[ Clos ] La foudre est mienne ! [Solo]

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Message par Ninj le Ven 26 Avr 2013 - 3:06

[Contrainte no4 : faire intervenir le climat.]

Alors que le silence glacial de la nuit régnait en maître sur la citée de Seian depuis plusieurs heures déjà, un bruissement d’ailes discret se fit entendre par-delà les maisons du quartier sud. Guidé par de simples feux follets, le groupe de voyageurs des airs avait finalement atteint sa destination après avoir parcouru presque la totalité d’Erasia par les airs des jours durant. Ils avaient traversé les tempêtes de Nalcia, combattu le froid mordant de Mizuhan et le soleil brûlant de Flamen… mais à présent, leurs durs labeurs allaient être récompensés : toquant à la porte d’une chaumière peu engageante dont l’arrière fusionnait avec la muraille intérieure de la ville, la plus jeune du groupe priait intérieurement dans l’espoir de voir apparaitre devant elle un homme capable de l’aider dans sa quête…

A l’intérieur, un vieillard usé par le temps grogna en entendant l’arrivée des voyageurs. Confortablement installé dans son fauteuil au coin d’un feu de cheminée, il fit mine de n’avoir rien entendu et continua sa lecture silencieuse. Malheureusement, les étrangers insistèrent, frappant à nouveau à la porte de sa chaumière. Pestant contre cette vermine qui n’avait aucun respect pour la tranquillité d’autrui, il abandonna finalement son vieux parchemin sur le fauteuil pour aller ouvrir la porte.

Malgré l’absence de réponse à l’intérieur de la chaumière depuis plusieurs minutes, la jeune fille restait immobile, attendant que la porte s’ouvre. Le froid de la nuit la faisait frissonner… de plus, ce long voyage l’avait affamée… mais son estomac attendrait. Leur informateur avait été très clair : s’ils souhaitaient rencontrer l’alchimiste, ils devraient venir à lui directement, sans se faire repérer par qui que ce soit d’autre dans la ville. Un homme plutôt méfiant, n’est-il pas ? Etant donné les exploits dont il semblait capable, cela n’avait rien d’extraordinaire…

Enfin, la porte s’ouvrit. Brusquement. Et sans prendre le temps d’identifier la gamine qui lui faisait face, le vieillard leva son poing d’un air menaçant en hurla diverses insultes régionales à l’intention des voyageurs. Mais avant qu’il n’ait le temps de leur ordonner de partir, l’enfant face à lui prononça une unique phrase sur un ton aussi calme que déterminé :


« Nous venons voir Luck »

A ce nom, le vieillard se calma subitement, avant d’afficher un sourire sadique. Une enfant requérant ses services ? Presque personne ne connaissait à la fois son véritable nom et l’emplacement de son repère. Seules des personnes de confiance avaient ce privilège, et ils ne confiaient cette information qu’à des clients de choix. Cette enfant était donc l’un de ces clients ? Soit… si elle avait été capable de retrouver sa piste, sans doute était-elle également capable de payer d’une façon ou d’une autre…

« Entrez donc, jeune étrangère… », Murmura le vieillard d’une voix peu rassurante.

Il joignit le geste à la parole, invitant l’enfant à entrer en s’écartant légèrement de l’ouverture. Satisfaite, la fillette s’avança sans la moindre hésitation… mais à la seconde où ses compagnons voulurent la suivre, leur hôte leur barra la route à nouveau :


« Non, non… je ne veux aucun Pokémon à l’intérieur. Ou plutôt, c’est vous qui ne souhaiteriez pas entrer… à moins qu’il ne s’agisse là de votre moyen de paiement, jeune demoiselle ? », Ricana-t-il en se retournant vers l’enfant.

En effet, le reste du groupe n’avait rien d’humain. Un Libegon, une Feunarde et une très jeune Goupix qui dormait sur le dos de sa mère. Inquiets, les deux Pokémon adultes jetèrent un regard en direction de la gamine, comme pour l’inciter à faire marche arrière… mais contrairement à eux, l’enfant resta imperturbable. Elle trouva même le cran de répondre au vieillard avec ironie :


« Pourquoi, ils vous intéressent ? »

A nouveau, l’homme se mit à rire avant de claquer la porte brutalement, confirmant qu’il n’avait que faire de créatures aussi communes. Bien, maintenant que ce petit détail était réglé, ils allaient pouvoir passer aux choses sérieuses… d’un pas lent, les deux humains s’enfoncèrent dans la chaumière, jusqu’à revenir dans la pièce chauffée par le feu de cheminée.

Il est vrai que l’air froid de l’extérieur n’était pas des plus agréables… mais la jeune fille s’étonna tout de même de la chaleur excessive qui régnait dans cette chaumière. Voilà à peine une minute qu’elle était rentrée, et elle suait déjà de partout. Et contrairement à elle, le vieillard semblait parfaitement s’en accommoder. Etant donné la lourde réputation de l’alchimiste, la fillette se doutait que cette chaleur excessive n’était en rien due au hasard… l’homme souhaitait installer un climat pesant entre lui et son client. Il souhaitait le faire craquer avant même d’avoir entamé les négociations, pour pouvoir se jouer de lui et l’obliger à accepter une offre démentielle. Mais cela ne marcherait pas avec elle. D’ailleurs, il ne semblait même pas cacher son jeu : l’homme attendait patiemment qu’elle entame la discussion… il n’était pas pressé. Curieux, il se contentait de la fixer, en se demandant ce qu’une enfant comme elle pouvait bien espérer de sa part…

A la lumière du feu de cheminée, les deux humains pouvaient à présent s’observer en détails. Le vieillard était un homme tout à fait commun. Un seul détail trahissait sa façon de vivre : il avait la peau plutôt pâle, signe qu’il passait la majorité du temps enfermé chez lui… mais pour le reste, on aurait dit un vieillard parfaitement normal : le visage et les mains plissés, des cheveux grisâtre et peu nombreux, il ne lui manquait plus qu’une vieille canne pour accompagner sa tunique verte usée par le temps.
Quant à l’enfant, elle semblait aussi inoffensive que lui. Un visage d’ange aux yeux bleus, de longs cheveux dorés renvoyant la lumière flamboyante des flammes, et une magnifique robe blanche qui descendait jusqu’à ses simples chaussures de marche… sa seule particularité résidait dans ces étranges lunettes bleues qu’elle portait comme un pendentif autour du cou. Ni l’un ni l’autre ne laissait entrevoir la personne fabuleuse qui se cachait derrière ce miroir modeste.
Après un long silence pesant durant lequel chacun fixait l’autre à la recherche d’une faille dans sa façon d’être, la gamine prit la parole :


« On m’a dit que vous étiez le meilleur alchimiste de Terros… et que vous maîtrisiez également l’art de la foudre. Est-ce vrai ? », Questionna-t-elle avec un sourire aux lèvres.

« Vous avez bien appris votre leçon, jeune fille. Mais en quoi est-ce important ? », Répondit le vieillard, tout aussi souriant.

« J’ai besoin de vous pour contrôler mon électricité. », Répliqua-t-elle sur le même ton.

Mais malgré le sérieux de la gamine, l’alchimiste ne put s’empêcher de rire aux éclats. Maîtriser la foudre, était-ce là la seule chose qu’elle attendait de lui ? Il existait des dizaines de maîtres bien plus aptes que lui à enseigner ce genre de futilités… de plus, elle était bien trop jeune pour se donner un tel objectif.


« Non, je ne parle pas de ça. », Reprit l’enfant, comme si elle avait pu lire dans ses pensées. « Mais vous n’êtes pas stupide, vous le savez très bien. »

Immédiatement, l’homme cessa de rire et reprit un air plus sérieux. Cette gamine était terriblement insolente… il appréciait ce genre de choses ! Voilà exactement le genre de clients avec qui il aimait traiter… qu’importe qu’elle n’ait même pas dix ans, il se frottait déjà les mains, enthousiaste à l’idée de voir ce que cette gamine avait à lui proposer…

« Mais avant toute chose… on m’a dit que vous préféreriez le savoir à l’argent, donc je suis venue les mains vides. », Continua-t-elle, arrachant un nouveau sourire dément à son interlocuteur. « Mon moyen de paiement, c’est moi. Car je suis sûre que vous apprécierez cette expérience autant que moi si elle réussit… »

HA ! Cela revenait à travailler gratuitement, n’est-ce pas ? Cette fois, le rire que l’homme laissa échappé n’avait rien d’un rire de comédie. Plus cette gamine parlait, plus il tremblait d’excitation à l’idée de travailler avec elle… et pourtant… il était encore loin d’imaginer quel genre de projet cette créature avait pour lui.
Une créature… et non une humaine. Ayant terminé son discours, l’enfant s’illumina soudainement, tandis que son corps se métamorphosait, diminuant petit à petit jusqu’à atteindre la taille d’une ridicule petite souris jaune. Une Pichu… une simple Pichu ! A présent, il comprenait effectivement de quel problème d’électricité dont la gamine lui avait parlé… mais en quoi cette expérience serait-elle enrichissante pour lui ? Ces rats de laboratoire n’avaient rien d’exceptionnel… il en avait déjà disséqué de bonnes centaines. Sa capacité de transformation était intéressante, certes, mais l’enfant n’était pas venue pour ça. Alors quoi ?...

La Pichu pointa un bras dans la direction du vieillard, comme pour lui intimer de se mettre en garde. Alors elle comptait l’attaquer à présent ? Du haut de sa petite nature de Pichu ridicule ? Sa foudre n’aurait même pas le temps de l’atteindre qu’elle se serait déjà assommée toute seule… Perplexe, l’humain se mit tout de même en position, prêt à tester la puissance de cette ratte.

Il la sous-estimait. Elle le sentait. Tant pis pour lui : elle l’avait prévenu… Riant intérieurement de la tête qu’allait faire l’humain dans quelques instants, la souris déchaina son pouvoir électrique…
A peine eut-elle commencé à charger son électricité que déjà l’humain afficha un air surpris. Il changea rapidement de position, ayant visiblement compris que la gamine ne rigolait pas. N’importe lequel des Pichus qu’il avait étudié se serait tué instantanément avec une puissance de cette ampleur ! Et pourtant… elle continuait à puiser de l’énergie en elle, prête à déchainer un tonnerre préalablement chargé au maximum.


« Tu m’intrigues, gamine… mais penses tout de même à rester en vie… », Se moqua-t-il, croyant probablement pouvoir toucher un point sensible.

Mais au lieu de déconcentrer la Pichu, il eut la surprise de voir sa puissance doubler à nouveau. C’était… c’était trop ! Il n’était pas un maître de la foudre complet, il n’allait pas pouvoir l’arrêter entièrement !
Mais il était trop tard… considérant que c’était suffisant, la Pichu déchaina son attaque, balançant un large rayon électrique en direction du vieillard, tandis qu’elle hurlait de douleur en sentant que l’effet secondaire de la surcharge commençait à mordre chaque partie de son corps, comme à chacune de ses attaques…
Si le vieillard était impressionné par la gamine, l’inverse était également vrai : l’homme stoppa l’attaque à deux mains. Le choc l’avait propulsé contre l’un des murs de sa demeure, mais il tenait bon, et se servait de ses mains comme d’un miroir qui reflétait l’attaque dans toutes les directions. De l’extérieur, toutes les fenêtres de la chaumière devinrent aussi lumineuses que la queue d’un Wattouat. Mais pas un verre ne se brisa sous la pression de la foudre. Comme prévu, cet alchimiste était bien équipé… et sa maison à l’aspect si banale était probablement aussi résistante qu’une forteresse de guerre.

Une fois la foudre dissipée, le vieillard ne put que constater l’étendue des dégâts à l’intérieur de sa pauvre demeure. S’il avait su, il aurait fait ce petit test ailleurs… mais qu’importe, il n’était plus à un fauteuil près. Bien qu’encore sous le choc de l’attaque, il se redressa pour marcher jusqu’à la petite souris étendue sur le sol. Elle n’avait pas tenue le choc, évidemment… aucun Pichu n’était capable de… de… un instant ! Elle se redressait ! Son corps était parcouru de spasmes et ses yeux peinaient à rester ouverts… mais elle était encore consciente ! Pire, elle semblait prête à recommencer ! Pointant de nouveau le vieillard de son bras, elle semblait attendre un signal de sa part.

Incroyable… en plus de disposer d’une énergie considérable, elle était capable de la contrôler… elle était aussi efficace que ses formes évoluées… non, peut-être même plus ! Elle avait su profiter du disfonctionnement de son corps pour en amplifier la puissance ! Son seul défaut… son seul et unique défaut… résidait dans cette faiblesse naturelle, dans ce contrecoup qu’elle lui demandait d’effacer !
Passionné par cette créature inattendue, l’humain se mit de nouveau à rire. Un rire bien plus maléfique que les précédents : un rire aussi machiavélique que ceux des pires savants fou que l’histoire avait su conter.


« J’accepte, J’ACCEPTE ! », Hurla-t-il, visiblement satisfait de la prestation de l’étrangère. « Mais tu ne t’en tireras pas sans payer… voilà ce que je te propose, je vais te libérer de cette contrainte, et faire de toi le monstre que tu souhaites devenir… et ensuite, tu iras me chercher cette créature sur ce mystérieux continent qui est apparu ! »

Ramassant le parchemin qui trainait sur le fauteuil carbonisé, l’alchimiste l’ouvrit et le plaqua au sol, juste devant la souris électrique. Malgré l’attaque qui avait fait vibrer la chaumière entière, ce simple bout de papier semblait avoir résisté au point de ne pas avoir subi la moindre petite brûlure. Mais l’étonnement de la souris se dissipa bien rapidement lorsqu’elle remarqua que ce message n’avait rien d’une simple lettre écrite à l’encre. Son contenu s’illumina d’une lueur mauve et prit vie à la seconde où elle commença à le lire. D’ailleurs, il ne s’agissait pas d’un texte, mais d’une illusion représentant une scène du passé. On pouvait y voir un étrange renardeau au pelage sombre qu’elle ne reconnaissait pas… qui semblait sur le point d’évoluer.

« Ca… c’est CA que je veux ! », Hurla de nouveau l’alchimiste en pointant du doigt la nouvelle créature sur le parchemin.

La créature était devenue un humanoide griffu, un peu à la façon d’un Farfuret, mais en beaucoup plus imposant. Il portait une longue chevelure rouge qui lui arrivait jusqu’au pied, et qui se terminait à la façon d’une queue de cheval.
Tandis que la souris examinait l’image avec attention, l’autre semblait s’emporter dans une folie maladive :


« Mort ou vif, PEU M’IMPORTE, du moment que vous me le ramenez avant que son cerveau ne soit complètement pourri ! Ah, d’ailleurs… n’abimez pas son crâne, SURTOUT PAS ! Je le veux… JE LE VEUX ! »

Qu’est-ce que cette créature pouvait bien avoir de si intéressant ? La souris s’en fichait pas mal. Si une partie de chasse suffisait à payer sa petite expérience, alors cela lui convenait. Elle n’avait pas espéré une seule seconde que l’humain ne lui demanderait rien échange… mais n’ayant rien d’autre à proposer, elle avait tenté le coup.

« Mais pas maintenant… NON, pas maintenant… toi, TOI ! Je vais faire de toi UN DEMON DE LA FOUDRE ! », Jubilait-il tandis qu’il se rapprochait d’une armoire à moitié carbonisée. « Tu en auras besoin… tu sais, ces créatures sont dangereuses ! Il faudra bien un démon pour les attraper… tu devras revenir de toute façon, tu auras besoin de moi, POUR TOUJOURS, tu le sais, n’est-ce pas ? »

La souris acquiesça à nouveau, beaucoup plus calme que cet alchimiste fou. Evidemment qu’elle reviendrait… partir sans payer aurait pu être appréciable, mais l’expérience risquait d’avoir quelques ratés, ou de nécessiter une quelconque maintenance de sa part. Alors oui, elle reviendrait... mais en attendant, encore fallait-il la faire, cette fameuse expérience !

« Quatre mois… va leur dire ! VITE ! Qu’ils partent, qu’ils laissent ma maison tranquille ! Je ne veux aucun gêneur pendant mon travail… rejoins-moi après ! », Reprit l’alchimiste en désignant la porte d’entrée, tandis qu’il tirait l’armoire au milieu de la pièce, dévoilant un escalier qui s’enfonçait en dessous de la surface de la terre…

La souris voulu répliquer… malheureusement, non seulement il ne l’aurait pas comprise, mais de toute façon, il avait déjà commencé à dévaler les marcher en hurlant de rire, aussi excité qu’un gamin à qui on aurait confié un nouveau jouet.


En bras, dans la cave de cette modeste demeure, se trouvait un immense laboratoire qui s’étendait loin en sous-sol à l’extérieur de la ville. Et si la Pichu avait eu envie de se plaindre de la chaleur insoutenable de la cheminée du vieillard… sans doute allait-elle regretter sa fraicheur en pénétrant dans ce qui semblait être une forge au cœur du laboratoire. Après avoir rapidement résumé la situation à Libegon, la souris rattrapa finalement le savant fou, celui-ci s’étant déjà mis au travail. Mais plutôt que d’user d’un marteau et d’une pince comme le ferait n’importe quel bon forgeron en surface, cet alchimiste attrapait les métaux brûlants à la main et les tordait à la force de ses doigts. C’était à se demander si, derrière cette peau de vieillard usé, il lui restait véritablement la moindre partie de chair humaine. Ici et là trainaient quelques expériences ratées ou en cours : des Pokémon à qui il manquait des membres, d’autres qui en avaient un en plus… on apercevait également des créatures brulées, liquéfiées, ou encore fusionnées entre elles… si la nature avait des règles, aucune d’entre elles ne semblait avoir été respectée entre ces murs.


« Tu seras mon chef-d’œuvre… je vais te rendre parfaite, PARFAITE ! Attrape-ça, et vide ton énergie, je n’ai pas envie d’être déconcentré par une décharge intempestive ! », Ordonna le fou en balançant deux étranges pinces métalliques à la souris.

Elles étaient directement reliées au sol… ou probablement à quelque chose d’enfoui dans le sol. Bref, elle n’était pas scientifique… de plus, la chaleur insoutenable du lieu l’empêchait de réfléchir. Avec un peu de chance, si elle se vidait de son énergie, elle tomberait inconsciente, ce qui permettrait à l’humain de poursuivre son expérience sans qu’elle ne s’en rende compte.

Portant les pinces à ses joues, la Pichu déchaina sa foudre à nouveau, dans un long flux d’électricité continu… et ce, jusqu’à ce qu’elle sente ses forces l’abandonner. Son regard se brouilla : la chaleur et la fatigue commençaient à faire effet. Elle allait… elle allait…

… … …

Une douleur atroce au niveau de sa queue réveilla la souris en sursaut. Complètement paniquée, elle essaya de se débattre et de s’échapper de ce guet-apens… mais elle remarqua bien rapidement que le moindre de ses membres était collé au sol… littéralement !
Elle voulut hurler, crier sa douleur, supplier son agresseur d’arrêter… mais sa bouche était également fusionnée avec le sol ! C’était un véritable cauchemar. Elle ne pouvait rien faire, absolument rien… ah, si. Pleurer. Elle pouvait pleurer toutes les larmes de son corps, tandis qu’elle avait l’impression que sa queue était en train de se faire fondre littéralement. Elle avait l’impression de prendre feu, que chacun des poils de son corps s’embrasait, tandis qu’un bain de lave grignotait son appendice fibre par fibre.
Une main de l’humain se voulant rassurante caressa le haut de son crâne… mais là encore, la souris eut l’impression de se faire savonner par un morceau de roche en fusion. Toutefois, ce geste lui rappela son choix, son but, et sa situation… le cœur battant et la respiration haletante, elle tenta de reprendre son calme. Même ses entrainements les plus virulents n’avaient été qu’une promenade de santé à côté de ce qu’elle subissait aujourd’hui… mais elle était capable de l’endurer. Elle ne finirait pas comme ces expériences ratées qu’elle avait observées en arrivant ici… elle repartirait, seule, et en état de livrer bataille contre n’importe quelle autre créature.

Mais après une bonne dizaine de minutes de souffrance supplémentaires, même l’esprit combattif de la Pichu de Ninj fut insuffisant pour la maintenir éveillée. Sombrant à nouveau dans l’inconscience, la jeune souris rêva du passé.

… … …

Confortablement installée sur la tête de Libegon, la souris profitait du vent qui s’engouffrait dans son pelage. Parmi les nombreux souvenirs qu’elle possédait, il n’y en avait qu’un qui lui revenait inlassablement, et c’était celui-ci… sous un soleil bienveillant, la souris volait en compagnie de son camarade. Ils ne pensaient à rien… seulement à avancer, à traverser cette étendue de vide qui s’offrait à eux, et à remercier le ciel pour ce temps magnifique qui leur permettait de voler paisiblement. Quelques courants ascendant maintenaient le dragon à la même altitude, si bien que même le seigneur du désert se laissait porter par le vent, fermant les yeux pour ne faire qu’un avec ce décor paisible qu’était celui des cieux… pensive, la souris jetait quelques coups d’œil en direction des rares nuages qui peuplaient l’immensité bleue qui les dominait. Il n’y avait personne ici… personne, excepté eux deux, le vent, et le soleil. Un doux paradis qui berçait leur existence, les menant on ne sait où…
Ce souvenir, un rêve d’autrefois, était devenu une réalité depuis plusieurs années maintenant. Son seul et unique rêve… celui qui aurait dû lui permettre d’évoluer, tant il l’avait satisfaite ? Oui, probablement. Et pourtant, elle était toujours une Pichu… c’était ainsi. Le regrettait-elle ? Non, loin de là. Mais malgré tout ce qu’elle affirmait, elle ne pouvait pas se vanter d’avoir provoqué cette incohérence. C’était un fait du hasard… et ce hasard… l’avait menée à ça.

… … …


« C’est terminé. », Murmura l’alchimiste, réveillant la souris d’une petite claque. « Il te reste 10 minutes. Au bout de quatre heures, toutes les mutations que j’ai créées deviennent définitives, que je le veuille ou non. Il te reste donc 10 minutes pour changer d’avis avant que tes nerfs ne fusionnent définitivement et que ce nouveau membre ne devienne le tiens pour toujours. Je vais préparer la suite… »

Changer d’avis ? Pourquoi changerait-elle d’avis ? L’opération s’était visiblement bien passée, et elle ne souffrait déjà plus ! Sûre d’elle, la souris se redressa pour suivre immédiatement l’humain et passer à la suite.
Seulement… elle ne réussit pas à faire le moindre pas. Elle était comme enchainée, clouée au sol par un énorme bloc de fer derrière-elle ! Curieuse, la souris tourna la tête, et découvrit avec stupeur le résultat de l’expérience.

Une queue. Une immense queue métallique trainait mollement derrière-elle. L’objet avait fusionné avec sa queue d’origine ! C’était… impressionnant. Mais à présent, elle comprenait la mise en garde de l’humain. Elle devait se faire à l’idée que cette chose ferait partie d’elle à jamais… elle n’avait pas à se plaindre de sa forme : elle ressemblait à celle d’un Démolosse, avec une excroissance se terminant en pointe à la fin, mais en plus large et moins longue. Par contre, elle pesait son poids ! Et elle avait l’amère impression de ressembler à un Raichu, avec cette queue plus longue que son corps. Mais qu’importe, si cela pouvait fonctionner… elle attendrait ces 10 minutes sans la moindre hésitation. Tiens, d’ailleurs ! Autant vérifier tout de suite ! Curieuse de connaitre l’efficacité de ce nouveau membre, la Pichu lança une nouvelle attaque Tonnerre. Mais au lieu de voir sa foudre déferler devant elle, elle sentit son énergie absorbée directement au niveau de ses joues. Les pinces étaient toujours là… sans doute devait-elle se tenir tranquille pour le moment. Et puis, elle n’était plus collée au sol, c’était déjà ça !

Le scientifique fou revint quelques minutes plus tard. Et sans la moindre explication, il la plaça dans une boite qu’il emmena dans une autre pièce. Ce n’est qu’en arrivant sur place qu’il commença ses explications :


« A présent que la fusion est achevée, il est temps de tester sa résistance à la nature. Car si nous agissons contre nature, il faut évidemment que le résultat soit plus intéressant que ce que la nature a à nous offrir ! »

Sans comprendre, la souris se laissa parfaitement manipulée. Comment pouvait-elle avoir confiance dans ce fou ? Sans doute était-ce parce qu’elle était aussi folle que lui. Après-tout, ils suivaient le même objectif démentiel aujourd’hui !
Les dix minutes passèrent… et à nouveau, la souris hurla de douleur, lâchant une décharge par pur réflexe. Heureusement, l’énergie de son attaque fut à nouveau captée par les pinces, plutôt que d’être déversée dans la salle.
Son corps fusionnait définitivement avec l’objet métallique qui lui servait de queue ! Et malgré les apparences… cette chose était remplie de liaisons nerveuses qui n’attendaient que cet instant pour s’activer ! L’éveil d’un membre endormi… elle avait de nouveau cette impression de brulure au niveau de la queue. Une brulure moins intense… mais beaucoup plus étrange. Cette chose bougeait ! Elle ne comprenait pas comment, et elle était tout simplement incapable de le contrôler… mais elle sentait le moindre mouvement de sa queue ! Elle hurlait de surprise à chaque fois que l’objet métallique entrait en contact ou quittait le sol, elle souffrait à chaque fois qu’elle marchait dessus par mégarde, et surtout… elle avait l’impression de se faire écarteler à chaque fois qu’elle se déplaçait, tant le fait de tirer sur cette nouvelle queue était douloureux.

Mais elle n’avait encore rien vu… car à présent que son nouveau membre avait fusionné avec son corps, les tests de solidité commençaient.


« Test numéro 1 : résistance du tissu ! », Précisa l’alchimiste avant de laisser échapper un rire sadique.

La boite s’ouvrit, laissant tomber la souris dans le vide. Une chute ? Non, ce serait un traitement bien trop agréable : la pointe de sa queue était retenue par un petit cerceau métallique qu’elle n’avait même pas repéré tout le long du trajet.
La souris hurla de douleur au moment où son membre effectua un effet de rappel, comme un élastique attaché en haut d’un pont. Avez-vous déjà essayé de vous arracher un bras ? Non ? Alors vous ne pouvez qu’imaginer la douleur qu’elle ressentit en cet instant. Mais le pire était à venir… à sa grande surprise, ils étaient passés dans une pièce au climat beaucoup plus enviable que celui de la forge. Mais son soulagement fut de courte durée… la pauvre souris était entourée d’une armée de Pokémon volants en cage. Et d’un simple claquement de doigt, le scientifique leur ordonna de déchainer la plus violente tornade qu’ils soient capables de créer.

La souris eut juste le temps de hurler avant de se retrouver balancée dans tous les sens, emportée par la puissance de cette tornade complètement chaotique créée par ces Pokémon volants. Et à chaque mouvement… elle sentait sa queue qui la retenait, accrochée à la boite fixe qui pendait au plafond. Ce vent était une véritable torture ! Incapable de se diriger au milieu de cette tempête, la souris tenta d’attaquer ces oiseaux en cage… mais les pinces étaient toujours fusionnées à ses joues. Quatre heures, hein ? Elle espérait que ce fou n’avait pas oublié de les retirer le temps de l’opération…  une queue, d’accord, mais des pinces dans les joues… non, sans façon.
Bref, ce n’était pas son principal souci pour le moment ! S’il avait s’agit de n’importe lequel de ses autres membres à la place de sa queue, ses os auraient probablement cédé depuis longtemps ! D’ailleurs, elle sentait que la douleur la plus intense à présent n’était plus au niveau de sa nouvelle queue, mais de son dos. Sa colonne vertébrale toute entière souffrait de ces balancements perpétuels. Et le bas de son dos, à l’endroit où l’objet avait été fusionné, commençait à sérieusement souffrir de ce traitement inhumain !

Après une courte expérience de vol, la souris put finalement se reposer tandis que les oiseaux cessaient de battre des ailes pour alimenter leur tornade. Un peu plus, et elle aurait pu dire adieu à son dos…
Mais à priori, ce test n’était pas suffisant pour le savant fou qui observait la situation, bien à l’abri derrière un mur vitré.


« Test numéro 2 : Résistance du métal. », Reprit l’alchimiste.

Cette fois-ci, d’autres Pokémon auxquels Pichu n’avait pas encore fait attention se mirent en action. Des Pokémon feu. Et dans un déferlement de rugissements inquiétants, ils crachèrent leurs flammes en direction de la queue de la pauvre Pichu.
A nouveau… cette brulure… c’était insupportable ! Pourquoi n’arrêtait-il pas ? Quel était l’intérêt de tester cette queue face à un assaut que même son propre corps serait incapable d’endurer ? Toujours suspendue dans le vide, la souris ne pouvait que hurler, alors qu’elle retrouvait une nouvelle fois cette impression d’avoir laissé trainer sa queue au cœur d’un volcan…
Mais ce déluge de flammes n’était que la première étape de ce test. Car sitôt que les flammes s’éteignirent… de nouveaux Pokémon glace firent leur apparition, déchainant cette fois-ci leur attaque laser glace sur la queue de la Pichu. Passant d’une chaleur insupportable à un froid mordant, la souris éternua, entre deux hurlements de douleur. Le scientifique se fichait de savoir si le métal résisterait au feu ou à la glace… ce qu’il cherchait à vérifier, c’était que le membre résisterait à des variations de températures excessives. Chaud… puis froid… puis chaud… puis froid, à nouveau. Ce cercle infernal dura plusieurs minutes, durant lesquelles la pauvre souris torturée ne trouvait même plus la force de hurler.

Et lorsqu’enfin l’ensemble des Pokémon cessèrent leurs attaques…


« Et maintenant, le test final… l’objectif premier. », Conclut la voix derrière la vitre.

La foudre. Après un déclic, le cerceau qui retenait la pointe de sa queue la libéra, entrainant la souris dans une chute libre d’un bon mètre. Mais le plus douloureux ne fut probablement pas la chute en soi, mais le fait de se recevoir sa propre queue métallique sur la tête…

A peine la souris fut-elle de nouveau sur ses pattes que le test commença. Comme si un orage venait de se lever au cœur du laboratoire, la foudre traversa la pièce en un instant, frappant la jeune souris de plein fouet.
… Rien. Alors qu’elle s’attendait à être torturée de nouveau, la souris encaissa l’attaque sans la moindre difficulté. Et pourtant, il lui semblait que l’attaque ne provenait pas d’un seul Pokémon…
Par contre, plus l’effet durait, plus elle sentait un étrange picotement au niveau de son membre métallique. Lentement, le métal changeait de teinte, passant du gris métallique à un rouge vif plutôt inquiétant. Cela commençait… à devenir douloureux… que se passait-il ? Que lui arrivait-il ?

L’orage cessa. Mais la douleur était toujours présente ! Curieuse, la Pichu observa l’humain revenir tranquillement, un large sourire aux lèvres. Sans un mot, il attrapa les pinces collée dans ses joues, les détacha sans la moindre difficulté, et les posa sur la queue métallique de la souris. Lentement, la douleur se dissipa, tandis qu’un courant électrique parcourait le métal qui rattachait les pinces au sol où elles étaient plantées. Les yeux remplis d’une avidité sans limite, le vieillard s’exclama :


« Quatre mois, comme je te l’ai dit. Evidemment, tu peux déjà partir et trainer cette chose comme un boulet toute ta vie. Ou sinon, tu restes ici quatre mois, avec moi, et tu me laisses t’offrir le véritable potentiel de ce nouveau membre… mais je te préviens… à l’avenir, les tests seront beaucoup plus éprouvant. »

Plus éprouvant que ce qu’elle venait de vivre ? Etait-ce possible ? Ricanant à la réplique de l’humain, la souris acquiesça en levant le poing. Elle était prête à tout… et ce n’était pas une série de tests sadiques qui auraient raison de sa volonté ! Ce scientifique savait exactement ce qu’il faisait… tant qu’elle lui ferait confiance et qu’elle donnerait le meilleur d’elle-même, elle progresserait.
Malheureusement… si l’esprit y était, son corps était quant à lui incapable de suivre. Heureusement, les épreuves d’aujourd’hui étaient terminées… la Pichu cligna des yeux… et s’écroula au sol, inconsciente à nouveau. Demain… elle tiendrait plus longtemps… elle en faisait le serment… tout comme elle le ferait les jours suivants, et ce, jusqu’à la fin des quatre mois.


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