Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

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Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Cassandra Lair le Mar 9 Jan 2018 - 23:30

« Alors vas-y. » répétait une voix dans sa tête, celle de Delancie. La demoiselle qu’elle devait protéger, enfin… Celle chez qui elle était employée, se retrouvait seule. Mais Cassandra savait que la jeune fille ne risquait rien, toute sa famille –et ce n’était pas une expression- était employée au service de la protection de la famille, alors elle ne risquait rien et pour ses sorties, elle utiliserait la monture que Cassandra avait dressé et fait évolué et qui était le cheval le plus fiable de toute la région. Avec le Bourrinos, Delancie ne risquerait jamais rien. On était le matin, il n’était pas encore midi et la jeune fille se dirigeait vers le Temple de Cobaltium. Comme elle avait décidé d’entreprendre un long voyage, avec la bénédiction de Delancie, elle s’était mise à penser qu’il se passerait du temps avant qu’elle puisse à nouveau prier au Temple. Il était plutôt rare de croiser quelqu’un désormais, dans les Temples, surtout celui-ci, qui était assez éloigné de la ville. Mais plus que de prier sa foi, et même si Cobaltium n’était pas réputé très aimant envers les humains, Cassandra espérait obtenir ses qualités, pour son voyage et surtout pour après, son retour.

Allumant un cierge, elle priait pour avoir le courage de maintenir son voyage, de faire face aux dangers qui la surprendraient, il y en avait toujours dans les voyages, d’y faire face, d’être à la hauteur de ses ambitions et de rendre fier son père. C’était sans doute beaucoup demandé… Si au moins on lui accordait de trouver le courage de ne pas rentrer après deux jours… Lorsqu’elle eût terminé ses prières, Cassandra ressortit discrètement. Maintenant, elle ne comptait pas redescendre vers la ville. Elle sauta sur le muret qui bordait l’escalier creusé et façonné dans la pierre et décida de partir à travers champs. Il n’y avait pas de sentier, mais la direction ne serait pas trop difficile à prendre, Aliphyr se situant au sommet de l’unique chaîne de montagnes du continent, elle n’avait qu’à descendre jusqu’à ce que la terre soit parfaitement plane et sèche. Car pour l’instant, elle avait non pas un problème, mais un obstacle de taille et auquel elle n’avait tout d’abord pas pensé. La neige. Cassandra rajusta sa cape de fourrure, elle n’avait pas l’intention de rester trop longtemps dans la montagne, mais elle ne comptait pas non plus mourir de froid le temps de la descendre, c’est pourquoi emporter des vêtements chauds, en fourrure, lui avait parut indispensable, dans la mesure où elle ne pouvait quitter la ville en volant.

Tout en prenant garde à ne pas glisser sur des rochers escarpés ou tomber dans un trou recouvert par la neige, Cassandra songeait qu’elle aurait aimé avoir seulement à se laisser glisser jusqu’en bas de la falaise. Pour cela, il aurait fallut une route bien droite et bien dégagée, sans trou, ni rochers, ni arbres et puis, il aurait fallut également, pouvoir rester debout sans tomber, ce qui ne lui semblait pas possible. Ou alors assise, mais sans se frotter les fesses par terre. Et puis, il y avait aussi le léger problème de la direction et du freinage surtout. En fin de compter, il était peut-être plus simple de progresser comme elle le faisait, à pied, lentement, mais sans risquer de percuter un arbre qui se dresserait insidieusement sur la route. Malgré la hauteur de la neige, Aliphyr s’éloignait lentement de sa vision, d’autant plus qu’elle entamait une descente dans un creux, un long sillon creusé au fil des siècles, probablement par la fonte des neiges, quand le printemps revenait, provoquant alors l’écoulement de rapides, un peu partout dans la montagne. L’eau glacée jaillissait alors d’entre les rocs, emportant tout sur son passage.

Cassandra avançait, peinant parfois à ne pas tomber, les fesses dans la neige, à cause du verglas qui recouvrait les rochers, lorsque la neige avait fondu, puis l’eau en laquelle elle s’était transformée, gelée de nouveau. La difficulté du terrain ralentissait considérablement Cassandra, mais elle n’avait pas l’intention de rebrousser chemin et s’entêtait à suivre la route qu’elle s’était tracée. Mais quand même, elle songeait, se frayant un passage dans une large couche de neige, qu’elle aimerait, une prochaine fois, se faire un sillonner la montagne sur une monture. Peut-être aurait-elle dû emmener son grand cheval de trait, mais il était beaucoup visible, car un tel animal, très exotique ici, ne pouvait pas passer inaperçu et Cassandra ne voulait pas être ramenée par la garde de son père. C’est pourquoi elle n’avait pas tenté de le prendre. Cassandra posa le pied sur quelques chose de dur, et a travers ses bottes fourrées, elle sentit que c’était aussi pointu, elle voulu prendre un autre appuie, mais elle glissa et perdit l’équilibre. Tombant sue les fesses, elle fit une longue glissade, le long d’une pente, avant de tournoyer sur elle-même et de s’arrêter contre un monticule de neige.

« Whouuuu ! »

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Re: Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Tyrande di Neralitha le Dim 14 Jan 2018 - 0:45

Cela faisait une semaine que j'étais arrivée à Aliphyr, guidée par Aisling, la jeune fille que j'avais rencontrée au détour d'un chemin aux Monts d'Obsidienne. J'avais eu droit, dès le premier jour, à une description complète et à une véritable visite guidée digne d'un authentique autochtone ! J'en avais ainsi appris beaucoup sur la tribu et sur les coutumes des habitants, dont je ne savais que peu de choses, au final, à mon départ de Dyrinn. La cité militaire avait beau avoir délocalisé son apprentissage guerrier à Linaewen, elle restait très marquée par les traditions liées aux Chevaliers Ailés et aux Gueriaigle. La hiérarchie, matérialisée par le nombre de plumes sur la coiffe des Guerriers, était bien plus importante ici que dans ma tribu d'origine, ce qui m'avait surprise au premier abord. Mais surtout... Il y avait un vent à décorner les Frison, dans cette ville ! Pas étonnant qu'il y ait des moulins partout, ça faisait tourner le commerce et l'activité en général, et en plus c'était gratuit. En résumé, la cité de l'Air était en parfaite adéquation avec son environnement, et il était plutôt agréable d'y vivre.

Après avoir bien assimilé les us et coutumes des locaux, j'avais remercié chaleureusement mon hôte, qui avait pris congé, et je m'étais lancée dans l'exploration par moi-même. Il m'arrivait parfois de la recroiser dans un commerce ou dans les rues les plus fréquentées, mais je préférais poursuivre de mon côté, afin de découvrir seule le mode de vie des autochtones. Dori'thur, à sa place favorite, ne cessait de jeter des regards curieux et intéressés dans toutes les directions, au point où elle manqua de tomber à la renverse à force de se dévisser le cou de cette manière.


« Fais attention, tu vas finir par te casser la figure. »

En ébouriffant ses plumes, ma chouette se remit correctement sur mon épaule, un brin vexée. Ce jour-là, j'avais fini par me décider à lâcher Darius sous surveillance, mais je regrettais déjà mon geste : le chiot s'était lancé à la poursuite d'un énorme loup quadrupède doté d'une épaisse queue blanche et fournie. Je compris rapidement qu'il s'agissait d'un Lougaroc, l'évolution de Rocabot, et que j'avais devant moi la forme diurne, celle qui ressemblait vraiment à sa pré-évolution. Mais cela me m'empêcha pas de mourir de gêne et de honte quand son dresseur toisa Darius.

« Je suis sincèrement désolée qu'il vous ait importuné. »

Ni une, ni deux, je récupérai le fugitif, en m'excusant une nouvelle fois, avant de laisser échapper un soupir.

« Non mais vraiment. Si tu ne te tiens pas tranquille, tu retournes là-dedans, c'est bien clair ? Et puis, si tu veux évoluer et avoir son charisme un jour, tu devrais commencer maintenant. Un Lougaroc se doit d'avoir un peu plus de classe, je suis sûre que tu en es capable. Tu n'es pas un chien sauvage qui traîne partout et qui tire la langue sans retenue, pas vrai ? »

Je sentis ma vue se troubler à l'évocation des qualités requises pour permettre l'évolution, mais cela m'était égal. Si je ne pensais pas un mot de la première partie de ma tirade (après tout, il n'était écrit nulle part qu'il fallait avoir du charisme pour se transformer), j'étais en revanche convaincue que Darius valait mieux que ça. Le chiot, susceptible comme pas deux, se débattit dans mes bras, sauta à mes pieds et me lança un regard courroucé.

« Tu sais que j'ai raison quand je dis que tu en es capable, alors comporte-toi correctement. »

Forcé de reconnaître qu'il avait tort, mais refusant de l'avouer, Darius tourna la tête, la mine contrite, puis avança au petit trot, hésitant, avant de se mettre au pas, marchant comme si Aliphyr lui appartenait. Après les remontrances que je venais de lui adresser, je dus me retenir d'éclater de rire pour ne pas ficher en l'air ma stratégie, et je me tournai vers le Temple en hauteur. Je m'étais souvent rendue à celui dédié à Viridium, chez moi, mais je n'avais jamais visité les autres. Cela attisa ma curiosité, et je demandai aux Aliphyrois la permission d'aller voir le leur. Après m'avoir rappelé que les combats y étaient interdits (comme dans n'importe quel édifice sacré de Tenkei), ils m'accordèrent le droit d'y monter, et j'entrepris d'emprunter le chemin rocheux qui serpentait jusqu'à l'édifice.

L'air était frais, et pour cause : la neige était de plus en plus présente à mesure que je grimpais, et je pris le temps de resserrer mes vêtements chauds autour de mon corps. Darius, aussi têtu que je l'avais craint, refusa de regagner sa sphère, tout comme Dori'thur. Je m'aperçus sans trop y accorder d'attention que quelqu'un m'avait précédée, d'après les traces de pas et le chemin dégagé dans la neige. Finalement, une fois là-haut, je demeurai quelques minutes dans le Temple, le temps de rendre un hommage silencieux à la divinité qui avait donné sa vie pour les humains. Après une prière pour Délas et mes parents, je quittai l'endroit, en m'interrogeant sur la suite. Je n'avais pas envie de redescendre tout de suite vers Aliphyr, mais il faisait frisquet là-haut...


« Darius ? »

Constatant subitement que mon Rocabot m'avait faussé compagnie, je grommelai et suivis la piste de ses empreintes dans la neige, qui allaient dans la direction opposée à celle de la ville. Génial. Je ne savais pas où le chiot m'entraînait, mais ce n'était certainement pas en terrain connu.

« Dori'thur, tu veux bien aller voir par là si tu vois cet idiot ? »

Avec un frisson, la chouette décolla et survola les alentours, un peu en contrebas. J'avais du mal à progresser avec la neige qui recouvrait le chemin, et je trébuchai plusieurs fois, manquant de m'étaler dans la poudreuse. Quand la Brindibou revint en agitant frénétiquement ses ailes, je pressai le pas pour rejoindre le fugitif, mais ma précipitation eut raison de mon équilibre : glissant sur une plaque de verglas, je tombai tête la première et roulai pendant d'interminables secondes, avant de finir ma course contre un corps familier et plein d'aspérités rocheuses. Légèrement sonnée, je réussis à extirper Darius de là. Le chiot n'était pas fier, il grelottait de froid et de peur, mais au moins, il était sain et sauf.

« Mais c'est pas vrai ! Tu ne peux pas rester tranquille plus de cinq minutes ?! »

Blasée, je serrai le Rocabot contre moi pour le réchauffer, et j'aperçus une jeune fille adossée à un gros tas de neige. Au vu des traces dans la pente, plus haut, elle avait eu la même mésaventure que moi... Et elle m'avait entendue pester contre Darius, pour finir. Merveilleuse journée en perspective. Toutefois, je fis des efforts pour garder mon calme : après tout, cette fille n'y était pour rien, et elle avait peut-être besoin d'aide.

« Tout va bien ? Rien de cassé ? »

Complétant mon apostrophe, j'agitai le bras dans sa direction pour lui indiquer ma présence. Après tout, j'étais un peu perdue, maintenant, il n'était donc pas impossible qu'elle soit dans le même cas.

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Re: Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Cassandra Lair le Mar 6 Fév 2018 - 15:28

Cassandra heurta la butte et recracha la neige. Elle était glaciale et la quantité qu’elle venait d’ingurgiter de force commençait à lui brûler le cerveau. Elle cracha de plus belle, essayant d’éjecter l’eau qui avait manqué de s’engouffrer dans ses poumons, en plus de son cerveau.

« Aïe aïe aïe… »

Cassandra toussota encore une fois et se frotta la tête à l’endroit de l’impact. Il fallait voir le bon côté des choses, avec ce froid, elle n’aurait même pas une bosse. Cassandra se releva, enlevant la neige de ses vêtements. On l’apostropha. Surprise d’entendre une voix humaine, Cassandra releva la tête et chercha du regard qui venait de parler. Un bras agité sortit de derrière un rocher, offrant une entrée de champ tout à fait bizarre. Le bras –et la voix- appartenait à une fille, qui avait l’air d’avoir subit la même mésaventure. Cassandra mesura sa chance, au moins elle, elle n’avait mangé que de la neige. Un sourire amusé se peignit sur son visage.

« Non ça va. » dit-elle en finissant de chasser la neige. « Et toi ? Je suis pas la seule a avoir quelques déconvenues avec la neige on dirait. »

Cassandra regarde le Rocabot trembler de froid. En soit, cela la surprenait un peu, ces chiens viaient dans les environs et elle aurait imaginé qu’ils étaient plutôt habitués à ce climat. A moins que, bien sûr, il n’ait jamais vécu dans les montagnes et n’ait jamais vu la neige. Pour sa part, le sien était resté dans sa Pokéball, de mémoire, les oiseaux n‘aimaient pas le froid et les températures étaient vraiment trop glaciale pour le laisser sortir. Cela dit, cette fille se baladait avec un oiseau. Il comprendrait vite sa douleur si le vent décidait de se lever !

« Non, ça va merci. Et vous ? Vous n’êtes pas d’ici, je me trompe ? »

Cassandra laissa glisser son regard sur les vêtements de la jeune femme, qui ne ressemblaient pas tellement à ce qui se faisait à Aliphyr.

« Vous partez en voyage ? »

L’étrangère avait l’air légèrement égarée, mais peut-être était-e l’effet de sa chute, elle-même ne devait pas avoir l’air de savoir où elle se trouvait. De toute façon, la ville était proche, alors elle ne risquait pas de se perdre. Par contre, si elle ne connaissait pas les environs, elle risquait de tomber dans l’une des nombreuses crevasses recouvertes par la neige.

« Je peux vous aider ? » Proposa spontanément Cassandra.

Non pas qu’elle trouvait cette femme un peu hagarde, mais en relevant la tête, elle s’aperçut alors que le col qu’elles avaient dégringolé leur cachait maintenant la vue de la ville. Une autre idée lui vint à l’esprit, celle que l’étrangère ne venait peut-être pas d’Aliphyr, mais tentait de s’y rendre sans y parvenir. Elle était peut-être bien perdue en fin de compte. C’était une question qu’elle allait lui poser, lorsqu’un grondement sourd commença à attirer son attention. Vivant dans la montagne depuis sa naissance, c’était le genre de détail dont tout le monde se méfiait. Cassandra tourna la tête vers le pic. Sa crainte se confirma.

« Il faut partir, vite ! »

A une bonne distance, le grondement provenait d’un grand amas de neige, coulant vers le bas et se répandant comme un nuage vers eux. Une avalanche. Elle était encore assez loin, mais à la vitesse où elle leur arrivait dessus, cela n’avait pas beaucoup d’importance… Cassandra n’avait rien avec elle qui puisse distancer cette catastrophe… Évidemment, il était hors de question de courir dans la neige ; elles finiraient par tomber et se laisser ensevelir, il n’y avait aucun arbre dans les environs qui puisse les aider. Pour Cassandra, il ne restait qu’une solution, la moins marrante et la plus aléatoire. Il fallait trouver un abri.

« On ne pourra jamais la distancer, mais si on trouve une crevasse ou une grotte à temps, on a peut-être une chance ! »

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Re: Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Tyrande di Neralitha le Sam 10 Mar 2018 - 22:57

Visiblement, la fille qui avait connu le même sort que le mien allait plutôt bien, puisqu'elle trouva même le loisir de plaisanter à notre sujet. Je lui offris donc un sourire à la fois doux et amusé en guise de réponse.

« Plus de peur que de mal, et du froid, aussi. Je ne suis pas habituée à un temps pareil, mais c'est... Vivifiant ? »

Mon chiot se lova dans mes bras, vaincu par la fatigue et le trop-plein d'émotions qu'il venait de recevoir. C'était encore un bébé, comme je l'avais compris assez vite, il n'était donc pas accoutumé à se débrouiller tout seul. Je ne savais pas pourquoi il s'était retrouvé isolé quand il m'avait attaquée lors de mon entraînement avec Aisling, mais en général, des Pokémon aussi jeunes qui erraient dans la nature indiquaient un problème quelconque. Sa meute avait peut-être perdu sa trace, ou l'avait volontairement écarté pour une raison ou pour une autre... À moins qu'elle n'ait péri, auquel cas il aurait été condamné à une mort certaine. De toute manière, il avait assez crapahuté pour la journée, et après un sermon express, je le rappelai dans sa sphère pour ne pas avoir à le poursuivre une fois de plus.

Sur mon épaule, Dori'thur fit pivoter sa tête sur le côté en analysant l'inconnue. Cette dernière remarqua, probablement d'après mes vêtements, que j'étais une étrangère, et je hochai la tête simplement.


« En effet, je viens de Dyrinn, et je suis bel et bien en voyage. Je m'appelle Tyrande, et je fais partie des Sentinelles de ma tribu. »

En avançant tant bien que mal, je me rapprochai de la jeune fille. De plus près, elle semblait plus jeune que moi, mais bien plus à l'aise dans cet environnement, ce qui me laissa penser qu'elle était du coin, pour le coup.

« Je n'ai rien contre un peu d'aide, oui, je suis à Aliphyr depuis peu et je suis venue voir le Temple quand mon Rocabot a échappé à ma vigilance. J'aimerais bien visiter un peu les environs avant de retourner en ville... »

Un grondement sourd interrompit notre conversation, et je tournai la tête vers son origine. Venant d'un sommet qui me parut assez éloigné, une langue de neige blanche et furieuse nous fonçait dessus. Je n'avais jamais assisté à un tel phénomène, dans ma Canopée natale, mais j'avais suffisamment étudié pour savoir qu'on réchappait rarement à une manifestation pareille de la nature. L'avalanche dégringolait le flanc de la montagne comme une dératée, et je sentis les couleurs quitter mes joues en un instant.

« Tu rentres immédiatement. »

L'ordre était incontestable et sans appel : je fis rentrer ma chouette dans sa prison sans lui demander son avis, avant de me tourner vers ma camarade d'infortune.

« Une crevasse, tu dis ? »

Tout en réfléchissant, je me mis en mouvement pour tenter de mettre le plus de distance entre l'avalanche et nous.

« Je veux bien, mais où ? Et comment ? »

Je cherchai aux alentours un salut qui se manifesterait sous la forme d'une grotte ou d'une cavité quelconque, mais hélas, je ne vis rien qui pourrait nous tirer d'affaire. Je n'avais que peu de moyens à ma disposition, de toute manière : mes Pokémon étaient trop petits pour nous emmener en sécurité, ma maîtrise du tir à l'arc ne nous serait d'aucune utilité contre un phénomène pareil, quant à mes pouvoirs élémentaux, ils étaient trop peu développés pour nous sauver à l'heure actuelle. Mais...

« Je peux essayer de faire pousser une plante pour nous propulser le plus loin possible, ou pour nous mettre en hauteur, mais je ne garantis rien ! »

Tout en criant pour couvrir le vacarme qui se rapprochait, je ne cessai de jeter des coups d’œil frénétiques dans tous les sens pour dénicher un abri temporaire et plus que bienvenu, dans notre situation. Je faillis trébucher dans ma fuite, mais ce faux pas eut le mérite de me faire remarquer un promontoire étrange en contrebas. Je me précipitai vers l'obstacle pour constater, un poil dépitée (et le mot était faible !), qu'il ne s'agissait pas d'une cavité totalement fermée, mais d'un énorme rocher qui constituerait un maigre rempart contre la déferlante neigeuse. Il était suffisamment imposant pour nous protéger au-dessus et sur les côtés, mais si l'avalanche durait trop longtemps, il ne pourrait pas nous préserver d'une mort prématurée par étouffement... D'un autre côté, nous ne trouverions probablement rien de mieux, et vu l'urgence, nous manquions de temps pour faire la fine bouche.

« Colle-toi à la paroi, je vais tenter de faire un mur de plantes le plus hermétique et étanche possible ! »

En m'adossant à la pierre déjà gelée, je me concentrai pour trouver dans le sol les nutriments nécessaires à la croissance des végétaux que j'allais contrôler. Avec difficulté, je parvins à faire jaillir de grosses plantes denses et touffues, résistantes au froid et dotées d'une grande capacité d'absorption de l'humidité. Il ne nous resterait plus qu'à prier pour que j'aie la force de les faire tenir jusqu'à la fin de l'avalanche, si nous ne voulions pas que notre voyage prenne brutalement fin de l'une des pires manières qui soient...

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Re: Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Cassandra Lair le Mer 28 Mar 2018 - 1:42

« Vivifiant, oui ! »

C’était le mot en effet, Cassandra ne pouvait pas dire le contraire… Le temps était parfois si « vivifiant » que les habitants d’Aliphyr n’avaient contre rester un peu plus longtemps au calme.

« Dyrinn ? Ca fait loin, en effet. » Dit-elle, en pensant qu’elle s’en allait elle-même pour imiter la jeune femme. Irait-elle aussi loin, cependant ? Et puis une sentinelle ! Autant dire que Cassandra n’avait pas n’importe qui en face d’elle… « Je m’appelle Cassandra. » dit-elle, sans oser parler de ses projets d’entrer dans la garde des Lane, famille notable de la région.

Cassandra se considérait comme une guerrière et ses capacités au combat ne la faisait pas mentir, mais ne paraîtrait-elle pas un peu prétentieuse, aux yeux d’une véritable sentinelle ? Cassandra faisait de son mieux, pour agir et penser comme une guerrière, s’entrainait tous les jours pour le devenir et elle espérait que ce voyage, en fasse d’elle une vraie, avec quelques aventures et surtout, des faits d’armes. Elle devait le faire pour prouver à son père qu’elle pouvait être bien plus qu’une dame de compagnie. Cassandra était certaine de pouvoir faire bien mieux que de se promener toute la journée dans un château dans une robe immonde.

La sentinelle lui avouait être en voyage, ce qui expliquait facilement un si long déplacement. Mais avant que Cassandra ne puisse répondre, elles furent interrompues. Cassandra avait identifié tout de suite le danger et connaissait par cœur les manœuvres à effectuer. L’ennui, ou pas, c’est que jusqu’à maintenant, elle n’avait jamais été prise dans une avalanche, elle connaissait donc la théorie, mais pour la pratique… La sentinelle fit rentrer immédiatement son Pokémon et cherchait elle aussi, une issue. Il n’y avait qu’une vérité, contre une manifestation de la nature toute-puissante, personne ne pouvait rien. En revanche, si elles trouvaient une crevasse derrière un amas rocheux, la neige y tomberait peut-être suffisamment pour ne pas le recouvrir et les rochers seraient peut-être assez solides pour ne pas laisser l’avalanche les emporter. Sentant une décharge d’adrénaline la secouer et parcourir son corps, Cassandra se mit à courir, selon ses souvenirs des lieux durant les beaux jours, essayant de retrouver les monticules, les grottes, cavités et autres falaises. La jeune fille se retourna brusquement vers Tyrande.

« Ca ne servira pas à grand-chose, les avalanches emportent tout sur leur passage ! Par contre… Si tu pouvais faire un mur, ça nous laisserait peut-être du temps ! »

Les joues rougies par le froid, haletante de devoir courir dans des centimètres de neige, Cassandra vit la Dyrinnoise jeter son dévolu sur un petit promontoire, de dépit. Elle eut alors un éclair. Non pas de génie, mais un souvenir.

« Oui par là ! »

Se jetant à la suite de Tyrande, elle se plaqua contre la paroi rocheuse. Ce n’était pas juste un petit promontoire. Lorsque la neige disparaîtrait, ce petit rocher deviendrait un haut plateau, surplomblant une large crevasse, se creusant profondément dans la montagne, se dispersant en plusieurs tunnels larges. En sillonnant les nombreux chemins, Cassandra, avec ses frères, avait souvent jouer à explorer les galeries, sans parvenir à leur extrémités. Ceci lui laissait croire qu’une bonne partie de l’avalanche pourrait s’y engouffrer et les épargner. La plainte de la bande de neige couvrit facilement la voix de Tyrande, qui se mit dès lors au travail, trouvant assez de vie dans la montagne hivernale, pour dresser un mur de plantes.

L’attente fut insupportable. Cassandra palissait à vue d’œil, attendant leur propre mort. Avec une brusquerie sans nom, l’avalanche les rattrapa et jaillit au-dessus et tout autour d’elles. Le mur de plantes tint bon, malgré quelques craquements inaudibles. Cassandra se recroquevilla sous la roche, dont certains morceaux se détachèrent sous la violence de la projection de neige. Et puis, comme elle y avait pensé, la couche de neige qui avait profité de la cime des quelques arbres pour créer un faux sol, disparu d’un seul coup, comme happé par une grande gueule noire, sans fond.

Une bonne partie de l’avalanche y tomba. Raidit par le froid et la peur, Cassandra finit par fermer les yeux, priant tous les Dieux de Midgard. Le tumulte ravagea les environs et tout aussi brusquement, il s’évanouit, laissant sur place un silence de mort. La tête entre les genoux, malade d’angoisse, il fallut plusieurs longues, très longues minutes à Cassandra pour réaliser.

Réaliser que le danger venait de passer, de réaliser que la mort venait probablement de les frôler, de réaliser qu’elles étaient toujours en vie. De réaliser, qu’elles faisaient certainement partits des rares survivants à ce genre de catastrophes naturelles.

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Re: Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Tyrande di Neralitha le Dim 1 Avr 2018 - 15:34

Tandis que nous courions pour échapper à l'avalanche, de nombreux souvenirs de ma vie à Dyrinn envahirent mon esprit. J'avais passé de longues heures à slalomer entre les arbres, à les escalader et à me déplacer dans la Canopée, silencieuse et discrète pour me fondre dans les frondaisons. Il m'était arrivé de chuter lorsque j'étais encore une enfant, et je m'étais déjà fait sérieusement mal, mais je ne m'étais jamais sentie en danger dans ma ville d'origine, ni dans la forêt humide, d'ailleurs. En ce moment, en revanche, je percevais l'urgence et la mort imminente comme un étau qui se resserrait inexorablement autour de nous. Notre progression était difficile, ralentie par les montagnes de neige qui couvraient les alentours d'un manteau blanc qui serait bientôt notre dernier vêtement, si nous ne trouvions pas d'abri...

Cassandra me détourna de mon projet initial, à savoir faire pousser un arbre pour nous élever au-dessus du phénomène, arguant qu'il serait probablement emporté dans le sillage de l'avalanche. Elle avait raison, hélas : mes compétences n'étaient pas encore assez solides pour faire jaillir de terre un végétal au tronc massif et aux branches nombreuses et épaisses. Quand je me dirigeai vers le promontoire que j'avais repéré, la jeune fille me conforta dans mon idée, et je redoublai d'efforts pour y parvenir. Si elle, l'autochtone, m'enjoignait à aller par là, elle devait avoir de bonnes raisons de penser que cela pourrait nous sauver.


« Par pitié... Faites que cela suffise. Faites que j'y arrive. »

Avec une timidité dont je me serais bien passée dans notre situation, les plantes que je contrôlais émergèrent du sol et se tordirent vers le ciel, s'entrelaçant pour former une barrière naturelle touffue et dense. J'avais commencé par les côtés pour amortir les premiers déchaînements de la colère de la nature, et faire croître des végétaux de deux endroits à la fois me demanda un effort considérable. Je sentais le sang battre violemment dans mes tempes, tandis que mon cœur s'affolait et s'emballait à mesure que le grondement se rapprochait. Inspirant profondément, je laissai libre cours à ma maîtrise, puisant jusque dans mes réserves personnelles et enfouies pour accélérer le processus. Lorsque le mur de plantes se ferma enfin, je vis une langue immaculée et gelée passer au-dessus de notre abri de fortune et dévaler la pente dans un fracas épouvantable qui résonna jusque dans mon crâne. Je sentis les plantes gémir et encaisser le choc avec peine, tandis que, contrainte par l'énergie que je devais déployer, je mettais un genou à terre pour ne pas vaciller et tomber à la renverse.

Les secondes qui suivirent furent les plus longues de mon existence. Comparables à celles qui nous avaient permis de réaliser, Délas et moi, que nous venions de perdre nos Pokémon, à l'époque, elles s'étirèrent à l'infini et pompèrent absolument toute la force dont je disposais. Le froid pénétra dans la moindre parcelle de ma peau, traversant mes vêtements comme s'ils n'existaient pas. J'eus de plus en plus de mal à percevoir mes propres bras, et mes jambes semblaient avoir fusionné avec le sol glacé. À plusieurs reprises, je dus me faire violence pour ne pas perdre connaissance, pensant à la jeune Aliphyroise recroquevillée derrière moi. Lorsque la neige fut engloutie par la crevasse en contrebas, ma protection me parut subitement plus légère et moins malmenée, jusqu'à ce qu'elle soit libérée de son poids. Je pus alors enfin relâcher mon emprise sur les végétaux, qui s'écartèrent doucement dans un silence de plomb. Après un tel vacarme, l'absence de tout son était vertigineuse, voire carrément effrayante.

Agenouillée et prise de violents tremblements, je laissai à mon corps le temps de se remettre, et je me réappropriai chaque sensation au bout de mes doigts avec la plus grande difficulté. J'avais très froid, mais j'étais en nage, incapable du moindre mouvement. La seule pensée de parler me fit mal, tant j'étais sonnée et hébétée par ce que nous venions de vivre. Lorsque je parvins à ouvrir la bouche, ma voix était lointaine et étrangère, et surtout très rauque.


« Fini... »

Le mot était sorti dans un souffle, mais il fut performatif et libérateur. Comme si ce simple constat rendait les choses réelles, je fus soulagée d'un fardeau immense et trop dur à porter. Je n'étais pas encore Défenseur, je n'étais donc absolument pas sûre de ma réussite quand j'avais proposé cette alternative. Vu mon état après ce tour de force, c'était un véritable miracle que nous soyons encore vivantes et un seul morceau ! Nous avions eu énormément de chance que l'avalanche ne dure pas plus longtemps, et que j'aie pu trouver des plantes capables de nous protéger. Sans cela, nous serions probablement ensevelies sous une épaisse couche de neige, en train d'agoniser et d'étouffer...

« C'est fini... C'est passé... Et nous... »

Lentement, le rideau végétal s'entrouvrit, nous laissant voir un paysage encore plus blanc qu'auparavant. Osant darder un regard vers l'extérieur, je constatai que des arbres avaient été arrachés, déracinés par la violence de la déferlante. Quand je fus en mesure de me lever, je tendis une main encore tremblante vers Cassandra pour l'aider à se mettre debout à son tour.

« Tu vas bien ? »

La question était simple, mais elle s'imposait, au vu des circonstances. En me dirigeant avec peine vers l'ouverture, je jetai un regard circulaire aux alentours, embrassant le paysage à la fois beau et triste d'un œil mortifié. Nous l'avions vraiment échappé belle.

« Est-ce que... Ça arrive souvent ici, ce... »

Je ne pus même pas terminer ma phrase. Je n'arrivais pas à mettre un mot sur ce qui avait failli nous tuer, même si je le connaissais, comme si le prononcer risquait d'en déclencher une autre. Je m'autorisai quelques pas dans la neige, prudente, jusqu'à ce que je bute sur quelque chose de dur. En baissant les yeux, j'aperçus une pupille d'un rouge intense qui me fixait, et j'eus un mouvement de recul et de frayeur. Ne sachant pas si la créature était encore de ce monde, je me penchai avec méfiance pour dégager la neige qui la recouvrait, tout en essayant d'ignorer la souffrance que me hurlaient mes muscles endoloris et courbaturés. Au bout de plusieurs minutes de lutte, je distinguai enfin une silhouette en forme de lune qui frémit et lévita avec lenteur.

« Un Séléroc. Il a l'air bien amoché... Comment tu te sens ? »

Le Pokémon en forme de croissant se contenta de flotter à quelques centimètres du sol, cherchant un peu de chaleur et de réconfort. J'osai alors poser une main bienveillante sur la créature trempée et glacée.

« Il a dû se faire surprendre, lui aussi. »

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Re: Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Cassandra Lair le Sam 14 Avr 2018 - 18:10

Cassandra se ragaillardit. Des avalanches, ce n’était pas la premières fois qu’elle en voyait, mais c’était la première fois qu’elle manquait de mourir dedans ! Cassandra entendit la voix de Tyrande, lointaine. Fini… Oui, c’était fini. Elle cligna plusieurs fois des yeux et constata que la sentinelle tremblait autant qu’elle ! Cassandra se demanda alors si elle avait eu autant peur qu’elle, ou si ce tremblement qui la secouait était d’avantage dû au froid. Cassandra se releva, faisant un signe affirmatif de la tête. Elle allait bien. Elles allaient toutes les deux bien.

« Oui. »

Semblant encore sous le choc, la sentinelle reprit la parole. Même si elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, Cassandra comprit. En tout cas, son attention à elle aussi fut attirée par sa trouvaille : elle venait de marcher sur quelque chose. Cassandra fit un geste pour la rattraper : que Tyrande n’oublie surtout pas qu’elles étaient près d’une crevasse que la neige recouvrait entièrement ! Mais Tyrande ne vacilla pas et en fait, elle prit peur. Suivant son regard, elles virent un œil. Flippant. Cassandra fronça les sourcils. Comme ce n’était pas un œil humain –du moins, elle l’espérait sinon ça serait vraiment trop flippant !- elle en déduisit qu’il s’agissait d’un Pokémon. Cassandra s’avança jusqu’au supposé Pokémon et creusa la neige tout autour de l’œil, pour aider à le dégager. La jeune Aliphyroise découvrit alors un drôle de Pokémon en forme de croissant de Lune.

« Ca alors ! Je n’en avais jamais vu avant… Il y en a dans ta région ? »

Cassandra posa sa main, bien qu’elle n’eut aucun direct à cause de sa combinaison, et sentit la dureté de sa peau.

« C’est un Pokémon Roche non ? Il a aussi l’air frigorifié, mais ce n’est pas étonnant, il ne doit pas vivre dans la région. »

Cassandra acquiesça, d’où que vienne ce Pokémon, lui n’avait pas vu l’avalanche venir… Il avait de la chance qu’elles aussi, se soient fait surprendre et surtout, ils avaient tous de la chance d’être encore en vie pour le dire. La mort arrivait très vite en montagne. Cassandra défit son sac et chercha à l’intérieur. Après un moment où on entendit des froissements et du verre s’entrechoquer, elle en ressortit deux petites fioles. Elle en déboucha une et tendit l’autre à Tyrande.

« Ca va vous remonter, c’est contre le froid surtout. »

Elle essaya de viser la bouche, du moins ce qu’elle croyait être une bouche, chez le Pokémon. Il n’y avait rien de mieux qu’un bon vieux grog pour se remettre ! Il les réchaufferait. Evidemment, son effet serait de courte durée, mais il leur redonnerait la force de se lever et de bouger et c’était le plus important en montagne.

« Allez debout ! Il faut bouger ! Si tu restes immobile dans le froid, tu vas t’endormir.
C’est courant, quand les gens se perdent dans la tempête, ils ont froid, n’osent plus bouger et pour finir, ils s’endorment. »


Cassandra n’osa pas ajouter « et ils ne se réveillent jamais. » On appelait ça « la Mort Blanche ». Peu importe la souffrance qu’on pouvait ressentir en bougeant des membres gelés, la piqure du froid, le gel sur le visage et la lourdeur du corps. Surtout, il fallait bouger, sans jamais s’arrêter. La jeune fille retira sa cape et emmitoufla le Pokémon. Il n’y avait pas de vent et le ciel céruléen, sans aucun nuage. Cassandra se releva, le lourd Pokémon dans les bras et regarda en amont. Elles auraient bien du mal à remonter vers Aliphyr, maintenant…

« Le mieux maintenant… C’est de descendre. Je pense qu’on est du mauvais côté pour aller à Linaewen… Enfin, on verra ça plus tard, on ne pourra remonter avec toute cette neige. Si on trouve un pic et du bois sur la route, ça sera toujours ça pour passer la nuit.
J’ai une tente. Mais on sera un peu à l’étroit. »


Bien qu’il ne soit pas encore midi, Cassandra pensait déjà à ce qu’elles devraient faire pour la nuit. Hors de question de la passer sans un feu, que ce soit pour le froid, ou les prédateurs nocturnes. La jeune fille n’avait pas l’intention de tenter la Déesse Noire en comptant sur la chance, surtout que jusque-là, elle avait été avare !

« Où tu comptes aller maintenant ? A moins de chercher sur des kilomètres, ça risque d’être difficile de trouver un chemin pour rentrer à Aliphyr. » Puis elle se souvint de la question inachevée de Tyrande. « Les avalanches sont fréquentes en montagne, mais ça dépend s’il a beaucoup neigé ou pas. Une tempête a duré plusieurs jours dernièrement, j’aurais dû y penser.»

Son aventure commençait plutôt mal : elle avait été incapable de cerner le premier danger et de l’éviter ! Si elle continuait comme ça, elle risquait de ne pas aller très loin ! Elle avait manqué de prudence. Cassandra cessa de frictionner le Séléroc et le relâcha, se rendant compte qu’il savait très bien flotter tout seul. Ce qui en soit, était plutôt étonnant.

« Tu crois qu’il a perdu son maître ? » demanda t-elle à la sentinelle.

Cassandra espéra que non. Car si c’était le cas, il était probablement mort. Ensevelit sous la neige, on ne pouvait survivre que peu de temps…

« C’est dommage de ne pas avoir de Pokémon de feu, ce serait plus facile de marcher, il pourrait faire fondre toute la neige… Ou un Guerriaigle, il nous emmènerait vite fait partout où on voudrait. » disait Cassandra, alors qu’elle reprenait la marche, avançant précautionneusement dans l’épais manteau blanc. « Tu as beaucoup de Pokémon avec toi ? »

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Re: Sous le Joug de l'Hiver [Tyrande]

Message par Tyrande di Neralitha le Dim 15 Avr 2018 - 20:53

Visiblement, Cassandra allait bien, et c'était le principal. Nous étions vivantes et nous avions frôlé la mort, nous étions à bout de nerfs, mais tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, alors...

La trouvaille de l’œil qui appartenait à un Pokémon intrigua également ma camarade, qui m'aida à creuser pour dégager son propriétaire. Quand le Séléroc fut enfin libre de ses mouvements, l'Aliphyroise ne put cacher sa surprise et me demanda si des spécimens de cette espèce vivaient dans ma région. Je fis un signe négatif de la tête.


« Non, chez moi, il y a pas mal de Pokémon Plante et Insecte, et même des Pokémon aquatiques, mais des Séléroc, non. Je le connais parce que je m'intéresse à tout ce qui a un rapport avec la Lune, de près ou de loin, et vu sa forme... C'est bien un Pokémon Roche, mais je croyais qu'on pouvait en trouver dans le coin, d'après mes sources... Par contre, il est originaire du monde d'en bas, sa présence est donc probablement récente par ici. Il doit être assez rare et plutôt discret, comme ma chouette. Certaines espèces ne se montrent pas devant les humains, ou à des heures où nous sommes plutôt dans notre lit qu'en pleine exploration. »

Cassandra se mit à fouiller dans ses affaires et me tendit une fiole étrange que j'attrapai sans discuter, curieuse. Débouchant le flacon, je plissai le nez en sentant la fragrance envahir mes narines. De l'alcool, et fort, en plus. Je n'étais pas habituée à boire parce qu'il était formellement interdit de le faire lors des tours de garde, et je n'avais jamais aimé ça, mais je devais avouer que vu les circonstances, je n'étais pas contre un petit remontant. Je n'étais pas en service, et je venais d'échapper à la mort, je l'avais bien mérité, après tout. Inspirant un grand coup, je descendis la fiole d'une traite en fermant les yeux, sentant la chaleur envahir instantanément mon corps glacé. C'était vraiment fort, mais pas désagréable !

En tournant la tête, je vis Cassandra faire boire le Séléroc à son tour, et je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire devant la gêne de ma cadette. Elle avait du mal à viser la bouche, et je lui montrai l'orifice qu'elle cherchait avec mon index. En l'entendant expliquer au Pokémon lunaire ce qui arrivait à ceux qui restaient immobiles avec un froid pareil, j'eus un terrible frisson à la pensée de ce qui aurait pu être notre dernière aventure. Pensive, je suivis son regard et me perdit dans la contemplation du ciel, témoin de notre folle course pour échapper à l'avalanche. La voix de Cassandra me ramena à la réalité, et je réalisai qu'effectivement, nous étions condamnées à descendre. Impossible de rejoindre Aliphyr avec toute cette neige, instable de surcroît... Et si nous étions du mauvais côté, comme elle l'affirmait, nous étions bonnes pour passer la nuit dehors. Génial. N'étant pas habituée à ce froid glacial, je haussai finalement les épaules avec une certaine philosophie : après tout, je n'étais pas partie en voyage pour me réfugier dans ma zone de confort, et les imprévus - y compris les pires - faisaient partie du jeu.

Je pris finalement quelques instants pour réfléchir à ma réponse à mon acolyte.


« Même si cela risque d'être compliqué de retourner à Aliphyr, je dois y remonter, je n'ai pas de monture et j'ai l'intention de descendre sur le continent d'en bas. Il y a des choses que j'ignore sur Midgard, je n'étais jamais sortie de la Canopée auparavant, mais j'ai besoin de réponses et d'expériences à Mizuhan. Je voyage pour devenir Guérisseuse, et je tiens à améliorer mes compétences en tir à l'arc, mais je suis aussi passionnée par la Lune et tout ce qui l'entoure, comme je te l'ai dit plus tôt, et comme le Pays de l'Eau a un lien très fort avec cet astre, ce sera ma première destination sur Érasia. Enfin, en tout cas, pour le moment, j'irai où le climat me le permettra. Je pense que je pourrai emprunter un Gueriaigle ou une autre monture volante à Linaewen, de toute manière. »

Les précisions sur les avalanches me firent frissonner à nouveau. Je n'étais décidément pas très fan du froid, mais ce n'était rien à côté de ma phobie du feu ! Questionnée à nouveau, mais sur notre étrange rescapé, cette fois, je fis une moue dubitative.

« Je ne sais pas, mais ça me semble peu probable, je ne sais pas pourquoi. Pourtant, il n'a pas peur de nous, il doit être habitué aux humains... Ou alors, il est juste amical et reconnaissant. »

La créature lunaire se mit à flotter près de moi, m'observant sous toutes les coutures. Elle avait vraiment un physique atypique, elle n'était pas spécialement belle ni laide, mais je la trouvais très jolie, et je la laissai me tourner autour avec un mélange d'admiration et de curiosité. À ma connaissance, c'était le seul Pokémon qui ressemblait autant à la Lune, et le mystère qui flottait dans son sillage me laissa rêveuse. Alors que nous avancions, le Séléroc me suivit, me tirant un sourire ravi.

« C'est drôle, j'ai l'impression que mon intérêt pour la Lune l'attire. Tu veux faire un bout de chemin avec nous ? »

Le Pokémon Météorite cligna de l’œil et continua de léviter nonchalamment à ma gauche en guise de réponse. Je libérai donc Dori'thur pour qu'ils fassent connaissance, et après une première frayeur à la vue de cet iris rouge et dérangeant, ma chouette se posa sur la créature en ébouriffant les plumes. L'évocation d'un être capable de manier les flammes me fit serrer les dents, mais je ne dis rien, n'ayant pas spécialement envie de parler de ma peur panique dans un tel contexte.

« Dommage, en effet. Malheureusement, je n'ai que Dori'thur et Darius, je suis partie avec ma Brindibou comme seule compagne de route. Je ne cherche pas spécialement à en capturer beaucoup, je vais juste laisser le destin me lier à ceux qui doivent partager ma vie. »

J'eus un regard discret pour le Séléroc qui cheminait avec nous sans le moindre bruit, comme une présence silencieuse et bienveillante.

« Et toi ? Tu as des Pokémon ? C'est une responsabilité à ne pas prendre à la légère, mais je dois avouer que je suis bien contente de les avoir dans les moments difficiles. Et puis, comme je voyage seule, j'ai au moins quelqu'un avec qui partager de jolis paysages et de belles rencontres. »

[Cassandra doit être Hulk, un Séléroc pèse 168kg xD]

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