[ Clos ] [Ferme Mahō] Et elle plongea dans les abysses

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[ Clos ] [Ferme Mahō] Et elle plongea dans les abysses

Message par Anthere Osarian le Mer 2 Sep 2015 - 17:44

Enivrée par la réussite de son examen, la réussite d'une épreuve, qui constituait quand même une étape importante et que tout le monde n'était pas disposé à réussir, Anthere rentra finalement chez elle. Cela faisait maintenant des semaines qu'elle se sentait harcelée par des lettres incessantes, lui demandant de rentrer. Son voyage n'était pas terminé, mais hélas, elle était obligée de repasser à Arkan, ce qui la forçait par la même occasion de rentrer à la maison. Pour tout dire, elle n'avait aucune envie de le faire et d'ailleurs, malgré les protestations de ses parents, elle repartirait ensuite. Cette courte halte, lui permettrait entre autre de retrouver Persik, car après quelques jours d'absence après son coup de tête, elle se laissa facilement convaincre par une petite voix qu'il était probablement rentré à la maison, la seule qu'il connaissait. Joyeuses, Anthere rentra à Arkan et passa au Bureau des Admissions d'État de l'Armée Mizuhanaise et déposa son titre. Elle était donc officiellement un Défenseur. Ce certificat en poche, elle pouvait donc prétendre à sortir enfin de cette vie de paysanne et quitter la ferme !

Sa joie fut de courte durée, pourtant. En rentrant à Maho's Farm, le beau sourire qui s'étalait sur son visage, disparu. Était-elle bien chez elle ? L'herbe était grillée, la terre à nue en plusieurs endroits. L'unique enclos n'était plus vraiment délimité et la serre, la maison ! Son cœur rata un battement, lui donnant l'impression de plonger dans les abysses. La serre était complètement détruite, ne croyant pas à ce qu'elle avait sous les yeux, Anthere quitte le chemin de terre et traversa l'enclos, qui n'était pour ainsi dire, plus que terre battue. La serre avait volé en éclat, es poutres jonchaient le sol, il y avait encore, en certains endroits, des éclats de verre. Les tables n'existaient plus et il n'y avait plus aucune plante. Au fond, Anthere vit la niche du Bulbizarre, plantée d'une grosse poutre morcelée. Prise de panique, elle sortit et se rua vers la maison, qui n'avait pas non plus fière allure. Elle était certes en meilleur état que la serre et tout le reste, mais elle avait été rafistolée en plusieurs endroits et il en manquait une grande partie. Anthere sauta sur la terrasse en bois, légèrement relevée au-dessus du sol et arracha presque la porte en l'ouvrant à la volée.

Le regard désespéré et si jamais elle ne trouvait personne dans la maison ? Les larmes lui montèrent aussitôt aux yeux et elle ressentit de la peur. Elle n'était pas revenue, faisant la sourde oreille… Et si maintenant elle revenait… Trop tard ? La porte s'ouvrit à l'arrachée et un homme, assis sur un fauteuil, lisant un journal, sursauta, se tournant automatiquement vers la porte, il y eu un bruit de pas précipité et la silhouette d'une femme apparut, tout juste à droite d'Anthere. Le panneau s'était ouvert d'un coup, faisant sursauter à son tour la jeune femme. Tout le monde parla en même temps. Anthere, choquée, Valériane et William surprit de revoir leur fille après de longs mois de silence. Visiblement, tout le monde était surprit de se retrouver en vie. Il y eut un grand vacarme, car bien qu'ils ne furent que trois, ils parlèrent tous en même temps, montant le ton, pour s'excuser de ne pas être rentrée plus tôt, pour dire qu'elle aurait pu donner des nouvelles, qu'ils étaient morts d'inquiétude en pensant que… Mais personne ne parvint vraiment à finir ses phrases, coupés par l'un ou l'autre et ne comprenant finalement rien à ce que chacun disait.

Une heure plus tard, à table, il faisait nuit et le silence tombait sur les débris de la ferme. Anthere avait redécouvert la maison, qui n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait connu.

« Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda t-elle, las et triste. Ses parents se regardèrent, mais ce fut Valériane qui prit la parole. Du moins, elle commença une phrase… Et William prit le relais. Anthere s'aperçut alors qu'ils avaient tous les deux la mine abattue et qu'il avait l'air fatigués.

« La ferme a été pillée il y a plus d'un an, nous avons perdu beaucoup de chiffre d'affaire et les réparations ont pris presque toutes nos économies, mais nous avions réussi à redresser l'affaire… Jusqu'à il y a quelques semaines. Nous avions peur que tu te sois fait tuer à ton tour, comme beaucoup de personnes dans la région. Les Pokémon ont subitement perdu la raison, en prenant une forme d'évolution inconnue. On nous a dit que c'était à cause de Mewtwo, après coup.

Comme tu le sais, il y a beaucoup de Kangourex ici, un troupeau a déferlé ici et ils ont tout ravagé. Ta mère et moi, nous nous sommes réfugiés sous la terrasse, nous ne pouvions rien faire d'autres. »

« Les soldats… Les soldats n'ont rien fait ? »

« Anthere… »
Dit William avec un sourire désabusé, « la ferme est loin de tout, même Yiling n'a reçu aucune aide, alors la ferme, tu penses. »

« Nous avons reçu quelques vivres après la catastrophe. » Dit sa mère, le ton bas, tout en essuyant la vaisselle. »

« Nous n'avons plus rien Anthere, ce qui nous reste, a déjà servi pour réparer un peu la maison, disons, la partie utile. Nous avons aménagé le reste et déblayé ce qui n'était pas réparable. »


La jeune femme était atterrée. Pendant ce temps-là, elle voyageait pour son propre agrément à travers Terros, avec de l'argent qui aurait pu servir à quelque chose d'utile… Le reste de la soirée, ne fut pas plus gai. Tout le monde était très silencieux, le poids de cette situation, de cette nouvelle, de la culpabilité que ressentit Anthere, la découragea à prononcer le moindre discours encourageant, elle qui était pourtant une optimiste… Non, ils n'avaient plus rien, ils étaient pauvres et l'un des deux Doduo servant aux transports de leurs marchandises, avait été éventrés par une barrière, défoncée par les Méga-Kangourex. C'était horrible. L'autre s'était enfui et n'avait plus jamais reparut. Seul le Bulbizarre avait réchappé de cette attaque soudaine, mais depuis, il refusait de sortir de la maison. Après un silence qui dura une éternité, alors que tous, harassé de fatigue, se préparait à aller se coucher, Anthere fit tout de même savoir, ce qu'elle considérait comme une bonne nouvelle, elle était non seulement dresseur professionnel, mais aussi officiellement, Défenseur de l'Armée de Mizuhan. Elle fut très déçue, car ses parents n'eurent pas du tout la réaction attendue.

« Et tu espères qu'on te confiera des Pokémon et des missions ? Soit réaliste, tu as perdu un Pokémon qui a ravagé une auberge et tu as été obligée de donner ton Medhyena. Et puis… Soldat, tu penses vraiment que tu as ce qu'il faut pour ça ? Personne ne te confiera quoi que ce soit, tu n'as pas l'étoffes d'un soldat, personne ne formera une paysanne à ça. Oublie cette idée, maîtriser les éléments ne te seras d'aucune utilité pour travailler à la ferme. »

Anthere se sentit désarmée et s'apprêtait à répondre.

« Tu seras beaucoup plus utile ici et pense à donner tes Pokémon, nous n'avons pas les moyens de les nourrir. »

Anthere ne pouvait pas répondre, elle avait été élevée dans le respect des valeurs familiales et elle savait que maintenant, elle ne pouvait plus rien. Il aurait fallu qu'elle ne revienne jamais, pour avoir la liberté et faire ce qu'elle voulait vraiment. En montant se coucher ce soir-là, elle se sentit tellement à bout émotionnellement, qu'elle ne put s'empêcher de pleurer jusqu'à l'aube.  Ce furent malheureusement ses larmes, qui accueillirent le petit du Gardevoir. L'œuf se mit à luire, puis à se briser, en ressentant les émotions pénibles et puissantes qui résonnaient contre elle. Mais l'aube était aussi l'heure où déjà, on l'appela pour commencer ce qui serait désormais son quotidien. Le travail des terres.
● ● ●

Anthere n'avait pas donné ses Pokémon. Elle était entrée en conflit avec ses parents de nombreuses fois, mais chacun d'eux avait trouvé leur utilité, empêchant donc les parents d'Anthere de prendre les grands moyens pour les donner. Persik n'avait pas reparut. Le train-train quotidien avait embourbé Anthere, qui n'avait plus eu le loisir de penser à autre chose qu'au travail à la ferme, il y avait tant à faire et chaque fois de nouveaux déboires qui les faisait repartir plus ou moins à zéro… Entre-temps, le travail de toute une vie s'était envolé et Valériane n'avait plus les moyens de relancer sa serre exotique, pleine de toutes les plantes imaginables, pour l'agrément ou les soins. Il avait fallu se résigner et tenter de reconstruire quelque chose a leur portée… Ils s'étaient d'avantage endetté pour acheter un début de troupeau de Wattouat. Valériane n'aimait pas cette nouvelle activité, mais William n'avait cessé de réconforter sa femme, en assurant que c'était la seule façon de s'en sortir. Il avait hélas raison.

Un an plus tard, les Wattouat avaient permis d'améliorer leur situation. La maison n'avait certes pas été agrandie, mais elle avait pu être réparée convenablement, le confort était simple et on ne pouvait pas ignorer se trouver dans une famille paysanne pauvre, néanmoins, les Osarian avaient un toit et plusieurs repas par jour, ce qui avait constitué un grand progrès. Ils devaient toujours se débrouiller pour réussir à avoir de quoi vivre, mais les moutons les y aidaient. Grâce aux Pokémon d'Anthere, l'enclos était de nouveau vert à l'herbe haute et tendre, car la Phyllali et le Marill avaient pris un soin tout particulier pour faire revivre les pâtures autour de la maison. Les Wattouat ne s'en portaient que mieux, fournissant une épaisse toison que William pouvait tondre et que Valériane pouvait filer. La serre aurait été trop chère à réparer et fut transformée en étable… Néanmoins, Anthere avait eu à cœur d'en faire quelque chose de beau, en travaillant le bois aussi bien qu'elle le put, s'aidant de la maîtrise de ses pouvoirs de l'eau et psychiques. Alors, même si elle était simple et rustique avec son bois brut, elle était jolie et le soleil qui s'engouffrait par les ouvertures lui donnaient un air chaleureux. De toute la ferme, c'était l'endroit que préférait Anthere.

C'était aussi l'endroit où logeaient ses Pokémon, seul le Natu restait toujours collée à la jeune femme et était une aide précieuse pour l'empêcher de se laisser envahir par le désespoir, surtout ces derniers temps, qui semblaient vouloir la submerger dans une mer de chaos. Et pour cause… Ses parents voulaient la marier au plus vite. Ce que bien entendu, elle ne voulait pas… Mais Anthere n'avait plus son mot à dire pour rien, dans certaines régions il n'était pas rare qu'il ne soit pas bon d'être une femme. Ses parents régissaient sa vie et c'était normal, par ici. Autrement dit, si d'ici « très vite » elle ne trouvait pas quelque chose dans quoi s'engager, très loin de Mizuhan, elle serait mariée à quelqu'un que lui choisirait ses parents. De préférence, une famille aisée, ce qu'ils pouvaient espérer, car la jeune femme était plutôt jolie, malgré sa vie de paysanne. Mais pour elle, cette perspective était singulièrement horrible et elle attendait avec angoisse chaque nouveau jour. Pour ses parents, c'était le seul moyen de sauver leur fille de la pauvreté, mais elle ne voulait pas comprendre.

Évidemment, il n'avait pas été possible pour Anthere d'entraîner ses Pokémon, pour prouver à ses parents qu'elle pouvait le faire et pour se voir confier une mission (l'armée d'ailleurs, semblait l'avoir oubliée) et ils devaient eux aussi travailler dur. Le Ponyta était le plus souvent utilisé pour transporter les marchandises et depuis le pillage, le Nidoran était un parfait gardien de convoi, bien que seule Anthere sache le faire obéir et l'empêcher de se battre contre tout et n'importe quoi. Les autres, travaillaient aux champs, pour entretenir la verdure, seule la jeune Tarsal n'avait pour l'instant aucune tâche assignée et c'était la Phyllali qui la gardait. Le Natu restait avec Anthere. Cette dernière, jouait les bergères, la plupart du temps et même une superbe démonstration de ses pouvoirs  n'avait pas convaincu ses parents. Anthere avait redonné vie à une rivière asséchée. Si seulement ils savaient, toutes les épreuves qu'elle avait pu affronter depuis toutes ces années, si seulement ils voulaient les écouter, ils pourraient alors avoir confiance en ses capacités…

Mais les jours se suivaient et se ressemblaient tous, monotones et Anthere ne voyait que la triste issue d'un mariage organisé, avec un homme dont elle ne connaissait rien, qu'elle n'avait jamais vu, qu'elle ne connaissait pas.

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