans lequel son aîné essayait de la faire rentrer.

« Oh, vraiment ? On ne dirait pas. »

La guerrière avait bien envie de lui balancer qu’elle n’avait probablement jamais connu la vraie douleur de l’abandon par l’être aimé, mais elle préféra s’abstenir, d’une part parce qu’elle n’était pas ravie à l’idée de raconter ses expériences personnelles, et d’autre part parce qu’elle ne savait rien du passé amoureux de sa cousine ; même si elle s’en fichait comme de sa première paire de dagues, elle ne voulait pas s’aventurer sur un terrain aussi peu digne d’intérêt, et qui ne la concernait pas.

Nina fronça alors les sourcils devant la moue dubitative de Lehna, puis reprit :


« Vous savez, il y a longtemps que les Fran ont fait le ménage dans leurs fréquentations. Et ils sont suffisamment intelligents pour voir venir de loin une révolte ou une insurrection. J’ajouterai que les Guran sont un moyen plutôt efficace pour dissuader quiconque de s’en prendre à la couronne... Et je suis sûre que personne n’a envie de vérifier les rumeurs à leur sujet. Vous savez bien, celles qui concernent leurs pratiques de torture pour les traîtres et les ennemis de la famille royale... En tout cas, moi, je ne suis pas particulièrement enchantée à la perspective de tomber entre leurs mains pour conspiration contre la couronne. Pas vous ? »

Nina venait d’avouer qu’elle n’attaquerait pas les Fran et qu’elle renouvelait son vœu de loyauté envers son pays. Mais soudain, sans crier gare, elle se leva, avant de dire :

« Maintenant, vous m’excuserez, mais j’ai à faire. Une amie attend de revoir quelqu’un qui lui est cher et dont elle est séparée depuis un moment, et j’ai également des obligations liées à mon rang dans l’armée. Ravie d’avoir fait votre connaissance, Lehna. Je vous souhaite un bon voyage, et un bon retour au pays. Passez le bonjour à notre Reine de ma part, je vous prie. Elle en sera ravie, j’en suis sûre. »

La patience de Nina n’était pas encore à bout, mais elle était légèrement agacée, et elle avait réellement d’autres choses prévues dans son planning plus que chargé, ces derniers temps. De plus, elle estimait qu’elle avait consacré suffisamment de son précieux temps à l’émissaire de Sifuru, et que sa « politesse » avait, malgré tout, des limites. Avec un salut militaire impeccable, elle faussa compagnie à sa cousine, se dirigeant vers l’arène qu’elle venait de quitter dans l’espoir de retrouver son amie nalcienne.


[Ma faute, j’ai pas laissé beaucoup d’ouvertures ^^’ En tout cas, merci pour ce RP psycho-rigolo, je me suis bien amusée Wink
On se retrouve vite avec nos rerolls, à bientôt Razz]

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« Approche, Princesse des Glaces, tranche l'Eau de tes lames, fends l'Air de ton corps et fais jaillir l'Or Blanc du plus profond de ton être pour voler vers la victoire et la demeure des Célestes. Entends l'appel de la voix qui gronde en toi, ne la refuse pas, mais fais-en ton Alliée pour l'ultime explosion dans une transfigurante Métamorphose. »
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Nina Wang
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Re: [ Clos ] The hunt is over [Nina]

Message par Lehna le Ven 15 Nov 2013 - 19:42

Nina répondit posément à la question de Lehna, expliquant comment elle avait eu conscience de son pouvoir et ce qu’elle avait réussi à accomplir avec. Elle résuma également la manière dont elle avait appris ce lien avec la famille royale. La fausse princesse n’ajouta rien, se contentant de hocher la tête occasionnellement, plus ou moins satisfaite de l’explication. Il n’y avait, de toute façon, rien à ajouter, et Lehna ne pensait pas que cet élément pourrait lui apporter quoi que ce soit, de toute façon.

Elle ne réagit pas plus à la tirade de sa cousine, écoutant ce qu’elle avait à dire en constatant qu’elle se contredisait à nouveau, pour la énième fois. Que la Reine renie le fait que sa fille était plus une soldat qu’une générale était une chose, mais en s’obstinant dans cette voie, en étant convaincue de cela, elle reniait elle-même qui elle était de sang, c’est-à-dire la princesse héritière du trône de Mizuhan. Refuser d’accepter cela et pire, le parjurer sans cesse était tout aussi dramatique que la situation dans laquelle elle pensait que Sifuru la forçait. On ne construisait une partie de nous qu’en se basant sur les fondements que nous donnaient la naissance, et ces racines étaient toutes aussi importantes que l’arbre qu’elles faisaient pousser, et il semblait que Nina était incapable de comprendre cela.

« Elle ne cherchait sans doute qu’à t’empêcher d’abjurer qui tu es réellement… » tenta la démone à la fin du discours de l’autre, essayant encore et toujours de faire changer d’avis à son interlocutrice.

Lehna laissa échapper un triste sourire en reprenant une mine accablée lorsque sa cousine ria de sa remarque sur la gente masculine.

« Oui, ces messieurs ne peuvent s’empêcher d’aller voir les catins, même quand leur fiancée à tout à leur offrir… » prit-elle le temps de raconter, voulant s’assurer qu’ainsi, elle passerait pour la « gentille » bonne et bête de l'histoire pour laquelle elle aimait se passer. Elle n’était pas d’ordinaire du genre à narrer sa vie, mais parfois cela était utile lorsqu’on voulait garantir le fait que les autres avaient bien compris ce dont elle essayait de les convaincre.

Nina continuait ensuite de se convaincre qu’en cas de disparition de la Reine tout se passerait pour le mieux. Lehna savait que les courtisant et clans n’étaient fidèles au Fran car c’était eux qui possédaient le pouvoir dans ce pays, sans plus, comme tous les êtres humains de la planète. Et même, si c’était effectivement des petits chiens loyaux, ils se retrouveraient perdus si, soudain, ils n’avaient plus personne à vénérer. Jurer fidélité était une chose, mais quand il n’y avait plus personne à qui être dévoué, cela ne servait plus à rien, et ces toutous retrouvaient leur état initial d’hommes ambitieux et attirés par le pouvoir et les belles choses. C’était fatal et inévitable, et si la femme en face d’elle ne voulait pas l’admettre, c’est qu’elle était encore plus immature que ce qu’elle croyait. Elle secoua la tête de gauche à droite en pouffant un rire pour rebondir sur la question ironique de sa cousine, qui apparemment s’essayait à l’humour.

« Il est vrai que les rumeurs n’incitent pas à tester ce qui pourrait arriver aux traitres s’ils essayaient de s’en prendre à la Reine… J’espère juste que cela sera suffisamment dissuadant pour en empêcher certains d’essayer, » répondit-elle avec un faux airs enjoués, voulant continuer à passer pour la demoiselle qui ne s’inquiétait pas à ce sujet.

Nina se leva alors brusquement, faisant ses aux-revoir devant une Lehna surprise par une telle réaction.

« Tu t’en vas déjà ? »

La réponse ne se fit pas attendre, la colonel prenant congé de la noble sans plus de cérémonie. Rassemblant juste suffisamment ses idées pour réagir correctement, la princesse se laissa guider par ses réflexes pour répercuter sur cette situation pour le moins imprévue.

« Et bien dans ce cas, je te souhaite bonne route très chère, le plaisir de la rencontre était partagé. Je lui ferais passer le message, sois en assurée. »

Elle la regarda ensuite partir, observant sa cousine de dos alors qu’elle se demandait ce qu’elle devait faire. Lui courir après ? La forcer d’accepter sa compagnie ? La démone soupira. Elle ne désirait pas tout cela, et n’en avait jamais eu l’envie, d’ailleurs. Que Nina accepte de retourner au palais ou pas elle s’en fichait royalement, n’ayant utilisé cela que comme une excuse pour sortir de sa prison dorée. Mais l’échec qu’elle venait d’essuyer l’empêcherait-il de garder cette liberté qu’elle avait réussi à extirper à son père ? Se mordant les lèvres en se demandant que faire, elle lança à peine un coup d’œil au serveur qui venait lui prendre les sous posés sur la table.

Puis, une de ses pokéballs remua, libérant une Chaglam au pelage bleu saphir. Le chat s’allongea sur les genoux de sa maîtresse, qui se mit instinctivement à la caresser. L’animal se mit à ronronner, feulant méchamment quand la princesse essaya de se lever ou bouger. Lehna observa sa compagne, remarquant sa technique pour l’empêcher de courir après sa proie. Un autre de ses sphères s’agita, relâchant sur la table un petit Polarhume au nez coulant qui sanglotait alors que son ventre criait famine. La femme sourit, puis interpella le serveur une dernière fois pour lui demander de l’eau chaude à mettre dans un biberon comprenant une petite partie de lait déshydraté. Saphir se poussa de sa place pour laisser la femme prendre le petit dans ses bras, le berçant pour le calmer en attendant son repas.

Regardant autour d’elle, elle finit par ce rendre compte qu’elle était dehors, loin des murs du palais et de ses protocoles. Cet aspect ne l’avait jamais heurté réellement, comme si elle n’avait vécu qu’un rêve jusque là. Cette vie de pacha ne lui maquait pas plus que cela, la seule chose qu’elle bénissait étant le fait qu’elle avait enfin réussit à se distraire. Elle avait trouvé ce qu’elle cherchait et envoyait maintenant au diable la Reine et son père, se moquant de leur avis sur la vie qu’avait choisi la demoiselle. Elle avait essayé de son mieux pour accomplir ce qu’on lui avait demandé de faire, elle jugeait cela suffisant. Maintenant, elle avait autre chose à faire que s’occuper des caprices d’une enfant puérile, préférant se consacrer à elle-même, comme chaque être humain le faisait égoïstement dans son coin. Berçant l’animal en lui donnant son manger, elle décida de retourner à Arkan, pour annoncer à Sifuru son échec et en finir avec cette histoire. Cependant, elle allait devoir faire attention à la manière de s’y présenter, si elle ne voulait pas finir emprisonner là-bas une fois de plus.


[Encore et comme d'hab, faut pas prendre au pied de la lettre ce que dit / pense lehna, c'est que des bêtises, comme toujours ^^" xD Michi à toi aussi, j'vais essayer de te rép dès que je peux, en effet Razz]

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