[ Clos ] Mistralescence [Solo]

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[ Clos ] Mistralescence [Solo]

Message par Molly Hale le Dim 24 Nov 2013 - 11:57

La main s’appuya sur la paroi gelée, frissonnant au contact du matériau froid. Suivant de près la paume blême, un nez se colla à la vitre, cherchant à observer un peu mieux ce qui arrivait dehors.  

Juste là, sous ses yeux, une feuille vint s’aplatir contre la fenêtre, une feuille d’un joli rouge aux contours impeccables. En sursautant, la jeune femme s’indigna contre sa faiblesse, mais reprit tranquillement son observation. Mais le végétal déchu, après quelques secondes de lutte, se libéra de sa prison glacée et se laissa emporter par le souffle qui vint le cueillir, doucement d’abord, puis avec force, l’emportant loin des yeux azurés de la blessée. Avec un soupir, elle reporta son attention ailleurs, plus bas, et sourit en voyant une petite fille courir pour échapper à sa mère, qui la poursuivait pour lui mettre une écharpe autour du cou. La gamine fut trahie par son corps : en éternuant, elle s’immobilisa, permettant à sa mère de la rattraper et de l’enrouler dans le tissu. La moue boudeuse de l’enfant en disait long sur ce qu’elle pensait de sa défaite, mais elle prit la main de la dame sans rechigner, s’avouant vaincue. Ainsi, les parents commençaient déjà à couvrir leurs mômes... Il faisait si froid que ça ? L’hiver n’était pas encore là, pourtant...

Le courant d’air glacé qui s’infiltra dans la chambre de Molly confirma la scène à laquelle elle venait d’assister, et la Flamenoise ramena ses couvertures près d’elle, sentant en même temps la chaleur de la fourrure de sa louve noire, allongée sur son humaine. Avec un air bienveillant, elle caressa la Grahyena, qui soupira d’aise et ouvrit un œil, avant de se rendormir. La Meneuse l’observa quelques instants, puis regarda de nouveau dehors, découvrant encore un nouveau spectacle : un peu plus loin, dans les airs, un vol de Nirondelle défilait dans un ballet incessant, donnant l’impression d’être très à l’aise dans les cieux, qui étaient leur domaine. Mais en se concentrant un peu, la jeune femme constata que de nombreux oiseaux avançaient avec peine et luttaient comme ils le pouvaient pour voler malgré le vent cinglant qui leur barrait la route. Curieuse, elle voulut ouvrir la fenêtre pour évaluer la température d’elle-même, mais elle se ravisa, songeant que Hecate ne serait peut-être pas trop d’accord... La louve semblait s’être ramollie depuis qu’elle avait été domestiquée : elle qui avait l’habitude de chasser dans les plaines enneigées, elle rechignait maintenant à supporter le moindre courant d’air ! Mais la fatigue était probablement la cause de cette « chochotterie », et la Flamenoise ne chercha pas à la contrarier, préférant se contenter d’admirer la capitale du pays de l’Eau à l’abri du vent et du froid.

Cependant, un bruit sourd contre la paroi ébranla sérieusement sa résolution : un pauvre Nirondelle venait de s’échouer lamentablement juste devant elle et, inquiète, Molly fit grincer le bois et le fer pour le laisser entrer. Aussitôt, la Grahyena émit un grognement de protestation et lança un regard courroucé à sa maîtresse, qui le lui rendit, intimant le calme à son Pokémon. Alors qu’un souffle glacial s’engouffrait dans la pièce, la dresseuse prit délicatement l’oiseau dans ses mains, ferma les yeux et fit circuler de la chaleur dans ses paumes rassurantes. Après quelques secondes, le Nirondelle émit un piaillement, puis agita ses petites ailes, revigoré, puis s’élança au dehors, prêt à repartir à l’assaut de l’impitoyable mistral. Un couinement ramena la Flamenoise à la réalité et, en bougonnant, elle referma la fenêtre, non sans lâcher un soupir de lassitude.


« Vraiment, t’exagères. Trente secondes de vent et tu râles ? T’as pas un peu oublié d’où tu venais, toi ? Allez, pousse-toi deux minutes. Pousse-toi je t’ai dit ! »

Nouveau grognement, et la louve se réfugia au pied du lit, afin de libérer les jambes de son humaine. Cette dernière se redressa sur ses coussins, puis se rapprocha de la seule chose qui la reliait au reste du monde, dans sa convalescence. Sa pupille fut attirée par un étendard bleu et blanc, fièrement dressé près d’un bâtiment militaire, et dont le large tissu claquait, en subissant le courroux de l’Air sans broncher. Quelque chose d’humide toucha la main de Molly, qui ne réagit pas tout de suite, pensant que c’était un nouveau moyen pour Hecate d’avoir son attention, mais le petit cri plaintif lui indiqua que c’était Taka qui réclamait un câlin et, d’un air distrait, elle prit le raton dans ses bras, sans cesser de se perdre dans l’horizon gris-blanc qui annonçait, doucement, l’arrivée de l’hiver. En silence, elle vit le mistral s’intensifier en une atroce bise caractéristique du pays de l’Eau, balayant tout sur son passage, couchant les plantes et les hommes arc-boutés aux murs pour ne pas tomber à la renverse. Elle avait un peu pitié d’eux, mais elle ne pouvait s’empêcher de rire en luttant par la pensée avec le Caninos qui courait sur place pour ne pas être éjecté en arrière, en luttant vaillamment sous les yeux de son dresseur, droit comme un i, qui l’encourageait de toutes ses forces. Peut-être un soldat qui entraînait son Pokémon ? Molly n’aurait su le dire.

Soudain, elle s’aperçut qu’elle claquait des dents et, en grimaçant, s’enfonça un peu plus dans son lit, se détachant de la contemplation de la vie, dehors, qui se battait contre les intempéries et les températures qui, à cette époque de l’année, n’allaient pas s’améliorer, bien au contraire. Alors qu’elle passait une main sur l’épais bandage couvrant sa plaie, elle entendit le « rire » moqueur au bout du lit et dévisagea Hécate d’un air fâché, alors que la louve la fixait, goguenarde, l’air de dire « je te l’avais bien dit, t’avais qu’à pas ouvrir ! ». En boudant, elle remonta les couvertures jusqu’à son menton, serrant un peu plus fort la Zigzaton déjà endormie contre sa poitrine, cherchant chaleur et réconfort dans la petite boule de poils qui la prenait, de son côté, pour sa maman.


« Ouais, bon, ça va hein. Rendors-toi, ça vaudra mieux. »

Docile, mais non moins narquoise, la Grahyena s’exécuta, alors que Molly, fascinée malgré tout par les vents qui se déchaînaient derrière la vitre, retournait s’absorber dans le spectacle. Son esprit s’envola, lentement, comme pour rejoindre la bise hurlante dont elle sentait la colère dans les moindres recoins de sa chambre plutôt mal isolée. En dépit de la douleur, et de son caractère raisonnable, la Meneuse n’avait qu’une envie : quitter cet endroit. Même si cela signifiait se plier aux exigences de l’air frais et sans pitié qui annonçait la venue de l’hiver.


[Post soumis à la contrainte 4 : faire intervenir le climat.]

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