[ Clos ] Il n'est de vérité que la direction du vent...

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[ Clos ] Il n'est de vérité que la direction du vent...

Message par Aëlunem le Dim 28 Déc 2014 - 23:30

Le froid se rapproche..
L'Hiver débutant, il semblait avisé de revenir en ville quelques temps. Seulement, que ne fut pas ma surprise quand je croisai une bande de mercenaires aux portes de Payan... Armés de la tête aux pieds, en passant par leur rictus malfaisant, cinq hommes aux environ du mètre quatre vingt s'avançaient vers la ville. Leurs visages m'étaient totalement inconnus. Pourquoi étaient-ils là ? Payan se méfiaient généralement de ce genre d'individus. Leur présence n'annonçait rien de bon.

Le vent berçait doucement mes cheveux tandis que Louveteau se reposait au creux de mes bras. La route avait été longue depuis la forêt des chats. Le givre s'était à plusieurs reprises déposé dans sa douce fourrure tandis que ses bronches s'emplissaient d'une fatigue gelée. Je ne pouvais décemment pas le laisser marcher dans cet état, je le pris donc dans mes bras et le serrai contre mon poitrail, espérant lui apporter un peu de chaleur. Le peu de chaleur que j'étais capable de donner à un autre être vivant.. J'avais marché toute la nuit. De toute manière, je n'étais pas capable de dormir. J'étais bien trop occupé, dans mes pensées, à de vagues projets. Je n'étais pas revenu en ville uniquement pour reprendre des provisions et de quoi me vêtir. J'étais revenu pour me préparer à un voyage des plus périlleux, surtout en cette saison. Avant tout, je devais comprendre ce qui se tramait en ville avant de repartir. Bien que je n'y étais pas tellement attaché, ce lieu était le seul point sûr pour moi, et une quelconque dégradation aurait été mauvaise pour mon bien. Sans cette ville, je ne donnais pas cher de ma peau quand la température se serait immergé sous la barre des -10°C. Non pas que je fusse frileux à un moment de ma vie mais j'étais humain et je ne pouvais résister la nuit avec pour simple protection une fourrure et des vêtements de cuir, mon corps ne pouvait pas fournir suffisamment de chaleur et pour moi, et pour Louveteau qui commençait lui aussi à pâtir de la saison.

Entrant derrière les hommes louches dans la ville. Je ressentis émaner d'eux quelque chose de malsain. Ils ne cachaient visiblement pas leurs mauvaises intentions, du moins, leur mauvaise considération de Payan... Je ne détachais pas mon regard de ces types qui m'inspiraient de la crainte et de la colère. je détestais par dessus tout cette culture de la violence dont ils dégagaient l'effluve métallique... Je notais un certain mépris dans leur yeux quand ils me remarquèrent. Visiblement, je ne leur inspirais pas quelque chose de bon non plus. Ils ne se firent pas discrets lorsque le plus grand amorça une discussion avec les autres :

"Qu'est-c'c'est qu'ce p'tit gamin là ? Y nous veut quoi vous croyez ? J'en f'r'ais bien mon quatre heure, pour sûr.

-Chef, j'crois qu'il en a après vos lames. Ce regard, j'vous l'dis et j'vous l'assure, c'est celui du gosse des rues, celui du p'tit voleur du Dimanche !, lança le deuxième avec un éclat de fierté dans la voix.

-Mais non, andouille.. Tu l'as vu c'gringalet ? Tu crois vraiment qu'y nous veut queq'chose ? Du haut d'ses même pas un mèt'quarante, il f'rait pas d'mal à un chenipan..., se mit à rire le premier.

-Chef, moi j'crois qu'il est un peu trop curieux ce gamin, j'aime pas les mioches dans son genre, r'gardez ses yeux, il se prend pour un caïd, que d'chi qu'il tourne les talons si on l'menace, essayez donc Chef !, s'enquit le troisième. "


Le "Chef" de leur bande se décida alors à m'approcher, pensant probablement m'effrayer en retroussant ses...crocs. Je restai de marbre face à l'individu. Ma neutralité en agaçait plus d'un, mais que faire quand je ne ressens pas l'envie de déguerpir ni de combattre ? J'affronte de ma stature les épreuves, même si elles me coûtent quelque chose, je suis ainsi.

"Hey gamin, t'nous veux quoi à mes hommes et moi ? T'as queq'chose à nous dire ?

-Pourquoi aurais-je quelque chose à vous dire ? Nous ne nous connaissons pas. Votre présence m'insupporte seulement. Des lames en Terre Nalcienne. C'est indigne. Je ne ressens aucune considération de votre part pour mon pays, aussi que faites-vous ici ? Je me le demandais, bien que la réponse soit aussi utile que votre existence, je le devine...

-Hey l'mouflet, t'crois étonner qui avec tes p'tits mots ? T'penses pouvoir nous insulter avec tant d'outrecuidance et t'en sortir ? T'as interêt d'pas être un lâche parce que moi et mes hommes, nous n'avons cure de ton statut d'faible. Tu vas goûter notre colère et ce sera la dernière saveur dont ton palais va s'enquérir !

-Voilà. Des menaces. N'avez-vous que la violence à la bouche ? Serait-ce elle qui vous a dégarni de la plupart de vos dents ? Je ne me souviens pas vous avoir insultés à un quelconque moment. Je ne fais que constater, et que dire d'autre quand on croise un malosse que de dire que l'on croise un malosse ? Depuis le début, vous dites que je suis un "gamin", un "mouflet", un "gosse". Qu'en savez-vous ? Est-ce vraiment digne d'un, je le suppose, mercenaire que de sous-estimer autrui ?  "


Le type se mit à rire et ses hommes suivirent. Il s'approcha un sourire hargneux accroché aux lèvres. Il dégaina un poignard d'une vingtaine de centimètres et le plaqua sur mon cou. Je ne bougeai pas d'un poil. Soutenant son regard de mes yeux froid, je n'esquissai pas non plus un quelconque mouvement sur mon visage. L'homme se figea. Nous restâmes ainsi une bonne minute. Je ne tremblai pas, pas plus que je n'émis un signe de capitulation. C'est alors que l'homme s'écarta de moi et rejoins ses hommes. Il ne se retourna pas quand il m'adressa cette parole :

"Mon p'tit gars, t'as beau être un p'tit prétentieux, tu assumes le tranchant de ta langue et j'apprécie. J'te laisse la vie sauve pour cette fois, j'suis p't'être un mercenaire mais pas un assassin. T'restes un gosse et j'pense que si tu gardes cet état d'esprit, on pourrait bien s'recroiser dans quelques années et s'affronter selon de vraies règles. Mais tâche de pas trop faire le mariole entre temps, j'aimerais pas avoir à r'gretter d'pas t'avoir tué d'mes propres mains. "

La tension qui était née de cet échange se fit ressentir par Louveteau. Il se réveilla quelque peu interloqué. Je l'informai de la situation. Il se blottit contre moi, comme pour me montrer son soutien. J'entrai dans la ville. La situation était quelque peu en désordre. Des villageois couraient ça et là en transportant des statuettes. J'imaginais qu'ils préparaient un rite pour Lugia en raison de cet Hiver qui s'annonçait plus que glacial. Ce qui n'expliquait toujours pas l'arrivée de mercenaires en ville.. Toujours est-il que je devais me procurer de quoi préparer mon voyage. J'hésitais depuis déjà plus d'une semaine sur ma destination, et je décidai que celle-ci s'incarnerait dans le Froid Pays qu'était Mizuhan en cette période. Je ne savais pas pourquoi mais j'avais l'impression que c'était là-bas que je devais me diriger mais avant ça, je devais traverser tout Nalcia du Sud au Nord et passer par les voies maritimes. De ce fait, je devais qu'enquérir de suffisamment de cordes pour construire de quoi naviguer entre Nalcia et Mizuhan, de suffisamment de vivre pour supporter le voyage, ainsi que de quoi me vêtir et de couvrir Louveteau car Mizuhan s'avérait étonnament rude l'Hiver.

J'arpentai les rues jusque chez mes artisans habituels. J'achetai ce dont j'avais besoin et décidai de ne pas traîner trop longtemps en ville. Ces mercenaires avaient attisé ma curiosité mais s'ils étaient capables de ravaler leur fierté devant un jeune garçon, je ne pense pas qu'ils avaient des intentions si nocives que ça. Je n'avais pas le temps de trop m'attarder sur le sujet de toute manière. Ainsi je me retrouvai prêt au bout de deux heures de préparation. Je décidai donc de me prendre au moins une nuit à l'auberge pour être au mieux de ma forme le matin de mon départ. Je payai la première moitié du coût de la chambre à l'aubergiste. Une garantie de notre commun bénéfice. Je montai. La chambre était petite, le lit étroit mais il semblait doux et confortable, du moins bien assez pour un vagabond de ma trempe. Je serrai Louveteau contre moi, fermant les yeux avant lui. Je m'endormis bercée par tant de chaleur.

Un écho ... Il m'appelle
"Aëlunem... Ne pars pas... Le vent est ton allié. Suis le vent.. suis le..."
L'écho s'étouffe... Qu'était-ce donc ?
Que... Créhelf se trouve là devant moi. Il me parle, je n'entends rien...
"..."
L'écho revient...
"Aëlunem, suis le vent. Ne t'égare pas. La vérité, tu la sauras, quand la Lune touchera le flanc de l'onde. "
Mais que... ? Je ne comprends rien. Créhelf, qu'est-ce que tout ceci ?
"..."
Créhelf se retourne. Il part. Je cours après lui mais je n'arrive pas à avancer. Mais que dois-je donc faire ?!
Ah..
L'écho s'estompe dans l'obscurité..
"Aëlunem, mon enfant...suis...vent...vérité..."

Je me réveillai. Qu'était-ce que ce rêve ? L'aube était là, fraîche et pure. je m'étirai tout en étant sous l'effet troublant de ce rêve. Que voulait-il dire ? Que signifiait cela ? Créhelf tentait-il de me délivrer un message ? Ou était-ce uniquement le fruit de mon imagination ? Suivre le vent.. Mais, n'avais-je pas déjà l'intention de le suivre en me dirigeant vers le Nord ? Ou bien, était-ce la prédiction de changements ? Je ne savais que penser, et me trouvant devant une impasse, décidai d'entreprendre tout de même mon voyage. Si ce rêve tentait de m'apporter quelque chose alors il reviendrait...
Je réveillai Louveteau qui était resté endormi, vibrant du confort de ce lit. Le dernier lit que nous fréquenterions avant un long moment.
"Mon grand, c'est l'heure d'y aller. En route pour Alfen, notre première grande étape. Une fois là-bas j'aviserai. ne te prive jamais de m'avertir si tu es mal, je n'entreprends pas ce voyage pour te causer du tort. Maintenant, viens dans mes bras, je t'entourerai de la fourrure que j'ai achetée pour toi, tu peux te rendormir si tu le désires. "

Je payai la deuxième moitié à l'aubergiste pour la chambre et pris le chemin Nord de la ville, enfouissant mon visage dans un semblant d'écharpe teinte de rouge et mes cheveux à l'intérieur de ma cape pour ne pas qu'ils gèlent. Une plume de cornèbre annonçait mauvaise augure. Mais mon voyage commença...



_________________
[...] Et son souffle glacé expirait les relents de la mort tandis que j'enterrais mon humanité. Qu'il est sot, celui qui pense s'échapper, de son vivant, aux douces griffes du Tourment, à l'infâme pestilence de son âme qui se perd dans les ténèbres. Ce corps entre la vie et la mort me rappelait ce choix que je fis un jour, ce choix qui, depuis, me guide tous les jours, toutes les nuits, qui m'étreins si bien qu'il m'étouffe, qui me murmure à l'oreille : "Liberté". Que les moines m'en témoignent, jamais je n'aurais attenté à la vie si ce n'est pour la sauver elle-même. Je suis au service des éléments qui nous bercent. Cet homme qui s'éteint devant moi et dont les vices n'ont pas abrégé la souffrance. Je ne lui viendrai pas en aide. Je le jure au nom de la Connaissance toute puissante elle-même. Je suis le vagabond du ciel, c'est mon devoir de suivre le vent, non pas de le soumettre. Cet homme mourra de ses erreurs, et je vivrai malgré le souvenir funeste qu'il deviendra en ma mémoire.[...]
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