[ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

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[ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Sylver Belister le Dim 26 Jan 2014 - 20:33

Enfin j’arrivai en vue de la petite cité. Cosmo Canyon. Le lieu où les mythiques lions de feu avaient élu refuge… Pour des aventuriers qui avaient parcouru de long en large les monts Efferos, cette ville était un vrai petit paradis où ils pouvaient se détendre loin des menaces extérieures. Encore que toute cité n’est jamais vraiment sûre. Mais je n’étais pas un aventurier, aussi n’éprouvais-je aucune satisfaction à entrer dans cette ville. Seul le dépit avait guidé mes pas jusque-là : en parcourant le Sentier Sinueux, j’avais par chance rapidement retrouvé la trace du Rapasdepic. Enfin d’un Rapasdepic. Rien n’indiquait que c’était ben celui que je recherchais, ni même que le Pokémon de l’assassin en était un. Quand bien même, je fus déçu de constater qu’il appartenait à un gamin qui n’avait même pas atteint ses 15 printemps. Cependant, j’étais tellement épuisé nerveusement après ces 15 jours de vaines recherches que j’allais tout de même lui poser quelques questions sur son Pokémon. Quelles ne furent pas ma surprise et mon excitation quand le jeune homme m’apprit que son Pokémon lui avait été volé un mois auparavant par un homme vêtu de noir qui portait un foulard noir sur la tête. Cet homme, m’apprit mon jeune interlocuteur, il l’avait croisé alors qu’il s’entrainait sur le sentier avec son oiseau. L’homme au foulard lui avait fait une forte impression : c’était le genre d’homme à qui il valait mieux ne pas poser de questions et s’écarter de son passage. D’après le garçon, l’homme était accompagné par un Pokémon que le jeune homme n’avait jamais vu de sa vie. Sans raison apparente, ce Pokémon avait alors lancé une attaque Dard-Venin sur le Rapasdepic et ce dernier avait alors commencé à suivre l’homme mystérieux. Celui-ci s’était alors retourné et d’un seul regard avait dissuadé le jeune garçon de tenter, voire de dire quoi que ce soit. Ainsi Rapsdepic avait-il été enlevé. Il était revenu auprès de son dresseur il y a maintenant une semaine. Le timing correspondait. Cela faisait trois semaines que la tragédie avait eu lieu, donc durant cette période, le volatile était aux ordres de l’hypnotiseur…

Fébrile, je demandai alors au jeune homme s’il pouvait me décrire l’homme et son Pokémon. Mais pour quelque étrange raison, il avait tout oublié du voleur et de la créature qui l’accompagnait mis à part l’attaque lancée par cette dernière, un Dard-Venin, et la couleur des yeux de son maître, qui étaient d’un bleu de glace. Il en allait de même pour son rapace. C’était très mince comme description. Trop mince. D’autant plus que si le voleur se dirigeait vers chez moi la première fois que le garçon l’avait vu, il avait pu disparaître n’importe où. Et il y avait cette attaque Dard-Venin. La logique voulait que le Pokémon de l’homme soit de type poison. Mais il pouvait également s’agir d’un insecte comme Charmillon. Voire d’un Sablaireau… Il y avait beaucoup trop de possibilités… Cette multitude écrasante d’hypothèses fit naître en moi un profond sentiment de désespoir. Je remerciai néanmoins le jeune homme et continuai ma route. Ma meilleure piste venait de partir en fumée. Yuko, qui ne m’avait pas quitté d’une semaine, sentait que quelque chose n’allait pas. Qui était ce Pokémon ? Un Séviper ? Un Dardargnan ? Un Sablaireau ? Un Scorplane ? Un de ces Pokémon exotiques de Tenkeï dont je ne savais presque rien ? Les images de tous ces Pokémon dansaient devant mes yeux, comme si elles me narguaient. Ma tête commença à tourner et avec les vertiges vint un sentiment que je n’avais que trop éprouvé ces derniers temps : la colère. Colère contre cet assassin. Colère contre son Pokémon, qui visiblement était aussi malfaisant que son maître. Colère contre ce jeune homme qui avait été incapable de me fournir le moindre indice exploitable. Mais surtout colère contre moi-même pour avoir été incapable d’empêcher tout cela. Toutes ces idées noires tournaient en boucle dans ma tête, telle une incantation obsédante. Soudain, je perdis connaissance.
Lorsque je revins à moi, la première chose que je vis fut le visage de Yuko, penché sur le mien. Elle semblait extrêmement inquiète. Je me rendis alors compte que j’étais couché sur le dos. Etrange, je ne me rappelai pas être tombé. Troublé, je me relevai et jetai un coup d’œil autour de moi. A ma grande stupéfaction, la roche qui se trouvait autour de moi était à moitié fondue, comme si un Dracaufeu s’était acharné dessus.

Yuko, demandais-je, qu’est-ce que… -puis,retrouvant peu à peu les idées claires-…C’est moi qui… ?

En réponse, la jeune Caninos gémit doucement. Je pris ça pour un « oui ». Impossible. Je venais de carboniser un rocher sans même en avoir conscience. Soudain, je remarquai quelques traces brunes sur le pelage de Yuko. Cette découverte me glaça d’horreur. A tous les coups, elle avait dû essayer de m’arrêter dans ma folie destructrice, n’hésitant pas à se mettre en danger… Heureusement, contrairement à son père, elle disposait de la Torche qui lui avait permis de s’en sortir sans trop de mal. Dire que sans cela, j’aurais pu… Terrorisé par mes propres actes, je pris mon Pokémon dans mes bras et lui demandais pardon pendant de longues minutes, sans pouvoir retenir mes larmes. Prévenante comme à son habitude, Yuko entreprit de me lécher les joues pour me faire comprendre que tout allait bien. Mais pleurer ne me permettrait pas de mieux maîtriser mon feu intérieur. Il ne fallait pas que cela se reproduise. Par chance, cette fois-là j’avais été seul avec Yuko mais si cela me prenait dans un lieu fréquenté… Et tant bien même, je ne pouvais pas prendre le risque de lui faire du mal. Quant à l’homme mystérieux, ma foi, en ce moment, il pouvait être n’importe où sur Erasia. Il avait trop d’avance sur moi pour que je puisse le rattraper. Rien ne prouvait non plus qu’il n’eût pas quitté la région flaminoise après son forfait… D’ailleurs rien ne prouvait que ce soit lui l’assassin. Mais si j’avais décidé de mener à bien cette quête, c’était avant tout pour que justice soit rendue à ma famille, pas pour décimer ses derniers membres ! Je réfléchis un instant à la suite de mon itinéraire. Devant moi se trouvait la ville de Cosmo Canyon, dans laquelle je m’étais déjà rendu une dizaine de fois pour affaire. Elle était célèbre pour abriter les légendaires descendants d’Entei, les lions de feu, qui avaient transmis la maîtrise de leur élément aux hommes. Eux pourraient m’apprendre à maîtriser mon don. Mais au vu de leur nombre déclinant et de leur immense popularité, je ne me faisais aucune illusion sur mes chances d’obtenir une entrevue avec l’un d’eux. En revanche, cette ville devait regorger de maîtres du feu. Avec un peu de chance, l’un d’entre eux pourrait m’apprendre à maîtriser mon élément. Et puis qui sait, peut-être trouverais-je des indices sur l’homme au foulard là-bas ? Plus j’y réfléchissais, plus cela m’apparaissait comme une bonne idée. Ce point de départ en valait bien un autre.

Mais revenons au présent. J’étais donc avec Yuko aux portes du village. Rapidement, je tombai sur la place principale, au centre de laquelle brûlait un immense feu. Mon don m’indiquait que l’énergie qu’il dégageait était gigantesque, mais j’avais du mal à la quantifier précisément, d’une part parce qu’elle était vraiment impressionnante et d’autre part parce que cet exercice était nouveau pour moi. Mais j’avais tout de même fait des progrès en deux semaines : j’arrivais maintenant à ressentir le feu chez les autres maîtres et chez les Pokémon autres que Yuko. Ce n’était pas grand-chose mais cela allait m’aider pour taquer l’assassin. Autour de la place se trouvaient de nombreux marchands qui vendaient un peu de tout : nourriture, boissons, outils de première nécessité, herbes médicinales… mais il y avait surtout beaucoup d’armuriers, qui proposaient sabres et lances à des prix défiant toute concurrence, ainsi que des tatoueurs. Ces artisans étaient réputés dans tout Flamen et même au-delà pour leur savoir-faire. L’un des tatoueurs vantait les mérites de ses créations qui avaient selon ses propres dires le pouvoir de repousser « les malédictions et les mauvais esprits » et je me surpris même à tendre l’oreille aux paroles de ce charlatan. Heureusement, Yuko veillait au grain et d’un gentil coup de tête sur la cheville, m’invita à poursuivre ma route. Comment  faisait-elle pour lire aussi facilement mes émotions ? A vrai dire, je n’en savais rien. Par acquis de conscience, j’observai également les dresseurs présents dans le village. La plupart de ce qui avait leurs Pokémon à leurs côtés étaient entourés par des types feu : des Reptincels, des Chartors, des Chamallots… il y avait également des Pokémon d’autres types mais le seul Pokémon poison que je repérai était un Smogo, qui appartenait à une dresseuse d’âge mûr. Donc aucune chance qu’il soit le mystérieux Pokémon. Après plusieurs heures de vaines recherches, je décidai de laisser tomber pour aujourd’hui et de m’atteler à la maîtrise de mon don. L’exercice était simple : je devais repérer sans me servir de ma vue des Pokémon feu ou des maîtres du feu.

Mon 1er essai me mena jusqu’à un jeune Héricendre qui gambadait auprès de son dresseur. Ma seconde tentative fut un peu plus hasardeuse : ayant repéré une grande source d’énergie flamboyante, je m’en approchais lorsque tout à coup, je sentis que quelque chose me retenait par le bas de la jambe. Ouvrant les yeux, je vis que ma fidèle Yuko m’empêchait de me précipiter dans ce qui s’avérait être le grand feu du village. Autour de moi, les gens me regardaient en souriant. C’est vrai que l’image avait de quoi être cocasse, j’avais été attiré par le feu comme un Papinox par la lumière et j’avais bien failli griller. Heureusement, Yuko m’avait arrêté à temps ! Mais mon honneur s’ne trouvait quand même quelque peu bafoué. Soudain, une idée, qui me parut folle de prime abord, me traversa l’esprit : et si j’apprenais à marcher dans les flammes avec mon don ? Si j’apprenais à mon corps à se régénérer au contact des flammes au lieu de brûler ? Sans compter que cela rachèterait la petite humiliation que je venais de m’infliger, cela me permettrait de protéger Yuko ! De plus, un tel talent me serait sans doute utile pour vaincre l’homme que je traquais ! Revigoré par ce nouveau plan d’action, je ris moi-même de ma propre mésaventure. Mieux valait sauver les apparences et rester beau joueur ! Rassurés sur ma santé mentale, les gens, après un dernier regard, se détournèrent bientôt de moi, revenant à leurs conversations.

Soudain, mon don m’informa de la présence d’un Pokémon feu que je n’avais pas encore senti. Il s’agissait d’un petit Magby que je n’avais pas remarqué. A quelques pas derrière lui j’aperçus une jeune fille d’une vingtaine d’année qui semblait être sa dresseuse. Yuko les aperçut aussi et sans prévenir, comme cela lui arrivait parfois, elle courut à la rencontre du petit Pokémon en aboyant gaîment. Après tout, elle avait peut-être raison ! Il était temps de faire une pause. Mais pas question de la quitter des yeux. Aussi, je suivis ma jeune Caninos pour aller saluer la jeune fille comme il se devait.


Dernière édition par Sylver Belister le Mer 29 Jan 2014 - 0:08, édité 1 fois
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Prayasi Gunaguna le Mar 28 Jan 2014 - 22:46

« Pfuhuhu… J’en ai maaaarre… »

Cette plainte digne d’un enfant ne venait pourtant pas d’un être en bas âge. Non, c’était une jeune femme fort bien développée qui en était à l’origine.

Cela faisait plusieurs années, maintenant, que Prayasi avait quitté son orphelinat de Tarouga, avec comme objectif de retrouver son sauveur. Elle avait parcouru tout Flamen sans relâche, en long en large et en travers… Sans parvenir à trouver le moindre indice, la moindre rumeur à propos de son Prince Charmant.
En même temps, si elle y avait réfléchi à deux fois avant de prendre cette décision ridicule, elle se serait rendue compte qu’elle était en train de chercher une aiguille dans une grange remplie de bottes de foin. En effet, Prayasi ne possédait que peu d’informations : elle savait que l’homme était grand, vêtu d’un ample manteau lui dissimulant le corps, possédait une Rattata et se nommait Illumino. Néanmoins, tout cela ne valait pas grand-chose, à présent… Après tout, l’événement qui l’avait tant marquée, cette nuit particulière, s’était déroulé presque dix ans auparavant. De ce fait, il était possible qu’elle ait déformé les choses, de son regard d’enfant : ce géant avait pu n’être qu’un homme de taille normale, finalement. Et puis, avec ce manteau, elle n’avait même pas pu voir son visage ou sa silhouette. Comment, de ce fait, pourrait-elle le reconnaître, même si elle passait juste à côté de lui ? Il était accompagné d’un rongeur mauve… Mais il était tout à fait possible que la créature soit morte à l’heure qu’il est, ou qu’il s’en soit séparée pour quelque raison.
En fait, la seule piste sérieuse qu’elle ait vraiment, c’était son nom. Illumino. Un nom inhabituel, donc elle pouvait être certaine, ou presque, qu’il s’agissait de lui si elle l’entendait. Et pourtant, cela n’était pas arrivé une seule fois depuis six ans qu’elle avait entamé son périple.

Finalement, la jeune femme à la chevelure de ciel s’était retrouvée à Cosmo Canyon, la plus grande ville de la chaîne montagneuse du pays du Feu. Elle revenait sur ses pas, chez elle. Non pas qu’elle abandonnait son but. Non, non. Elle prévoyait de prendre un bateau pour aller voir à Terros s’il y était. La gamine adulte avait au moins compris ça, même si cela lui avait demandé du temps…
En attendant, Prayasi s’était affalée à une table de la taverne, la tête posée sur la table en faisant une moue boudeuse. Assis par terre, à côté d’elle, son caneton ardent levait les yeux au ciel, habitué aux déblatérations de sa dresseuse, mas pas moins exaspéré pour autant.


« Pourquoi j’y arrive pas… Bougonnait-elle. Chuis allée partout, pourtant… »

A ce moment-là, une serveuse s’approcha. Elle avait les sourcils froncés et lui dit d’une voix sèche que, si elle ne prenait rien, qu’elle sorte parce que d’autres clients attendaient. La mine boudeuse de Prayasi s’accentua encore plus, mais elle finit par demander un grand bol de Lait d’Ecremeuh parfumé aux baies Abriko, et des morceaux de charbon de bois pour son Magby. La femme repartit… Non sans que la Flamenoise laisse ses doigts agiles subtiliser quelques pièces dans sa poche ouverte. Ce qui lui valut un couinement de reproche de la part de son compagnon à plumes.

« Quoi ? Pourquoi t’es pas content ? » Rétorqua la jeune femme.

Mais avant que le caneton ait pu ajouter quoi que ce soit, leurs commandes étaient déjà arrivées. La serveuse les déposa assez brutalement sur la table, avant de demander son dû. Ce que Prayasi lui régla rapidement, en lui rendant son larcin. Et tandis que l’employée s’éloignait, Kôyalâ se frappa le front du plat de sa main.


« Roh, mais pourquoi tu fais ça. J’lui ai rendu, t’as bien vu. »

Elle déposa l’assiette d’aliments carbonisés au sol. Le Magby poussa un soupir légèrement embrasé, avant de piocher dans le charbon. Prayasi, elle, descendit le bol de lait crémeux en moins d’une minute, se léchant ensuite les babines pour essuyer ses moustaches laiteuses. Puis, le duo quitta l’établissement, non sans soulagement pour la serveuse.

Les rues du Village Cosmo étaient pleines de monde, mais globalement, il y avait beaucoup moins d’agitation qu’à Tarouga. Pareil pour les étalages des marchands, les marchandises étaient loin de valoir celles qu’elle avait vues dans sa ville natale ou à la capitale, quand elle y était restée quelques jours. Elle poursuivit cependant sa promenade. Après tout, il pouvait toujours y avoir une babiole qui lui plairait et qu’elle
emprunterait au vendeur.
Soudain, un aboiement à ses pieds lui fit baisser le regard… Qui se remplit aussitôt d’étoiles. Le Magby leva les yeux au ciel. Et c’était reparti…


« Waaaah !! S’écria la gamine adulte. Il est trooooooop miiiignoooooon !!! »

La Flamenoise tenta aussitôt de prendre le chiot dans ses bras, pour le serrer fort contre elle. Après tout, ça faisait un peu comme une peluche vivante ! Et puis, Kôyalâ, lui, il se laissait plus faire comme ça. Et pour cause, son compagnon était son exact opposé : s’il n’avait pas grandi physiquement, il était bien plus mature que sa dresseuse, quoi qu’elle puisse en penser –autrement dit : pas grand-chose, elle n’avait même pas dû se poser la question.
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Sylver Belister le Mer 29 Jan 2014 - 15:46

C’est dans de telles situations que je réalisais à quel point Yuko était un être indépendant et unique : malgré tout l’amour que j’avais pour elle, la plupart du temps, je l’identifiais inconsciemment à mon cher compagnon disparu. Il est vrai que le père et la fille avaient beaucoup de traits de personnalité en commun, inhérents au fait qu’ils étaient de la même espèce et plus que tout de la même lignée : un courage sans faille, une grande intelligence et un attachement profond à ma famille, dont ils faisaient partie. Pourtant, force m’était de reconnaître que Yuko n’était pas Estribille et ne le serait jamais. En effet, mon Arcanin avait toujours été assez réservé avec les inconnus. Il n’était pas farouche avec eux, bien au contraire, mais il prenait toujours un temps pour étudier les nouveaux visages avant d’éventuellement aller faire connaissance avec eux. Yuko avait une nature bien plus spontanée et joueuse que son géniteur ne possédait pas, même lorsqu’il n’était qu’un chiot. Aussi la réaction de la petite Caninos fut fidèle à sa nature : sautant dans les bras de la jeune fille qui cherchait à l’attraper, elle posa ses pattes avant sur son opulente poitrine et commença à lui lécher vigoureusement le visage.

Cette démonstration de joie déclencha en moi des sentiments opposés : je n’étais nullement jaloux que Yuko s’amuse avec un autre que moi. J’étais un peu vieux pour ce genre de débordements. Cette pensée fit naître un sentiment de lassitude. Il fallait ABSOLUMENT que j’arrête de m’apitoyer sur mon âge ! En revanche, j’étais à la fois terriblement confus par l’attitude ô combien osée de Yuko et amusé par ce spectacle. Il est vrai que je n’avais guère eu d’occasions de rire, ces derniers temps… Et puis, Yuko, comme la plupart des Caninos, avait un bon flair pour déceler la vraie nature des gens. C’est d’ailleurs pour cela que ses congénères étaient souvent utilisés par la police. Le fait de savoir que ma Caninos appréciait assez cette jeune fille, qu’elle n’avait jamais vue, pour vouloir jouer avec me rassura sur le compte de l’inconnue aux cheveux azurs.

Alors que je m’approchais d’elle je distinguai de mieux en mieux ses traits : elle était grande, presque aussi grande que moi et avait d’immenses yeux flamboyants écarquillés. Sa tenue, de bonne facture, n’avait cependant rien de remarquable, si ce n‘était le joyau couleur feu qu’elle portait à la poitrine et la gavroche qu’un ruban retenait sur sa tête. Ce détail me fit tiquer car ce couvre-chef n’était plus à la mode depuis quelques années. Les femmes qui en portaient étaient de plus en plus rares. De plus, cet accessoire plissé s‘accordait comiquement avec le crane boursoufflé de son petit Pokémon. En revanche, je dus faire appel à toute mon éducation pour ne pas laisser trainer mon regard plus longtemps que nécessaire sur ses appas forts avantageux. Mais le détail le plus intriguant chez cette jeune personne était sans conteste la lueur qu’il me semblait voir briller dans ses yeux. Peut-être me faisais-je des idées mais Yuko avait le même regard lorsqu’elle voulait jouer avec moi. C’était un regard débordant d’énergie et de joie, un regard qui promettait quelques souvenirs mémorables et qui annonçait de bons moments… Ou bien cette jeune fille était passionnée par les Pokémon, ou bien elle avait gardé son âme d’enfant. En tout cas, son petit manège n’attirait pas l’attention : il y avait trop de bruit et d’animation aux alentours pour cela.

Mais quelqu’un avait remarqué le spectacle de Yuko : le petit Magby, dont le regard tourné vers les cieux  montrait bien ce qu’il pensait de l’attitude de sa dresseuse. Enfin, en apparence tout du moins. Il était curieux qu’un si jeune Pokémon puisse porter un regard aussi lucide, presque blasé, sur les agissements de sa dresseuse, qui semblait avoir une petite vingtaine d’année. Mais peut-être le Magby était-il moins jeune qu’il en avait l’air…

Devant une telle situation, je retins un sourire. Pas question d’indisposer la jeune fille en lui laissant penser que je me moquais d’elle, et ce, même si elle semblait à l’heure actuelle, trop occupée pour s’en rendre compte. Mais m’avait-elle seulement remarqué ? Difficile à dire. Arrivé à dix pas de la scène, je décidai de me présenter :

Allons Yuko ! Doucement ! Cesse d’importuner cette jeune fille !

Puis, reportant toute mon attention sur cette dernière :

Je vous prie de l’excuser, mademoiselle, si elle vous a importuné, mais elle est encore un peu jeune et est en perpétuelle recherche de camarades de jeu. Mais je manque à tous mes devoirs. Permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Kiplinger, Sylver Kiplinger, conteur itinérant, pour vous servir !

Tandis que Yuko sautait à mes pieds, j’accompagnai mon introduction d’une légère inclinaison du buste, non sans avoir ôté mon chapeau selon le geste consacré.
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Prayasi Gunaguna le Mer 29 Jan 2014 - 22:43

Voir le chiot apprécier de se faire ainsi cajoler ne pouvait pas faire davantage plaisir à Prayasi. La jeune femme se mit à rire lorsque la petite Caninos entreprit de lui lécher le visage, sa queue frétillante montrant bien qu’elle aussi était heureuse d’avoir trouvé une partenaire de jeu.

« Ha ha ha ! Arrête! Tu me châtouilles !  » S’écria la gamine adulte, quand la truffe humide de Yuko commença à s’aventurer dans son cou.

De son côté, le caneton ardent haussa les épaules. Bon, puisque ça l’amusait et que ça ne semblait pas déranger sa dresseuse outre mesure…
En revanche, lorsqu’il la vit se tourner vers lui, avec le regard qu’il lui connaissait quand elle était sur le point de faire un caprice, il croisa les bras en tapotant le sol de son pied.


« Dis, dis dis, Kôyalâ! On peut le garder ? J’en prendrai soin et tout ! »

Le Magby haussa un sourcil, mécontent. Mouais, le prendre soin, c’était pas vraiment ça… Lui-même avait dû plus d’une fois se charger de trouver à manger ou un abri lorsqu’ils étaient sur les routes, lorsque la Flamenoise s’était montrée démotivée dans sa quête ou trop fatiguée. Heureusement qu’il n’avait pas été un pokémon en bas âge quand ils étaient partis de Tarouga à la recherche de la mystérieuse personne qui l’obsédait tant ! D’ailleurs, Kôyalâ commençait sérieusement à douter de son existence. Ca pouvait très bien être un truc sorti de l’imagination de Prayasi, elle en aurait été capable. Cela signifierait donc qu’ils poursuivaient un fantôme depuis le début…

Néanmoins, une voix forte à l’attention du chiot devança la créature enflammée, l’empêchant de sermonner la gamine adulte. Cette dernière fit la moue en voyant que la peluche vivante avait sauté de ses bras pour retourner auprès de celui qui s’avérait être son maître. Pff, c’était déjà fini ? Alors qu’ils avaient même pas commencé à vraiment jouer…
Prayasi se releva alors que l’homme se présentait à elle. Il avait fière allure, même si ses vêtements étaient des plus simples. Nul doute qu’il devait être bien plus cultivé qu’elle, tant en termes d’expérience (difficile de ne pas passer à côté de ses cheveux blancs ainsi que de ses traits tirés et des rides de son visage) et de la dignité qui émanait de sa personne. La jeune femme n’avait pas souvent vu des personnes comme lui, ou alors uniquement dans les rues des villes flamenoises les plus importantes. Pas à Tarouga, en tout cas, ça elle en était certaine.


« Mais moi, je voulais bien jouer ! » Protesta-t-elle à la manière d’une enfant.

Son Magby tira alors sur sa robe, en lui désignant son interlocuteur du regard. La Flamenoise le considéra, interloquée, et il fallut que Kôyalâ aille jusqu’à mimer pour qu’elle comprenne ce qu’il voulait dire.


« Ah oui, euh… J’m’appelle Prayasi Gunaguna, M’sieur Kiplinger ! Et lui, c’est Kôyalâ. On est à la recherche de quelqu’un, mais j’ai toujours pas d’idée d’où c’est qu’il pourrait être… »

Prayasi poussa un profond soupir de découragement. Puis, elle reprit :

« Au fait, M’sieur Kiplinger, c’est quoi un conteur itinérant ? »
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Sylver Belister le Jeu 30 Jan 2014 - 19:10

Avais-je été surpris par la réaction de la jeune fille ? Pas vraiment. Ainsi elle ne m’avait effectivement pas remarqué jusqu’à ce que je m’introduisisse, au contraire de son Pokémon. Ce qui était étonnant en revanche, c’est que celui-ci venait de la rappeler à l’ordre sous mes yeux afin qu’elle se présentât. C’était donc bien lui qui menait leur petit duo, aussi étrange que cela pût paraître. Au moins, elle n’avait pas eu l’air indisposée par le manège de Yuko, au contraire ! C’était déjà ça. Sa réaction était d’ailleurs digne de celle d’une petite fille. Par certains côtés, elle me faisait penser à Ollia lors de son arrivée au domaine, il y a si longtemps. Ou encore à Yuko. Oui, son comportement était bien celui d’une fillette d’une dizaine d’années, malgré son corps d’adulte. Mais immature ou pas, elle n’en restait pas moins une demoiselle, qui m’avait posé une question de surcroît, aussi je me devais d’y répondre prestement :

Un conteur itinérant, mademoiselle, est une personne qui va de ville en ville et de village en village en racontant des récits du passé à ceux qui sont intéressés. En échange de ce service, on lui fournit le gîte et le couvert pour la nuit, tandis qu’il s’en repart le lendemain matin pour de nouvelles contrées.

Les yeux de mon interlocutrice me paraissaient déborder de curiosité mais j’y lus aussi un autre sentiment. De la peur ? Non, pas vraiment. Elle ne semblait pas intimidée mais plutôt… impressionnée ? Cette réflexion me surprit : en tant que Sylver Belister, seigneur et maître du domaine et de la famille Belister-pour ce qu’il en restait- j’avais presque toujours impressionné mes interlocuteurs. Mais jusqu’ici, j’avais toujours mis cela sur le compte ma richesse, de mon rang, ou de ma réussite dans les affaires. Lors de mes rares poussées d’orgueil, je m’imaginais même qu’ils étaient attirés par mon habileté dans le domaine du négoce. A moins, aussi improbable cela fût-il, qu’elle était attirée par ma personne physiquement parlant ? Sottises ! J’étais beaucoup trop vieux pour elle. Et puis, vu sa beauté, elle devait avoir, ou aurait bientôt si tel n’était pas encore le cas, un parterre de prétendants et ce malgré son caractère-à moins que ce ne fût grâce à lui, qui sait ? Du reste, je n’avais pratiquement jamais eu de retour sur ma physionomie. Rares étaient les femmes à m’avoir parlé de mon physique : Ollia m’avait confiée un jour, alors que nous étions enfant, que j’étais le 2e sur sa liste des garçons les plus beaux qu’elle connaissait, juste derrière Kern. Mais étant donné que cet épisode s’était produit après l’incident avec le Typhlosion, je n’avais déjà plus d’attirance pour elle, aussi avais-je pris cette déclaration pour ce qu’elle était : le compliment d’une enfant. Je l’avais bien sûr remerciée mais n’y avais pas accordé plus d’importance que cela. Ma très chère épouse-cette pensée me serra le cœur- n’avait jamais réellement vanté mon physique. Pour elle, j’étais juste « parfait » à ce niveau-là. De toute manière, elle avait toujours été plus attirée par mon caractère, et le caractère des gens en général, que par mon physique. Et puis il y avait Yuu, bien sûr. Abstraction faite de notre amourette de jeunesse, où ses compliments avaient été beaucoup plus… osés,  elle m’avait toujours dit que j’étais l’un des plus beaux hommes qu’elle eût jamais rencontrés. Et c’était tout.
La plupart des autres femmes, notamment les fillettes du domaine avaient toujours su qu’il existait entre elles et moi une barrière invisible et infranchissable due à la naissance, et aucune ne s’était aventurée à me faire des compliments. Bien sûr, au cours de ma vie, j’avais souvent complimenté les épouses des hommes avec qui je commerçais, parfois sincèrement et parfois non. Mais les seules femmes de ma vie étaient Yuu et ma regrettée Elda. Sans oublier Yuko, évidemment ! De toute manière, j’étais bien trop âgé pour elle. Et puis, il y avait des chances pour que la fameuse personne qu’elle avait dit rechercher soit justement son amoureux. A moins qu’il ne s’agît d’un membre de sa famille ?

Quoi qu’il en soit, rencontrer une femme sincèrement impressionnée par Sylver Kiplinger, le conteur de grands chemins m’avait profondément surpris. Peut-être était-ce tout simplement ma personne dans son ensemble qui l’avait marquée ? Ou mon âge ? A moins que ce ne fut mon charisme, à supposer que j’en eusse ? Ou peut-être avais-je simplement laissé courir un peu trop mon imagination lorsque j’avais capté son regard ? Ou bien mon métier d’emprunt l’avait-il intéressée ? Et dire que je l’avais choisi justement pour être plus discret ! Certes, il existait quantité de métiers plus banals que conteur mais ce dernier avait l’avantage de me permettre d’enquêter un peu partout sans que les gens ne posent trop de questions. Et puis, force nobles issus de familles modestes choisissaient de faire carrière en tant que trouvères ou conteurs dans les grandes cours du royaume. Bien sûr, tout comme ma quête actuelle, leur but était également intéressé : à déclamer leurs vers dans de grands manoirs, ils y gagnaient des appuis qui leur permettraient peut-être d’exercer à terme une activité plus en accord avec leur statut seigneurial. Pour mon père, la plupart de ces individus n’étaient que des bons à rien : ils auraient dû être capables de bâtir honnêtement leur propre réputation au lieu de profiter de leur naissance pour aller resquiller dans les châteaux des plus puissants qu’eux !
Reste que pour moi, cette couverture était parfaite car elle pouvait expliquer la provenance de mes connaissances et ma diction, deux choses que je devais à ma naissance et que mon accoutrement n’arrivait pas à cacher, comme l’avait justement remarqué Prayasi. Mais un autre détail m’avait frappé dans son discours :

Excusez-moi par avance si je vous importune avec cela, mademoiselle, mais vous venez de dire que vous étiez à la recherche de quelqu’un. Puis-je me proposer pour vous offrir mon aide dans votre quête ? A moins que vous ne souhaitiez que je vous raconte d’abord l’une de mes histoires ?

Je pris le soin, en prononçant ces paroles, d’adoucir ma voix, et terminai ma réplique par un sourire. Mais avant que la demoiselle ait pu faire son choix, un jappement me répondit. Yuko avait très bien compris ce que je venais de dire et dans les deux cas, elle savait parfaitement que la discussion allait encore durer un moment. A vrai dire, elle n’attendait qu’un simple assentiment de ma part pour agir. Elle avait bien vu que j’avais quelque peu désapprouvé sa dernière initiative. Devinant ce qu’elle comptait faire, je lui signifiai mon accord d’un signe de tête. Aussitôt, ma jeune Caninos se précipita aux pieds de Prayasi, où elle se blottit dans l’attente de recevoir son dû : une montagne de caresses !


Dernière édition par Sylver Belister le Jeu 6 Fév 2014 - 11:32, édité 2 fois
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Prayasi Gunaguna le Dim 2 Fév 2014 - 12:37

Les yeux de Prayasi s’illuminèrent lorsqu’elle entendit les explications du vieil homme concernant son métier. Plus encore qu’avant, elle donnait l’impression d’être une vraie petite fille.

« Wah ! Ça veut dire que tu racontes des histoires ? J’adore les histoires ! Tu voudrais pas m’en raconter une ? On peut même aller boire un truc, s’tu veux je paye ! »

La gamine adulte était toute excitée à l’idée d’entendre un conte. A l’orphelinat, la directrice leur faisait parfois leur racontait parfois des légendes. C’était souvent les mêmes qui revenaient, mais les enfants étaient toujours accrochés à ses lèvres, buvant ses paroles, frémissant de peur quand le héros était menacé, criant des hourras ! lorsqu’il parvenait au bout de sa quête.
Mais, depuis qu’elle était sur les routes, tout cela n’était plus arrivé à la Flamenoise. Et, maintenant qu’elle y repensait, ça lui manquait beaucoup. Son âme d’enfant s’était encore plus éveillée que d’habitude, et il n’y avait pas à douter qu’elle ferait un caprice à Sylver, et ce même en plein public, s’il venait à refuser d’accéder à sa requête. Ayant compris cela, le caneton ardent poussa un soupir d’exaspération, levant une nouvelle fois les yeux au ciel. Et voilà, elle allait encore embêter quelqu’un pour satisfaire ses désirs puérils. Elle ne grandirait donc jamais, psychologiquement parlant ?

En revanche, le visage de Prayasi perdit de son enthousiasme lorsque son interlocuteur évoqua sa quête. En soupirant, elle lui répondit.


« Je cherche quelqu’un que j’ai rencontré y’a pas mal de temps. Même qu’il m’a sauvé, alors que j’allais y rester. C’pour ça qu’avec Kôyalâ, on a parcouru tout Flamen pour essayer de le retrouver. Mais, impossible d’avoir le moindre indice, c’comme s’il avait disparu… »

La gamine adulte releva la tête, posant son regard embrasé plein d’espoir sur le vieil homme.

« P’têt que tu l’as déjà vu ou rencontré ? Il s’appelle Illumino, il est très grand, et il a un Rattata. Même qu’il portait un grand manteau qui lui cachait tout le corps. »

Le Magby leva encore une fois les yeux au ciel. C’était la description qu’elle donnait à chaque fois de cet Illumino, si tant est qu’il existait réellement. Quand est-ce qu’elle comprendrait qu’elle ne risquait pas d’avoir des informations, des renseignements utiles avec un portrait aussi vague ? Pas étonnant qu’ils n’aient rien eu jusqu’à présent. Enfin, peut-être qu’en revenant à Tarouga, si elle repassait à l’orphelinat, cette idée stupide de se lancer à la recherche de quelqu’un dont on ignorait tout allait lui passer… Mouais, Kôyalâ n’y comptait qu’à moitié.

Le petit chiot se précipita alors jusqu’à Prayasi, la queue toute frétillante, lui tournant autour en poussant quelques aboiements joyeux. Visiblement, son maître était d’accord pour la laisser jouer avec la jeune femme à la chevelure d’azur. Elles n’allaient pas s’en priver !
En riant, la gamine adulte se baissa pour commencer à caresser le chiot de feu. Yuko se laissa faire, quémandant toujours plus, avant de se jeter dans les bras de la Flamenoise. Certains passants regardèrent le spectacle d’un œil curieux, d’autres d’un air condescendant. Quand même, à son âge, agir comme une enfant, qui plus est en plein public !
Mais de tout cela, Prayasi ne voyait rien. Tout ce qui lui importait, pour le moment, c’étaient ses jeux avec Yuko.
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Sylver Belister le Mer 5 Fév 2014 - 16:44

[Désolé pour l'attente, mais il m'a fallu pas mal de temps pour parvenir à une fin satisfaisante pour le conte!]

Illumino… Ce nom ne me disait absolument rien. Un homme grand avec un Rattata. Il pouvait y avoir des centaines de personnes correspondant à cette description. Une chose était sûre cependant, il ne devait pas y avoir beaucoup de personnes portant ce patronyme-ou ce surnom ?- dans tout Erasia. Et pourtant… Hélas, il me fallait annoncer la mauvaise nouvelle à la jeune fille :

Malheureusement, j’ai bien peur de ne pas pouvoir vous renseigner sur l’homme que vous recherchez. Je ne l’ai jamais croisé lors de mes précédents voyages. Cependant, si d’aventure j’apprends quoi que ce soit à son sujet, je ne manquerai pas de vous le faire savoir. En revanche, j’accepte avec plaisir votre invitation, toutefois, je refuse catégoriquement que vous déboursiez une seule pièce. Laissez-moi donc le soin de régler ces trivialités. Si vous le permettez, je me charge de nous trouver un établissement convenable. Il se trouve que je connais biens certaines adresses de cette ville. A moins bien sûr, que vous n’ayez un lieu précis en tête ? Une fois là-bas, je me ferai une joie de vous conter une de mes histoires.

Ma réponse parut avoir l’effet escompté sur Prayasi, à savoir détourner son attention de sa dernière question. En revanche, certains ne se laissèrent pas abuser : Yuko arrêta pendant quelques secondes ses jeux avec la jeune fille pour me regarder avec son regard inquiet qu’elle me lançait lorsqu’elle sentait que j’étais mal à l’aise. Ce nom me disait en effet vaguement quelque chose. Je l’avais déjà entendu l’année dernière. Toutefois, ma capricieuse mémoire ne se rappelait ni où j’avais entendu ce nom, ni à quel sujet. Je n’avais rien de tangible à révéler à mon interlocutrice, aussi valait-il mieux que je me taise afin de ne pas lui donner de faux espoirs. Mais Yuko ne fut pas la seule à ne pas être dupe : Kôyalâ me regardait avec un drôle d’air. Avait-il lui aussi senti mon trouble ?? Mais comment était-ce possible ? Il ne me connaissait que depuis quelques minutes ! Soudain, je le ressentis. Sous l’effet de mon hésitation, le feu intérieur qui brulait en moi venait de vaciller. C’était presque imperceptible et il me fallait me concentrer dessus pour m’en rendre compte, ce que je venais de faire par réflexe. Alors c’était comme cela que Yuko faisait pour anticiper mes sauts d’humeur. Le regard que me rendit le petit Magby correspondait parfaitement à mes propres préoccupations : quoi que je lui disse, je ne devais en aucun cas la mettre en danger.

Je dus faire un effort pour chasser ce nom de ma tête. Afin de tourner la barque mon esprit vers des eaux plus calmes, je me mis à réfléchir aux bonnes enseignes que je connaissais dans cette ville. Il existait à Cosmo Canyon, et dans tout Erasia d’ailleurs, trois types d’auberges et de bars. Les premières étaient faites uniquement pour la haute société, comme en témoignaient les consommations ridiculement onéreuses aux noms souvent pompeux qui y étaient servies. Il s’agissait autant de lieux de détente pour nobles que de lieux de paraître, des sortes de salons, de cours « neutres », qui n’étaient pas soumises à la loi d’un seigneur en particulier. Ces « maisons de bonnes familles » étaient en quelque sorte l’équivalent d’un théâtre diurne : officiellement, on y allait pour assister à un divertissement et officieusement, on y prenait soi-même part. Mais je dois bien avouer que l’hypocrisie et la médiocrité qui y régnaient m’avaient souvent retourné le cœur. A l'extrême opposé, il existait des établissements qui étaient de véritables zones de non-droit. Ces  auberges étaient plus des bases retranchées contrôlés par les pires bandits de tout Erasia que des lieux de détente. Ces établissements étaient surtout fréquentés par ceux qui avaient quelque crime à cacher, voire par ceux qui voulaient se cacher. Je ne m'étais rendu qu'une seule fois dans une auberge de la sorte, contraint et forcé, alors que j'étais sous la menace de l'arme d'un Hunter. Heureusement, l'homme n'avait pas de Pokémon avec lui et Estribille m'avait retrouvé et tiré de ce mauvais pas. Enfin, entre les deux, il existait des auberges de gamme moyenne, communément appelées « auberges des marchands », justement parce qu’elles étaient utilisées par cette profession pour conclure des affaires. Elles pratiquaient des prix corrects- il est certes difficile de tromper des clients qui font le même métier que vous- et plus important encore, possédaient de petits boxs isolés qui permettaient en temps normal de mener discrètement ses affaires avec un partenaire. Dans le cas présent, ils me permettraient de raconter tranquillement mon histoire à Prayasi sans attirer l’attention. Pour l’instant en effet, il ne semblait pas opportun que l’on s’intéressât à moi.

Quant à l’histoire que j'allais lui raconter… Ma foi, je n’étais pas vraiment un conteur professionnel mais entre les histoires que j’avais entendues étant enfant puis ensuite en parcourant Erasia, et les leçons sur la mythologie de mon précepteur, j’avais matière à construire un récit. Et puis, j’avais parfois dû inventer certaines histoires pour conclure une affaire, aussi étais-je plutôt confiant sur mes aptitudes à jouer la comédie… à tort peut-être ?

Finalement, nous nous mîmes en route vers l’auberge que nous avions choisie. Je demandai une salle privée et au vu de la quantité de piécettes que j’alignai en guise de pourboire pour le serveur, il nous en obtint une dans la minute sans le moindre problème. Là, je laissai Prayasi commander ce qu’elle désirait, mais précisais bien en aparté à notre serveur que je serais seul à régler l’addition. C’était là le seul point sur lequel je resterai toujours inflexible ! Pas question qu’une femme paie quoi que ce soit si elle était avec moi !
N’ayant pas très faim, je commandais simplement une bonne pinte de bière que je bus lentement, comme l’exigeait l’étiquette, tandis que je regardais du coin de l’œil Prayasi attaquer sa commande. Certes, elle manquait d’éducation mais comme l’indiquait les petites scènes que Kôyalâ lui avait fait jusque-là, les bonnes manières ne lui étaient pas inconnues. Simplement, elle ne voyait pas l’intérêt de les appliquer. Cette négligence risquait de lui jouer de vilains tours... Enfin, pas tant que le petit Magby veillerait sur elle. Et vu qu’ils ne semblaient pas résolus à se quitter de sitôt…
Alors que je cherchais l’inspiration pour mon récit, mon regard croisa celui de la jeune fille et un léger détail attira mon attention : avec la disposition des bougies de la pièce, un de ses yeux semblait briller plus que l’autre, ce qui fait qu’ils ne renvoyaient pas tout à fait la même couleur. Presque mais pas exactement… Cela me rappela une vieille histoire que j’avais entendue de la bouche d’un des domestiques lorsque j’étais enfant.

Vos yeux brillent d’un éclat flamboyant magnifique, commençais-je, et bien que chacun soit unique, ils sont aussi beaux l’un que l’autre, tels les deux phénix… Connaissez-vous leur légende, mademoiselle ? Elle commence il y a fort longtemps sur Erasia, alors que les hommes ne l’arpentaient pas encore. Arceus, dans son infinie sagesse, décida de faire émerger cette terre du chaos. Mais à son apparition, il se trouve que des créatures l’arpentaient déjà. Elles n’étaient ni homme, ni animal et encore moins Pokémon. C’étaient des créatures plus sombres que la mort elle-même et qui n’avaient pour seul dessein que de semer la destruction, sans que nul ne comprit pourquoi. Personne ne sait si elles avaient été créées par Arceus lui-même, volontairement ou non, ou si elles habitaient déjà cette terre avant que le divin Pokémon ne décidât de la faire sortir de l’oubli. Arceus aurait pu s’occuper du désagrément qu’elles représentaient sans aucun problème mais il était bien trop puissant : Erasia n’aurait pas survécu à son combat. Aussi décida-t-il de se retirer, en laissant toutefois sur ce monde ses deux créations : les hommes et les Pokémon. Toutefois, les deux groupes étaient encore bien trop faibles pour survivre dans cet environnement hostile. Pour en faciliter la défense, avant son départ, Arceus décida de scinder le monde en quatre parties équitablement réparties. Chacune d’entre elles comptaient une tribu humaine, des Pokémon et surtout un Pokémon gardien. Ce sont ces gardiens qui ont combattu les créatures des ténèbres et qui ont façonné le monde pour qu’il soit tel qu’il est aujourd’hui. Ils avaient pour nom Kyogre, fondateur de Mizuhan, Groudon, fondateur de Terros, Lugia, fondateur de Nalcia et enfin Ho-Oh, fondateur de Flamen. Les plus anciennes légendes racontent qu’il aurait vaincu les dernières forces des ténèbres en Flamen lors d’une immense bataille qui se déroula au sommet des monts Efferos. L’armée flaminoise, avec ses Pokémon, était sur le point d’être mise en déroute. Le plus gros de ses forces était déjà tombé au combat. Privé de son fondateur, parti guerroyer sur d’autres fronts, l’armée humaine se faisait décimer. Voyant que la fin était proche, le premier roi de Flamen, qui menait l’assaut en personne, se mit à implorer l’aide du phénix. C’est alors que suite à ses prières, le ciel s’ouvrit en deux et un Arc en Ciel en descendit. Au-dessus de celui-ci se trouvait l’oiseau divin. Voyant ce que la Ténèbre avait fait de son peuple, l’oiseau déchaîna sa fureur toute puissante sur ses ennemis. Son Feu sacré tout-puissant anéanti instantanément l’obscurité. Reconnaissant, les hommes lui érigèrent un temple sur le lieu même de la bataille décisive, dans lequel il décida de se reposer pour recouvrer ses forces. Néanmoins, la totalité des créatures du chaos n’avait pas disparu : il restait encore des poches de résistance un peu partout sur Erasia mais Ho-Oh savait pertinemment que sa présence n’était plus nécessaire. Ses ouailles aveint été endurcies par cette guerre et sauraient se débarrasser des survivants maudits par elles-mêmes. D’autant plus que vers la fin de la guerre s’éveillèrent des créatures qui étaient restées jusqu’ici en sommeil : les messagers des dieux, à savoir Latios et Latias, Electhor, Articodin et Sulfura, qui aidèrent  les humains des quatre pays à terminer le combat. Au début, les gens honorèrent Ho-Oh avec la plus grande ferveur, car il n’était autre que leur sauveur à tous. Mais avec le temps, leur foi en lui se modifia. Les gens le priaient toujours autant mais leur considération à son égard avait changé : au fil des générations, il devint pour eux un symbole, un être immatériel garant de l’unité du peuple. Les gens prononçaient toujours des prières en son honneur mais elles étaient moins nombreuses. Alors qu’avant des rituels entiers lui étaient dédiés,  maintenant ses prières ne constituaient qu’une partie des nouveaux offices. Il n’était plus qu’un symbole ! On lui avait retiré toute sa gloire, toute sa puissance !! Il était toujours le fondateur et le protecteur de Flamen, mais tous avaient oublié son rôle premier : celui de guerrier et de combattant. Au fil du temps, cette évolution irrita de plus en plus l’oiseau au feu sacré mais un détail le fit sortir de sa léthargie : des hérétiques avaient commencé à vénérer l’autre oiseau de feu, Sulfura. Après tout, ne les avait-il pas lui aussi aidés lors de la lointaine guerre noire ? Et n’était-il pas toujours présent au milieu d’eux, les guidant lorsqu’ils s’égaraient ? Un être aussi protecteur que lui méritait bien le titre de Phénix. Bien plus que son aïeul, dont on avait perdu la trace depuis des siècles ! Face à ce blasphème, Ho-Oh ne pouvait pas ne pas réagir. En quelques battements d’ailes, il se retrouva à la Grotte Obscure, là où Sulfura avait élu domicile. Des hommes étaient même en train de lui bâtir un temple semblable au sien !! S’en fût trop pour le véritable Phénix, qui se prépara à châtier de ses flammes les infidèles qui devant sa colère, se mirent à hurler de terreur. Entendant leurs cris, Sulfura accourut. Malgré le fait qu’il était plus jeune que Ho-Oh, la sagesse que lui prêtaient les hommes était loin d’être imméritée. Il savait pertinemment qu’il n’avait pas l’ombre d’une chance face à son aîné. Aussi il lui dit :

« Mon frère, pourquoi cette haine envers ces humains ? Pourquoi me détestes-tu ?
-POURQUOI CERCHES-TU A PRENDRE MA PLACE ? POURQUOI CHERCHES-TU A M’EFFACER DE LEUR MEMOIRE ? NE SUIS-JE PAS CELUI QUI LES A TOUS SAUVE ? QUI T’AS SAUVE ? ET C’EST AINSI QU’ILS ME REMERCIENT ? QUE TU ME REMERCIES ? AU LIEU DE CHANTER MA BRAVOURE, ILS T’ERIGENT UN TEMPLE A TOI !!! QUELS EXPLOITS AS-TU DONC ACCOMPLI ? VAINCRE UNE DIZAINE DE CREATURES TENEBREUSES ISOLEES ? GUIDER CES IDIOTS LORSQU’ILS SE PERDAIENT DANS LA MONTAGNE ? TU N’ES QU’UN STUPIDE BERGER POUR CES BREBIS GALEUSES ET ELLES TE VENRENT COMME SI TU LES AVAIS SAUVEES DE L’APOCALYPSE ! ET TU OSES ME DEMANDER LA RAISON DE MA COLERE ? JE SUIS LE SEUL ET UNIQUE PHENIX DE CE MONDE !!! »

Mû par la jalousie et la rage, Ho-Oh se précipita sur l’oiseau de feu. Une chose l’avait toujours particulièrement irrité. Contrairement au sien, le feu de Sulfura n’était pas divin. Il ne pouvait pas brûler l’eau. Il ne pouvait pas invoquer l’arc-en-ciel. Et pourtant, ses ailes brulaient du symbole du Phénix ! Cet avorton brandissait son emblème, à lui ! Il n’avait aucun droit de parer ses ailes de l’élément sacré ! En un rien de temps, Ho-Oh plaqua le deuxième phénix au sol et commença à avaler les flammes de ses ailes. Mais feu divin ou non, Sulfura possédait néanmoins quelques attributs du phénix et son feu refusait de s’éteindre. Voyant qu’il ne parviendrait pas à ses fins, l’oiseau Arc-en-Ciel entra dans une furie encore plus grande et entreprit de lui déchirer les ailes avec son bec. Puisqu’il ne pouvait lui ôter l’élément que Sulfura lui avait dérobé, il le priverait de l’attribut principal de sa fonction de messager : ses ailes. Ainsi, il serait condamné à ramper comme la pauvre larve qu’il était ! Ho-Oh s’acharna sur son cadet pendant plusieurs heures. Les dévots de ce dernier avaient détalé dès le début des hostilités. Ils tenaient à leur peau et quelles chances auraient-ils eu face à la colère de l’oiseau divin ? Une fois sa sinistre tâche achevée, Ho-Oh , après un dernier cri de triomphe, s’envola dans les cieux pour calmer sa fureur.

Sulfura avait été gravement blessé par l’attaque et ses ailes étaient inutilisables. Il savait qu’elles guériraient à terme mais était inquiet de ne plus pouvoir défendre ses fidèles face à la fureur de Ho-Oh. Au moins avait-il pu détourner son attention d’eux cette fois-ci… Mais la prochaine fois ? Une chose était sûre, ce triste spectacle allait encore plus l’éloigner du cœur des flaminois…. De plus, Sulfura ne comprenait pas l’origine de cette jalousie subite. C’est ainsi que, meurtri et inquiet, il regagna l’intérieur de son domaine pour panser ses plaies.
Pourtant, la vengeance d’Ho-Oh n’était pas la seule menace qui planait sur Flamen… et sur lui : un soir, deux hommes entièrement vêtus de noir et portant des masques argentés sur le visage se présentèrent à la grotte obscure. Etant incapable de voler depuis son agression, Sulfura ne les avait même pas senti venir grâce à sa maîtrise du feu. Il ne pouvait y avoir qu’une seule explication à cela : ses mystérieux visiteurs n’étaient pas des flaminois. Et puis, l’heure où il cessait de recevoir des visiteurs était passée depuis bien longtemps. Soudain, les deux silhouettes entrèrent dans son champ de vision. Elles discutaient entre elles, et leurs propos avaient de quoi effrayer même le puissant oiseau :

« Regarde-moi cet oiseau pathétique, déclara le 1er, même pas fichu de voler !!
-Sûr renchérit le premier, un vrai cloporte !
-Qui êtes-vous ? demanda Sulfura d’une voix tonnante. Que voulez-vous ?
Malgré ses ailes blessées, il restait tout de même un combattant redoutable.
-Tu vois, reprit la 1re silhouette, ignorant totalement l’oiseau de feu, il est exactement tel qu’ILS nous l’ont décrit.
-Oui, ajouta son compagnon, faible et sans défense. »

Et sans prévenir, les deux hommes lui envoyèrent un puissant jet d’eau en pleine tête. En soi, la puissance de chaque jet d’eau était équivalente à celle déployée par l’hydrocanon d’un Tortank, autrement dit, chacun d’eux pouvait sans problème transpercer du métal. Mais l’élément même déployé par les deux hommes semblait chargé d’une puissance propre. Ce n’était pas de l’eau ordinaire. Sulfura réalisa bien vite tout cela lorsque les jets du liquide sombre transpercèrent sa chair enflammée pour ronger l’intérieur de son être comme un acide. Il essaya bien d’arrêter ses agresseurs en lançant de puissants jets de flammes mais les deux hommes les arrêtaient d’un simple mouvement de bras, faisant apparaître sans effort cette eau noirâtre qui éteignait tout. S’il avait été en meilleure forme, Sulfura aurait sans doute pu battre ses deux assaillants en prenant les airs. Mais affaibli comme il était, il n’avait aucune chance. Surtout contre cet élément étrange. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour deviner son origine… la Ténèbre… Et un seul être au monde était assez puissant pour la vaincre et l’avoir déjà vaincue. Aussi, rassemblant ses ultimes forces, alors qu’il était sous le feu ennemi, Sulfura lança un ultime appel à son aîné. Ho-Oh, qui était dans les cieux à ce moment-là perçut la détresse de son cadet. Mais plus que tout, il vit que quelque chose n’allait pas au niveau de son élément. Usurpateur ou pas, Sulfura restait un être de feu. Et ce feu n’aurait pas dû être en train de dépérir !!

« Mon frère, exhala Sulfura, épuisé alors que l’autre oiseau se posait à ses côté, tu avais raison. Je ne suis pas assez puissant pour mériter le titre de Phénix. Je n’ai même pas su me défendre. Je t’en supplie, fais ce que tu veux de moi mes protège les humains. Je suis seul responsable de ton courroux. Dans leur maladresse, ils m’ont surnommé Phénix mais ils étaient ignorants de la portée de leurs actes Epargne-les et sauve-les, je t’en prie. »

Ho-Oh ne répondit pas. Ainsi depuis tout ce temps, jamais Sulfura ne s’était auto-proclamé Phénix. Seuls les hommes en avaient décidé ainsi. Alors ils devaient être châtiés pour leur impudence ! Et pourtant, Sulfura, qui les avait déjà protégés de son ire une fois venait de recommencer en lui demandant-non, en le suppliant d’épargner ces pathétiques humains. S’il avait autrefois estimé à sa juste valeur le courage des hommes lors des guerres, Ho-Oh ne voyait les générations actuelles que comme des parasites inutiles. Des parasites que son messager s’était évertué à guider malgré tout.

Cependant, il y avait une chose qu’il ne pouvait renier à Sulfura : ce dernier s’était battu à ses côtés lors de la 1re guerre contre la Ténèbre il y a si longtemps, bien qu’il ne soit intervenu qu’à la fin. Et il venait d’épuiser ses dernières forces pour protéger le territoire de l’oiseau Arc en Ciel en affrontant, alors qu’il était extrêmement faible, et par sa faute !, la même menace. Ho-Oh la voyait parfaitement, la sombre épidémie qui avait déjà manqué de déferler sur Flamen et sur Erasia tout entier !

Supérieurement confiants en leur propre pouvoir, les deux hommes poussèrent le vice jusqu’à insulter le divin Ho-Oh : « Eh le piaf multicolore ! Toi aussi tu veux jouer ? T’as pas vu ce qu’on a fait à l’autre ? Vous êtes vraiment pitoyables. Pokémon légendaires… Pff… Vous n’êtes que des MINABLES !!! » Dirent-ils, tout en attaquant de leur jets sombres.

Une telle conduite aurait déjà suffi à mettre le Phénix hors de lui. Alors comment qualifier la fureur qu’il éprouvait en voyant ce que ces monstres avaient fait à son messager ? Hélas, il devait admettre qu’il était lui aussi en partie responsable de l’état de son cadet.

Finalement, ayant cette seule pensée en tête, il leur déclara d’un ton plus calme encore que l’impassibilité de la nuit : « Je suis Ho-Oh, le phénix divin. Devant moi, vous n’êtes RIEN ! ». Soudain, son Feu sacré jaillit de chaque parcelle de son être, brulant les jets d’eau qui ne l’avaient pas encore atteint et incinérant les deux assaillants dont il ne resta plus la moindre trace.

Malheureusement, ils ne furent pas les seules victimes de ce combat : Sulfura avait engagé ses dernières forces dans cette bataille et après une lente agonie, il s’éteint au petit matin. Jusqu’à son soupir final, Ho-Oh resta à ses côté, soutenant son camarade dans cette épreuve.
Mais comme chacun sait, les phénix sont immortels. Aussi, des cendres du Sulfura défunt sorti un nouveau Sulfura, qui, contrairement à son prédécesseur, reçut la bénédiction de l’oiseau irisé dans sa tâche de messager. Mais malgré son apparence identique, cet oiseau était plus jeune et plus intrépide. Aussi en vint-il un jour à jalouser Ho-Oh : les hommes les nommaient tous deux Phénix alors que le pouvoir du jeune Sulfura était bien inférieur, injustement, croyait-il !

L’apprenant, Ho-Oh lui aurait alors parlé en ces termes : « Il est vrai que je peux invoquer l’Arc en ciel et le feu divin. Il est vrai que je te suis supérieur au combat. Il est vrai que je suis le fondateur de Flamen. Malgré tout, tu possèdes un attribut du Phénix tel qu’il est vu par les hommes que je n’ai pas et n’aurai jamais : tes ailes de flammes. Grâce à elle, tu as la lourde responsabilité de guider le peuple de Flamen en leur transmettant mes conseils. Cela je ne le puis point. Car je ne suis pas toi. Toi, Sulfura, le messager du feu ! »
Mais dans la langue antique que Ho-Oh avait utilisée pour s’adresser au jeune oiseau, le mot « messager » signifiait aussi « combattant ». Honoré par ces paroles, on raconte que c’est maintenant ainsi que Sulfura se présente à tous les fidèles qui viennent l’honorer et à tous les ennemis qui viennent le défier, par la même phrase que Ho-Oh avait prononcée, et qui peut se traduire par : « Je suis Sulfura, le messager du feu ! » ou « Je suis Sulfura, et je combats avec le feu ! ».


Ayant fini mon histoire, je restai coi quelques instants, histoire de ménager mon effet puis demandai :

Alors mademoiselle Prayasi, cela vous a-t-il plu ?


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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Prayasi Gunaguna le Sam 8 Fév 2014 - 17:35

Les yeux pleins d’espoir de la gamine adulte se voilèrent lorsque le vieil homme lui annonça qu’il ne savait rien de l’homme qu’elle cherchait. Déçue, elle baissa la tête, une expression triste sur le visage. Elle n’avait donc toujours rien qui pourrait l’aider…
Quelque chose de chaud et humide lui toucha la joue. Etonnée, Prayasi regarda la jeune chienne qu’elle tenait dans ses bras. Celle-ci avait dû ressentir le chagrin qui s’était emparé d’elle, et avait essayé de la consoler. Aussitôt, un grand sourire d’enfant s’afficha sur les lèvres de la Flamenoise, qui serra fort le chiot contre elle.


« Merci Yuko ! » S’écria-t-elle.

De son côté, le caneton embrasé avait fixé Sylver en plissant légèrement les yeux. Effectivement, il l’avait senti hésiter. Avait-il des informations concernant cet individu qu’ils cherchaient, et dont il était presque convaincu qu’il n’était que le fruit de l’imagination débordante de son amie humaine ? Ou bien n’était-ce que des idées, et il s’était tout simplement remémorait un souvenir troublant pour lui ?
Bah, peu importait. S’il ne voulait pas le dire, inutile d’insister, surtout que Prayasi ne semblait s’être rendue compte de rien. Et puis, s’il y avait vraiment eu autre chose, ils seraient repartis sur les routes, alors qu’il espérait secrètement que la jeune femme à forte poitrine abandonne son obsession une fois de retour à leur ville de départ.

Le sourire de Prayasi s’élargit encore plus lorsque son interlocuteur accepta de lui conter une histoire, et qu’en plus il paierait de sa poche leurs consommations. Ils s’installèrent dans une auberge bien plus classe que la taverne de seconde zone où elle s’était arrêtée un peu plus tôt. Ses yeux s’écarquillèrent en voyant toutes les pièces d’or que Sylver sortit de sa poche, mais elle se retint d’y toucher, au soulagement de Kôyalâ. Elle allait quand même pas emprunter des trucs à ce vieux monsieur, qui la laissait jouer avec sa Caninos, allait lui raconter une histoire et en plus lui payait à boire et à manger !
Le petit groupe fut amené dans une pièce à part, où ils ne seraient pas dérangés. Le caneton ardent pouvait même s’asseoir sur le banc, personne ne viendrait faire de remarques à ce sujet. Après avoir demandé un bol de lait chaud au miel d’Apitrini avec des pousses de bambou pour elle, et des baies Tomato pour le Magby, Prayasi écouta attentivement le récit de son hôte, caressant le chiot sur ses genoux de temps à autre.

Et quel récit ! La gamine adulte buvait littéralement ses paroles, comme elle le faisait de son breuvage. Sylver était un excellent conteur. Les Dieux et autres figures mythologiques, elle s’en fichait un peu et n’avait que de faibles connaissances en la matière. Mais, à la façon dont il racontait tout cela, la Flamenoise était tout simplement captivée ! Elle s’imaginait sans peine les scènes –et ce même si la manière dont elle se représentait les deux divinités était loin de la réalité-, trembla lorsque le Phénix du Jour fit tomber son courroux sur son cadet, retint sa respiration lorsque le Messager mutilé se fit attaquer, espéra de toutes ses forces que Ho-Oh mettrait de côté sa rancœur pour venir en aide à l’oiseau enflammé !
Elle ne comprit pas vraiment la fin, un peu trop compliquée pour elle, mais applaudit à tout rompre une fois l’histoire terminée.


« C’était trop bien ! J’savais pas que les trucs avec les Dieux, c’était aussi bien ! A chaque fois que la directrice elle en parlait, j’trouvais ça super ennuyeux. C’est vrai quoi, elle voulait à tout prix nous apprendre que machin il faisait ça, que truc, lui il habitait là… Mais quand c’est toi qui racontes, c’est juste trop génial ! Pas vrai Kôyalâ ? »

Le Magby acquiesça. Lui aussi avait été impressionné par les qualités d’orateur du vieil homme. Après tout, même s’il avait quelques années, il restait jeune. Sylver lui parut soudain beaucoup moins suspect.


[Eh ben, chapeau pour l’histoire ! Je l’ai beaucoup aimée, vraiment ^^]
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Sylver Belister le Lun 10 Fév 2014 - 23:49

Les compliments de Prayasi firent naître un sourire sur mes lèvres et me firent chaud au cœur. Pour une première fois, je ne m’en étais pas si mal tiré. Et une « enfant » comme Prayasi constituait un public beaucoup plus exigeant qu’un adulte dans mon métier, du moins pour une première. Pourquoi ? Les adultes essayaient en permanence de mettre des mots sur leur ressenti, sur leurs émotions, les classant et les différenciant. Ce genre de critiques était très pratique pour savoir quel aspect du récit ou de la voix améliorer, mais elles ne délivraient jamais l’information essentielle : le conte avait-il oui ou non atteint son but ? Avait-il emporté son auditoire ? Les avait-il fait voyager dans des contrées et des temps lointains ? Les enfants étaient peut-être moins précis dans leur analyse mais au moins donnaient-ils leur véritable impression et ce, sans détour ni circonvolutions inutiles. De fait, je venais en quelque sorte de réussir mon baptême du feu.

Mais apparemment, la jeune fille ne semblait pas être la seule à avoir apprécié mon histoire : en effet, Kôyalâ me regardait de manière moins suspicieuse qu’avant. Cette histoire avait réussi à le rassurer à mon sujet. Malgré son jeune âge, il ne faisait aucun doute qu’il était très intelligent. Il avait senti que je n’étais pas exactement celui que je prétendais être. Pourtant, je n’avais pas occulté toute la vérité. Par rapport à mes voyages passés, je me comportais exactement de la même manière, à un détail près : je ne me présentais plus en tant que marchand mais en tant que conteur. Pour le reste, ni mes habitudes, ni mon attitude n’avaient changé. J’avais donc basé mon petit mensonge sur une large part de vérité. C’était peut-être pour ça que j’avais réussi à duper le Magby… Grâce au 1er précepte de Yuu… A cette pensée, je me sentis légèrement coupable. A terme, je ne pourrais sans doute t pas supporter de mentir à autant d’innocents, fût-il pour un mensonge aussi modeste. Même sans mon éducation, la vie que j’avais eue m’avait amené à haïr le mensonge. Car contrairement à ce qu’on pourrait croire, la profession de marchand ne reposait pas uniquement sur l’imagination. Les arguments de ventes enjolivés n’étaient pas tout. L Et l’argent ne résolvait pas tous les problèmes, loin de là. Car bien souvent, l’issue des contrats les plus cruciaux était presque toujours  entre les mains de personnes bien plus riches que vous et qui avaient oubliées d’être bêtes depuis bien longtemps…En ce cas, une seule chose comptait, et elle comptait autant pour les marchands les plus fortunés que pour les sans-le-sou : l’honnêteté. Lorsque l’argent n’avait plus aucun rôle à jouer, un marchand n’avait alors plus que sa parole à mettre sur la table. Et comme la fortune, cette dernière était longue à bâtir et demandait des efforts constants, qu’une mauvaise opération pouvait ruiner en un instant. Mais la parole n’était pas seulement l’instrument des gentils idéalistes simples d’esprit. Car dans la bouche d’un homme d’honneur, les mots prenaient un tout autre sens. Ainsi, ses promesses et ses encouragements avaient tout autant de poids que ses menaces. Tout bien pesé, la parole d’un marchand était avant tout un outil pragmatique et ô combien puissant… Pourtant, vu l’usage que je venais d’en faire, j’avais l’impression d’avoir volontairement érodé cet instrument primordial, et de m’être trahi moi-même. Et pourtant… je devais le faire. Pour ma famille. Et puis, après tout, si cela me plaisait et plaisait aux autres, où était le mal ?? En définitive, ce n’était pas tant de prétendre être un conteur qui me dérangeait mais de mentir sur mon identité. Nul doute qu’il me faudrait tôt ou tard apaiser ma conscience à ce sujet. Mais ce moment n’était pas encore arrivé…

Me rendant compte que cela faisais quelques secondes qu’un vide désagréable s’était installé dans notre conversation, je me hâtai d’en reprendre le fil :

Eh bien je suis ravi que cela vous ai plus mademoiselle, et je ne saurais jamais assez vous remercier pour votre enthousiasme. Voyez-vous, ce conte a une importance particulière pour moi et à vrai dire, j’avais très peur de ne pas savoir l’interpréter ! Aussi votre critique élogieuse me va droit au cœur !

Je ponctuai ma réplique d’un hochement de tête et d’un sourire en guise de remerciements. Un aboiement me répondit. Apparemment, Yuko aussi avait autant apprécié mon récit que les bons soins de Praysai !

Pour en revenir à votre remarque, il vous faut savoir que mon récit, s’il est certes plus divertissant que les récits mythologiques, prend quelques libertés avec la réalité historique… du moins pour ce que nous en connaissons. Par exemple, même si l’existence d’Arceus fait consensus au sein de la communauté des chercheurs, son rôle exact dans la création du monde nous est encore totalement inconnu. Quant aux créatures du chaos ma foi… J’ai bien peu qu’elles ne viennent tout droit de l’imagination des bardes ! Encore qu’elles sont parfois invoquées comme étant la cause des guerres qui déchirent Flamen et Mizuhan depuis si longtemps… La corruption… Comme si le mal provenait de l’extérieur et contaminait les hommes telle une épidémie…

Avait-elle perçue la sombre ironie de ma dernière phrase ? Non, probablement que non, elle était trop directe pour cela. Je n’aurais pas dû aborder ce sujet… Pour détourner mon esprit des fantômes qui menaçaient de revenir me hanter, je repris ma chope en main, plus pour me donner une contenance que par réelle soif.

Soudain, alors que je reposais ma boisson sur la table, un bruit se fit entendre. C’était la porte de notre box, que quelqu’un venait d’ouvrir brutalement. Beaucoup trop brutalement pour un serveur. Deux hommes firent leur entrée dans la pièce. Sales, mal rasés et vêtus d’habits déchirés. Le premier avait des cheveux noir hirsutes, qui n’avaient rien à envier aux poils d’un Ursaring sortant d’hibernation. Son compère n’avait pas ce problème capillaire, puisqu’il était intégralement chauve. Le seul détail qui ornait son crâne lisse était une boucle d’oreille rouillée en forme de serpent qu’il portait à l’oreille droite. Au pied du chevelu se trouvait un Rattatac d’aspect agressif. J’apercevais également une silhouette derrière cet homme, sans doute un Pokémon mais, caché par les jambes de l’intrus au Rattatac, il m’était impossible de dire à quelle espèce il appartenait. Dernier détail mais pas des moindres, les deux hommes arboraient des armes en mauvais état à leur ceinture, ainsi qu’un sourire satisfait sur leur visage.

Méfiant, je rapprochai sans en avoir l’air ma main du pommeau de ma canne. Ces hommes n’avaient rien à faire ici ! Toutefois, mes manières prirent le dessus. Dans ce genre de situation, débiter avec conviction des phrases pré-apprises et répétées depuis des années pouvait s’avérer salvateur : tandis que je les saluais par réflexe, je me mis à imaginer une dizaine de scénarii possibles pour les dix prochaines secondes :

Messieurs, auriez-vous l’extrême obligeance de me dire ce que signifie votre intrusion ?
-Hey Mec,
dit l’homme au rat à son complice, t’as vu comment y cause le vieux ? Ça me fait presque de la peine de buter quelqu’un d’aussi poli !!
-Ouais, t’as raison ! Presque. Au fait papi, on a accidentellement entendu ton histoire. Très sympa je dois dire !
-Mais pas de bol pour toi, tout est inventé ou presque. Pour toi, yaura pas d’oiseau en feu qui viendra te sauver !
dit l’autre en dégainant son arme, imité par son complice. Ils semblaient également prêts à lâcher leur Pokémon sur Prayasi, et sur moi.
- Hey, parle pour toi mon pote. Regarde-moi un peu cte fille !! Mate-moi un peu ces deux Electrodes sur le point d’Exploser. J’peux t’assurer que rien qu’à les r’garder, mon oiseau est encore plus brulant que le putain de Sulfura du conte du vieux
-Ah jle savais ! T’as toujours eu du flair pour débusquer les jolies filles. Hé ma jolie !
L’apostropha le chauve, ça te dirait de t’amuser avec mon pote et moi une fois qu’on aura fini de jouer avec le vieux monsieur ? Apparemment t’aime bien ça, t’amuser, hein ?

Concentrés comme ils l’étaient sur Prayasi, aucun des deux malotrus ne vit le regard chargé de colère que je leur portai. En revanche, tous deux ne manquèrent pas de remarquer le Magby de Prayasi, ce qui exacerba encore plus leur lubricité, et leur fureur.

-Non mais t’as vu comment il nous fixe, le vilain petit canard ? Kess’ta ? Tu préfères qu’on commence par ta pétasse de dresseuse, c’est ça ? Bon ça suffit, je règle son compte au débris branlant, toi, chope la fille.
-Ok ça marche.
Le sourire pervers du 2e homme s’élargit.

Jusqu’ici, j’avais gardé le silence, profitant de la longue conversation des agresseurs pour les étudier plus en détail. Mon constat était sans appel : bien que n’étant pas guerrier moi-même, j’en avais suffisamment rencontré dans ma vie, des gardes du corps et des mercenaires, pour reconnaître un véritable combattant quand j’en voyais un. Et ces hommes-là n’étaient rein de plus que des bandits. Des charognards. Des vauriens, apparemment déterminés à me renvoyer auprès d’Arceus plus tôt que prévu. Mais étant donné qu’ils n’étaient que du menu fretin, il restait peut-être une chance pour que je puisse régler cette affaire pacifiquement… et comprendre par la même occasion la raison de leur acte.

-Allons messieurs, intervins-je dans une tentative d’apaisement,  Je suis sûr qu’il y a moyen de régler pacifiquement notre différend, en hommes civilisés. Ne pourrions pas en discuter plutôt ? Que voulez-vous de moi ?
-Ce qu’on veut que tu fasses ? QUE TU CREVES,
dit l’homme au Rattatac, ET LE PLUS TOT SERA LE MIEUX !!! hurla-t-il en se jetant sur moi, l’arme au clair, tout en faisant signe à son Pokémon et à son complice de passer à l’attaque.

Soudain, tout se précipita : alors que le Rattatac se ruait le premier sur moi, un Hurlement d’une puissance formidable l’arrêta net dans sa course. L’instant d’après, Yuko était à mes pieds, face au rat, montrant les crocs. Je ne l’avais jamais vue dans cet état. Mais malgré sa gentillesse habituelle, je n’avais jamais oublié la première chose que j’avais apprise sur les Caninos : ils étaient des adversaires redoutables, leur immense courage compensant largement leur petite taille. L’étincelle qui billait dans l’œil de Yuko montrait clairement qu’elle ne ferait pas de quartier. Voyant son Pokémon hésiter, son dresseur s’arrêta un instant dans sa course puis reprit de plus belle. L’imprudent ne s’était pas aperçu que pendant qu’il échangeait quelques répliques d’un goût plus que douteux avec son compagnon, j’avais largement eu le temps de saisir ma canne et de me redresser. J’espérais simplement que Koyâlâ serait à la hauteur pour protéger Prayasi le temps que j’en finisse avec ce sinistre individu.
J’avais quantité de griefs contre lui et son camarade d’infortune : ils s’étaient invités dans notre salle privée sans notre accord, ils avaient eu des propos grossiers envers moi et avaient même menacé de mort. Mais il y avait une seule chose que je ne pouvais tolérer. Une chose qui réveilla la violence flamboyante tapie en moi, qui me suppliait de la laisser se déchaîner pour qu’elle puisse noyer le sombre imbécile qui m’attaquait dans une tempête infernale : les deux monstres avaient menacés de s’en prendre à Prayasi de la façon la plus odieuse qui soit. Et cela, plus que tout le reste, je ne pourrais jamais le tolérer. JAMAIS !

Mû par ce seul instinct de protection, je parvins à réfréner mon feu, le temps d’empoigner fermement le manche de ma canne, tandis que je faisais tourner son pommeau, et que le fourreau de bois glissait vers le sol. Lorsque l’arme de mon adversaire frappa, elle ne mordit point du bois mais éveilla bien l’acier qui sommeillait en dessous.

[FIGHT!! Comme promis, vlà de l'action. Pour faire simple, tu es donc attaquée par un méchant avec un Pokémon encore non identifié. Je te laisse choisir lequel... et lui régler son compte, ainsi qu'à son dresseur! Ah et oui, Sylver vient de passer à deux doigts de cramer l'auberge et c'est pas dit qu'il finisse pas par y arriver^^]
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Prayasi Gunaguna le Dim 16 Fév 2014 - 18:18

« Non, mais c’était vraiment trop bien ! » répéta la gamine adulte.

En revanche, elle perdit le fil lorsque Sylver tenta de lui expliquer les différentes interprétations du récit. Ca, ça l’intéressait pas vraiment, et elle ne comprenait pas. C’est vrai quoi, une histoire, c’était une histoire ! Pourquoi est-ce que les adultes cherchaient toujours à tout compliquer ?

Alors qu’elle finissait son bol de lait au miel afin d’éviter de devoir répondre, la porte du box s’ouvrit brusquement. Prayasi en fut si surprise qu’elle manqua de s’étouffer en avalant de travers. Elle leva la tête, les sourcils froncés, vexée qu’on lui ait fait un tel tour… Mais son expression se mua pour de l’incompréhension quand elle vit les intrus.
On pouvait pas vraiment dire qu’ils avaient l’air sympathique. Ils lui rappelaient les pirates qui revenaient à Tarouga, après des semaines passées sur les mers. Sauf qu’ils paraissaient beaucoup moins redoutables. Les deux gaillards devaient probablement penser que leur apparence suffisait pour qu’on leur laisse faire ce qu’ils voulaient. Prayasi haussa les épaules. S’ils avaient été à sa ville natale, ces deux-là auraient pas fait long feu.

La Flamenoise ne comprit pas vraiment la teneur des propos des nouveaux venus. Des Electrode ? Mais de quoi ils parlaient ? Ils étaient dingues, ou quoi ! Elle le saurait si elle avait des trucs aussi dangereux, et elle les aurait jamais laissés sortir ! En tout cas, il y avait bien une chose qu’elle avait compris : ils s’étaient pas montrés gentils avec Sylver. Et ça, c’était vraiment pas bien du tout !
Kôyalâ, en revanche, avait de suite compris ce qui intéressait les deux malotrus. Il sauta sur la table pour gagner un peu de hauteur, poussa des cris qui se voulaient menaçants… Mais qui n’eurent pour seul effet que d’alimenter l’envie des hommes.

Soudain, les brigands passèrent à l’attaque, s’attribuant chacun une cible. L’homme au crâne dégarni se tenait devant Prayasi, s’avançant vers elle, tandis que son Makuhita rejoignit le caneton ardent sur la table, jouant les gros bras. Alors comme ça, ils voulaient jouer ? Très bien, mais elle n’allait pas se laisser attraper par le Miaouss !


« Kôyalâ ! » s’écria-t-elle.
- Pas la peine de gueuler, ma p’tite, faudrait déjà qu’il passe sur mon Makuhita ! Allez, viens par là, on va bien s’amuser toi et m… Que ?! »

Un épais nuage de fumée noire fut éjecté du bec du jeune Magby, surprenant l’homme et son acolyte. La gamine adulte en profita aussitôt pour s’écarter, habituée à se mouvoir dans cette purée de pois, et sortit du brouillard, accompagnée de son pokémon. Saisissant le couteau posé sur la table, elle lança un avertissement au vieil homme.

« M’sieur Sylver, attention, y va faire chaud ! Vas-y Kôyalâ ! »

La créature volcanique ne se le fit pas dire deux fois. Prenant une ample inspiration, il recracha de multiples boulettes enflammées qui furent englouties par le brouillard qu’il avait provoqué. L’instant d’après, les particules inflammables du nuage de fumée s’embrasèrent, formant un piège mortel pour l’homme chauve et son pokémon. Leurs cris s’élevèrent dans l’air, alors que Prayasi se passait une main derrière la tête, légèrement gênée.

« Woops ! J’crois qu’on y est allés un peu fort, Kôyalâ. »

Le caneton de feu leva les yeux au ciel… Mais pour une fois, son amie humaine n’avait pas tort. Si le brigand et son Makuhita ne ressortiraient pas indemnes du brasier dans lequel ils venaient d’être plongés, le bâtiment aussi n’allait pas tarder à porter d’importantes séquelles de cet affrontement. En effet, les flammes commencèrent à s’aventurer sur les poutres, grignotant le bois, se propageant doucement mais sûrement…


[T’avais demandé de l’action, en voilà ! XD ]
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Sylver Belister le Jeu 20 Fév 2014 - 0:39

L’apparition de la lame d’acier sembla décupler la fureur de mon adversaire. Il n’était pas difficile de comprendre pourquoi : il s’attendait à affronter un vieil homme totalement démuni et sans défense et rien que le fait de me voir brandir une arme dérangeait le petit scénario-fort simpliste au demeurant- que lui et son collègue avaient mis au point. Aussi déploya-t-il toute sa force dans une attaque plus que rudimentaire : alors que nos deux lames étaient en contact, il mettait toute sa puissance musculaire à profit pour me faire céder et me forcer à lâcher ma canne-épée.

De fait, il était persuadé de remporter ce bras-de-fer, non sans raison d’ailleurs : j’étais bien trop faible pour contenir cette pression plus de quelques secondes, et mon âge n’avait rien à voir dans cette affaire : même au summum de ma forme, il y a de nombreuses années de cela, j’aurais été incapable de lui résister. Mais en définitive, tel n’était pas mon but. Je le laissai s’acharner pendant trois seconde sur moi, alors qu’il mettait toute sa force dans son coup pour me faire baisser ma garde, littéralement. Un…Deux… Trois ! Mon compte à rebours mental achevé, je dérobai brusquement ma lame en faisant un moulinet du poignet vers la droite. Mon piètre escrimeur d’adversaire ne vit rien venir et, emporté par son élan, il se retrouva dans une position grotesque, penché en avant, le bras tendu, fendant… du vide. Néanmoins, il n’avait pas mis assez de force dans sa frappe pour être déséquilibré complètement. Mais ce n’était pas ce que je recherchais. D’un habile mouvement du poignet, je fis revenir ma lame à sa position initiale. Mon second moulinet, dirigé cette fois-ci vers la gauche, entailla au passage le poignet de mon adversaire.

Oh, il ne s’agissait certes pas d’une blessure grave. Cependant, elle était assez importante-et inattendue- pour arracher à mon agresseur un cri de douleur et en amateur qu’il était, il lâcha son arme. Tout l’art de l’escrime conventionnelle en conditions réelles était là : la fine blessure. L’escrime telle qu’elle était pratiquée par les nobles était plus un art d’expression, comme la musique, le chant ou la littérature, qu’un art martial. De fait, les bien nés répugnaient à s’entre-tuer lors d’un duel. Oh, certes pas pour des raisons morales ! La jalousie et la rancœur que certaines maisons nourrissaient entre elles constituaient un poison assez virulent pour décimer les armées des quatre royaumes réunies. Aussi lors de joutes, amicales ou non, les aristocrates, qui refusaient de tuer leurs semblables pour des raisons de convenance, avaient inventé ces frappes, plutôt vicieuses au demeurant. Ces passes ne visaient pas à blesser grièvement l’adversaire et encore moins à le tuer mais simplement à lui faire lâcher son arme. A l’origine, elles devaient juste servir à clore un combat sans effusion de sang où le vainqueur était désigné loyalement, par sa seule maîtrise de son arme. Mais rapidement, certains avaient vu une utilité plus… politique à ces manœuvres d’épée, car ainsi, le perdant était alors forcé de s’incliner devant le vainqueur deux fois : la première fois pour ramasser son arme, la seconde pour demander grâce, selon l’usage courant dans les Hautes Maisons. Ainsi, le coup porté à l’honneur n’en était que plus violent.

Mais aucun de ces nobles, aux armes incrustées de pierreries, n’avait jamais eu à dégainer pour défendre sa vie. Ces passes étaient pour eux purement mondaines, voire puériles, et entre leurs mains, l’escrime était devenue un spectacle ridicule, un art surfait qui ne méritait plus cette qualification. J’avais également pu constater de mes propres yeux que même la calligraphie martiale, qui correspondait pourtant davantage à l’esprit précieux en vogue actuellement, s’était perdue, si bien que les combats d’escrime qui se pratiquaient de nos jours n’étaient que des ballets insipides, cruellement dénués de grâce et d’intérêt, où le perdant était invariablement humilié… Mais le fait était que lors d’un véritable duel, de vie ou de mort, comme celui que je livrais en ce moment même, parmi toutes les techniques inventées par l’escrime de cour, seule la fine blessure pouvait me permettre de l’emporter. Et je venais de le démontrer.

Mais comme la plupart des lâches, mon adversaire disposait de réflexes surhumains lorsqu’il s’agissait d’échapper au danger, aussi, bien qu’étant blessé et désarmé, il réussit à se jeter en arrière pour éviter une autre attaque de ma part. Une fois remis debout, il hurla :

Rattatac, Vive-Attaque !

Jusqu’ici, le combat entre Yuko et son rat s’était résumé en une série d’attaque et de coups de crocs, chacun des deux essayant de mordre l’adversaire, sans que l’un des deux réussisse à prendre l’avantage. Cela dénotait bien le manque d’expérience des deux combattants. Pour Yuko, rien de plus normal, après tout, cet affrontement était son tout premier. Quant au Pokémon à moustaches… Ma foi, il devait être mal entraîné ! Somme toute, il s’accordait parfaitement avec son maître !
L’attaque, plus rapide que les précédentes, prit Yuko totalement au dépourvu : le rongeur la heurta de plein fouet au niveau du cou, la sonnant sur le coup.

Bien, Rattatac, enchaîne avec Coup Bas et vise sur ta droite !

Une nouvelle fois, l’attaque atteint sa cible et Yuko alla s’écraser contre le pied de la table. Mais il en fallait plus pour l’impressionner : presque aussitôt, elle était de nouveau sur pied. Le Rattatac aimait les attaques rapides et vicieuses mais il ne mettait pas beaucoup de puissance pour ses frappes ; et il venait de commettre une erreur tactique : maintenant qu’elle n’était plus au corps-à-corps, Yuko allait pouvoir tirer avantage de son élément :

Yuko, m’écriai-je, lance Flammèche !!

Les petites flammes produites par Yuko manquaient encore de puissance. De plus, le Rattatac arrivait facilement à les esquiver en sautant de droite à gauche. En zigzaguant ainsi, il se rapprochait de plus en plus de Yuko, ce qui plaisait fort à mon agresseur qui, après sa dérobade, était resté à quelques mètres de moi, m’apostrophant de la sorte :

Hé le vioc ! Les flammes de ton toutou ne pourraient même pas allumer une bougie ; Si j’étais toi, je m’occuperais plutôt de ces flammes LA !!! Rattatac, lance Bélier !!

Simultanément, des flammes apparurent dans la main du chevelu, qui les lança dans ma direction, tandis que son rat chargeait ma Caninos. Ainsi, cet homme, qui ne prenait même pas soin de lui-même, maîtrisait le feu ! A cette pensée, mon visage resta imperturbable, comme toujours lorsque je combattais. Tel est ce qu’un gentleman devait toujours faire : rester mesuré en toutes circonstances. Mais intérieurement, je sourirai. Jusqu’ici, j’avais laissé l’initiative du combat au brigand. Or, la première règle dans un combat, quel qu’il soit, est de ne jamais rentrer dans le jeu de l’adversaire. En revanche, on peut toujours le lui laisser croire, la contre-offensive n’en sera que plus mortelle. Et quelle meilleure manière de renverser la situation que d’échanger la place des combattants ?

Yuko,
demandais-je d’une voix calme, arrête ces flammes ! Et lance Flammèche sur cet odieux personnage !

Au dernier moment, Yuko sauta et esquiva le Rattatac, se plaçant ainsi sur la trajectoire des boules de feu. Comme toutes les brutes, ce dernier ne se découragea pas et réitéra son attaque. Et comme toutes les brutes, son entêtement le poussait à commettre des imprudences : il était  maintenant à ma portée et d’un geste fluide du bras, je coupai les moustaches de la souris, qui s’était dressée sur ses deux pattes arrière pour lancer un second Bélier. Et comme chacun sait, là était le point faible des Rattatac : sans leurs moustaches, ils étaient moins rapides et perdaient en équilibre. Désorienté, le rat s’écroula sur le sol. Pendant ce temps, Yuko renvoya les orbes enflammées à leur expéditeur. Devant ce spectacle, ma propre furie flamboyante me suppliait pour que je la laissasse se déverser et tut ravager mais l’adrénaline procurée par le combat suffit à me permettre de brider mon ire enflammée. C’était fini. Je ne laisserais jamais plus mon propre feu me consumer. Jamais. En revanche, le sort de mon assaillant fut beaucoup moins enviable car c’est justement cela qui lui arriva : magnifiée par la Torche de ma Caninos, qui avait absorbé ses flammes, mon adversaire ne put rien faire pour se protéger du courroux ardent de mon Pokémon : il avait mis toute son énergie dans cette dernière offensive et il ne pouvait de toute manière pas bloquer une attaque qu’il ne pouvait générer. Or, l’attaque de Yuko, une attaque d’un Pokémon feu, une attaque d’une créature qui contrôlait son élément depuis sa naissance, renforcée de surcroît par l’attaque du bandit, dépassait largement les compétences de celui-ci. Frappé de plein fouet, il s’écroula sur le sol en hurlant de douleur, le corps dévoré par les flammes. Au même moment, j’entendis Prayasi me lancer, comme en écho :

M’sieur Sylver, attention, y va faire chaud ! Vas-y Kôyalâ !

Alors seulement je remarquai le Brouillard qui avait envahi l’autre moitié de la pièce, où Prayasi combattait. Mais son adversaire et son Pokémon n’étaient plus qu’un vulgaire bûcher dont les cris d’agonie exprimaient toute la souffrance d’êtres qui se savaient sur le point de mourir et ce, sans pouvoir cesser de souffrir. Cette scène déclencha en moi un sentiment de pitié. C’était regrettable, mais il fallait le faire. Prayasi avait eu raison d’agir ainsi. Après tout, ces monstres lui auraient réservé bien pire traitement…

Voyant son maître qui se tordait en gémissant dans les flammes, le Rattatac, dans un effort désespéré de venger son maître, se redressa et entrepris de me lancer un Croc de Mort en visant ma gorge. Mais alors que j’allais redresser ma rapière pour parer son ultime tentative, la souris estropiée couina de douleur, produisant un son qui vrillait les tympans. Ralenti par la perte de ses moustaches, il n’avait pas eu le temps de m’attaquer que Yuko, me sentant en danger, était sur lui, lui mordant la queue de toutes ses forces. La pression qu’exerçaient ses petits crocs, excerbée par le fait qu'elle me savait en danger, aiguisés était tellement forte que l’appendice caudal se déchira et tomba sur le sol, remuant encore. Le Rattatac tomba à terre, mais cette fois-ci, il ne se releva pas, et ses cris, provoqués par une souffrance qui confinait à la folie, répondaient en écho à ceux de son maitre. Mais alors que Yuko se dressait devant lui, prête à l’envoyer rejoindre son maître dans les flammes des enfers, je levai la main, l’arrêtant d’un geste et dis, d’une voix ferme :

Il suffit ! Il y a déjà eu bien assez de morts comme cela !


Dernière édition par Sylver Belister le Ven 14 Mar 2014 - 23:48, édité 1 fois

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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Prayasi Gunaguna le Ven 14 Mar 2014 - 23:28

L’incendie avait bien démarré, se propageant à bonne vitesse dans la pièce si tranquille quelques instants auparavant. L’air commençait à bien se réchauffer, rendant la respiration plus difficile, du fait du manque d’oxygène et des braises volantes.
Prayasi toussa un peu, histoire de se dégager la gorge, avant de détourner son attention de son adversaire embrasé, et malheureusement pour lui toujours vivant. Ses yeux s’agrandirent d’admiration lorsqu’elle vit le vieil homme qui l’avait invitée manier l’épée avec une grande aisance et élégance. Elle n’y connaissait pas grand-chose, en combat à l’arme blanche, mais ses enchaînements de mouvements la captivaient, comme s’il s’agissait d’une danse vive et calculée. C’était beaucoup plus joli que lorsque les pirates de Tarouga commençaient à se foutre sur la gueule, histoire de comparer qui a la plus grosse… Montagne d’or, hein.


« Waaah, mais t’es trop doué, M’sieur Sylver, en fait ! AAH !! »

Alors qu’elle faisait un compliment à son hôte âgé, une main brûlante s’abattit sur son épaule, cherchant à la tirer vers l’arrière. Tournant la tête, elle put voir le visage brûlé de l’homme au Makuhita, des flammes se nourrissant de la chair encore intacte. Il n’avait presque plus rien d’humain, si ce n’était encore la forme de son crâne. Il poussa un râle de souffrance et de haine.

« KYAAAA !! UN MOOOOOOONSTRE !!!! »

Sans chercher à réfléchir davantage, la Flamenoise aux yeux rubis se dégagea prestement de la prise de son ennemi, avant de lancer le couteau qu’elle tenait à la main, dans un geste a priori maladroit. La lame qui, pourtant, semblait voler hasardeusement, toucha l’individu meurtri en pleine poitrine, ajoutant à son agonie. Il s’effondra sur la table, qui céda sous son poids, déjà bien fragilisée par les langues ardentes.

« Euh… M’sieur Sylver ? On f’rait p’têt mieux de partir, tu crois pas ? Il commence à faire vraiment chaud ! »

En effet, la majorité de la pièce était désormais sous l’emprise du bûcher. L’air, lui, était saturé d’une fumée sale et âcre, qui faisait pleurer les yeux et agressait la gorge. Fort heureusement, le brasier avait encore épargné l’entrée du box où ils avaient été installés. Empoignant Kôyalâ qu’elle cala contre sa poitrine volumineuse, la jeune femme à l’esprit d’enfant s’empressa de sortir dans le couloir.
Déjà, des personnes portant des seaux d’eau ou accompagnées de créatures aquatiques couraient dans leur direction, afin d’empêcher le feu de se propager au reste du bâtiment. Un serveur ou un client avait dû apercevoir les flammes ou sentir l’odeur de brûlé. Dans tous les cas, leur intervention, si elle allait probablement permettra d’éviter un incendie général, était trop tardive pour les agresseurs de Sylver et Prayasi.

Cette dernière posa son caneton ardent au sol, passa la main sur son habit. Certaines parties du tissu avaient été grignotées par quelques flammes aventureuses, souillant la blancheur de son vêtement de traits de charbon inégaux. La jeune femme fit la moue. Elle aimait beaucoup cette robe, elle était déçue qu’elle soit abîmée comme ça…

Mais déjà, elle était passée à autre chose. Se tournant vers le vieil homme, elle lui dit :


« T’as vu comment on les a eu, M’sieur Sylver ? Ca leur apprendra à tricher ! »

Kôyalâ se passa une patte sur le visage. Décidément, elle ne comprenait rien à rien. Et certainement pas qu’à cause d’elle, deux êtres, voire quatre, avaient connu une fin précoce et douloureuse. Le sens même de la mort lui échappait.
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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Sylver Belister le Mar 18 Mar 2014 - 0:36

C’était terminé. Prayasi et moi avions vaincu nos adversaires, qui avaient été transformés en véritables torches humaines. Je ne pus m’empêcher d’entendre les cris d’agonie de l’homme que j’avais combattu. Certes, cet homme était un voleur et probablement un tueur, certes il avait menacé Prayasi des pires sévices. Pourtant, en voyant l’enfer emporter cet homme, je ne pouvais m’empêcher de songer à ma famille : Avait-il eux aussi senti l’étreinte brulante de la mort ? Avaient-ils eux-aussi supplié pour une grâce qui n’était jamais venue ? Jamais je n’aurai les réponses à ces questions mais l’horrible spectacle qu’offraient les deux agresseurs malchanceux me donnait un sombre aperçu de la réponse… Soudain, un cri suraigu me tira de mes noires réflexions :

« KYAAAA !! UN MOOOOOOONSTRE !!!! »

Je tournai aussitôt la tête vers l’origine de ce hurlement. Celle qui venait de le pousser n’était autre que ma jeune invitée, que son malheureux adversaire tentait d’attraper avec sa main couverte de flammes. Mais avant même que j’eusse pu esquisser le moindre geste pour empêcher cela, la jeune fille lança le couteau qu’elle tenait en man. AU premier abord, on eût pu croire à un simple reflexe de défense complètement impulsif et maladroit. Mais force m’était de constater que tel n’était pas le cas : en effet, le projectile atteignit sa cible en pleine poitrine, malgré une trajectoire assez chaotique.
Au vu de ces évènement, je me devais de reconsidérer l’idée que je me faisais de Prayasi : certes, son comportement était juvénile, bien qu’on lui eut sans problème donné au moins 20 ans en se basant sur son apparence physique. Mais il était également évident que les récents voyages dont elle m’avait entretenu avaient formé son corps à la survie. Elle était ben plus débrouillarde et dangereuse qu’elle n’en avait l’air. Heureusement, son comportement semblait malgré tout dépourvu de malice.
Mais je n’avais guère le temps de m’appesantir sur de tels détail : l’auberge brûlait, ce que Prayasi me rappela en me lançant :

« Euh… M’sieur Sylver ? On f’rait p’têt mieux de partir, tu crois pas ? Il commence à faire vraiment chaud ! »

De fait, la jeune demoiselle avait raison : les flammes que nous avions allumées lors de notre combat recouvraient maintenant une bonne partie de la pièce, murs compris, les flammes commençant à lécher la charpente. Il était plus que temps pour nous de partir d’ici, ce que me signifia d’ailleurs Yuko d’un bref aboiement. Pourtant, bien que la prudence me conseillât de quitter ce lieu le plus rapidement possible, je ne pouvais me résoudre à laisser derrière moi des indices potentiels : qui étaient ces hommes et pourquoi s’en étaient-ils pris à moi ? Mais je devais me rendre à l’évidence : je n’avais plus le temps de chercher quoi que ce soit car les flammes n’étaient pas le seul danger dans cette pièce : la fumée noire, insidieuse, rendait la respiration de plus en plus difficile à chaque seconde. Si je restais ici une minute de plus, je risquai de me retrouver piégé dans l’enfer que j’avais moi-même provoqué. Pourtant, il y avait un objet que je tenais à récupérer par-dessus tout : le fourreau de mon épée. Pas question de parcourir Erasia lame au clair avec une arme de duel dont la garde était frappée avec mes armoiries familiales ! Mais alors que je me baissai pour ramasser l’étui, Prayasi fendant les flammes, son Pokémon dans ses bras pour quitter la pièce, mon regard fut attiré un détail étrange : la main droite de l’homme que j’vais vaincue était ornée d’un tatouage que je n’avais pas remarqué. Il représentait une lettre. Un « J » noir. Je ne connaissais pas cet emblème. En revanche, j’étais quasiment certain de savoir ce qu’il représentait. Et si ce que je croyais s’avérait être exact, alors une personne pourrait m’en dire plus long sur cette affaire. Une personne qui n’aurait pas manqué d’échapper aux flammes. Soudain, quelque chose me revient en mémoire : le Rattatac ! Mais si j’avais intimé à Yuko de ne pas l’achever, les flammes qui régnaient dans la pièce s’en étaient chargées et ce n’était plus, comme son maître, qu’un amas de chair inerte qui se consumait…

Soudain, un nouvel aboiement me rappela à l’ordre. Me retournant, j’aperçus Yuko, qui tenait dans sa gueule le fourreau de ma canne-épée. Le message était clair. Nous devions quitter les lieux, SUR LE CHAMP. Je saisi aussitôt mon chapeau. Yuko ouvrit la marche et je me contentai de la suivre, protégeant mon visage de la fumée avec mon couvre-chef. Finalement, malgré l’agitation qui régnait dans les couloirs, entretenue par les clients affolés qui courraient vers la sortie et les pompiers qui tentaient vainement de se frayer un chemin jusqu’au lieu du sinistre.

Autant l’intérieur de l’auberge était un véritable champ de bataille, autant à l’extérieur, la masse de badauds qui s’étaient rassemblés, attirés par les flammes comme un Papinox par la lumière, semblaient anormalement silencieux. On aurait dit qu’ils ne parlaient pas afin de ne pas manquer la moindre miette de ce spectacle. Un seul homme se démasquait de ce tableau : petit, complètement chauve, il arborait en revanche une moustache peu fournie mais taillée avec soin. L’autre élément de son physique qui frappait au premier coup d’œil étaient ses vêtements : ils étaient forts luxueux mais ne s’accordaient pas entre eux. Beaucoup d’hommes commettaient cette faute de goût de nos jours, mais ils appartenaient tout à la même catégorie : les parvenus, qu’ils soient nobles ou simples bourgeois. A titre tout à fait personnel, je dois ajouter que cet élément a toujours été le point faible de mon éducation, aussi préfère-je porter des tenues sobres afin de ne pas paraître ridicule comme l’était cet homme. Il ressemblait à un Barpau qui se serait pris pour un Millobellus. Mais il était plus que probable qu’il s’agît de l’homme que voulais rencontrer : le propriétaire de l’auberge. Non loin de lui, je reconnus le serveur qui nous avait accueillis, Prayasi et moi. Encore mieux. M’avisant que la jeune fille aux yeux de rubis était saine et sauve, je me dirigeai vers cet home dans l’espoir d’obtenir une petite explication. D’emblée, il s’en prit à moi :

« Vous ! Je vous reconnais ! C’est à cause de vous, tout ça ! C’est à cause de vous et de votre greluche si mon auberge brûle ! Je l’ai vu ! Le feu est parti du box que Rill vous avait indiqué ! dit-il en désignant son serveur

-Justement, répliquais-je en gardant mon calme, concernant cette affaire délicate…

-Affaire délicate ! Une AFFAIRE DELICATE ? Vous savez combien coutent les réparations dans un établissement comme le mien ?! Vous venez de me faire perdre 6 mois de bénéfices ! Au minimum !

Vu la taille et la relative sobriété du box que j’avais loué, je doutais fort de la véracité de ses propos. Mais il n’était pas encore temps de le lui faire remarquer.

-J’espère que vous avez de quoi payer ! Rill m’a dit que vous l’aviez grassement rémunéré pour son service, mais je peux vous garantir que ce que vous me devez n’a rien à voir avec un ridicule pourboire !

-Sans vouloir vous offenser, sur quoi basez-vous vos accusations ?

-Sur quoi ?! Mais vous étiez seul dans ce box, avec votre copine ! Rill lui-même vous a conduit là-bas ! Et il était le seul à vous savoir là ! C’est grâce à lui que j’ai su qu c’était vous, les saligauds qui ont brûlé mon auberge !

-Vous a-t-il également fait savoir que deux hommes armés ont fait irruption dans notre salle de façon fort peu courtoise ? Et que ces messieurs avaient l’intention de m’envoyer rejoindre Arceus plus rapidement que prévu ?


-Que ? Quoi ? Comment ? Que dites-vous ? Des hommes armés ? Ridicule ! Comment osez-vous ? Jamais Rill n’aurait laissé des hommes pareils entrer dans MON établissement !

-Que vous me croyiez ou non importe peu. Je sais ce qu’il s’est passé. Ces deux hommes nous ont attaqués, cette jeune fille et moi et je vous affirme que le feu s’est déclenché accidentellement pendant la bataille qui a suivi.

-Et pourquoi devrais-je vous croire vous plutôt que mon employé ? dit-il en désignant son serveur d’un hochement de tête. Regardez-vous ! Vous essayez de vous faire passer pour un gentilhomme mais on voit, rien qu’à vos vêtements d’artisans que vous n’êtes qu’un minable. Qui êtes-vous hein ? Un boucher ? Un poissonier ? Qu’est-ce qui vous autorise à me parler de la sorte ? Pourquoi devrais-je mettre en doute la parole d’un homme honnête et intègre qui est à mon service depuis bientôt 3 ans.

-Pour ceci », répondis-je simplement en sortant de ma poche un petit objet noir. Le propriétaire de l’auberge incendiée le reconnut aussitôt pour ce qu’il était. C’était un des sceaux de ma famille. Comme tout noble, j’en possédai deux. Le premier était le sceau officiel de ma famille, le second était officieux. J'avais pris seulement le dernier avec moi. Le regard de l’homme me montra qu’il savait à qui il avait à faire. Une lettre ornée de cet emblème envoyée à la bonne personne et il fermerait bientôt boutique… De plus, ce sceau ne comportait pas le nom de ma famille. Ainsi, seul un petit nombre de personne pourrait être en mesure de l’identifier. Mais pas n’importe lesquelles…

-Voici l’arrangement que je vous propose, et vous savez aussi ben que moi que vous n’êtes pas en mesure de négocier. J’envoie une lettre ornée de ce blason à mon domicile. D’ici une semaine, vous recevrez la somme de 300 pièces d’or. C’est largement assez pour couvrir vos réparations et les pertes occasionnées, ce me semble. D’après ce que j’entends, le feu vient d’être maîtrisé. Je puis donc espérer que votre préjudice ne sera pas trop important. En échange, je vous prierai d’oublier les désagréments que nous vous avons causés, mon amie et moi-même. Et je désirerai une seule autre chose : qui étaient ces hommes ? Et pourquoi étaient-ils là ? »

LE propriétaire, dont les affaires n’étaient pas au beau fixe, m’apprit qu’il connaissait les deux hommes qui m’avaient attaqué. Ils étaient à la solde d’un certain chef de gang, un certain Jack, dont l’emblème était un J noir que ses hommes se tatouaient sur le corps. Ce gang était de plus en plus réputé dans la ville pirate de Tarouga, d’où l’opulence de ses deux membres qui fréquentaient régulièrement son auberge. Et les affaires déclinantes l’avaient poussé à accepter ses deux bandits dans sa clientèle. Mais eux ne venaient pas de Tarouga. Ils avaient élu domicile dans une base avancée d leur gang situé près du temple du volcan, dans une caverne. Comment mon interlocuteur savait-il cela ? Apparemment, les deux hommes qui avaient brulé se livraient souvent à des confidences forts maladroites lorsqu’ils avaient trop bu…

Y-avait-il un lien entre l’homme mystérieux et ce gang ? Peut-être pas, mais c’était la seule piste dont je disposai. Après l’avoir salué mon malheureux hôte, je passai à la poste Roucool du village pour envoyer la fameuse lettre. Yuu pourrait régler cette trivialité sans le moindre souci. Pour finir, je rejoignis Prayasi, à qui j’avais donné rendez-vous. Même si mon anonymat avait été en grande partie préservé, le gang de Jack, au minimum, savait qui j’étais réellement. Il devenait trop dangereux pour elle-et pour quiconque-de cheminer avec moi. Aussi lui fis-je mes adieux en ces termes :

« Bien, mademoiselle, c’est ici que nos routes se séparent. Je suis navré de vous avoir causé de tels ennuis mais sachez que j’aurai grand plaisir à vous revoir et j’espère que notre prochaine rencontre se déroulera sous de meilleures auspices. Puisse la lumière du phénix vous guider dans votre quête ! A très bientôt, je l’espère, Mademoiselle Prayasi »

Et après l’avoir une dernière fois saluée en y mettant les formes requises, après un dernier câlin entre Yuko et la jeune fille, je repris ma route, seul, vers le temple du volcan. Le feu… Il avait encore emporté quatre êtres aujourd’hui… Mais ce n’était pas des innocents. Et puis, j’avais appris une leçon importante aujourd’hui, ne pas savoir maîtriser mon don ne me donnait pas le droit d’en avoir peur. Tout n’était qu’une question de maîtrise, au final . Et c’est à une gamine qui semblait ignorer le sens même de la mort et de la peur que j’avais appris cela cela… Repenser à la jeune fille au Magby me fit sourire. Emballée par ma soudaine bonne humeur, Yuko poussa un petit aboiement joyeux. Non, je n’étais pas seul. Oui, mon chemin serait encore long et difficile, mais ma quête ne faisait que commencer… et puis, j’avais toujours Yuko à mes côtés !

[Fini pour moi! Je te laisse conclure!]

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Re: [ Clos ] Une question de maîtrise [Prayasi]

Message par Prayasi Gunaguna le Dim 30 Mar 2014 - 0:51

Voyant que le vieil homme se dirigeait vers un gros bonhomme et le serveur qui avait pris leurs commandes, Prayasi fit la moue. Haussant les épaules, elle reporta son attention sur le feu qui mourait doucement.

« Wah, c’est quand même beau toutes ces flammes ! T’es pas d’accord, Kôyalâ ? »

Le caneton ardent soupira en levant les yeux au ciel. Elle semblait avoir totalement oublié qui était la responsable de cet incendie, et donc la source des problèmes que Sylver s’affairait probablement à régler auprès de celui qui semblait être le propriétaire de l’auberge. Il était pourtant habitué à sa naïveté flagrante et à sa capacité de concentration aussi élevée qu’un Magicarpe dans un bocal… Plus d’une fois, il se disait que la jeune femme à la mentalité de petite fille ne pouvait plus le surprendre. Et à chaque fois, elle lui avait aussitôt prouvé le contraire, en se mettant dans les situations les plus improbables ou en sortant des âneries à faire passer un Ramoloss pour un être supérieur.

Prayasi parut même déçue en voyant que le feu était déjà maîtrisé, et que les dernières langues enflammées mouraient sous les assauts des pompiers improvisés. Elle avait complètement oublié que son joli feu de joie, comme elle l’avait appelé, avait coûté la vie à quatre êtres. D’accord, ils l’avaient cherché, le jeune Magby en convenait, mais tout de même ! Elle aurait pu afficher une mine moins réjouie que ça ! Surtout que, généralement, c’était cette attitude-là qui leur faisait avoir des ennuis, à réagir dans le contraire du bon sens. Et à chaque fois, c’était lui, Kôyalâ, qui devait la sortir du pétrin dans lequel elle s’était fourrée…

Soudain, le caneton aux plumes embrasées sentit qu’on le soulevait de terre, et que son dos se retrouvait contre des espèces de coussins. Il redressa la tête, pour rencontrer le regard rubis pétillant de sa dresseuse.


« Hey, Kôyalâ ! Quand on aura retrouvé M’sieur Illumino, faudra qu’on lui montre aussi un feu de joie, hein ? » Annonça-t-elle comme si elle venait d’avoir l’idée du siècle. « Chuis sûre qu’il serait super content, si je lui montrais ça comme cadeau ! »

Le Magby esquissa une grimace sceptique. Bien entendu, il n’avait pas le moindre doute que cet homme, s’il existait, raffolerait de ça. Si, comme la jeune femme lui avait raconté, il avait tué de sang-froid trois personnes, il y avait fort à parier qu’il apprécie lui aussi une chose aussi puérile… Arceus qu’elle était naïve.

Mais déjà, le conteur itinérant revenait vers eux. Kôyalâ put lire un certain trouble sur son visage marqué par le temps. Pourtant, ce fut avec son entrain habituel qu’il s’adressa une dernière fois à la jeune femme.


« Oh, tu pars déjà, M’sieur Sylver… ? C’est dommage, j’m’amusais bien avec toi… »

La gamine au corps d’adulte, triste, s’accroupit pour caresser une dernière fois le chiot à ses pieds, tandis que Kôyalâ, qui avait été reposé au sol, remerciait le vieil homme pour sa précieuse aide à l’auberge. Chose que Prayasi n’aurait jamais pensé à faire.
Le duo les regarda s’éloigner en leur faisant signe de la main… Puis, d’un seul coup, la Flamenoise se tourna vers son partenaire.


« Allez Kôyalâ, on a assez traîné pour aujourd’hui! En route pour Tarouga ! »

Elle avait déjà oublié sa tristesse due à sa séparation avec Yuko.
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