[ Clos ] [ Abandonné ] Confessions (presque) intimes [Peter]

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Message par Yûn le Lun 13 Jan 2014 - 0:17

[Contrainte n°11 : Changer de narrateur]

Le voyage du retour depuis le Pic Glacé avait été plus long que l’aller. Cela était notamment dû à l’extrême fatigue éprouvée par chacun les montures ailées et leur cavalier, après cette mission des plus périlleuses.
Dans tous les cas, la nuit était bien avancée lorsqu’ils atterrirent enfin sur un large balcon du château. Yûn avait les jambes qui tremblaient de fatigue, et elle se demandait comment elle faisait pour arriver encore à marcher. Le moindre de ses muscles la tiraillait, mais, elle ne pouvait pas encore se reposer, elle devait panser la blessure de son compagnon à écailles.
Sa besogne accomplie, la jeune femme accueillit avec soulagement l’autorisation d’aller se coucher. A peine s’allongea-t-elle dans les draps que ses yeux se fermèrent, la plongeant dans un sommeil profond et réparateur.


***


Quelques minutes plus tard, une silhouette aux ailes pendantes quittait la chambre de la Terrosienne, pour s’aventurer dans l’immense demeure silencieuse. Uroko ne parvenait pas à trouver le sommeil, pour une raison qu’il ignorait. Sa nouvelle blessure n’en était pas la cause. Même s’il avait légèrement grogné de douleur au moment où sa partenaire humaine avait appliqué les bandes de tissu sur ses ailes endolories, il sentait que l’onguent dont les bandages étaient imprégnés commençait à le soulager.
Le Dragon meurtri arpenta les couloirs jusqu’à se retrouver dans la pièce faisant office de salon. Un feu bienvenu ronflait dans l’âtre de la cheminée, réchauffant tout le reste du château. Il faisait meilleur ici que dans les corridors gelés. Aussi, l’être mi-homme mi-Drattak s’approcha d’une des hautes fenêtres, s’assit sur le rebord dans une position lui permettant de ne pas prendre appui sur ses membres blessés, le bras posé sur sa jambe repliée, et fixa l’extérieur enveloppé dans un manteau perlé de ses iris noirs.

A mesure qu’il se perdait dans la contemplation de la nuit, une grande lassitude le submergea, s’accentuant en distinguant des silhouettes évoluer avec fluidité dans l’air nocturne. Son cœur se serra même dans sa poitrine, à la vue de cette danse aérienne de ses congénères, à laquelle il avait tant de fois rêvé de participer.
Il y était même parvenu, après avoir libéré ses ailes écarlates de l’armure qui avait un temps emprisonné son corps. Quel délice cela avait été, de parcourir les cieux, de se sentir être le frère du vent, aussi libre que le Zéphyr, de se laisser porter par les courants ! Et en plus, il n’avait pas été le seul à partager ces moments de bonheur. Yûn aussi y avait goûté, avec lui. C’était ce qui l’avait rendu le plus heureux, bien plus que de voir ses efforts récompensés. Pouvoir faire profiter de ce don celle qui avait toujours cru en lui, celle qui l’avait toujours encouragée lorsque les autres passaient devant lui en riant alors qu’il s’écrasait lamentablement au sol après un énième essai.
Seulement…

Seulement, il était loin d’avoir pu être celui qui lui avait fait découvrir le plaisir du vol. La jeune femme à la chevelure de Lune l’avait devancée, chevauchant les compagnons du Champion nalcien. Il avait été déçu de ne pas avoir pu lui faire ce cadeau, mais ne pouvait lui en vouloir. Lui aussi, s’il avait eu l’occasion de s’élever dans les airs avant son évolution, il l’aurait saisie.
Non, cela, il l’acceptait. En revanche, une nouvelle crainte s’était déclarée dans son esprit, suite à cette mission périlleuse. Ses ailes avaient été mises à rude épreuve, ces derniers temps. Et s’il ne parvenait pas à retrouver ses facultés aériennes, qu’il avait acquises à peine quelques mois auparavant ? Il se retrouverait cloué au sol, cette fois-ci pour toujours. Or… Il avait vu à quel point cela avait failli leur coûter cher à tous les deux. A cause de ce handicap, ils avaient manqué de se rompre le cou en dégringolant de la falaise. Ils n’avaient dû leur salut qu’à ses réflexes de créature terrestre.

Et c’était cela qui l’effrayait au plus haut point. Qu’adviendrait-il s’il ne pouvait plus voler ? Il doutait que Yûn l’abandonne, mais… Elle pourrait toujours se tourner vers d’autres êtres, ayant eux l’habilité à se mouvoir dans les cieux. Tandis que lui, même avec cette forme en partie humaine, serait condamné à ne vivre ces trajets merveilleux qu’au travers de sa sphère. Et même s’il chevauchait un pokémon aérien, cela ne serait pas pareil. Il avait goûté au plaisir d’arpenter la voûte avec ses propres ailes, comment pourrait-il se contenter de n’être qu’un simple spectateur ?
Uroko soupira. Pour un peu, il en venait presque à regretter d’avoir accompli son rêve. Au moins, il n’aurait pas eu à subir ce tiraillement d’un désir goûté mais interdit si cela avait été resté un simple idéal inaccessible…

Le Drattak humanoïde tourna brusquement la tête vers l’une des entrées du salon. Il percevait une aura qu’il connaissait bien au travers, et fronça les sourcils en voyant la porte s’ouvrir.


« Qu’est-ce que tu me veux ? Tu ferais pas mieux de dormir au lieu de jouer les vaillants ? » Lança sèchement le Dragon aux ailes vermeilles à l’attention de Peter.

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Re: [ Clos ] [ Abandonné ] Confessions (presque) intimes [Peter]

Message par Peter le Dim 27 Juil 2014 - 10:04

Quand ils rentrèrent de leur mission, Peter et sa jeune élève entreprirent de s’occuper de leurs compagnons blessés, qui avaient été un peu trop sollicités pour ce sauvetage aussi périlleux que difficile. Si Yûn obtint la permission d’aller se coucher sitôt son travail accompli avec Uroko, Peter, lui, ne s’autorisa pas de repos avant d’avoir passé en revue l’intégralité de ses Pokémon. Seul le Léviator aux écailles sanglantes n’eut droit qu’à un rapide examen de routine, n’ayant pas participé à la mission ; pour les autres, ce fut une longue séance de soins et d’application de bandages qui les occupa jusqu’à une heure avancée de la soirée. La Lune était déjà haute dans le ciel lorsqu’enfin, Peter les rappela, laissant seulement la Ptéra regagner son perchoir favori, dans une salle qui lui était réservée, par la force des choses. Alors seulement, l’homme se dirigea vers le salon, afin de s’isoler un peu dans un château pourtant déjà bien déserté en temps normal.

Cependant, il se figea avant d’entrer dans la pièce, sentant l’aura pleine de colère et d’amertume, mais aussi d’appréhension, du Pokémon de Yûn. En esquissant un sourire résigné, le champion pénétra néanmoins dans le salon, pressentant déjà la teneur des mots du Drattak qui, il le savait pertinemment, ne le portait pas spécialement dans son cœur. Et évidemment, le Dragon Master eut droit à une réflexion cinglante qui ne l’étonna même pas. Tandis que son irascible interlocuteur le fixait d’un air plutôt mauvais, Peter se dirigea directement vers un petit coffret en bois posé sur un meuble, avant de l’ouvrir et de répondre calmement :


« Eh bien, Uroko, jusqu’à preuve du contraire, je suis ici chez moi, et j’ai encore le droit, me semble-t-il, d’aller et venir comme je le désire. Je venais simplement me réchauffer un peu et me reposer, mais visiblement, c’est loupé pour ce soir. »

Bien sûr, Peter faisait surtout référence à l’ambiance glaciale qui régnait dans la pièce malgré le feu ronronnant dans la cheminée. Il reprit :

« Et d’ailleurs, je te retourne la question. Qu’est-ce qui t’amène ici ? Avec les onguents appliqués sous tes bandages, tu ne dois pas spécialement être à l’aise, et le repos est la meilleure chose à faire quand on espère guérir au plus vite. »

Oh, évidemment, Peter ne se risquerait pas à suggérer que le graaand et fieeer Uroko avait mal à cause de la pommade qui, le champion le savait, provoquait des piqûres et des sensations de brûlure suffisamment fortes pour déranger jusqu’au puissant Drattak. Pardi, il pourrait le vexer. Mais il était persuadé que, tout comme ses propres Pokémon, l’hybride avait besoin d’une accalmie et d’un sommeil bienvenus. Cependant, il connaissait suffisamment bien le compagnon de la Terrosienne pour ne pas le taquiner à ce sujet, au risque de l’irriter encore davantage.

Peter sortit alors du coffret une sorte de sphère en métal criblée de minuscules trous, dans laquelle il venait de mettre des herbes variées qui provenaient, elles aussi, de la boîte. Attrapant ensuite un récipient assez gros, semblable à une théière, il le remplit d’eau, avant de le pendre à un crochet en métal suspendu à une barre au-dessus de l’âtre. Enfin, d’un pas tranquille, le champion s’assit dans un fauteuil large, sortit un carnet de cuir noir relié, et dont la couverture était frappée d’un 42, puis entreprit d’y griffonner quelque chose d’un air préoccupé.


« Bon... Que me vaut cette animosité, cette fois ? Je t’avoue volontiers que je commence à épuiser mon stock de motifs de colère à mon égard, et que je suis bien disposé à t’écouter pour en savoir plus. »

Il n’y avait aucune malice dans le ton ou dans l’expression du Dragon Master, mais il n’était quand même pas aussi sérieux que lorsqu’il s’entraînait avec ses Dragons. Il était simplement curieux et sincèrement intéressé par ce qui pouvait déclencher une telle mauvaise humeur chez le Drattak, parce qu’il ne possédait pas encore de représentant cette espèce, mais aussi et surtout parce que le caractère de celui de Yûn était suffisamment bien trempé pour qu’il en devienne difficile à comprendre. Oh, bien sûr, Peter ne prétendait pas pouvoir prévoir tous les faits et gestes de ses Pokémon, ni être capable de lire en eux comme dans un livre ouvert. Il n’était pas non plus habité par cette curiosité scientifique parfois malsaine dont faisaient souvent preuve ceux qui consacraient leur vie à l’étude du comportement de ces créatures, quelles qu’elles soient. Non, il voulait simplement en apprendre plus pour que la cohabitation entre Uroko et lui, qui se profilait comme étant plus longue que prévue, se passe pour le mieux. Si Yûn était une élève brillante et assidue, elle ne s’en était pas moins engagée dans une voie qui demandait patience, rigueur et persévérance, ce qui sous-entendait qu’elle aurait probablement besoin de conseils ou de paroles rassurantes pendant encore longtemps. Avec amertume, Peter songea que lui aussi, il aurait ardemment désiré pouvoir discuter avec celui qui avait été son modèle, malgré le flou de ses souvenirs à son sujet. Malheureusement, son père était mort depuis plus de 25 ans (déjà), et les seules conversations qu’il pouvait avoir avec des Dragonniers de haut vol ne s’effectuaient qu’au sein de la Confrérie. Or, il ne voyait ses membres que lors de réunions officielles, ou pendant des périodes de crise, ce qui ne lui laissait que peu de temps, finalement, pour discuter avec ses camarades et parfois amis de longue date.

Après de longues minutes passées à noircir les pages de son carnet, Peter se décida à aller vérifier l’état de l’eau qu’il avait placée au-dessus du feu. Constatant qu’elle avait atteint la température souhaitée, il retira la théière, en souleva le couvercle, plaça la sphère en métal à l’intérieur et la laissa flotter dans le récipient, avant de refermer ce dernier. Après avoir saisi une tasse, il se tourna vers Uroko, pour lui lancer :


« Tu en veux ? »

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