[ Clos ] Morning Side [Peter]

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[ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Eeva Slanzar le Ven 10 Nov 2017 - 1:20


   
   
   

Morning Mist – Anthony Greninger


Après de longues péripéties, Eeva quittait le marécage de Gen’ei et n’en était pas mécontente. En fait, elle quitta la Forêt du Chat très rapidement et ce ne fut que lorsqu’elle était absolument certaine d’être seule, en pleine nuit, qu’elle céda à une envie difficilement répressible, qui la démangeait depuis un moment. Jetant un dernier regard autour d’elle, elle fit sortir ses Pokémon. Son équipe au complet se retrouva dans les plaines fraîches, pour une promenade nocturne qui n’était pas coutumière. Mais surtout, Zero avait enfin droit à un moment de liberté. Elle n’avait pas voulu le sortir tant qu’elle était dans la zone de Payan. Elle préférait rester prudente, révéler un tel Pokémon au grand jour… Avant que lui-même n’ait connaissance de la vraie vie, lu paraissait aussi hasardeux que dangereux. Quelque part, elle trouvait même son existence un peu cruelle : il n’était le descendant de personne et se retrouvait seul, aucun congénère, à qui se référer aucun parent sur qui s’appuyer. Un peu comme elle dans le fond. D’ordinaire, Eeva n’y pensait jamais, mais elle non plus n’avait jamais eu aucun parent et il lui avait fallut attendre de longues années avant de trouver « des congénères sur qui se référer », ce qui n’avait pas été sans mal, beaucoup de mal. Ou peut-être qu’elle n’avait trouvé les bons que bien plus tard encore.

Eeva caressait la fourrure de Zero. Ce masque lui faisait horreur, même si elle ne savait pas vraiment pourquoi, elle aurait aimé le lui arracher. Il n’y avait pas un Pokémon qui ne pouvait pas contrôler ses pouvoirs et Arène se voulait en être la preuve. Murmurant quelques paroles au Pokémon Multigénome, la rousse appliqua la paume de ses deux mains sur le dos du Pokémon. Elle pouvait sentir ses muscles tressailler, puis se détendre. Elle se hissa alors sur son dos et rapidement, la créature se mit à courir. Est-ce qu’il avait déjà galopé dans sa vie, où était-ce la première fois ? Il atteignait une vitesse honorable, ou au moins correcte, mais Eeva savait que le lourd masque ne l’aidait vraiment pas, question rapidité. En tout cas, elle était certaine d’une chose : il n’avait jamais galopé dans un espace sans barrière. Ses autres Pokémon durent rapidement se mettre au diapason pour ne pas se laisser distancer. Il n’y avait que le ciel d’un bleu nuit parfait, sans nuage, et un quart de lune qui éclairait la vaste plaine d’herbe haute, bleues elle aussi pour l’occasion, qui séparait la Forêt du Chat et les Monts Tempête. Eeva détacha ses cheveux et les laissa s’emmêler au gré de la vitesse. Un Feunard rose les distança, suivit de Cyanea et Hébès, qui se mesuraient l’un à l’autre dans une course très sérieuse.

La rousse n’eut pas besoin de tourner la tête pour savoir que Pyracantha restait avec Paeony, un peu plus en arrière et Dictame, bien plus haut au-dessus d’eux. Il n’y avait aucun risque de perdre ses Pokémon.  Faisant confiance à Zero, qui prenait un plaisir manifeste à cette grande galopade, elle ferma les yeux et se coucha contre son encolure.

Cette soif de liberté…
* * *     * * *

L’aube menaçait de poindre. La lune était toujours là, pâlissant à vue d’œil. Depuis quelques heures, ils avaient cessé de galoper et se trouvaient à présent dans les Monts Tempête. Si le hasard avait envoyé récemment Eeva dans une longue aventure, sa présence dans un tel lieu n’en était pas un. D’abord, elle ne s’était toujours pas résolu à rentrer au manoir, ce qu’elle aurait dû faire depuis longtemps. Ce n’était pas comme si elle l’ignorait, bien au contraire… Ça aurait été plus simple en  fait, mais comme beaucoup, elle avait attendu, repoussé et finalement, ça n’en devenait que plus difficile. Tous les prétextes étaient bons… Eeva ne pouvait pas se l’expliquer, mais elle trouvait infiniment plus facile de partir traverser la moitié du monde et braver tous les dangers dans une quête quelconque, plutôt que de faire face. Il fallait dire qu’elle se retrouvait, de son point de vue, dans une situation pas banale. Elle n’avait jamais aimé. Dans sa vie « d’avant », d’avant sa prise de conscience, d’avant son travail de Chercheur, d’avant l’Arène, elle n’avait jamais eu personne. Oh bien sûr et comme certaines femmes de ce milieu, elle avait eu la jambe un peu légère… Pour les questions … Pratiques. Mais c’était tout. Juste une question pratique.

Ce qu’elle trouvait bizarre, ce n’était pas tant la rencontre inopinée avec Peter sur le quai, après tout, ce n’était pas la première du tout qu’ils se rencontraient, mais plutôt l’enchaînement d’événements. Et Eeva ne pensait pas aux braconniers quand elle songeait à cela. Elle ne savait pas ce qui était le plus bizarre, qu’ils aient tous les deux eu comme un Fatal-Foudre, que ça se soit passé comme si c’était juste normal et sans question ou si elle semblait ne s’en rendre compte qu’après. Elle n’avait pourtant pas pu le louper. Après leurs aventures et son séjour, où ni l’un, ni l’autre, n’avaient été de tout repos, Eeva avait profité du domaine de Peter, avec une paresse totalement inhabituelle. Pas que le domaine… Elle se rappelait très bien, après une journée épuisante, elle qui n’avait pas l’habitude de prouesses physiques, de s’être couchée la première et d’avoir sentit sa présence à ses côtés. La chaleur de son corps aussi. Même si à ce moment-là, elle avait commencé à sombrer dans un sommeil profond, ce qui n’avait pas dû être trop long car elle ne se souvenait pas de grand-chose d’autre. … Si… Elle se souvenait de son étreinte et de s’être endormie sans difficulté. Elle qui était toujours sur le qui-vive, à écouter le moindre bruit inhabituel. Mais là non. D’ailleurs, est-ce que c’était à partir de là qu’elle avait commencé à guérir pour de bon ?

Zero poussa un cri rauque en tournant vers elle son énorme tête. Eeva battit des cils et regarda autour d’eux. Il ne savait plus où ils devaient aller. Eeva descendit et flatta Zero. A vrai dire, elle-non plus. Cette petite escapade entre ces tombes était encore une fuite en avant. Encore une excuse. Eeva en avait d’ailleurs encore une autre : elle voulait un nouveau Pokémon pour son Arène. De temps en temps, elle estimait qu’il fallait se renouveler, son équipe actuelle devenait un peu trop connue. Eeva se laissa glisser du dos de Zero et guider par ses dons. L’ambiance était lourde de ce point de vue, mais aujourd’hui, cela ne l’atteignait pas, elle s’en moquait totalement. Par contre, Zero y semblait sensible, en tout cas, il ne paraissait pas très à l’aise.

« Ne t’inquiète pas. » dit-elle en lui posant une main sur son encolure massive. «  Ce sont les ruines d’un vieux tombeau. Il a été nommé en l’honneur d’un Ptéra. Il était très spécial pour les nalciens, c’était un immense dragon chromatique : ses couleurs différaient de celle des autres Ptéra. C’est ici, la Tombe de Gaïus.
Il y a des Spectre  ici. Et puis, les ruines sont toujours un peu tristes. »


Zero pencha la tête. Eeva se demanda ce qu’il ressentait, le visage enfermé dans un masque disproportionné. Est-ce qu’il se sentait touché ? Était-il curieux ? Mais la rousse tourna vivement la tête, Hébès venait d’émettre un bruit indescriptible : les joues et le ventre rebondit à bloc, comme s’il retenait sa respiration, il avait à présent la fourrure hérissée et gonflée. La rousse ouvrit de grands yeux surprit, avant de rire. Ça n’était pas la première fois qu’il faisait ça, ces dernier temps. Petit à petit, et surtout à court d’oxygène, Hébès se dégonfla et flageola sur ses pattes. Eeva se rapprocha de lui et le souleva.

« C’est une nouvelle technique d’évolution ? Comment je dois t’appeler, Pouffeli ?  »

Hébès lui lécha le nez.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par PNJ le Mar 14 Nov 2017 - 21:36

[ Message d’intervention suite à la demande d’Eeva ici ]

Un rat violet se faufila rapidement entre les morceaux de rocs tombés au cours du temps avant de s’arrêter net en voyant cette humaine dans les parages. C’était plutôt rare de trouver des humains, ici. D’ailleurs, c’était bien la première fois que le Rattata voyait cette immense et hideuse créature qui l’accompagnait. Qu’avait-elle fait pour mériter de un tel masque ? Est-ce qu’on lui imposait cette relique brutale parce que personne ne devait le reconnaître ? C’était un Pokémon rare ? Intrigué, le Rattata se rapprocha doucement d’eux mais soudain, l’intervention de l’Evoli l’en dissuada et aussitôt, le rat retourna dans sa tanière, retrouver les siens.

[ Vous n’avez malheureusement trouvé aucun nouveau Pokémon à la Tombe de Gaïus ! ]

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Peter le Lun 27 Nov 2017 - 16:43

Le visage fermé, Peter continuait à creuser, inlassablement, pour progresser dans sa tâche. Les travaux étaient bien avancés, et la vie suivait son cours habituel au manoir de Peter. Enfin, habituel… Même s’il n’en montrait rien, le Champion du Temple avait changé. Refermé sur lui-même, il menaçait de replonger dans l’une des périodes sombres que ses Pokémon redoutaient tant. Bien sûr, il n’avait jamais levé la main sur eux, il les aimait trop pour ça et en était parfaitement incapable. Mais les bouteilles vides et brisées s’accumulaient vite dans ces moments-là, et personne n’osait le déranger quand il était dans cet état. Tout entraînement était interrompu, et c’était les plus expérimentés de ses Pokémon qui  prenaient le relais pour s’occuper des plus jeunes. Les seuls qui pouvaient pénétrer dans la pièce plongée dans le noir étaient Kairyuu, son premier compagnon, et sa précieuse Draco…

Le jour déclinait à vue d’œil, mais le Nalcien ne s’en aperçut même pas. Il fallut que le Griknot aux yeux fous, dans une phase calme et normale, vienne le voir et attirer son attention avec un petit cri plaintif pour le tirer de son travail acharné. Très étonné de voir la créature d’ordinaire isolée à l’air libre, Peter posa sur elle un regard curieux et plein d’incompréhension. Plus loin, la Gijinka hocha la tête pour le rassurer. Le petit Dragon malade, victime d’une forme de bipolarité avec des tendances schizophrènes, était inconnu de tous, et il faisait partie de l’héritage de ses parents, tout comme la Draco… Le père de Peter, « l’Éternarien des Cieux », l’avait toujours caché aux yeux de la société et disait de lui qu’il était « la honte de sa vie ». Après sa mort, Polydora l’avait gardé auprès d’elle, en essayant de le guérir, mais jamais elle n’avait pu le soigner de son étrange mal. Songeant à le faire voir à un Maître de l’Esprit et à un Marcheur de Rêves, elle avait envisagé de l’emmener et de le confier si ce Pokémon finissait par dépasser le cadre de ses compétences, mais elle n’en avait pas eu le temps… Après son assassinat, son fils l’avait emporté, en continuant de taire son existence. Le Dragonnier s’était toujours refusé à s’en défaire, parce que le petit être avait besoin de lui, et parce qu’il était l’un des derniers souvenirs de ses parents, aussi. Même son ancienne apprentie, Yûn, n’avait jamais su. Quant à Eeva...


« Peter, il va prendre froid. »

La Prêtresse croisa le regard acajou de son maître. Ce dernier ne dit rien, mais prit le Griknot dans ses bras et se dirigea vers l’intérieur. Il avait très bien compris l’intervention de la Gijinka, il n’était pas idiot. Elle avait perçu son trouble et son errance, et Neltharion avait été une excuse en or pour le tirer de ses rêveries. Malgré sa maladie, le petit Dragon était très lié à son maître, et quand il n’était pas en pleine crise, il se montrait affectueux et attentionné avec l’humain qui n’avait cessé de prendre soin de lui malgré les années. Contrairement au père de Peter, le Champion du Temple ne lui avait jamais reproché son manque de puissance ou son incapacité à évoluer, et il lui en était reconnaissant.

Une fois le repas terminé et tout le monde lavé et prêt à dormir, le Nalcien s’assit dans son imposant fauteuil et s’absorba dans la contemplation du feu ronflant dans la cheminée. Depuis le départ inattendu d’Eeva, il passait de longs moments à observer les flammes qui dansaient et s’étiraient comme pour lui rappeler l’absence de sa compagne. Cela faisait déjà plusieurs jours (peut-être même quelques semaines ?) qu’elle avait quitté le domaine, sans la moindre explication, et Peter ne cessait de se demander ce qui aurait pu provoquer cette fuite. Avait-il mal agi ? Il s’était pourtant employé à l’entourer d’attentions et à la mettre à l’aise. En avait-il trop fait ? Il n’avait pourtant pas l’impression d’en avoir fait des tonnes. Il avait juste été… Normal ? Naturel ? Il ne savait pas trop, et il se sentait complètement perdu. Caressant d’un air absent le Griknot lové sur ses genoux, il entendit soupirer la plus secrète de ses amies, mais il ne réagit pas. Lentement, l’humanoïde glissa ses bras autour de son cou et appuya sa tête contre celle du Nalcien pour le réconforter. Même s’il savait qu’elle serait toujours là, elle, la créature humanisée ne remplacerait jamais un véritable humain, et ce n’était ni son rôle, ni sa volonté, pas plus que celle du Dragonnier. Ils en avaient tous les deux parfaitement conscience, néanmoins, et pour l’heure, la seule chose que pouvait faire la Draco pour son maître, c’était de lui montrer sa présence et son soutien. En silence, elle déposa un baiser sur le front de l’homme meurtri et reprit sa forme serpentine, resserrant son étreinte autour de son ami.


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Perché sur sa Ptéra, et non pas entre ses serres comme à l’accoutumée, Peter filait dans les cieux, serrant le Griknot contre lui. Il avait brusquement décidé, malgré le froid de la nuit, de changer d’air, et il avait laissé Sakeriba l’emmener là où elle le voulait. Sans surprise, la reine des temps anciens s’était dirigée vers la Tombe de Gaïus, là où elle avait affronté le Nalcien à l’époque, et là où elle avait perdu sa liberté. Depuis, elle aurait pu mille fois s’enfuir et retourner sur son ancien lieu de vie, mais elle ne trouvait que des avantages à vivre avec le Dragon Master : il lui fournissait de quoi vivre, même s’il lui arrivait encore régulièrement de chasser, et surtout, il lui offrait l’opportunité d’affronter de puissants adversaires. Pour ces raisons, le ptérodactyle n’avait jamais songé une seconde à le laisser en plan. Son instinct la rappelait malgré tout vers ses origines, et le jour était presque levé quand ils aperçurent le sinistre endroit au loin.

Mais alors qu’il pensait pouvoir se vider l’esprit et s’éloigner de ses sombres préoccupations, Peter sentit sa poitrine se serrer quand il vit la rousse avec son Évoli dans les bras. Non loin d’elle, un Pokémon inconnu se tenait droit, fixant la silhouette du prédateur antique qui s’approchait, mais le Nalcien ne s’attarda pas dessus immédiatement. Focalisé sur la Championne, il laissa sa monture se poser et mit pied à terre, calmement. Sentant son Griknot en condition pour gambader tranquillement, il s’accroupit et le lâcha. Le petit Dragon fila pour explorer les ruines sans demander son reste, sous la surveillance de Sakeriba, et l’homme aux cheveux acajou fit un pas vers Eeva. Il n’y avait aucune colère dans son regard, mais une incompréhension totale pouvait se lire aisément dans ses iris. Lui qui était d’ordinaire si sérieux et qui semblait souvent inaccessible, il affichait une expression qui trahissait sa peine et sa douleur. C’était la première fois qu’il se montrait aussi vulnérable, mais bizarrement, Sakeriba n’en profita pas pour envoyer un cri moqueur ou amusé. Lorsqu’il s’adressa enfin à la Mizuhanienne, sa voix était posée, et à peine voilée.


« Pourquoi ? »

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Eeva Slanzar le Mar 28 Nov 2017 - 1:32

L’intervention du « Pouffeli » en devenir avait changé l’ambiance. L’immense Pokémon masqué avança sa lourde tête vers Hébès pour le flairer. Eeva laissa faire, se contentant seulement de rendre son emprise plus confortable, calant l’Évoli contre elle. Elle savait que Zero comprenait très bien quand elle lui parlait, ce qu’elle ne savait pas, c’est quel sens il retirait de ses paroles. Il continuait d’observer Hébès, comme s’il espérait voir autre chose que le petit renard. L’idée germa alors dans la tête d’Eeva. Évidemment ! Il ne devait pas comprendre ce qu’était une évolution ! Il n’était jamais passé par ce stade (pas encore ?) et n’avait pas eu de parent Pokémon pour le lui apprendre… La Championne trouva cette pensée emprunte de tristesse. Et elle se sentait un peu bizarre, par-dessus le marché. D’ailleurs, ses Pokémon devaient le sentir, ils la regardaient tous, les oreilles bien droite, comme si quelque chose de spécial s’apprêtait à se produire. Une des oreilles d’Hébès flancha.

Le contact avec sa fourrure lui était agréable. Douce et très dense, elle lui apportait de la chaleur, or, elle avait l’impression ces derniers jours d’avoir toujours froid. Ce qui était un peu le comble pour elle… Zero émit un gémissement et s’éloigna de l’Évoli, tirant Eeva de ses pensées. Est-ce qu’elle devait lui expliquer maintenant ce qu’était une évolution, ou bien attendre ? D’un côté, elle ne voulait pas lui bourrer le crâne avec de nouvelles informations, lui qui découvrait déjà l’une des facettes de « la nature ». D’un autre, elle ne voulait pas non plus le laisser sur quelque chose qu’il ne comprenait pas… Et qu’il devait savoir. Indécise, Eeva remonta les bras et posa son visage dans la fourrure d’Hébès, jusqu’aux yeux. Finalement, la Championne se laissa dire qu’elle pouvait encore attendre un peu, à la maison, elle pourrait toujours lui montrer de quoi il s’agissait exactement. Ce serait toujours plus facile, avec tous ses pensionnaires, il y en aurait bien un qui pourrait lui faire une démonstration et si ça n’était pas le cas, elle avait toujours de nombreux ouvrages sur la question.

Hébès la réchauffait, mais elle savait qu’aussitôt relâché, elle aurait de nouveau froid, malgré le soleil qui envahissait la vallée. Elle n’avait pas envie de rentrer à la maison… Son éclat de rire s’était évanoui. C’était un tout autre genre de chaleur qu’il lui fallait. Elle savait très bien ce qu’elle devrait faire, le « mieux à faire », mais ça non plus… Elle ne pouvait pas. C’était infiniment plus facile de rester ici, ou ailleurs. Tout en s’assurant qu’ils étaient seuls, Eeva regardait en silence le Pokémon multigénôme commencer à explorer les lieux. C’était amusant… Il était immense et pourtant, il avançait avec une prudence exagérée par moment et à d’autres, il tenait son cou épais pour regarder derrière une pierre, dans un trou ou en l’air. De temps en temps, Eeva voyait sa queue en éventail s’agiter de gauche à droite, sûrement quand il trouvait quelque chose qui lui plaisait.

Elle se sentait un peu étrange, à chaque fois qu’elle l’observait. Elle ne pouvait s’empêcher de penser, qu’il ne devrait pas être là et aussitôt, un écho lui répondait, qu’elle non plus. Pour être honnête, elle devait avouer qu’elle n’aurait pas dû partir, en oubliant tout juste sa lettre de la Guilde. Mais la rousse évitait d’y penser, ce qui faisait qu’elle ne voyait pas non plus dans son départ qu’à part un oubli, elle n’avait rien laissé derrière elle. La Championne était aussi loin de se douter qu’elle avait laissé un vide, aspirant derrière elle, ce qu’elle avait apporté au manoir. Mais peut-être ne se rendait-elle pas compte non plus, d’avoir apporté quoi que ce soit… Elle avait des remords, mais bizarrement, pas assez de cran sur ce coup-là. Eeva détourna le regard. C’était pas possible… Qu’allait-elle faire ? Son regard se perdit quelque par devant elle, vers le sol. Elle avait des remords…

Un petit cri aigue attira son attention vers le Nostenfer, pendu à une branche, les ailes repliées sur son corps, seul ses deux yeux étincelaient comme des lampes sous cet angle, reflétant la lumière du soleil dans la pénombre qui tardait à partir de son côté. Mais ce fut surtout lorsque Zero leva sa lourde tête fixant obstinément quelque chose dans le ciel. Il suivait sa trouvaille comme le ferait un Miaouss. L’ombre d’un semblant de sourire peina à se peindre sur le visage d’Eeva, elle n’avait plus tellement le cœur à rire à présent, mais elle devait rester alerte pour son nouveau Pokémon : s’il s’agissait de quelqu’un… Elle était prête à le rappeler. Elle leva alors les yeux au ciel et aperçu, sans aucun doute possible, un Ptéra, mais pas de cavalier. Aïe… Elle n’avait pas précisément les meilleurs Pokémon avec elle pour affronter un dragon si celui-ci les repérait… Pourvu qu’il prenne une autre direction… malheureusement non… Pire encore, il bifurqua justement dans leur direction. Elle ne ferait pas combattre Zero en tout cas. Il n’en résulterait rien de bon, surtout pour une première fois…

Elle qui s’était toujours arrangé pour éviter d’entrer en conflit avec un dragon… Toutefois, quand le monstre amorça sa descente, Eeva perçu immédiatement qu’elle s’était trompée, ce Ptéra n’était pas sauvage du tout ! Son premier geste, qu’elle amorça aussitôt, fut de rappeler Zero. Ce dernier était focalisé sur le dragon et remuait sa queue en éventail. La fraction de seconde qui suivit, Eeva reconnu Peter. Son geste mourût aussitôt. Même si elle lui faisait confiance au point de le laisser connaître l’existence de Zero, ce n’était pas du tout ce critère qui l’empêcha de le rappeler. Voir son compagnon débarquer au moment où elle s’y attendait le moins et probablement au moment où elle avait le moins envie de se montrer la déstabilisa profondément. En une seconde, le temps pour Sakeriba d’atterrir, Eeva eut la sensation que son cœur venait de tomber d’une falaise, de l’une de celle qui les dominait. Desserrant son étreinte autour d’Hébès, elle ne sentit pas l’Évoli glisser, qui lui aussi fixait le dragon avec des yeux étonnés. Pour finir, il tomba au sol en émettant un grognement.

La rousse ne vit pas non plus, pour sa part, le nouveau venu. Elle vit bien le Griknot, si elle ne se trompait pas sur son identité, mais son attention était toute portée sur Peter. Elle croisa son regard, dans un temps suspendu. C’était encore pire que ce qu’elle pensait. Autour d’elle, ses Pokémon avaient tous perçu le changement d’ambiance et cette drôle de tension. Les Pokémon les plus âgés regardaient les deux Champions, comme ont regardait des joueurs de tennis. Lequel des deux parleraient le premier ? Ils n’étaient pas dupes… Ils avaient tous comprit ce qui se passait dans la tête de leur maitresse. Seuls les deux Évoli et le Pokémon inconnu avaient plus d’intérêt pour le dragon que pour l’homme. Hébès et Cyanea étaient collés l’un à l’autre dans une posture identique, comme si on avait placé un miroir. Secrètement, les deux frères se poussaient pour forcer l’autre à faire le premier pas. Au-dessus d’eux, Zero avait fait deux pas en avant et regardait lui aussi le dragon. C’était le premier Pokémon qu’il rencontrait à être aussi gros que lui.

Eeva n’osa pas faire le premier pas et d’ailleurs, Peter lui facilita la tâche. Quoique ! Cette simple question, ce simple mot annihila tous ses efforts pour mettre de l’ordre non pas précisément dans ses idées, mais ses sentiments. Elle n’avait jamais eu à faire ça, tout avait toujours été très simple et maintenant… Elle sentit la chaleur commencer à réchauffer ses joues. Elle aurait préféré qu’il se mette en colère, ça aurait été plus facile ; elle aurait juste eu à se mettre plus en colère que lui. Qu’est-ce qu’elle pouvait dire, que pouvait-elle répondre à ça ? Les secondes qui passaient ne l’aidaient pas beaucoup non plus, en lui mettant la pression. Désappointée, Eeva ne savait comment réagir. Elle n’avait pas réussi à se mettre d’accord avec elle-même, alors comment allait-elle justifier à Peter, ce qu’elle n’avait pas réussi à s’expliquer. Dans sa poitrine, son cœur était au bord de l’explosion, elle sentait ses yeux la brûler, mais ce n’était rien comparé à ce qu’il se passait dans sa tête.

Elle ne savait plus si elle s’en voulait, si elle était désolée ou non et ce qui devait prendre le pas entre ce qu’elle ressentait pour lui et cette motion qui l’avait envahit quand elle avait subitement décidé de partir. Mais devoir supporter son regard était encore plus dur que de devoir fournir une explication. Elle se sentait atrocement fébrile. Eeva n’osa pas avancer vers lui, elle semblait même plutôt prête à bondir et disparaître derrière les rochers, comme une Haydaim effarouché. Mais elle s’entendit répondre :

« J’en sais rien. » dit-elle beaucoup plus bas que ce qu’elle aurait voulu. Pour finir, elle détourna le regard qui glissa quelque part sur sa droite, ne pouvant plus soutenir celui de Peter. Il avait lu la lettre et savait qu’elle s’était envolée pour Flamen, c’était certain.

Avec toutes les peines du monde, elle parvint à ajouter :
« Qu’est-ce que je pouvais faire ? » dit-elle dans un souffle. Et enfin, elle put à nouveau affronter son regard, sans parvenir à trouver les mots tout de suite.
« Ça fait des mois qu’on se connaît et… »

Et quoi ? Ils ne s’étaient plus quittés depuis ? Ce qui était vrai, ça n’avait pas été une aventure sans lendemain, une histoire qui avait commencé sur les chapeaux de roues, à cause des braconniers. La course, son long séjour chez lui… Il en avait déjà fait beaucoup plus que n’importe qui à son sujet. Mais elle ne pouvait pas dire ça. Elle ne pouvait pas non plus finir sa phrase, ça serait comme insinuer qu’il était trop envahissant, ce qui n’était pas le cas. Eeva gardait en mémoire ce moment où il l’avait étreinte, elle en avait profité pour se glisser dans ses bras et n’en avait plus bougé de la nuit. Elle se souvenait même de la couleur des draps ; grenat. Non décidément, elle ne commençait par le bon bout. Le tout était de savoir où il était. Oui ais, plus les secondes passaient, plus elle s’embrouillait dans ses propres pensées. Elle releva enfin son regard vers l’homme. Elle ne pourrait pas supporter cette scène bien longtemps. Une bizarrerie à rajouter aux autres.

« Parce que c’est trop normal. »

Ce fut la seule pensée sensée qui lui vint, après ce qui lui semblait être une éternité. Son cœur battait fort, elle sentait même le sang affluer sur ses tempes, elle en avait presque le tournis. C’en devenait ridicule, pour quelqu’un qui n’avait peur de rien… Alors qu’est-ce qu’il lui prenait maintenant ? Finalement, ce qu’elle venait de dire n’avait peut-être pas autant de sens que ça. Ça faisait pas pareil que quand elle se l’était répété dans sa tête. Maintenant que le mot était lâché, elle sentit une ouverture.

« Nous deux… C’est juste arrivé comme ça, on s’est pas posé de question, on n’en a pas vraiment parlé non plus, comme si c’était juste normal que ça arrive. »

Oui mais, ça ne l’est pas. pensa t-elle, sans oser risquer de le dire. Elle se donnait l’impression d’être idiote maintenant, mais maintenant qu’elle y réfléchissait, non, elle ne pouvait pas dire qu’elle trouvait ça normal. Personne ne l’avait jamais ramassée dans la rue pour la soigner ou la choyer. Alors, pour l’aimer… Que ce soit dans sa jeunesse, ou sa première vie, c’était pareil. Ses joues se coloraient légèrement et surtout, la rousse se raidissait, comme prête à encaisser. Pour l’instant, ses yeux marine reflétaient surtout une énorme appréhension qu’elle s’efforçait de dissimuler. Eeva portait un poids invisible sur les épaules.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Peter le Mar 28 Nov 2017 - 21:53

Les deux Évoli d'Eeva se bousculaient pour laisser à l'autre l'honneur de la première action, mais Peter ne les voyait pas, tout entier absorbé par la rousse qui s'était figée. Elle semblait choquée de le voir, et pas spécialement ravie de le voir débarquer, mais le Champion n'y était pour rien... Il ignorait qu'elle se trouvait là et il s'était simplement laissé guider par son ptérodactyle. En la voyant s'empourprer comme quelqu'un qu'on aurait pris en faute, le Nalcien se sentit comme au bord d'un précipice, prêt à y tomber sans espoir de retour. Alors quoi, il la dérangeait ? Avait-elle si peu envie de retrouver sa compagnie, pour afficher une moue pareille ? Lorsqu'il fit un pas vers elle, il eut la nette perception qu'elle était prête à s'enfuir sans demander son reste, comme un animal sauvage. La question du Dragonnier parut la gêner plus que de raison, et l'homme interpréta ce silence comme une fuite. Elle devait probablement chercher ses mots pour se justifier ou donner une excuse bidon, songea-t-il, loin de penser à ce qui se tramait dans la tête d'Eeva.

Ses premiers mots le laissèrent perplexe au premier abord. Si elle n'en savait rien, il ne pouvait pas le deviner ni l'aider à comprendre... Le regard fuyant, Eeva tenta une question rhétorique, sans doute pour se rassurer, mais Peter le vit comme un parfait moyen de se dédouaner et de rejeter la faute sur lui, en quelque sorte. Son attitude, son discours, tout laissait à penser que Peter représentait peut-être une gêne, voire un danger pour elle. Elle était habituée à faire ce qu'elle voulait, à vivre comme bon lui semblait et à s'en aller quand cela lui chantait, alors peut-être que cette vie-là lui faisait peur ? L'effrayait au point de représenter un danger pour sa liberté ? Le Dragonnier n'avait pourtant pas la sensation de lui avoir forcé la main, mais il se fourvoyait peut-être totalement, en réalité.


« Ce que tu pouvais faire... Me parler si cela te pesait. Me dire que tu ressentais quelque chose d'oppressant. Rester, tout simplement. »

La colère était totalement absente de sa voix, comme le reproche. Rien ne transparaissait dans le ton qu'il adoptait presque machinalement, hormis une blessure plus profonde qu'il ne l'avait imaginé au premier abord. Le Nalcien avait toujours été quelqu'un de taciturne et de secret, mais il s'était toujours appliqué à montrer à ceux qui comptaient pour lui qu'ils comptaient, justement. Il avait déjà eu des disputes avec certains de ses Pokémon, et des cris avaient été échangés, mais la communication était quelque chose d'important pour lui. Sa relation avec ses Pokémon avait toujours été fusionnelle, et il s'était engouffré dans le même genre d'interactions et de vie avec Eeva, sans penser une seule seconde qu'il faisait peut-être les choses de travers. Maintenant qu'il la voyait, il se sentait comme un geôlier qui la retenait prisonnière. Ce constat lui serra la poitrine. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Jamais il n'avait retenu quelqu'un contre sa volonté. Ce qui lui avait paru naturel ne l'était peut-être pas, en fin de compte. Contrairement à la rousse, qui avait détourné le regard pour ne pas avoir à soutenir celui de Peter, le Champion du Temple la fixait, en quête de réponses qu'elle n'avait probablement pas. Elle laissa sa phrase en suspens, avant de l'achever par ce qui fut semblable à un coup de poignard pour Peter. Trop normal. Jamais le Nalcien n'avait été qualifié de « normal », encore moins avec un reproche d'excès. C'était plutôt l'inverse, en fait. Un type qui vivait reclus dans une vallée isolée avec des Dragons pour seuls compagnons, c'était plutôt... Insolite ? Particulier ? Carrément flippant ?

L'incompréhension s'installa dans ses yeux acajou, en même temps qu'une insidieuse sensation qui faisait lentement son chemin. Bien sûr qu'ils n'en avaient pas parlé, c'était venu comme ça, c'était la vie, et parfois il fallait se laisser porter par ce qui nous arrivait de bien, non ? Enfin, de son point de vue, c'était une bonne chose, mais pour elle ? Elle était loin de son arène, de son pays et de la plupart de ses Pokémon, dans un endroit inconnu, et elle s'était peut-être attendue à autre chose ? Quelque chose de plus marquant, de plus exceptionnel ? La lame qui s'était rapprochée de son cœur finit par atteindre son but comme une évidence : elle était certainement déçue. Un Champion connu partout en Érasia devait peut-être se comporter autrement dans l'imaginaire des femmes qui s'en faisaient une idée bien différente de la réalité. Pourtant, il avait semblé à l'homme qu'Eeva était détendue à ses côtés, voire apaisée, mais il eut le sentiment d'avoir été trop présomptueux. Bien sûr, il aimait en faire des tonnes par jeu et pour amuser ses proches, mais il était toujours sérieux et sincère avec eux. S'il avait quelque chose à leur reprocher, il ne se privait pas. Mais il réalisa que tous n'avaient peut-être pas la même audace, ou la même stupidité dont il se voyait clairement un parfait représentant en cet instant. En résumé, il avait laissé faire son cœur et ses sentiments, mais c'était probablement loin de ce qu'attendait la Mizuhanienne de lui. Si en plus il lui avait forcé la main...

Raide et les joues rouges, Eeva donnait l'impression d'attendre quelque chose comme un coup ou une violente réplique. Cela le blessa encore davantage. Qu'elle puisse penser qu'il réagirait de manière excessive et démesurée, en levant la main sur elle, de surcroît, le conforta dans son constat précédent. Oui, c'était probablement ça. Croyant filer le parfait amour, comme un pauvre gamin perdu, il ne s'était même pas aperçu des dégâts causés et des chaînes qu'il lui avait mises. Quel gros con il faisait.


« Je vois. »

Oh que non, il ne voyait rien du tout. Dans sa sphère, la Draco ancestrale s'agita, mais pas suffisamment, néanmoins, pour attirer l'attention de son maître. Il fallait dire aussi que le moment le rendait particulièrement peu réceptif.

« Je ne sais pas à quoi tu t'attendais, ou si tes attentes dépassent de loin ce que je suis capable de te donner. Malheureusement, je ne suis que moi. »

Intrigué par ces drôles de mots, le Griknot, qui était revenu à quelques mètres du Dragonnier, le regarda en penchant la tête sur le côté. Justement, c'était parce qu'il était lui que c'était son maître, pardi ! Neltharion n'aurait voulu personne d'autre comme humain, et puis, il avait justement la chance d'être lui-même tout le temps, il ne le réalisait pas, ça ! Lui, il ne pouvait pas en dire autant...

« Pardonne-moi si je t'ai forcée à rester, et si je t'ai imposé quelque chose qui me semblait normal et bien comme ça. »

Peter s'en voulait à un point tel qu'il pensait réellement que son cœur déjà en miettes était capable de se reconstituer pour éclater une nouvelle fois.

« Si tu préfères que je m'en aille, je m'en irai. Je... »

Les yeux du Dragon Master étaient embués, mais il avait si mal qu'il avait l'impression de ne plus jamais arriver à pleurer. Ce fut à son tour de baisser la tête et de fixer un rocher en ruines qui le ramena à son propre état.

« Je t'aime, et c'est pour ça que je te laisserai tranquille si ce n'est pas assez. »

Spontanément, dans un geste presque automatique, le Nalcien laissa sa main glisser vers la sphère de son Dracolosse, qui sortit de lui-même et s'éloigna doucement, laissant la possibilité à son maître de le rejoindre... Ou de se raviser si l'attitude d'Eeva l'incitait à le faire.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Eeva Slanzar le Mar 28 Nov 2017 - 23:27

Eeva était au supplice. Tout lui devenait insupportable, le silence qui avait empli les lieux, les nombreuses paires d’yeux qui ne perdaient rien de la scène qui se jouaient devant eux, Peter, son regard et pire encore, l’état dans lequel elle le voyait. Eeva commençait à le voir. Normalement, elle se souciait peu des autres, de les blesser, de les atteindre, n’étant qu’une étrangère pour eux ou pas, dans son idée, de toute façon, ça ne comptait pas plus loin que le moment présent. Si elle avait pu imaginer avant de s’enfuir de la manière la plus vilaine qui soit. La rousse était très loin d’imaginer ce que Peter pensait de tout ça. Non pas qu’ils ne se comprenaient pas, ils se comprenaient un peu de travers… Mais encore fallait-il le savoir.  Si elle avait pu deviner, aurait-elle sauté sur l’occasion de lui dire ? Elle était généralement téméraire, mais en ce moment… Comme elle n’osait pas le regarder, elle ne pouvait pas traduire les émotions qui défilaient sur le visage du nalcien. Dommage…

Puis, il lui donna la réponse la plus évidente du monde. Parler. Quelle crétine… C’était tellement évident ! Et en même temps, parler, ce n’était pas trop elle, une vraie Eeva agissait plus qu’elle ne parlait. Si la communication était le point central de la vie de Peter, Eeva était au contraire quelqu’un de fermé, qui gardait tout pour soi. A quoi bon se partager, puisqu’elle n’avait jamais eu personne pour ça ? C’est à ce moment précis, qu’elle ne put que voir sa grossière erreur. Au lieu d’emmagasiner, jour après jour, ce sentiment d’anxiété, elle aurait mieux fait, effectivement d’en parler. Mais sans se l’avouer, toujours trop fière, elle avait peut-être pensé, de manière instinctive, qu’il aurait fait la sourde oreille, ou pire… N’y aurait pas accordé la moindre importance. Dans sa vie, jusque là, jusqu’à lui, personne n’avait accordé la moindre importance à ses sentiments, on les avait moqués, parfois. Il y avait de cela très longtemps, quand elle était encore une petite fille. Eeva en avait gardé le souvenir, comme une brèche ouverte dans le cœur et qui sait ? Peut-être qu’elle l’avait finalement protégé d’une autre hémorragie en le cachant sous une épaisse couche de glace ?

Sentant le poids du regard de Peter sur elle, la championne, qui n’avait rien de très glorieux en ce moment, avait l’impression de brûler sur place. C’était insupportable et la réponse de son amour, lui donnait clairement, qui hurlait, qu’elle aurait pu se confier sans crainte. Pour une fois, elle aurait pu. C’était encore plus terrible maintenant, car elle avait la sensation, ou la peur plutôt, de peut-être, arriver trop tard ? Sans le vouloir, sans le savoir, elle avait lâché une véritable bombe et les dégâts n’avaient rien de collatéraux… Mais voilà, que faire maintenant qu’elle l’avait faite exploser ? Regarder sous les débris pour voir s’il y avait encore un espoir ou pour constater qu’il n’y en avait plus ? En relevant les yeux, enfin, vers lui, elle pu constater que plus elle parlait et pire cette conversation devenait. Elle eut la pensée saugrenue qu’elle aurait pu le frapper avec n’importe quelle arme, elle n’aurait pas pu faire plus de dégâts. Il valait alors, peut-être mieux pour lui, qu’elle s’en aille… La mizuhannaise voyait, à présent bien le mal qu’elle lui faisait. Sans le vouloir, c’était ce qui rendait tout ça insupportable. Rester. Le ton qu’il employait… Ça signifiait donc qu’elle était devenue, peut-être pas indispensable, mais… utile ? Ou… ?

Malheureusement, elle ne pouvait pas, par froideur ou simplement parce qu’elle n’en avait pas les pouvoirs, ressentir ce qu’endurait le nalcien. Elle aurait pu lui certifier qu’il ne l’emprisonnait pas, bien au contraire… Elle avait brisé ses chaînes en sa compagnie, sur le bateau… Si ça n’avait pas été le cas, après tout, pourquoi serait-elle revenue sur la plage ? Le souvenir fugace du coucher de soleil après une journée où ils avaient bravé la mort presque, ensembles lui revint. Si elle avait sentit un danger émaner de lui, elle l’aurait su. Il l’avait soignée, sur cette plage. Mais pas que. Pas que sur cette plage. Peut-être qu’elle avait le cœur engourdi depuis trop longtemps pour l’avoir compris avant. Et oui, ça avait été normal. Aussi normal que le flux et le reflux d’une vague ou que la certitude de voir se lever le soleil le matin. Est-ce qu’elle n’avait pas été plutôt comme aveugle ? Eeva ne savait plus. Pour le reste, elle avait pris le dragonnier comme elle l’avait perçu sur le bateau, parce que c’était ce visage là qui lui avait plu. N’avait-elle pas sentis ce jour-là, une similarité entre eux ? Elle n’était pas idiote, enfin, sauf ces dernières semaines en tout cas, elle l’aurait forcément vu, s’il l’avait trimballée.  
Elle n’aurait pas pu imaginer mieux.

Et bien c’était peut-être ça qu’il fallait lui dire non ? Alors qu’est-ce qu’elle attendait ? Elle attendait QUOI ? Se bousculant les unes après les autres, Eeva ne voyait pas comment ordonner ses pensées, alors que de sentiments inconnus ou mal connus explosaient littéralement en elle. Elle avait voulu les ignorer ? Elle le payait bien cher… C’était l’idée qu’elle en avait. Si c’était possible, la suite allait la torturer un peu plus. Mais elle ne comprit pas tout de suite, le doute s’installa dans son regard, cherchant à comprendre et à faire le lien. Elle ne cherchait plus la logique, à ce niveau, elle était morte, dévorée par l’ivresse… La seule chose capable de détruire la réflexion par sa seule présence. Elle était en plein dedans ; et, Peter aussi. Sur le même navire, un épais brouillard semblait les séparer. Quelle imbécile elle faisait ! Après un certain moment, elle comprit… Qu’il pensait l’avoir déçue. Mais c’était tout le contraire ! Elle s’était justement peut-être sentie trop gâtée, après avoir été très longtemps oubliée ! Avec la sensation que dans le fond, avec tout le mal qu’elle avait pu faire, elle ne le méritait pas.

Ne trouvant pas le bon moment, ni la bonne façon de répondre, Eeva resta silencieuse, mais cette phrase magique la frappa de plein fouet, attirant son regard dans celui de Peter. Malheureusement, elle avait trop tardé, il voulait partir ! Désorientée et au bord de la panique émotionnelle, si on pouvait dire – de toute façon, c‘était tellement le bordel un peu partout entre sa tête et son cœur, peu importe comment appeler les choses. Eeva éclata, beaucoup moins fort cependant, que ce qu’elle pensait. Son état d’esprit devenait, à mesure que les secondes passaient, comme des années, énergivore. Elle tremblait et sentait ses mains se glacer.

« Mais c’est tout le contraire ! » Assura t-elle soudainement avec un drôle de mouvement, comme si elle avait renoncé à lever les yeux, quelque part. Vers le ciel ? «  Je n’attendais rien. Et j’ai trop eu. Ou beaucoup plus que ce que je croyais possible. J’en sais rien. Je pensais pas... Que ça existait… Comme ça. J’en sais rien. »

Sa phrase se finissant en murmure, quasiment inaudible sur la fin, sa voix se brisa, prise dans un énorme nœud quelque part dans la gorge. Mais Peter avait déjà détourné les yeux, Eeva eu cependant le temps de voir, ou sentir ou percevoir, ce contre quoi elle luttait depuis… Combien de temps étaient-ils là ? Il allait partir. Cette fois, c’était lui qui allait partir et pour de bon. Elle n’aurait pas le courage de le rattraper.  La main sur l’orbe, Kairyuu apparut. Plus que jamais, elle sentait l’urgence, sans savoir comment le retenir. Elle sentait une spirale de vide l’attraper… Elle entendit à peine le cri aiguë que poussa son Nostenfer, par contre, elle sentit ses deux renards contre ses jambes, un pour chaque, mais craignait de voir la seule personne qui l’aimait et qu’elle aimait, disparaître soudainement si elle le perdait des yeux, comme une petite noireaude. Mais elle ne put que sentir le grand coup qu’elle reçut entre les omoplates, comme une barre en fer. Zero, probablement, venait de lui un coup de tête dans le dos, qui la précipita droit vers Peter, avec une force qu’elle n’attendait pas. Le coup lui coupa la respiration sur le moment, mais dans un éclair, une illumination… Eeva profita de cet élan surprise pour attraper Peter.

Attraper était le mot le plus exact, elle ne s’était pas elle-même ruée sur lui, ce qui donnait quelque chose de très bizarre… Ou tout simplement la meilleure excuse du monde pour l’empêcher de partir en se raccrochant à lui ? Il ne l’attendrait probablement pas, elle n’en savait rien, ou peut-être qu’il n’osait pas l’espérer, exactement comme elle. Eeva n’avait entendu qu’à moitié qu’il lui laissait le choix. Profitant cette aide inespérée et tellement imprévue, Eeva se colla contre Peter, l’enserrant de ses bras. Le retenir n’était pas une mince affaire, elle était plus petite que lui, son visage lui arrivant à peine au niveau des épaules… Il lui tournait le dos et c’était infiniment plus facile. Elle posa son visage contre son dos et peut-être était-ce à cause de la souffrance atroce que lui avait infligé Zero, ou parce qu’elle ne pouvait plus les retenir ou qu’elle se lâchait enfin, mais ce fut un véritable collier de perles qui s’échappa de ses yeux, qu’elle préférât garder fermer.

« Ne m’abandonne pas… » Balbutia t-elle, la voix brisée. Plus qu’une demande, une supplication, qui surgissait d’un très lointain passé.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Peter le Mer 29 Nov 2017 - 1:35

Loin d'imaginer ce qui se tramait dans la tête de la rousse, Peter attendait, comme suspendu dans un entre-deux dangereux et mortel. Il avait l'impression de perdre des petits bouts de lui dans ce dialogue qui n'en était pas un, à mesure que le temps filait tout en stagnant par moments. C'était une sensation vraiment étrange, il avait le sentiment d'être comme étranger à lui-même, tout en étant bien là pour recevoir les milliers d'épines invisibles qui lui traversaient la chair. Parmi ses défauts, celui qui lui faisait prendre tout pour lui, même quand il n'y était pour rien, était sans doute l'un des pires. Cela lui avait pourri la vie dans son enfance, quand son père s'était laissé mourir et qu'il l'avait découvert peu à peu, pensant confusément que c'était de sa faute. Cela n'avait fait que décupler ce qui s'était transformé en certitude au fil des années quand sa mère avait été tuée pour de sombres histoires de conflits d'intérêt. La culpabilité s'était lentement estompée, mais n'était jamais partie totalement, et cet épisode-là avait fait revenir des souvenirs insoutenables dans son esprit. Cela n'avait rien à voir avec la mort de Polydora, bien sûr. Mais tout était si confus qu'il mélangeait tout. Il se sentait comme un bon à rien incapable de retenir les seules femmes qui aient jamais vraiment eu le temps de compter pour lui. Il était Champion et possédait de nombreux Dragons, la belle affaire ! S'il n'était pas foutu de garder près de lui les femmes de sa vie, cela ne servait à rien.

En vérité, Peter n'avait jamais couru après la notoriété. La vie lui avait fait un nom, d'abord sous son pseudonyme, Wataru, puis sous sa véritable identité, quand il avait tué le haut fonctionnaire corrompu et vendu ses anciens acolytes aux autorités. Finalement, on le connaissait aujourd'hui pour ses qualités de Dragonnier et son côté ermite qui lui conférait une certaine aura de mystère. Mais il n'y avait plus personne qui savait ce qu'il avait vraiment vécu, hormis les plus anciens de ses Pokémon. De lui, on ne savait que le nom, la réputation d'ancien malfrat (et encore) et le statut auprès de Nalcia. Cela pouvait sembler énorme, mais c'était finalement bien peu de choses à côté de ce qu'il était capable de ressentir dans ces moments-là. Il pouvait être expert en Dragons et reconnu parmi ses pairs, il restait un pauvre type complètement perdu avec celle qu'il aimait et qui visiblement l'aimait aussi mais qui, pour une raison qui lui échappait, s'était enfuie comme une voleuse.

Comme s'il était soudain très loin d'Eeva, il n'entendit que vaguement ce qu'elle lui assura. Il ne distingua que le négatif dans son propos, comme s'il rejetait tout ce qu'il avait pu lui apporter de bon pour ne garder que le mauvais. Il perçut le « trop » entouré de mots qui ne faisaient pas sens du tout pour lui, et la fin de sa phrase se perdit quelque part dans sa gorge, mourant avant d'avoir pu franchir ses lèvres. Le dos tourné, le Nalcien se sentait tiraillé de toutes parts. Il n'avait PAS envie de partir. C'était la dernière chose dont il avait envie, même. Mais il avait tout de suite envisagé de s'effacer, de disparaître de sa vie avant de faire trop de dégâts. Il en avait déjà fait pour une vie entière, des dégâts. Si la lecture des archives et du carnet que lui avait confié son ancien collègue flamenois avaient fini par éclairer l'histoire de son père, celle de sa mère demeurait une empreinte indélébile dont le sang maculait encore parfois ses mains dans ses pires cauchemars. Polydora représentait tout pour lui, et il avait causé sa perte. Alors, avant de détruire encore ce à quoi il tenait, il préférait s'en aller, tout simplement.

Il fit quelques pas vers son Dracolosse, résolu à quitter les lieux avant que cela lui soit impossible. Que ça soit trop dur. Lorsqu'il sentit l'étreinte d'Eeva dans son dos, néanmoins, il se figea, comme pétrifié et stoppé net dans son élan. Il n'eut pas le temps de réaliser le geste qu'il entendit quelque chose qui lui sembla comparable à un véritable séisme qui aurait fracturé son corps tout entier. Incapable d'articuler le moindre mot, il se laissa saisir par l'instant, à la fois mortifié et soulagé, dans un tourbillon nébuleux et indistinct. Tandis que quelque chose se nouait en lui, une vague délia l'amas confus et brutal qui s'était formé depuis le départ de la Championne. Un silence de plomb régna en maître l'espace de quelques secondes, avant qu'il ne remonte sa main gauche vers celle d'Eeva. Plus que tout, ce furent ses sanglots muets qui l'alertèrent. Elle pleurait. Les doigts de Peter effleurèrent le bras de la rousse pour desserrer l'étreinte avec délicatesse. Conscient que son geste pourrait être mal interprété, il ne tarda pas à se tourner, sans se précipiter, toutefois, pour la prendre dans ses bras avec un mélange d'autorité et de tendresse. Le Nalcien posa son front sur la tête de son amour, laissant son cœur qui cognait furieusement contre sa poitrine se déchaîner.


« Pardon. Je ne pars pas. Je suis là. »

Bien sûr qu'il était là. Bien sûr qu'il ne partait pas. Comment avait-il pu envisager un départ, surtout comme ça, surtout maintenant ? Peu à peu, les mots de la rousse lui revinrent en mémoire. Elle lui avait dit que c'était tout le contraire. Le contraire de ce qu'il avait dit et pensé, probablement, il ne savait pas trop. Elle affirmait avoir trop eu alors qu'elle n'attendait rien, comme si elle n'espérait rien de la vie en solitaire ou à deux. Avait-elle souffert du manque ? Qu'avait-il comblé à l'excès sans le vouloir ? Une blessure ancienne ? Un douloureux souvenir ? Lui, il avait l'habitude de recevoir, tant ses Dragons lui donnaient, mais, et elle ? Plus que normal, était-ce nouveau pour elle ? Inédit ? N'était-ce pas ça, la vraie question et la clé de cette situation porteuse de peines et de plaies certaines ? Il fallait arrêter cet engrenage avant qu'il ne soit trop tard, et Peter comprit que ces retrouvailles avaient été décisives. Il eut la nette impression que cette épreuve ne ferait que les aider à l'avenir, comme si le pire était derrière eux. Il l'espérait sincèrement, du moins. C'en était trop à la fois pour le Nalcien, qui enfouit sa tête dans la chevelure de feu de son amour. Quelques larmes perlèrent timidement à ses yeux, avant de s'écraser franchement quelque part dans les longs cheveux d'Eeva.

« Je suis là. Si tu veux que je reste. »

Plus fragile que jamais, mais avec toute la volonté du monde d'être le protecteur, Peter se recula légèrement et releva le menton de la Championne. La voir ainsi lui brisait réellement le cœur, d'autant plus qu'il se sentait responsable. C'était pourtant elle qui était partie. Elle avait, finalement, tout simplement eu peur, aussi idiot que cela puisse paraître. Pas peur de perdre sa liberté, ni peur d'un danger émanant de lui, mais peur de son bonheur, en quelque sorte ? C'était caractéristique de ceux qui avaient eu peu et à qui on n'avait pas fait de cadeau, et le Nalcien réalisa que quelque part, il avait ressenti quelque chose de similaire. Mais ce qu'il avait réussi à faire, à savoir enterrer cette appréhension et cette crainte de tout voir se finir du jour au lendemain comme si c'était illégitime, Eeva n'était pas parvenue à le bannir, et pour cause : elle n'en avait pas identifié l'existence et la source jusqu'alors. Son regard en disait si long à ce sujet que le Dragonnier s'en voulut, encore, de ne pas l'avoir remarqué avant. À sa décharge, néanmoins, il n'y avait eu aucun signe avant-coureur, et jusqu'à preuve du contraire, il n'était pas devin !

Avec douceur, il essuya les larmes sur les joues d'Eeva, avec le pouce d'abord, puis en les recueillant sur ses lèvres. L'étreignant ensuite une nouvelle fois, il songea que son rythme cardiaque devait l'affoler et la perturber et se recula à nouveau pour se perdre dans ses yeux couleur océan. Posant son front contre le sien, il l'embrassa délicatement, puis avec plus de fougue. Il avait eu si peur de la perdre, lui aussi.


« S'il te plaît, parle-moi à l'avenir. Je fais de mon mieux, mais j'ai des lacunes, moi aussi. »

Bizarrement, il n'avait pas eu peur de la vexer en disant ça, parce qu'il ne faisait qu'énoncer quelque chose d'évident et de réel sans moquerie aucune. Il n'y avait pas de mal à reconnaître ses faiblesses quand on était avec quelqu'un de confiance, du moins le croyait-il avec une certaine assurance.

« Et ne me fais plus ça. Je t'en prie. Ça fait beaucoup trop mal, à toi et à moi. »

Absorbé par le regard de sa bien-aimée, il resta un instant ainsi, front contre front, avant d'approcher ses lèvres des siennes en fermant les yeux pour recommencer. Quand il les rouvrit, il murmura :

« Même quand tu pleures, tu es beaucoup trop belle. »

Comme attiré par un magnétisme inéluctable, il l'embrassa, encore et encore, alors que le jour était désormais levé.

« Je ne t'abandonne pas. Et je ne le ferai jamais, tu m'entends ? Jamais. »

Ces mots auraient pu être ceux d'un gosse, d'un adolescent jurant à son premier amour qu'ils ne se sépareraient jamais. Mais peut-être parce qu'ils n'étaient plus des adolescents depuis longtemps, ou bien parce que la situation légitimait ou validait, en quelque sorte, une telle promesse, pour une quelconque raison, ils avaient une résonance particulière, un écho sincère et rassurant. Enfin calmé, le Nalcien laissa la Mizuhanienne reprendre le contrôle à son propre rythme.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Eeva Slanzar le Mer 29 Nov 2017 - 16:57






Heureux qui comme Ulysse – Brassens


Elle retrouva, avec une certaine douleur dans le dos, le souffle que Zero lui avait coupé. Son cœur s’affolait complètement et elle restait contre Peter  sans tenter un mouvement de plus, craignant celui qui serait de trop. L’impression de s’émietter la tenaillait, de se briser sur place. Elle avait mal et elle redoutait avec un certain effroi les prochaines secondes. Peter s’était figé à sont tour. Est-ce qu’il l’avait sentis venir ? Ou s’était-il attendu à ce qu’elle ne dise rien et reste immobile ? En somme, ce qu’elle avait fait jusqu’à maintenant… Mais il n’en était rien. Eeva ne le lâcherait pas. Si Peter l’aimait assez et était, en conséquence, capable de la laisser partir, ce n’était pas son cas. S’accrocher, c’était tout ce qui comptait. Ces toutes petites secondes durèrent bien trop longtemps, tout en restant savamment insupportables tout le temps qu’elles restèrent figées. La rousse ne sut que resserrer son étreinte.

La peur la saisit quand, il bougea enfin. Il lui prenait la main et essayait de se dégager. Pourtant, il ne lui laissa pas le temps de se faire des idées. Était-elle vraiment surprise, ou juste heureuse ? Aucune importance, tout ce qui comptait maintenant, c’est qu’il la serrait contre lui à présent. Ce coup-ci, il ne lui laissait pas le choix, mais qu’importe, c’était ce qu’elle voulait aussi. Alors elle se laissa faire et tout en préférant fermer les yeux, non pas précisément par facilité, mais plutôt par soulagement.  Le poids qu’elle portait venait de tomber et l’étau qui l’étouffait venait d’éclater. Toute raideur la quitta et elle se laissa bercer, sentant à présent un creux dans l’estomac, ce qui n’était plus rien en comparaison de ce qui venait de la quitter. Il posa son front contre elle. Est-ce qu’elle se trompait s’il elle pendait qu’il était lui aussi soulagé ? La rousse n’était pas très douée pour ça.

La flaoroise ne trouva rien à répondre, elle restait encore trop bouleversée, ayant le sentiment d’avoir marché sur le fil du rasoir, elle avait failli perdre Peter, cette idée lui donnait le vertige. Une excellente excuse pour se blottir contre son compagnon. Puisqu’ils l’étaient toujours. Eeva soupira d’aise. Elle avait bien essayé de ravaler ses larmes, comme elle avait toujours réussi à le faire les trente années passées, mais peine perdue. Ça n’avait plus d’importance, en particulier quand le nalcien lui releva le visage vers le sien. Elle n‘était peut-être pas la seule… Mais par délicatesse pour son statut de Mâle, elle feignit de remarquer quoique ce soit. L’ambiance avait totalement changé et son regard était attiré par le sien. Ils venaient de se retrouver, avec l’étrange sensation que peut-être, quelque chose de brisé se réparait de lui-même. Ou peut-être, que quelque chose qui avait été brisé, bien avant, commençait à se réparer. La nuance était faible, mais elle était là. Pas aussi nette pour Eeva qui ne saisissait pas encore le lien entre un passé et ce présent.

La championne réagit enfin. Pourquoi il s’excusait ? C’était entièrement sa faute… Si elle avait agi comme il fallait, ça ne serait jamais arrivé. Mais dans ce cas, comment aurait-elle pu être sûre de le retrouver ? Ou de le trouver pour de bon ? Mais elle chassa ces pensées de son esprit, elles étaient pour l’instant un peu trop subtiles. Une certaine légèreté se fit sentir.

« C’est ma faute. » avoua t-elle à voix basse.

Eeva savait être une sauvage… Mais d’habitude, elle le vivait bien. En tout cas, elle pouvait sûr maintenant, sûre de lui, alors que ses pensées se firent encore un peu mécaniques. Il se détacha alors un peu d’elle et sécha ses pleurs. Amorçant à ce moment un geste pour mettre sa main sur la sienne, finalement, la rousse la posa sur sa joue pour lui rendre son baiser. Elle eut alors une impression étrange, est-ce que son cœur à elle devenait complètement dingue au point de battre deux fois d’affilé et accessoirement pas du tout au même rythme ? Sentant en même temps la chaleur de Peter, il devint évident qu’Eeva n’avait pas subitement de problèmes. Non, elle était juste assez proche de Peter pour ressentir les battements de son cœur à lui. Aucun des deux ne pouvait tricher… Il était aussi ému qu’elle, il partageait exactement la même chose. Est-ce qu’il sentait le sien aussi, qui s’était mit à faire des cabrioles, maintenant qu’il s’était reconstitué ?

Sa vie n’avait pas été facile, dès le départ… Eeva ne s’e plaignait pas, il y avait longtemps qu’elle avait fait son deuil, même si une forme de colère était restée pendant longtemps, dangereusement présente, mais pourquoi ne pas penser, à partir de là, que peut-être le nalcien avait eu lui aussi sa part de malheur ? Ils étaient rares les gens qui ne le connaissaient pas un jour ou l’autre… Et après tout, elle ne connaissait rien de son passé, pas plus qu’il ne connaissait le sien. Si elle laissait parler sa logique, elle pouvait supposer qu’elle avait pu le blesser, en partant comme elle l’avait fait. Un voile de culpabilité passa devant ses yeux. Elle n’avait pensé qu’à elle en fait.  Comme toujours. La déclaration de Peter tomba à pic. Il lui demandait de lui parler. Elle ne pouvait pas lui reprocher d’avoir tord, mais à quel moment devrait-elle lui parler de son vécu ? Il ne savait encore rien de tout ce qu’elle avait pu faire, ne risquait-elle pas de le perdre pour de bon ?

Des lacunes ? Si lui en avait, comment devait-elle se qualifier alors ? Elle était peut-être la personne avec le plus de défauts au monde ! Se rendait-il compte qu’il aurait fort à faire avec elle ? Le voile qui recouvrit son regard, disparut. Non pas qu’elle ne se sentit plus coupable, mais l’assurance du maître des dragons la rassura. Ne voulant pas briser la magie du moment, Eeva se laissa bercer par l’instant présent… Ses lèvres la picotaient, gardant un souvenir physique du baiser ardent qu’ils avaient échangé et lequel fut suivi par d’autres. La femme n’opposa aucune résistance, bien au contraire. Il trouva même le moyen  de lui offrir un compliment, alors qu’elle devait avoir une mine épouvantable ! Les cheveux emmêlés par la longue course sur le dos de Zero, les joues encore rouges, ce qui devait jurer avec la couleur de sa chevelure, les yeux embués et peut-être encore des traces de ses larmes sur le visage. Elle eut un sourire fugace, les yeux brillants et de nouveau, ils furent attirés l’un contre l’autre comme deux aimants. Deux aimants. Peter et Eeva. Dragon et Glace.

Peut-être y avait-il plusieurs formules magiques. C’en était une autre qu’il prononça, quand ils se séparèrent, leur permettant par la même occasion de reprendre un souffle beaucoup plus calme. Eeva ne tremblait plus et n’avait plus froid, néanmoins, une nouvelle vague d’émotions la submergea, sans pouvoir en expliquer l’origine. Il ne l’abandonnera pas. Il ne le ferait jamais. Profitant d’un prétexte tout trouvé, Eeva posa son visage contre son torse, cachant habilement par la même occasion, des larmes nouvelles.

« Merci. » susurra t-elle, parvenant à empêcher sa voix de s’étrangler. «  Je ne le ferai plus. » assura t-elle.

Cette phrase simple, lui donnait l’impression d’être une petite fille à nouveau. Mais elle ne voyait pas quoi dire d’autre. Oui ça faisait trop de mal. Elle n’avait pas pensé un seul instant qu’elle avait pu le blesser. Peut-être parce que Peter donnait tout le temps cette impression de force et de vigueur ? Elle n’avait pas pensé un seul instant que ça pouvait cacher une forme de fragilité quelconque… De même qu’en la voyant, championne brutale et sauvage, on ne pensait peut-être pas à toute la souffrance qu’elle cachait en dessous. Alors peut-être que les personnes qui donnait le plus l’impression de force étaient les plus meurtris ?

La dernière larme fut versée, à l’abri des regards.

Finalement, une intense lumière or traversa ses paupières. Un peu surprise, Eeva ouvrit les yeux, soudainement aveuglée par le soleil. Blottie contre son Champion, elle songea avec une impression bizarre que le jour s’était levé. Déjà ou enfin ? Combien de temps avaient-ils passé ici ? Combien de temps s’était écoulé depuis qu’elle était arrivée avec Zero et ses Pokémon ? Il lui semblait pourtant qu’il avait déjà commencé à se lever à ce moment-là ? S’était-il gardé de se lever trop vite ou bien ?

« Je t’aime.
Mais tu n’as pas idées du nombre de défauts que je peux avoir. »
s’entendit-elle avouer, presque contre sa propre volonté.

Les mots lui avaient soudainement échappés, comme une réponse à sa déclaration, mais elle savait aussi que cela ne ferait pas fuir le nalcien… Elle s’avançait peut-être en disant qu’il prendrait peut-être ça comme un défi à relever, mais elle sentait que cette révélation n’était pas un risque pour leur nouveau couple. Les joues encore un peu roses, elle restait obstinément blottie contre Peter avec un petit sourire léger, se délectant de pouvoir s’imprégner de ce moment. Comme pour en mettre le plus de côté possible, pour plus tard. Son regard errant un peu autour d’eux, elle réalisa alors qu’elle avait laissé complètement laissé Zero sans surveillance ! Elle le vit en face d’elle, à quelques mètres. Le Pokémon masqué avança timidement vers eux. D’un coup d’œil, parce qu’elle les avait complètement oubliés eux aussi, elle s’assura que les autres étaient toujours là. Mais ils étaient tous là. En fait, les deux Évoli étaient calés contre le ventre de la Démolosse, qui jouait les mamans de substitution. Le Métamorph s’était collé au Nanméouïe qui avait l’air totalement submergé et désemparé. Même Dictame tremblait des ailes.

Comment était-ce possible ? Mais elle oubliait les liens particuliers qui les reliaient. Et Paeony était capable de ressentir beaucoup de choses grâce à ses étranges appendices. Il n’y avait que Pyracantha, qui semblait tenir bon, conformément peut-être, à son rôle de gardienne et d’aînée. Zero, à pas hésitants, approchait. En quelques minutes, il venait de faire connaissance, avec des émotions, qui certes ne lui appartenaient pas, mais qu’il ne connaissait pas et qu’il pouvait s’approprier, d’une certaine manière. Passé les atroces moments de souffrance, puis de joie et d’attachement profond, la curiosité s’emparait de lui. Il n’était plu inquiet de ce qui se passait autour de lui, réaction qui l’avait poussé à demander à Eeva un peu d’attention. Maintenant qu’il faisait jour, il voyait un humain bien différent des hommes qu’il avait connu dans le labo. Pour commencer, il s’appropriait complètement sa nouvelle humaine, mais d’une façon propre à leur espèce respective. Soit. Il ne comprenait pas trop, mais d’instinct, il n’irait pas tenter de marcher sur ses platebandes, malgré l’intérêt prononcé d’Eeva pour lui.

Cet homme-là était aussi grand que lui et le plus étonnant, c’était qu’on pouvait mettre deux petites Eeva dans un seul Peter. Il semblait bien plus fort physiquement que Gladio et dégageait une aura puissante. Sous son masque de fer, il le regardait avec un certain émerveillement. Il avait les yeux « Wouaaaaaaaaah… »  et il voulait faire connaissance avec lui. Il était presque un Humain-Pokémon non ? Approchant son énorme tête vers les deux amants, il souffla. La rousse songeait qu’elle avait embarqué ses Pokémon dans sa tourmente, sans qu’ils soient concernés. Elle voyait l’éventail de Zero remuer. Peter avait l’air de lui plaire ! Détachant son visage de Peter et libérant sa gorge du poids qui s’y était installé par une profonde, mais discrète inspiration. Elle regarda un moment le Pokémon approcher, jusqu’à ce qu’il se tienne à quelques centimètres d’eux.

« Zero, je te présente Peter. » dit-elle d’un ton très posé. Oserait-elle le dire ?
« Mon compagnon. »

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Peter le Sam 9 Déc 2017 - 0:28

L'aveu de la rousse n'étonna pas Peter, mais ce dernier ne releva pas. C'était objectivement elle qui était partie du jour au lendemain, sans prévenir, donc, oui, quelque part, c'était de son fait. Mais bon, de son côté, il aurait peut-être pu aussi lui demander comment elle se sentait, si ça se passait bien, si elle avait des envies particulières ou des craintes même idiotes. Enfin, c'était derrière eux, maintenant. Savourant l'instant présent, le Dragonnier laissa Eeva se poser contre son torse, alors qu'ils se calmaient peu à peu. La Mizuhanienne lui sembla plus vulnérable et plus faible que jamais, aussi resserra-t-il son étreinte autour d'elle pour la protéger. La protéger de quoi, d'ailleurs ? Elle savait très bien se défendre contre de potentiels agresseurs extérieurs, mais se protéger d'elle-même, c'était une autre paire de manches. Lorsqu'elle lui murmura, comme une petite fille, qu'elle ne le ferait plus, il ne put s'empêcher de sourire, malgré les larmes qu'il sentait couler de plus belle contre lui. La tête appuyée contre le sommet de la sienne, il lui murmura :

« Je le sais, ne t'inquiète pas. »

Restant là avec sa compagne, il vit le jour se lever doucement, presque timide, comme s'il n'osait pas interrompre leur dialogue. Peter ferma les yeux pour éviter d'être ébloui, lorsque son cœur pourtant apaisé rata un battement. Ils avaient eu beau passer des mois ensemble, elle ne le lui avait jamais dit jusqu'à présent, alors l'entendre de sa bouche, c'était à la fois inattendu et gratifiant, quelque part. À quand remontait la dernière fois que quelqu'un avait formulé ces mots ? Pour sa part, il n'avait pas eu besoin de se forcer ou de mettre les formes pour les adresser à Eeva, mais le recevoir, c'était encore autre chose. Une fois la surprise passée, il eut un rire et haussa les épaules.

« Je me fous de tes défauts, quand on aime quelqu'un, on le prend tel qu'il est, avec ses bons côtés et avec les mauvais, aussi. C'est le jeu. »

Alors qu'elle était toujours blottie contre lui, le Dragonnier ancra son regard dans le sien, lui chuchota un « je t'aime » en retour et l'embrassa encore, comme s'il n'en avait jamais assez. Si le Dracolosse, de son côté, ne disait rien et les laissait dans leur bulle, la Ptéra, elle, ne cessait de lever les yeux au ciel. C'était bon quoi, allez, ils avaient eu leur dose là, non ? Que les humains pouvaient être idiots et ridicules, parfois ! Neltharion, intrigué, avait néanmoins calqué son comportement sur celui de Kairyuu et se contentait de regarder le couple en silence. Il ne comprenait pas tout, en revanche, il percevait l'aura positive qui émanait de son maître, et cela lui plaisait bien. Le géant orange, penchant la tête vers son cadet, constata que cela avait même un effet bénéfique sur le malade... Finalement, en voyant que le gros quadrupède avec un masque s'approchait, il décida lui aussi de tenter sa chance et s'avança. La rousse consentit alors à se détacher un peu de son amant et à donner un peu d'attention à sa créature. De nouveau alerte et disponible, le Champion observa la bête avec un certain intérêt.

Même s'il avait immédiatement senti que ce n'était pas un Dragon, il avait perçu la puissance contenue sous le masque, mais ce qui l'étonnait le plus, c'était le, comment dire, manque de cohérence entre les différentes parties de son corps. Ses pattes avant n'avaient rien à voir avec ses pattes arrière, son buste était complètement à part, et que dire de la nageoire qui lui servait de queue... Peter n'avait jamais vu de créature pareille. On aurait dit un assemblage de Pokémon connus (un Léviator et un Démolosse, vaguement, avec une touche d'inconnu, songea-t-il). Comme la bête manifestait un certain intérêt pour lui et que la réciproque était vraie, il la laissa venir jusqu'à lui. Cet étrange casque, par contre, le contrariait un peu. Était-ce voulu ? Est-ce que cela faisait partie de son physique, ou bien était-ce un moyen de le brider ? Sans briser le contact avec Eeva, le Champion du Temple détailla Zero du regard. Toutefois, quand la rouquine désigna le Nalcien comme étant son compagnon, celui-ci, dans un mélange de gêne et de fierté, prit la Mizuhanienne par l'épaule pour la ramener contre lui et l'embrasser sur le front. Il aurait voulu crier « à moi ! », il n'aurait pas été plus explicite ! Décidément, cette journée était celle de toutes les révélations et officialisations entre les deux Champions.


« Enchanté, Zero. »

Après un regard en biais adressé à Sakeriba, qui se marrait ostensiblement en produisant un bruit de pierre qui roule, il questionna sa compagne.

« J'admets volontiers que je n'ai pas la science infuse, mais je n'avais jamais vu de tel Pokémon. Tu l'as trouvé à Flamen ? »

Curieux lui aussi, Neltharion se planta devant Zero, puis se tourna vers Eeva, qu'il scruta de ses grands yeux noirs. Dans cette posture, il semblait totalement sain, et il était même plutôt mignon !

« Lui, c'est Neltharion. Je le garde isolé la plupart du temps parce qu'il a quelques soucis. Il est bipolaire, avec des complications liées à des troubles de la personnalité. C'est un héritage de mes parents, comme ma Draco. »

Dans un élan, le Griknot vint se frotter aux pieds de son maître, avant de dévisager Eeva et de recommencer avec elle, avant d'enlacer sa jambe dans un gros câlin.

« Il a des phases très calmes où il peut vivre normalement, malheureusement, quand ça ne va pas, je suis obligé de le mettre à l'écart. Avec les années et les différents traitements que j'ai essayés, les phases de crises se sont grandement espacées, mais je ne peux pas prendre le risque de le laisser vivre comme les autres. Il pourrait blesser quelqu'un, voire pire. Mais je ne veux pas m'en séparer, il fait partie des seules choses qu'il me reste de ma mère. »

Neltharion fit alors claquer sa mâchoire de contentement, ravi d'être à l'air libre et en voyage, pour une fois. Lorsqu'une vive lueur émana de lui, Peter prit Eeva dans ses bras, dans une attitude protectrice, pour faire barrage en cas d'agression ou de changement brusque d'humeur de son Pokémon. En constatant que l'évolution s'était passée sans encombre et que Neltharion était simplement ravi d'avoir contredit son premier propriétaire, le Nalcien se détendit et lui fit un sourire, tout en le laissant prendre sa main entre ses deux pattes griffues.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Eeva Slanzar le Sam 9 Déc 2017 - 18:26

Lovée dans le meilleur endroit au monde, Eeva se laissa étreindre avec une certaine saveur.  Si elle avait su avant que ça ressemblait à ça… Eeva soupira. Peter ne fit aucun commentaire, ne cherchant ni à l’accabler, ni à minimiser ses actes. Elle apprécia. Elle avait une chance inouïe, elle avait trouvé une perle rare…  Quand il resserra son emprise, Eeva releva le menton qu’elle garda posé contre lui, plongeant ses yeux dans le regard brun-rouge de son compagnon, y cherchant quelque chose à déceler. Si en plus il acceptait avant de les connaître ses défauts, car elle était tout sauf d’un caractère facile… Ce n’était pas juste une perle qu’elle avait trouvé, mais un trésor. Et elle s’y connaissait en trésor ! Il l’embrassa à nouveau. La rouquine commençait à prendre conscience de certaines choses. Elle avait dû lui faire une sacré trouille… mais elle n’avait, en réalité, aucune idée dans le désarroi dans lequel elle avait pu le plonger. A elle non plus, elle était trop habituée à ignorer le supplice de la solitude, la vraie, des enfants orphelins dont personne ne voulaient, ceux qui n’avaient pas la chance de trouver une famille, pour s’en rendre compte.

Lorsque  le Pokémon multigénome s’approcha timidement de Peter et qu’Eeva le présenta, cette dernière attendit une réaction et en attendant essayait de déchiffrer son expression. Au même moment, elle remarqua enfin le petit dragon. C’était un Griknot. Elle savait qu’il s’agissait d’un dragon affilié à la terre, mais n’avait jamais eu l’occasion d’en voir un. Il imita le Type :0 et s’approcha à son tour. Le visage de Peter était impénétrable et pour l’instant, Eeva n’avait aucun moyen de savoir ce qu’il en pensait, tout en sachant qu’il n’avait, évidemment, jamais vu un Pokémon tel que lui. Peter la saisit par les épaules, l’embrassa, arrachant à la championne un léger sourire. C’était elle, où il faisait le fier là ? A quelques pas de là, le grand Ptéra ricanait. Même si c’était un Pokémon, Eeva savait qu’elle ricanait.  Zero baissa sa tête, après avoir flairé de long en large Peter, pour s’en faire une idée précise, vers le Griknot. Il sentait comme la grande femelle de pierre, mais il était tout petit petit. Finalement, les deux Évoli, rassurés, vinrent rejoindre Zero et le mini dragon. Saluant le « nouveau », se présentant poliment et flânant dans les jambes des deux humains. Ils étaient contents qu’ils se soient réconciliés, en particulier Hébès qui prit son élan et sauta directement dans les bras de sa maitresse. Sans gêne, il se cala entre elle et le nalcien.

« C’est nomal. » dit-Eeva, maintenant l’Évoli contre elle. Sur le point de continuer à parler, elle laissa un peu de suspens, cherchant un peu ses mots. Elle s’était rendu compte, par le biais d’Akairos, ce que Peter pouvait penser des gens qui faisaient du mal à leurs Pokémon. Elle n’en n’avait qu’une idée imprécise, mais elle ne savait pas trop comment lui apprendre la chose. Une chose à laquelle elle-même  contribuait, en s’occupant de lui.

« Zero n’est pas un Pokémon ordinaire, il est plus extraordinaire que même les plus rares. Il est même, quasiment unique en son genre. Il est né du projet ‘’Type :0’’, un projet secret. Zero à sans doute plus de parents Pokémon qu’aucun d’entre eux. Je sais qu’il en existe un autre, qui avait déjà trouvé un dresseur avant qu’on m’appelle pour lui.
Zero n’est pas un Pokémon dangereux, il est au contraire très amical, même s’il ne connaît pas le monde extérieur. Mais ses pouvoirs seraient démesurés… C’est pourquoi il porte ce masque.
Je suppose qu’il pourra le briser quand il sentira le moment venu… C’est tout ce qu’on sait de lui.
Je… Je n’ai pas l’intention de le montrer au grand jour. »
Acheva t-elle.

« Je ne sais pas si je suis pour ou contre ce genre d’expérience. D’un côté c’est usurper le pouvoir des dieux de créer de cette façon la vie et un nouveau Pokémon. D’un autre, c’était une chance unique d’avoir en ma possession un Pokémon unique qui n’existe que par la seule volonté de l’Homme. »

Les yeux brillant d’une convoitise et d’une fierté mal contenue, Eeva posa la main dans la crinière de l’étrange créature.

« Tout ce qui compte pour l’instant, c’est de lui faire connaître le plus de choses possibles. Le plus de bonnes choses. Quitte à l’avoir créé de toute pièce, autant continuer en lui créant une bonne expérience de ses premiers jours. Ses premières années, si possible. »

Eeva avait une confiance aveugle en Peter. Elle avait passé sus silence le lieu où elle se l’était procuré était certaine qu’il comprendrait. Son travail lui imposait parfois de garder le secret professionnel. Mais maintenant qu’il avait vu Zero, tout en sachant qu’il ne trahirait pas, elle était un peu obligée de le tenir au courant. De toute façon, elle aurait bien eu du mal à cacher un tel Pokémon aux yeux du maître des dragons, tout en vivant avec lui. Et puis, Zero ne risquait rien avec Peter. Sur le même ton, celui de la confidence, son conjoint lui présenta le petit dragon, qui était loin d’être un nouveau. En quelques mots, il lui fit un portrait précis : un petit dragon avec un léger trouble de l’humeur.  Elle jeta un regard à Peter.

« Il me plaît ! » Affirma t-elle vivement.

Pourtant… C’était peut-être bien la première fois qu’elle l’entendait parler de cette façon de sa mère. Neltharion sembla l’adopter tout de suite et vint s’enrouler autour de sa jambe. Un peu jaloux, Hébès se pencha, tentant une patte vers la tête du dragon pour essayer de l’éloigner de sa maitresse. Eeva comprenait que Peter ne puisse pas s’e débarrasser et le faire n’aurait sans doute pas arrangé le cas du dragon. Pire encore, s’il évoluait avec un esprit se dégradant au fil du temps… Pour sa part, les seuls remèdes que proposaient Eeva pour les cas difficiles se résumaient à un entraînement infernal et une bonne claque sur le museau… Ce qui n’aurait sans doute pas fonctionné sur un cas pareil. Eeva laissa glisser ses bras autour de la taille de son compagnon et lui caressa le dos. Elle ne pouvait pas dire qu’elle comprenait… Elle n’avait jamais eu de mère. Eeva agissait sans savoir ce qu’elle faisait.

Le Griknot claqua des mâchoires et se mit soudainement à briller. Eeva ouvrit de grands yeux brillants, reconnaissant immédiatement le phénomène, qui faisait tout de même parti de sa spécialité ! Mais instantanément, Peter l’attira contre lui et fit rempart. La Chercheuse voulut lui dire d’attendre, de ne pas s’inquiéter, mais elle n’en fit rien, un peu perdue entre la contemplation d’une évolution d’une espèce qu’elle n’avait encore jamais vue et la sensation que peut-être Peter avait besoin d’exprimer certaines choses. Comme d’empêcher son héritage de manger sa compagne, s’il semblait le croire. Mais Eeva n’eut aucune réaction de peur, au contraire. Elle resta très calme et ajouta à l’adresse de son propre spécimen :

« Tu vois Zero, c’est ça, une évolution. » Le Griknot grandit au point de faire une tête de moins, environ, qu’Eeva. « Maintenant, Neltharion n’est plus un Griknot, mais un Carmache. Sa forme a un peu changé et il est plus fort. »

Eeva sentit Peter se décontracter.

« Mais tous les Pokémon n’évoluent pas. Paeony n’évoluera jamais, ni Germandrée. D’autres évoluent plusieurs fois, comme Dictame. »

Chacun des concernés eut une réaction quand Eeva parla d’eux, Zero tournant sa tête vers chacun de ses nouveaux compagnons. Pour l’instant, Eeva préféra laisser de côté l’histoire des Méga-Évolution, Zero avait déjà bien assez à apprendre !  Dans ses bras, Hébès se gonfla d’un coup dans un petit bruit de trompette, mais en constatant que le soleil levé réchauffait sa fourrure, il sauta des bras de la championne dans un bruit de ballon qui se dégonfle pour rester dans l’ombre, qui n’existait presque plus maintenant. Eeva eut un éclat de rire et remarqua son frère un peu plus loin, qui s’amusait à faire un petit tas de cailloux.

« Ils me font ça tout le temps en ce moment. » Commenta Eeva, se détachant de Peter.

Elle fit quelques pas vers le Pokémon et s’arrêta à mi-chemin.

« Je suis contente de tu sois venue, même si c’est par hasard. »

Eeva croisa les bras, les yeux rivés sur les renards.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Peter le Dim 24 Déc 2017 - 1:29

Surpris par la venue de Zero, Neltharion le laissa malgré tout le regarder et l'observer sous toutes les coutures, tout comme il l'avait fait avec son maître avant lui. Le Champion, les yeux rivés sur la chimère, tentait de deviner sa nature, mais il était trop difficile de déterminer les espèces qui le composaient. Certaines étaient identifiables, d'autres non, et Peter laissa tomber, préférant s'appliquer à découvrir la créature telle qu'elle était. Eeva lui expliqua ses origines et ce qu'elle savait de lui, et le Nalcien hocha la tête.

« Je comprends que le projet soit resté secret, certains ne verraient pas la création d'un Pokémon par la main humaine d'un bon œil. J'espère simplement que les gens à l'origine de cette réalisation n'ont pas utilisé de Pokémon vivants pour la mener à bien. Je ne sais que trop bien quel est le sort réservé aux créatures de laboratoires, et je ne veux plus jamais revoir ça dans ma vie. Mais en dehors de toute considération éthique, je reconnais que c'est un véritable miracle d'avoir réussi à insuffler la vie dans un tel être. J'ignore les techniques utilisées pour y parvenir, mais force est de constater que c'est une réussite. »

La rousse évoqua alors la confidentialité qu'elle voulait préserver autour de ce Pokémon, et Peter acquiesça.

« Bien sûr, le montrer serait l'exposer à des dangers inutiles. Les fanatiques sont prêts à tout pour que le monde soit conforme à leurs idéaux et à leur représentation de l'univers, alors tu fais bien. Et puis, les choses trop belles doivent être préservées. »

Pour appuyer son propos, il jeta un regard volontairement perceptible à sa compagne, qui lui annonça ce qu'elle projetait pour son protégé. Cette fois, ce fut à Peter d'afficher - à nouveau - sa fierté face à l'attitude d'Eeva. Avec un sourire, il lui prit la main et exerça une légère pression dessus.

« Tu as raison, il aura bien le temps de voir ce qui se fait de pire, alors autant lui montrer le meilleur. »

Quand la Championne affirma, après avoir entendu la description du Griknot, qu'il lui plaisait, le petit Dragon se gonfla sur place, un peu comme Hébès l'avait fait plus tôt. Le Nalcien, couvant son protégé du regard, sentit la main d'Eeva dans son dos, dans une tentative maladroite de réconfort. Peut-être qu'elle n'était pas à l'aise pour ce genre de choses, mais même s'il en ignorait la raison, le Dragonnier apprécia l'intention et posa sa tête contre la sienne.

« Je te parlerai d'elle un jour. Mais pour le moment, je préfère apprécier l'instant et en apprendre davantage. »

En apprendre davantage, oui, mais à quel propos ? Parlait-il d'Eeva, de Zero, d'eux tous à la fois ? Comme souvent lorsqu'il évoquait sa mère, Peter se faisait évasif et discret, voire distant, raison pour laquelle il changea de sujet. L'évolution de Neltharion fut un excellent prétexte pour passer à autre chose, d'ailleurs, et le Champion fut surpris de voir que le Carmache était parfaitement conscient et alerte. Mieux encore, il semblait apaisé et stable, quelque part. Tandis qu'Eeva faisait un cours à Zero, le Dragon Master tendit la main vers son Dragon, qui la prit entre ses pattes et lui lança un regard explicite. Le Nalcien sourit.

« Je suis très fier de toi. Je savais que tu y arriverais un jour, il fallait juste que ce soit le bon moment. Et si tu n'avais pas évolué, cela n'aurait rien changé pour moi. »

Le Carmache émit une sorte de roucoulement, mais façon... Dragon, quoi. Il était satisfait d'avoir pu gagner contre une forme de fatalisme que le père de Peter invoquait souvent en le désignant comme incapable de devenir plus fort. Neltharion fit de nouveau claquer sa mâchoire dans la direction de l'Évoli, qui se prenait pour un ballon, à se gonfler et à se dégonfler. Le Nalcien haussa les sourcils devant l'attitude des jumeaux renards.

« Peut-être qu'il veut devenir plus fort, lui aussi, et qu'en faisant ça il pense y arriver ? Et puis regarde, il préfère rester à l'ombre, je crois que tu tiens un indice. Quant à l'autre, je crois qu'il fait une collection de pierres, à moins qu'il ne cherche autre chose. »

Intrigué par le comportement des deux Évoli, Peter les observa un moment, avant de suivre Neltharion du regard. Le Carmache était reparti vers Kairyuu, et il était en grande conversation avec lui pour lui montrer ses nouvelles capacités. Bienveillant, le Dracolosse écarquillait les yeux et hochait la tête pour lui indiquer qu'il l'impressionnait, et le Champion du Temple sourit. Son premier compagnon était toujours prévenant et agréable avec les autres Dragons de Peter, et même avec les Pokémon en manque de reconnaissance ou de présence, tout simplement. Quand la Mizuhanienne s'adressa à la Ptéra, cette dernière ricana de plus belle, comme si elle se moquait de la naïveté de l'humaine - enfin, c'était son point de vue à elle. Le Nalcien s'approcha dans le dos d'Eeva, enlaçant la rousse l'espace d'un instant, avant de relâcher son étreinte.

« Je ne crois pas qu'elle m'ait conduit ici par hasard. C'est ici que je l'ai affrontée à mains nues. Je n'avais que treize ans, mais j'aurais tué le monde entier, alors... Le combat a été éprouvant, mais j'ai finalement eu le dessus. Cet endroit est lié à notre histoire commune, je suis sûr qu'elle m'a amené là parce qu'elle savait que tu y serais. Cela peut sembler idiot comme raisonnement, mais j'en suis persuadé. »

Estimant probablement que le moment était idéal, Sakeriba décolla soudain et se jeta sur son maître pour une attaque surprise. D'un geste vif, le Champion esquiva d'un bond sur le côté, avant de se repositionner pour le prochain assaut, qui ne tarda pas. Toutes serres dehors, le ptérodactyle fonça sur l'humain, qui l'accueillit d'un violent Dracosouffle qui projeta la bête en arrière. Une aura de puissance et de combativité entoura le Nalcien, qui défia son Pokémon du regard, et la créature, estimant qu'elle n'avait aucune ouverture et qu'il était inutile de se donner en spectacle dans un duel perdu d'avance, décida de faire volte-face et de s'éloigner. Haussant les épaules, Peter se tourna vers sa compagne.

« En tout cas, elle est toujours aussi lunatique, c'est sûr. Elle aime bien me tester de temps en temps, c'est même l'une de ses occupations favorites. Elle espère me battre un jour, je crois. »

Un mouvement inhabituel attira l'attention du Champion du Temple. Curieux, Neltharion se trouvait nez-à-nez avec un minuscule Poussifeu qui semblait partagé entre la peur de ce Pokémon bien plus grand que lui et l'irrésistible envie d'en savoir plus à son sujet. N'ayant pour ainsi dire jamais eu l'occasion de voir le comportement de son Carmache en présence d'inconnus, il observa donc le déroulement de cette rencontre aussi inhabituelle qu'improbable.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Eeva Slanzar le Ven 29 Déc 2017 - 0:49

Elle ne répondit pas à Peter; dans l’ensemble, ils étaient assez d’accord sur le cas de Zero. Pendant les quelques mois à venir, au minimum, il resterait un peu secret. Eeva avait bien conscience de ne pas pouvoir toujours le protéger, mais si elle le pouvait le temps qu’il découvre pleinement le monde extérieur est ses propres pouvoirs… Eeva expira longuement, tourna la tête et posa sa joue contre le torse de son compagnon, elle sentait la chaleur de son corps l’envahir peu à peu, comme si un feu intérieur l’animait ; elle avait eu froid toute la nuit. Face à l’affirmation de Peter concernant sa mère, Eeva ne bougea pas et ne parla pas plus, elle n’avait pas eu de parents, mais elle devinait que sous tous ces silences et ces non-dits, il ne pouvait y avoir eu qu’un grand malheur. Et pour l’instant, maintenant qu’ils se retrouvaient, elle n’avait aucune envie de gâcher ce moment, pensée visiblement partagée car Peter la traduisit en paroles. En apprendre davantage… Eeva ne put s’empêcher de penser qu’elle avait bien des choses à apprendre en effet. Elle devrait soit les apprendre toute seule, soit, ce serait Peter qui les lui apprendrait.

Que Sakeriba se moque, cela lui était égal, car elle ne pensait pas à la dragonne en parlant. Certes, ses paroles étaient dirigées, mais son esprit aussi et sur tout autre chose. Peter lui fit remarquer alors que Hébès s’arrangeait pour éviter la lumière, ce qui ne servait désormais plus à rien : le jour était levé. Ils avaient droit à ce qui s’annonçait comme une belle matinée, le soleil emplissait toute la gorge. La rouquine pencha la tête sur le côté et fit la moue. Les deux renards avaient trois ans et demi maintenant, n’avaient certes pas l’entrainement de ses Pokémon d’Arène, ce qui n’allait plus tarder maintenant qu’ils étaient grands… Mais c’était convenable. Si Peter disait vrai, devait-elle en conclure qu’ils voulaient devenir plus puissants qu’ils ne l’étaient… Et, ou, évoluer ? Cette tête de ballon de baudruche ne ressemblait pas à grand-chose à vrai dire, par contre cette collection de galets… Elle devrait chercher de nouvelles pierres d’évolution dans ce cas ou bien lui proposer des lieux d’évolution… En tant qu’Évoli, les deux frères avaient l’embarras du choix. Ou le choix de l’embarras.

Elle devrait préparer un voyage alors… Et de l’entrainement. De jour comme de nuit, si elle voulait les laisser choisir parmi les huit évolutions qui leur étaient possibles. Ou simplement leur choisir. Ce serait plus simple… Eeva posa un regard sur Hébès. Il cherchait l’obscurité. Tout en se montrant particulièrement collant depuis quelques temps. Une pensée lui vint, que ce passerait-il, si l’un d’eux évoluait… « mal » ? Contrairement à la Méga-Évolution, il n’y aurait pas de retour en arrière possible. C’était bien la première fois qu’elle était confrontée à ce genre de casse-tête, pour leur mère, cela avait été très simple, évident même… Elle se souvenait de la bataille sur le glacier. A l’époque, un lointain passé, la bataille faisait rage entre les bateaux qui s’ébréchaient contre la glace épaisse et coupante. En fin de compte, elle n’avait jamais su si Lotus était tombée à l’eau, si on l’avait jetée ou si elle y avait plongé de son propre gré. Par contre, elle avait évolué en Givrali d’elle-même et était revenue pour lui porter secours. C’était curieux… D’aussi loin qu’elle se souvienne, c’était la première fois qu’elle le remarquait.

Sentir les bras musculeux de Peter s’enrouler autour de ses hanches la tira de sa rêverie. Par contre, un coup d’œil sur la pyramide de Cyanea lui fit remarquer que toutes les pierres, étaient des galets. Pas des cailloux. Est-ce qu’elle était assez fine pour prétendre qu’il cherchait une pierre en adéquation avec l’eau ? Les galets, ça ne se trouvait pas au milieu des champs… Il lui en restait une, de Pierre Eau. Pour Hébès en revanche… Le temps que dura son étreinte, Eeva voulu se tourner, mais trop tard, déjà, son homme se défaisait d’elle. D’une oreille distraite, elle l’avait écouté, non sans ressentir un certain frisson courir le long de son échine. Il en fallait pas mal pour impressionner Eeva, qui en avait vu de toutes sortes dans sa vie, passée ou présente. Mais combattre un Ptéra à mains nues ! c’était la première fois qu’elle entendait ça ! Elle voulu se tourner vers Peter, un regard lourd de sens à ce qu’il venait de lui confier, mais c’est ce moment précis que choisis l’ancien dragon pour se retourner contre son maître, non sans rappeler à Eeva certains souvenirs…

Comme Peter esquivait l’attaque directe du dragon, la rousse attrapa Hébès qui se trouvait en dessous et recula contre une paroi rocheuse. Soulevé de terre, l’Évoli se retrouva dans les bras de la championne, qui la tenait par la cage thoracique, ses pattes pendant dans le vide. Il regardait Sakeriba et hérissait les poils. Les autres Pokémon s’étaient figés sur place et assistaient au spectacle, seul l’autre renard y semblait indifférent. Le temps que dura la rébellion, Eeva resta étrangement inactive, en temps normal, elle aurait déjà brandit une Pokéball et donné ses ordres, mais cette fois, il était évident qu’elle ne devait pas s’en mêler. En fait, c’était surtout son attitude passive qui était bizarre ; aucune contraction, aucune raideur… Elle sentit avant de la voir se manifester physiquement, l’aura du dragonnier se muer en un souffle. Le visage fermé, Eeva cligna des yeux. Ses pouvoirs à elle ne ressemblaient en rien à cela. Mais après… Elle n’était encore qu’un simple Lieur. Quelle forme prendraient ses pouvoirs quand ils seraient d’avantage développés ? Le déferlement de pouvoir fit largement reculer le Ptéra. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Eeva n’avait tapé dans n’importe quoi !

Eeva pencha légèrement la tête sur le côté et plissa les yeux. Elle avait du mal à imaginer que l’homme qu’elle avait en face d’elle, ait été un jour, un petit garçon. Aussi rapidement que cet éclat avait commencé, il s’évanouit, le dragon laissa en plan les deux humains. Lunatique, c’était peu dire ! Sans le dire, Eeva espéra que ce jour n’arriverai jamais. Eeva posa un regard incertain sur Peter, cachant son tremblement. Mais attiré par son Carmache, il se détourna, offrant une occasion en or pour Eeva de faire de même et de ravaler ses sentiments. Elle posa Hébès au sol, qui alla rejoindre son frère, à présent occupé à gratter contre la pierre, un peu plus loin, entre deux rochers sous la falaise. Il y eu un éclat, qui la saisit et puis plus rien. Les deux frères se tenaient sur leur garde, dans la même position, tourné vers une même direction. Longeant la falaise, Eeva alla les rejoindre, un peu curieuse, elle devait l’avouer, de ce qu’ils avaient pu trouver. Mal lui en prit ! Le même éclat de lumière explosa devant ses yeux et passa tout près de son visage. Une fraction de seconde plus tard, une épée large se trouvait planté dans la falaise juste à côté, au niveau de ses yeux. Eeva resta soufflée parla soudaineté de la chose.

Le comportement des Évoli jumeaux changea du tout au tout, la fourrure hérissée, les crocs découverts et les oreilles couchés, ils se jetèrent sur l’épée. La Démolosse s’était levée d’un bond et se jeta sur Eeva, lui mordant une manche pour la tirer loin de ce qui venait de l’attaquer. Instinctivement, elle posa une main sur son ancienne blessure, qui n’avait plus rien. Cette secousse la réveilla du moins et en se retournant, elle vit les Évoli en galère devant l’épée. D’abord, Eeva trouva bizarre cet acharnement devant un objet… Et son second réflexe fut de chercher qui venait de lui balance la lame au visage. Elle déclencha immédiatement son Scan des Ombres, mais elle ne trouva personne… Du moins, aucune mauvaise intention humaine à son encontre… Par contre, il devenait évident que l’endroit était bourré de spectres. Mais  l’obstination des trois Pokémon, avec Pyracantha la fit réfléchir. Une grande ombre passa derrière les renards et le traversa, sans leur causer de dommage apparent. Ce n’était pas Ombre Portée ça ? Les Évoli ne parvenaient pas à le toucher et puis, un son strident et absolument insupportable les frappèrent tous et l’instant d’après, l’épée sortit seule de son rocher, fendit l’air et s’abattit sur Hébès. La Démolosse se jeta du même élan sur l’étrange épée, l’attrapant à plein crocs, des flammes s’échappant de sa gueule.

Eeva remarqua alors le long ruban bleu sur la garde… Et le fourreau qui y était rattaché. La chose, qui n’était certainement pas un simple objet, comportait aussi un œil, des plus dérangeant. L’iris, semblable à celle d’un chat, se tourna vers elle. Ouais, Ouais d’accord, il n’était pas très bien intentionné celui-là.
Son œil unique lui fit froid dans le dos.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Peter le Lun 2 Avr 2018 - 21:25

Observant d'un air pensif les deux renards, Peter se lova contre Eeva, appréciant la chaleur d'un moment privilégié. Ils avaient bien failli se perdre, et voilà qu'ils étaient à nouveau ensemble, plus soudés que jamais. Le Dragonnier ne put s'empêcher de penser que le fil de leur histoire s'était déroulé ainsi parce qu'il ne devait pas en être autrement. Sentant qu'il allait céder à une sorte de fatalisme, le Nalcien se ressaisit promptement, à la fois parce qu'il ne voulait pas gâcher cet instant et parce qu'il avait un prédateur antique fâché et provocateur qui lui fonçait dessus.

Du coin de l’œil, le Champion vit le regard que posa la rousse sur lui. Était-elle admirative, impressionnée, ou effrayée ? Il y avait sans doute un mélange de tout ça dans son attitude, car elle tenait l'un de ses Évoli dans les bras, dans une attitude protectrice. Comprenant qu'elle n'aimerait pas être questionnée sur sa réaction, par fierté, probablement, l'homme aux cheveux acajou n'insista pas et s'intéressa à son Carmache. Son nouveau copain lui tournait autour en sautillant, l'observant sous toutes les coutures et s'arrêtant parfois pour piailler gaiement.


« Je crois qu'ils sont en grande conversation. Je ne sais pas ce qu'ils se disent, mais ça a l'air plutôt drôle. »

Le requin-dragon riait en effet aux éclats, produisant un son assez cocasse qui n'avait rien à voir avec la prestance attendue d'une créature pareille.

« Par contre, je te préviens, je ne l'emmène pas à la maison. »

Neltharion fit la moue, ressemblant trait pour trait au renard qui s'était gonflé quelques instants auparavant. Ce fut au tour de Peter d'éclater de rire devant la mine de son Pokémon. Mais une désagréable sensation l'interrompit, et il tourna la tête vers l'origine de la lumière.

« Je n'aime pas ça. »

Kairyuu fit quelques pas dans la direction de la chose, mais avant qu'il n'ait pu réagir, un nouvel éclat aveuglant les éblouit. La réaction des Pokémon d'Eeva ne se fit pas attendre : les jumeaux attaquèrent la créature qui s'était dévoilée, puis fut chargée par la Démolosse de la Mizuhanienne, dont le Dragon Master se rapprocha en courant. Sans quitter l'épée des yeux, il serra la rousse contre lui.

« J'ai une petite idée sur la nature de cette chose, et si c'est ce que je pense, on devrait éviter tout contact avec. »

Entouré d'une aura menaçante, Peter laissa son regard glisser vers son Carmache. Il n'avait plus rien à voir avec la créature tranquille et joyeuse qui s'amusait avec le poussin de feu, qui s'était enfui devant le phénomène : les crocs découverts et les yeux fous, il grondait en grattant le sol de ses pieds, arqué comme une bête sauvage et sans contrôle. Craignant qu'il ne se montre imprudent, voire téméraire, Peter le rappela, libérant son Dracaufeu pour prendre le relais.

« Hakkatsu, tu l'empêches d'approcher Eeva. »

Se dressant de toute sa hauteur, le saurien orangé déplia ses ailes en rugissant, bien décidé à réduire en cendres l'épée si elle avait la folle idée de tenter une percée.

« C'est un Monorpale, un Pokémon né de la fusion entre une épée et une âme. On a commencé à en voir peu après la Catastrophe de Mewtwo. Si on entre en contact avec lui, il essaiera d'absorber notre énergie vitale, et il peut aller jusqu'à tuer son porteur. Celui-là a l'air particulièrement habile pour dissimuler sa présence, parce que je ne l'ai pas détecté jusqu'à ce qu'il attaque. Fais attention. »

Le Dragonnier était plus que méfiant vis-à-vis de l'épée animée : même s'il s'était spécialisé dans une voie différente de celle de la maîtrise des ombres, il avait quelques affinités avec les Pokémon Poison, Psy et Spectre, et il était d'ordinaire capable de pressentir, même vaguement, ce genre de choses. Mais s'il avait été aussi surpris qu'Eeva et que ses compagnons, il avait toutes les raisons de penser que ce Monorpale était futé et n'avait pas que de bonnes intentions à leur égard.

« Danse Flamme. »

Le Dracaufeu inspira, puis cracha une gerbe de flammes qui encercla non pas l'épée seule, mais l'espace dans lequel se tenait le groupe, réduisant ainsi les possibilités de fuite ou d'esquive de leur adversaire. Sans lâcher sa compagne, Peter plissa les yeux, cherchant à deviner le prochain mouvement de la lame maudite. Le Dracolosse s'était avancé, dans l'optique de prêter main-forte à Pyracantha dans sa défense des petits renards, et il n'attendait qu'un ordre de son maître pour intervenir.

« Je sais qu'en tant que Chercheuse, tu es toujours avide d'informations et de savoir, mais sincèrement, j'aimerais autant que tu évites de chercher à en savoir plus sur ce Pokémon-là. Il est sans doute très intéressant... Mais il me semble bien trop dangereux. »

Le Champion ne termina pas sa phrase. Il aurait voulu ajouter « pour toi, dans ton état actuel, après ce que nous venons de traverser, je veux dire », mais il n'alla pas au bout de son propos, de peur de blesser celle qu'il aimait. Il était pourtant loin d'être peureux ou craintif, mais son instinct lui disait de dissuader Eeva de s'intéresser à cette créature à tout prix, et il avait suffisamment confiance en ses sens pour s'y fier et s'en remettre à eux. La sensation de malaise qui croissait en lui le conforta dans son intuition première, et il ancra son regard dans celui de la lame, persuadé qu'elle ne ferait que leur apporter des ennuis si d'aventure elle venait à s'approcher d'eux.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Eeva Slanzar le Lun 9 Avr 2018 - 20:57

Le soufflé coupé par l’épée qui venait de filer sous ses yeux, et les attaques rapidement enchainées de cette dernière et de ses Pokémon, Eeva mit un peu de temps à revenir au présent. Ce fut d’ailleurs Pyracantha qui l’y entraina en l’attrapant par le bras, puis Peter par la taille pour l’éloigner de la créature. Eeva ne tremblait pas, mais elle attrapa entre ses doigts une mèche de cheveux, coupée net. Eeva ne répondit rien à Peter, trop occupée à observer le mystérieux Pokémon, car il lui semblait évident qu’il en était un, après ces quelques démonstrations. Elle aussi avait une idée de ce que ça pouvait être, car elle sentait au plus profond d’elle une attirance pour ce drôle de Pokémon, comme un charme venu d’ailleurs et ce n’était pas peu dire. C’était pourtant réellement la première fois qu’elle en rencontrait un.

« C’est un Spectre. » dit-elle « Les jumeaux sont passés à travers et les flammes de Pyra’ n’ont pas l’air de lui faire du bien, vu sa forme, j’ai envie de penser qu’il est aussi de Type Acier. »

*Un double-type que je ne possède pas* pensa t-elle avec convoitise.

Mais lorsque Peter insista pour rester éloigner de la créature, Eeva leva un sourcil en lui jetant un regard de biais. Il ne comptait quand même pas la priver de cette occasion d’observer une espèce récente ?! Mais l’ambiance avait totalement changée, Peter lui-même semblait avoir un autre visage et son Carmache, plus dangereux que jamais. Pourtant, ce fut le premier que son compagnon rappela. Pourquoi cela ? C’aurait été une bonne occasion de le voir combattre… Au moment où Eeva se demanda ce qu’il allait faire, Peter appela le type de Pokémon le plus évident au monde. Pour une perspective de combat, Eeva trouva son choix très décevant et prévisible.

Eeva cependant, eu une drôle d’expression quand il lui donna l’ordre, non pas de combattre, mais d’empêcher le nouveau Pokémon de l’approcher. Elle ouvrit grand les yeux, se demandant si elle avait bien entendu ?

« Quoi ? » dit-elle sous l’effet de la surprise.

Eeva eut une moue réprobatrice et fronça les sourcils.

« Je suis Championne d’Arène quand même ! Ne l’oublie pas ! »

L’air soudainement sérieux, sans ajouter un mot, ni un regard pour Peter, Eeva s’avança. Elle fit un signe de tête à la Démolosse qui fit signe aux Évoli de se faufiler vers Eeva et Peter, pendant qu’elle les couvrait en bloquant le passage au Monorpale de son propre corps. Eeva avait très entendu –et compris-, la mise en garde de Peter, mais pour sa part, un cas aussi intéressant de possession ne pouvait pas la laisser indifférente. Et puis, il l’attirait, c’était un Spectre qu’elle ne possédait et c’est justement parce qu’il était aussi malin qu’il ferait sans doute un Champion Pokémon  aussi utile et traître que l’était son Arène… Son air sournois conviendrait parfaitement à la thématique. Eeva nota que le Pokémon ne l’avait pas quitté des yeux depuis le début du combat.

Eeva ressentait une envie folle de combattre cette créature. Elle ne quittait pas l’œil du monstre et sentait le feu monter dans ses joues. Elle saisit une Pokéball.

« Écartes-toi. » Dit-elle à l’intention du Dracaufeu. «  A toi, maintenant ! »

Son Pokémon apparut dans le dos du Monorpale, qui s’occupait de se protéger contre les flammes. Il se retourna, faisant face à un Métamorph. L’œil du Monorpale passa d’Eeva, à Germandrée.

« Germandrée, change-toi en Akairos ! »

Le petit tas de gelée rose, intrigué d’être appelé, surtout pour un adversaire sérieux, s’exécuta. Son corps s’allongea, prenant la silhouette démesurée du Léviator et se colorant peu à peu d’un rouge vif. Eeva fut surprise, son Métamorph n’avait jamais montré un grand talent pour le morphing, elle ne s’était donc pas attendue à le voir changer de couleur, en particulier pour un Pokémon Chromatique. En tout cas, et c’était assez rare pour le souligner, la métamorphose était impeccable !

Le Monorpale avait tenté une attaque Poursuite sur la Démolosse, mais Germandrée termina sa métamorphose assez vite pour répliquer, en fait, avant qu’il n’ait le temps de finir.

« Défends Pyra’ avec Danse Draco ! »

Le géant rouge se mit à se tortiller, bloquant la vue au Monorpale qui afficha un œil passablement irrité. Un sourire narquois aux lèvres, Eeva ne comptait pas en rester là. Le Monorpale se mit à danser à son tour, puis se jeta vers le faux-dragon pour lui trancher les nageoires. Germandrée, conformément aux ordres d’Eeva, laissa la créature s’approcher pour ensuite mieux l’attraper dans son énorme gueule, dans une Morsure particulièrement violente pour le Monorpale.

« Lâche-le et Hydroqueue ! »

Le monstre rouge lâcha l’épée hantée, la gueule en sang et l’envoya voler contre la falaise d’un puissant coup de queue, faisant gicler de l’eau partout autour de lui. Le Monorpale s’écrasa contre la paroi de la falaise. Contrarié, il étendit son ombre pour frapper à nouveau le faux-Léviator. Germandrée poussa un rugissement de douleur. Le Monorpale se redressa, flottant à nouveau et fonça vers Germandrée, ne songeant qu’à le découper en tranche.

« Danse-Draco et Draco Rage ! »

Se mettant à danser, le Métamorph esquiva le Monorpale qui continua sa route un peu plus loin, faisant son long corps serpentant, il n’eut aucun mal à se retourner pour frapper le Monorpale dans le dos. Il entendit les nouveaux ordres d’Eeva, ouvrit une gueule béante et fit rugir un Vent Violent.

Derrière, Eeva afficha un sourire.

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Re: [ Clos ] Morning Side [Peter]

Message par Peter le Lun 9 Avr 2018 - 22:01

Sentant qu'Eeva ne lui opposait aucune résistance, Peter plissa les yeux, surpris de sa réaction. Mais il comprit en croisant son regard avide tourné vers l'épée : elle était trop concentrée par la créature inconnue pour penser à protester. Le Nalcien ressentit un malaise profond, comme s'il était intimement convaincu qu'il devait tout faire pour l'empêcher de s'approcher d'elle. La rousse sembla déçue du rappel de Neltharion, mais Peter préférait préserver son protégé : en l'absence de certitudes en ce qui concernait sa psyché fragile et modifiée par son évolution, il n'avait aucune envie de lui faire risquer sa vie. Surtout vu le spécimen qu'il avait en face, songea-t-il en son for intérieur...

La suite lui parut pire encore : non seulement Eeva afficha clairement sa désapprobation concernant le choix du Dracaufeu, mais elle lui rappela qu'ils étaient égaux au niveau de leur statut. Le Dragonnier ne le niait pas, et en temps normal, il ne serait pas intervenu pour se montrer si protecteur. Il la savait capable de gérer une menace ou un Pokémon sauvage, et il avait confiance en ses capacités. Mais rien à faire : ce Monorpale faisait hurler tous ses sens et son intuition le suppliait de la garder de cette maudite épée. La Mizuhanienne lui sembla presque vexée par l'attitude de son amant.


« Je le sais. Je ne l'oublie pas. Mais lui... Il ne me plaît pas du tout. »

Comment lui expliquer ? Il se rendit compte qu'il était vraiment loin d'être convaincant, avec un tel argument, mais il n'avait malheureusement rien de mieux à opposer à sa compagne obnubilée par la créature. Elle ordonna même à Hakkatsu de s'écarter, comme s'il s'agissait de son propre Pokémon. En guise de réponse, le saurien orangé déplia ses ailes plus largement encore, dans une sorte de défi, avant de se tourner vers son maître. À travers son aura, le Dragon Master lui cria de ne pas le faire et de rester à sa place, comme s'il l'avait clairement formulé à voix haute. La Championne de Fla'Or ignorait désormais totalement son homologue nalcien, focalisée sur le combat qu'elle entendait mener contre le Monorpale. S'il savait qu'elle pouvait se montrer très têtue, Peter fut blessé par son comportement. D'un côté, il comprenait qu'elle ne pouvait se satisfaire de simples mauvais pressentiments, mais il aurait tellement espéré qu'elle cherche au moins à savoir pourquoi il se montrait si méfiant et pressant... Captant le changement d'humeur de son maître, Kairyuu s'approcha de lui, la mine soucieuse.

« Ça ira, elle sait ce qu'elle fait... Je crois. »

Le dire avec des mots audibles de tous lui fit percevoir ses propres doutes. Il essayait de se convaincre que tout irait bien, qu'elle allait gérer la lame comme n'importe quel Pokémon, aussi exotique soit-elle, mais le malaise se changea en angoisse, puis en panique. Cette fois, le Dracolosse se colla à l'homme aux cheveux acajou, dans une tentative d'apaisement. Peter ne quittait pas des yeux la créature, réalisant à peine que Germandrée s'était changé en une parfaite imitation d'Akairos (pour une fois). À défaut de pouvoir protéger Eeva, le Dragonnier prit les jumeaux dans ses bras puissants, comme s'il voulait les préserver d'un mal particulièrement sournois et porteur de mort. Il sentit son cœur s'affoler et s'emballer, mais cela n'avait rien à voir avec l'adrénaline. Pourtant, le combat se passait bien, le Métamorph avait l'avantage, mais le Champion du Temple ne parvenait pas à se défaire de cette détresse. La mâchoire crispée, il eut un regard douloureux vers son premier compagnon, qui appuya sa tête contre la sienne. Voir son maître dans cet état lui faisait si mal qu'il regrettait de ne pas pouvoir désagréger sa panique en lambeaux.

« Je sais... Mais elle ne m'écoutera pas. Elle ne m'entend même pas. »

Ils venaient de se retrouver, et déjà... Peter se sentit parfaitement inutile, et impuissant. Il aurait pu s'immiscer dans le combat et faire cesser cette très mauvaise pièce. Mais il savait qu'Eeva le prendrait très mal et lui en voudrait. D'un autre côté, cet iris bleuté qui avait l'air d'en avoir après elle, et cette lame tranchante... Depuis quand avait-il peur d'une épée ou d'un Pokémon ? Était-ce parce qu'il voyait cela comme une menace pour celle qu'il aimait ? Était-ce parce que cette créature en particulier était spéciale, pour une raison ou pour une autre ? Comme si elle avait senti ce qui se tramait dans l'esprit du Dragonnier, la lame maudite se tourna soudain vers lui... Et lui fonça littéralement dessus.

« ... !! »

Le Nalcien relâcha les deux renards et les confia aux bons soins de Kairyuu, esquivant de peu l'acier tranchant qui fendit l'air à quelques centimètres de sa peau. Le glaive se retourna et tenta une nouvelle attaque oblique, mais le Dragonnier saisit le glaive par la garde et serra sa main dessus, si fort qu'il crut entendre ses os craquer. De surprise, le Pokémon se figea, avant de se débattre violemment en essayant d'enrouler son ruban autour de son bras.

« Hors de question ! »

Projetant son aura autour de lui, le Champion écrasa celle, meurtrière, du Monorpale violent, alors que le tissu bleu se tordait dans tous les sens. Sentant un accès de rage monter en lui, le Nalcien envoya valser son ennemi, qui s'écrasa contre un rocher en l'éclatant en plusieurs morceaux.

« Dégage. »

À nouveau, l'atmosphère autour de Peter changea. Il n'avait plus rien à voir avec le type paniqué et tiraillé entre des émotions contraires : maintenant qu'il avait décidé de prendre le problème à bras le corps, en dépit des recommandations qu'il avait faites à Eeva plus tôt, il dégageait quelque chose de sauvage et de dissuasif. L'iris azuré et les yeux devenus dorés se livrèrent à un duel muet et lourd de sens, et l'arme possédée se détourna finalement de Peter pour s'élancer à nouveau vers Germandrée, comme si elle avait estimé que le jeu n'en valait pas la chandelle, ou que le morceau était un peu trop gros pour elle.

« Saleté... »

Ayant désormais la certitude que cette chose en voulait personnellement à ses adversaires, sans pouvoir s'expliquer pourquoi, le Nalcien se tendit, prêt à bondir si le Monorpale revenait à la charge.

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