[ Clos ] The Darkness Within [Solo/Contrainte]

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[ Clos ] The Darkness Within [Solo/Contrainte]

Message par Edward Harris le Jeu 7 Avr 2016 - 0:18

[Contrainte n°1 : insister sur la description des lieux et des personnages]


Edward gisait, étendu au milieu du chemin de terre. Sans trop savoir par quel miracle, il était encore conscient, et, très honnêtement, il aurait préféré ne pas l'être, tant son corps entier le faisait souffrir. Des coups, il en avait reçu en plusieurs occasions, mais rien de comparable à la raclée qu'on venait de lui administrer. Il cracha un mélange de boue et de sang séché et parvint péniblement à tourner la tête vers Spike. Le Nidorino n'était pas dans un meilleur état que lui et tentait en vain de rassembler assez de forces pour tenir sur ses pattes. Derrière eux se dressait une entrée inutilisée des cryptes, qu'ils avaient cherché à protéger. Là où, au coeur de la ville, les souterrains s'étendaient derrière d'immenses portails en fer ouvragé, dont certains étaient ornés de bas-reliefs représentant des images de la catastrophe d'il y a deux ans, ou encore le Passeur, Giratina, l'entrée de cette partie désaffectée était fermée par une simple porte en bois vermoulu qui cachait un tunnel à peine consolidé, bien éloigné des couloirs de pierre qui constituaient les parties utilisées de la crypte.

Spike écumait de rage. Le Pokémon refusait de s'avouer vaincu, malgré les blessures sérieuses que son adversaire lui avait infligées. Il perdait du sang d'une plaie à la tête, ce qui l'empêchait de voir correctement de son œil gauche, et la douleur insoutenable qu'il ressentait sur son flanc droit indiquait probablement une ou deux côtes fracturées. Alors qu'il essayait désespérément de se relever, un éclat de lumière dans la boue, à quelques mètres, attira son attention. Lorsqu'Edward avait été projeté au sol comme une vulgaire poupée de chiffons, le contenu de sa sacoche s'était répandu sur le sol. L'éclat en question provenait en réalité de la lumière de la pleine lune, qui se reflétait sur une pierre translucide… Celle-là même que le Terrosien avait trouvée dans la Cave de la Lune quelques années auparavant…

La journée avait pourtant plutôt bien commencé. Sur le chemin du retour vers I'Mai, Edward avait décidé de se rendre à la Nouvelle-Gilnéas pour y prendre un bateau qui pourrait le ramener rapidement vers son île natale. On lui avait annoncé une semaine d'attente avant le prochain départ. N'étant pas réellement pressé, le jeune homme avait décidé de se rendre utile. De toute façon, il n'avait pas trop le choix, il n'avait pas les moyens financiers de se payer une semaine dans une auberge du centre de la ville. Il s'était donc rendu dans les quartiers périphériques de la ville, là où les réfugiés venus de tout Erasia s'entassaient dans des abris de fortune fabriqués avec des matériaux récupérés ici et là : morceaux de bois, toiles rapiécées, pierres ramassées sur les chantiers de la ville et maintenues en place à l'aide d'un mortier improvisé… La pauvreté apportant, comme bien souvent, la maladie, les hôpitaux et dispensaires de fortune florissaient dans ces bidonvilles, afin d'apporter un minimum de soins à leurs habitants, et refusaient rarement un coup de main, surtout lorsqu'il venait de quelqu'un de compétent dans le domaine de la santé.

C'est ainsi que l'apothicaire trouva une place dans un quartier occupé en majeure partie par des réfugiés Flamenois. Les fortes pluies des derniers jours avaient transformé le campement en un bourbier immonde, mais les habitants ne semblaient pas s'en soucier outre mesure. De jeunes enfants jouaient dans la boue et la bonne odeur des épices de Flamen flottait dans l'air. L'hôpital avait été installé dans une partie désaffectée des catacombes. Le tunnel qui s'enfonçait dans les profondeurs menait à une salle circulaire dans laquelle on avait installé des couchettes en paille et tendu des draps pour créer des « chambres » pour les malades. Des torches installées dans des appliques murales répandaient une lueur orangée qui éclairait insuffisamment les lieux, obligeant le personnel soignant à utiliser des lanternes personnelles. Une seule et unique infirmière occupait les lieux, courant sans cesse d'un patient à l'autre, lorsqu'Edward se présenta pour donner un coup de main. Travailler entouré de Flamenois lui convenait très bien. Après tout, il avait passé plusieurs mois après la catastrophe à soigner les blessés et à participer à la reconstruction de Geffen.

La lueur de la lune sur la pierre avait quelque chose d'hypnotique, et Spike ressentait un besoin impérieux de s'en approcher, de se baigner dans cette douce lumière blanche. Cette nouvelle obsession lui conféra un regain de forces et il réussit à se relever avec difficulté. D'un pas hésitant, il commença à se diriger lentement vers la source de ce rayonnement envoûtant.

L'infirmière était une femme bien en chair d'une quarantaine d'années. Les pattes d'oie qu'elle avait au coin des yeux lui donnaient un air sympathique mais les poches sous ses yeux bleus, les rides de son front, et ses cheveux prématurément gris trahissaient l'inquiétude constante de celle qui en a déjà beaucoup trop vu. Mesurant une bonne tête de moins qu'Edward, elle parlait cependant d'une voix puissante et faisait montre d'une assurance qui lui donnaient une présence rassurante. Elle portait une simple tunique grise, serrée à la taille par une grosse ceinture de cuir, à laquelle étaient accrochées plusieurs sacoches contenant divers médicaments, compresses propres, bref, tout ce qui lui était utile en permanence ici, par dessus laquelle elle portait un long tablier qui avait dû être blanc, dans une autre vie. Elle prit le temps de lui proposer une tasse de thé avant de le mettre au travail. Elle lui expliqua qu'elle s'occupait du dispensaire avec un médecin, absent pour le moment, qui dirigeait réellement l'endroit. Elle envoya d'ailleurs un jeune garçon à sa recherche, dans la ville-haute, pour le prévenir de l'ajout temporaire du Terrosien à leur effectif.

Cette première journée s'était déroulée dans un calme relatif : petits bobos, examens de routine, et surveillance des patients dont l'état leur imposait de rester à l'hôpital. Alors qu'à l'extérieur le soleil commençait doucement à décliner, une clameur leur parvint de dehors. L'infirmière lança à Edward un regard inquiet et ce dernier se proposa d'aller voir ce qui se passait, lui intimant de continuer à s'occuper des malades. Dehors, deux hommes en armure, des Mizuhaniens à en croire leurs traits et leur accent, étaient en train de brutaliser une jeune femme, le premier la tenant à la gorge tandis que l'autre lui maintenait les bras derrière le dos. En apercevant le nouvel arrivant, ils lâchèrent leur proie pour lui faire face. Le premier, un peu plus petit que le Terrosien, possédait un visage fin et allongé qui le faisait ressembler à une fouine. Son sourire nar,quois et sa posture, un peu voûtée, lui donnaient des airs de conspirateur. Il avait des cheveux longs, rassemblés en queue de cheval, et une petite barbiche, de celles qui désignent à coup sûr les personnages sournois au théâtre. Son acolyte, une véritable armoire à glace, ne transpirait par contre pas l'intelligence. Son nez cassé  et ses cicatrices attestaient de nombreux combats, et ses yeux vitreux et globuleux donnaient à penser que ce n'était pas quelqu'un très doué pour les tâches intellectuelles. Une coupe au bol achevait de lui donner un air benêt et Edward eut quelques difficultés à ne pas se moquer de lui.

La distance entre le Nidorino et la pierre de lune diminuait peu à peu. Plus il s'approchait, plus il sentait la puissance de l'astre nocturne, et plus l'attraction qu'il exerçait sur lui devenait forte. Le pouvoir de la lune nourrissait sa colère, sa rage. Il n'était plus qu'à quelques pas, la puissance serait bientôt sienne...

Les deux Mizuhaniens semblaient avoir un problème avec la population Flamenoise de la Nouvelle-Gilnéas. Ce racisme affiché ne surprit pas vraiment Edward, dans une société hétérogène comme celle de la Nouvelle-Gilnéas , c'était voué à arriver, mais il sentit néanmoins la moutarde lui monter au nez. De plus, ils avaient également un problème avec le médecin responsable, qui leur avait, apparemment, manqué de respect. Lorsqu'ils lui demandèrent de les laisser entrer dans l'hôpital de fortune, il refusa et cassa net le nez de la fouine d'un coup de poing lancé sans sommation. Le grand attardé voulut accourir au secours de son compagnon mais fut stoppé par une charge de Spike dans l'estomac, qui le projeta au sol. C'est alors que la fouine fit appel à son Pokémon… Et que la situation prit une tournure des plus désagréables. Le Galeking envoya Edward au tapis d'un coup de poing au visage. Spike ne lui posa guère plus de difficultés, ses assauts étant facilement repoussés et les ripostes toujours violentes. Le duo était battu…

Il y était presque ! Quelques centimètres à peine le séparaient de l'objet de sa convoitise. Il sentait la puissance et la colère bouillonner en lui, prêtes à exploser, à infliger à ses ennemis le châtiment qu'ils méritaient. Il ne ressentait plus de douleur, seule subsistait la rage. Il baissa la tête pour atteindre la pierre qui refermait le pouvoir…

Une main inconnue se referma sur le joyau juste avant que Spike ne puisse le toucher. Le Pokémon poussa un grognement surpris, avant de s'effondrer, à bout de force.

_ Samsara, Pied Voltige ! lança une voix tonitruante sur la gauche d'Edward.

Un Kicklee surgit soudainement dans les airs et entra en collision avec le Galeking qui tomba lourdement dans la boue. Le Pokémon combat se réceptionna sur ses deux jambes après une pirouette, et attendit les instructions.

_ Vous commencez vraiment à me fatiguer. Sam', finis-le maintenant. Close-Combat !

Le Kicklee s'avança pour se placer à quelques pas à peine de son adversaire étendu, et se mit en garde, légèrement de profil, attendant que ce dernier se relève. A peine le dinosaure d'acier fut-il debout qu'il s'élança d'un pas chassé avant de le frapper à bout portant et en pleine face d'un coup de pied spectaculaire qui le fit littéralement décoller du sol et percuter son dresseur qui vécut relativement mal le choc avec ces quelques quintaux de roche et d'acier. Le deuxième, ayant récupéré de son choc avec Spike, fit mine de s'avancer mais le propriétaire du Kicklee vint à sa rencontre et le cueillit sans cérémonie d'un coup de pied au bas ventre qui le plia en deux, avant d'attraper son crâne et de lui fracasser la mâchoire sur son épaule. Il s'approcha ensuite d'Edward, à qui il proposa sa main pour l'aider à se relever.

Si l'un des agresseurs était une armoire à glace, le nouvel arrivant était un véritable colosse. Ses bras faisaient quasiment la taille des cuisses d'Edward, et ses épaules et trapèzes musclés lui donnaient un cou de taureau. Son crâne rasé à blanc brillait légèrement au clair de lune et son regard vif, son air sévère et son bouc mal taillé rappelaient au Terrosien un  propriétaire de taverne mal famée, du genre habitué à faire sortir manu militari de son bar les fauteurs de trouble. Il portait une simple chemise de lin blanche dont il avait retroussé les manches, par dessus un pantalon marron des plus classiques.

_ Bande d'emmerdeurs, fit-il en jetant un regard sur les deux Mizuhaniens. Profiter que je sois absent pour attaquer le quartier et essayer de saccager mon hôpital… Merci pour ta participation, gamin, même si tu l'as payé cher, tu les as empêchés d'entrer, le félicita l'homme en le rattrapant alors que ses jambes se dérobaient sous lui. Hola ! J'imagine que t'es notre petit nouveau à l'hôpital hein ? Moi c'est Bob Riggs, je suis le responsable. Je vais dire à Lorenta de te préparer une couchette dans un coin pour que tu puisses te reposer, on aura besoin de toi à la première heure demain.

Riggs ? Un médecin ? Cette brute ? C'était une blague ? En tous cas, Edward n'était pas en état de rigoler alors… Son nouveau patron l'aida à marcher jusqu'à l'entrée de la crypte où il appela l'infirmière. Avant de le laisser partir se reposer, il lui prit la main et y déposa la pierre lune ramassée sur le sol.

_ Tu devrais ranger ça, gamin, quelqu'un risquerait de se blesser.

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