Retour de guerre [Nina/Raiden]

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Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Raiden Ôkami le Ven 20 Avr 2018 - 11:19

Le Mamochon marcha sur un petit trou dans la glace, suffisamment gros néanmoins pour le faire légèrement chanceler. Avec un mouvement de maître, son cocher tira sur les rennes dans la bonne direction et avec assez de force pour le redresser, à grands coup de gueulantes.

Certains passagers poussèrent une exclamation en sentant le sol pencher d’un côté sous leurs pieds, avant de se rendre compte que ce n’était rien. Et tandis que l’énorme Pokémon qui transportait l’abri continua sa route vers Fla’Or, les voyageurs reprirent leurs conversations.

Assis dans un coin de cette cas’ba, la cape enroulée et Vent d’Argent serrée tout contre moi, je méditais sombrement. Tout le trajet de retour depuis là où j’avais rejoint l’expédition Midgardienne m’avait permis de m’échapper l’esprit ailleurs, et de ne pas penser à ce qu’il s’était passé avant, ni à ce qui allait se passer après. Mais là, l’heure d’arrivée approchait, et ma gorge se serrait de plus en plus.

Bien que l’expédition avait été couronnée de succès (les Midgardiens ayant découvert un Kyogre passablement enragé), ma mission en tant que telle était un échec. Je n’avais pas vraiment été d’un grand secours. En fait, je n’avais quasiment servi à rien : mes arguments et indications lors du débat pour déterminer la marche à suivre étaient tous périmés ou inutiles, ma présence dans le groupe sous-marin n’avait rien changé, et je n’avais même pas atteint l’endroit où se terrait le Légendaire que déjà il avait fallu repartir. En d’autres circonstances, ça n’aurait pas été grave pour moi, car au final je rapportais tout de même une information capitale. Mais Nina attendait de moi des compétences, des améliorations, et je n’en avait rien fait...Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir lui dire ?

Autour de moi, les conversations étaient mitigées. Beaucoup de personnes étaient silencieuses, et seulement quelques unes parlaient, mais la tension dans leur voix était palpable. La guerre occupait tous les esprits. Concrètement, peu de civils avaient été touchés entre les deux pays parce que les combats s’étaient déroulés dans des zones peu habitées, et j’en déduisis qu’il en était de même pour Flamen et Terros. Mais pour cela, beaucoup de gens avaient dû fuir, laissant derrière eux leurs villes et leurs villages...et beaucoup avaient perdu ce qui leur appartenait.

Un peu plus au centre de la bâtisse montée, je distinguai une femme emmitouflée dans un tissu épais qui pleurait. Son fils, un garçon d’à peu près mon âge la réconfortait de son mieux. Les quelques bribes de mots qui me parvinrent me firent comprendre qu’ils avaient dû abandonner leurs champs et leur maison qui, peu après leur départ, avaient été ravagés par un Séisme provoqué par un Pokémon massif. Maintenant qu’ils étaient en route vers le cercle polaire, ils ignoraient ce qu’ils allaient bien pouvoir faire, ni ce qu’ils allaient devenir, et cela les affectaient beaucoup.

Leur présence me rappela que cela faisait longtemps que je n’avais pas demandé de nouvelles à mes parents. Mon père étant dans l’armée, il avait très certainement participé au conflit. Peut-être y avait-il trouvé la mort, cette pensée me fit frissonner.

Je chassai aussitôt mes sombres pensées. C’était décidément un retour maussade. Tout ce que j’espérais, c’était d’avoir le temps de préparer ce que j’allais dire à Nina. Vu le "rapport" que je m’apprêtais à lui rendre, il valait mieux que les mots soient bien choisis pour sauver un minimum les meubles et éviter de me faire passer un savon. J’aurais pu le faire pendant le trajet, mais je voulais à tout prix profiter de cette pause offerte par le voyage pour penser à autre chose et éviter de ruminer mon incompétence.

J’avais encore du travail à faire pour faire taire mon amour propre...

Petit à petit, on entendit des bruits au dehors. Un des passagers à côté de moi se leva et regarda par une vitre de la bâtisse. Il dit alors à son voisin que le Mamochon avait franchi les portes de la ville. Rapidement, tout le monde se prépara à descendre de l’immense monture, et je fis de même en ramassant mon sac. En sortant, l’air me glaça un fois de plus les os, mais cette fois plus que de coutume.

« Par Artikodin ! J’en ai marre d’avoir froid, bon sang ! »

L’épisode sous l’océan (en plus d’avoir été un échec) m’avait laissé un souvenir nauséeux. Le froid de l’eau m’avait rompu, et l’humidité presque rendu malade. Heureusement je m’étais couvert et séché suffisamment, mais ces températures commençaient à me saturer l’esprit.

Tout en empruntant le canal qui se rapprochait le plus de la maison du Colonel, je fis de mon mieux pour me préparer mentalement à la fin de ce voyage. Quand la péniche arriva à destination, je sautai sur le quai, et me dirigeai à grand pas vers la demeure des Wang pour me réchauffer. Avec tous ces conflits, Nina allait sûrement mettre du temps à rentrer, et je n’aurai pas à affronter son regard tout de suite. Cela me rassura.

Trois coup furent donnés à la porte, comme à mon habitude quand je rentrais chez eux. La porte s’entrouvrit, mais ce ne fut pas Anouchka qui apparut dans l’embrasure.

_Sergeï-sama !

_Ah, Raiden ! Enfin te voilà. Je suis content de te voir sain et sauf, il était temps que tu reviennes. Rentre donc.

_Sergeï-sama, dis-je en passant le seuil et en saluant respectueusement le vieux guerrier, je suis heureux moi aussi de vous voir en vie. Mais je ne pensais pas que vous seriez déjà rentré. Les conflits ont pris une autre tournure ?

_Plus ou moins. Laisse donc tes affaires ici, tu les rangeras plus tard, Nina t’attends.

Mon corps se figea soudain.

_Elle...est là ?

_Oui, elle se demandait quand tu allais rentrer. Mais maintenant que tu es là, ne la fait pas attendre plus longtemps, va lui faire ton rapport tout de suite.

_B...bien.

Raidit comme un piquet, mes mouvements devinrent soudainement plus lent, et la boule dans la gorge devint encore plus grosse. Comment était-elle revenu si vite ? Je n’avais plus le temps de me préparer. D’ailleurs le temps qui me servit à me débarrasser de ma cape et de mon sac me parut passer à une telle vitesse que je ne le vit pas. Et d’un coup, comme si j’avais été téléporté, je me retrouvai dans le bureau de la Colonel, les mains se frottant fébrilement dans mon dos, le corps droit mais la mine stressée.

_Raiden Ôkami au rapport, Ma Dame.

« Merde...»


[Je te laisse faire un post qui laisse le temps à ton perso de rentrer avant d'entamer la conversation ^^]

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Nina Wang le Dim 22 Avr 2018 - 20:20

Enfermée dans le bureau de Maître Melto, Nina laissait le vieil homme parler et la sermonner sans rien dire. Cela faisait déjà une heure qu'ils étaient là, et elle n'avait pas desserré les dents, le regard dans le vague. Elle écoutait pourtant le flot de paroles qu'il déversait sur elle, mais elle n'avait tout simplement rien à lui répondre, du moins rien qui ne se changerait pas en manifeste pour la paix sur un fond de colère à peine dissimulée. Melto finit par frapper du poing sur la table, perdant le peu de sang-froid qu'il lui restait, arguant que les problèmes avec les Armitage étaient déjà suffisamment critiques comme ça pour ne pas se rajouter une insubordination des Wang dans la foulée. Nina ne sursauta même pas, emmurée dans le silence.

L'expression de l'homme changea du tout au tout quand il vit le Mentali du Colonel poser ses pattes sur les genoux de sa maîtresse, dans une attitude désespérée. Il était rarissime de voir Genki en position de faiblesse, aussi vulnérable et inquiet, ce qui trahissait un traumatisme plus profond que prévu. Melto se radoucit finalement, choisissant d'aborder le problème par un autre angle. Un long silence s'installa, pesant et lourd de sens, avant que Nina ne le brise d'une voix lointaine, mais déterminée.


« Je me fiche d'être la honte de l'armée, d'en être radiée ou de subir une sanction quelconque. Je peux tout aussi bien être mise aux fers, tant que vous ne faites rien à Sergei et à mes Pokémon. Je ne veux plus jamais prendre part à une guerre pareille, pour des motifs aussi stupides et pour la fierté mal placée d'une Reine qui n'a même pas cherché à négocier une trêve ou une alliance pour remédier aux changements climatiques entre nos pays. Comme je sais que je serai envoyée au front quoi qu'il arrive, la prochaine fois qu'un combat aura lieu, je préfère encore démissionner et quitter l'armée. Défendre ma patrie et son honneur est une chose, tuer des gens qui sont nos alliés historiques sans avoir discuté avec eux au préalable pour envisager une solution pacifique en est une autre. Il est hors de question que je sois associée à une mascarade pareille une seconde de plus. J'avais choisi de faire des prisonniers et de les interroger pour en apprendre davantage, mais visiblement, ça ne convenait pas à mes supérieurs. »

À nouveau, le silence se fit dans la pièce. Melto la dévisagea longuement, incertain de la décision à prendre. D'un côté, il avait affaire à quelqu'un qui avait refusé de tuer, alors que Mizuhan avait déclaré la guerre à Nalcia dans ce but précis afin de faire cesser la déviation des tempêtes sur ses côtes. De l'autre, Nina était un très bon élément, militaire de carrière depuis ses neuf ans, qui avait largement fait ses preuves et dont l'armée ne pourrait pas se passer aussi facilement. Elle avait ses hommes, qui la craignaient, la respectaient et l'appréciaient, et... Elle était surtout princesse héritière du trône, même si elle refusait la place avec toute la conviction et la détermination dont elle était capable. La laisser partir de l'armée était tout bonnement impossible, pour de multiples raisons, et Melto savait qu'en faisant cela, il la condamnait également à retourner au palais et à accepter son statut, et il savait qu'elle ne lui pardonnerait jamais ce geste. Elle l'assimilerait à une trahison, à coup sûr, et elle était l'une des dernières personnes avec lesquelles il voudrait briser ses liens de confiance et d'amitié. De plus, elle était liée par un contrat perpétuel depuis que Sergei l'avait adoptée, en échange d'un engagement total et inconditionnel de l'enfant pour la cause et la grande muette. Même lui, il ne pouvait rompre ce pacte qui dépassait ses compétences.

Finalement, il lui expliqua avec le plus grand calme qu'elle n'avait tout simplement pas le droit de démissionner, en vertu du serment de Sergei, et que l'armée refuserait sans doute sa requête. Le visage de Nina se ferma, et il se hâta de compléter son propos, avec la sanction qu'il comptait requérir à son encontre. Lorsqu'elle eut entendu les mots du Maître, la jeune femme se leva, effectua un salut militaire et quitta la pièce, laissant au vieil homme le temps de rassembler le Conseil.

Nina était assise dans un bureau exigu depuis des heures lorsque Melto vint la voir pour lui annoncer le verdict. Elle était relevée de ses fonctions pour une durée de trois mois, avec interdiction de pénétrer dans la caserne et suspension de solde, mais réintégrerait son corps d'armée actuel et conserverait son grade une fois la sanction terminée. Sa peine était également assortie d'une interdiction de quitter le territoire pour la même période, et à l'issue de cette exclusion, elle se verrait attribuer un poste d'instructrice au sein de l'Académie militaire, conformément à sa demande formulée plusieurs années auparavant. Si elle le souhaitait, elle pourrait choisir jusqu'à dix hommes pour l'accompagner dans ses fonctions, parmi l'escadron qui avait été le sien, et elle aurait malgré tout l'obligation de prendre part à un conflit s'il se déroulait sur le territoire mizuhanien.

À l'annonce de sa peine, le Colonel se détendit légèrement, avec un soulagement quasiment imperceptible. Loin de prendre la sanction comme une punition, elle la conçut comme une véritable libération, comme si elle entrevoyait une sorte de retraite dans ce changement de carrière inattendu et inespéré. Elle serait la plus jeune des instructeurs, le poste étant généralement réservé aux militaires vétérans ou n'étant plus en mesure de combattre sur un champ de bataille. Elle n'aurait plus tous ces hommes sous ses ordres, ne serait plus responsable de leurs vies et serait allégée d'un poids qui avait bien trop pesé sur ses épaules, ces derniers temps. Oh, elle n'aurait plus de salaire pendant trois mois, mais elle avait Sergei, et des économies. Ce ne serait pas facile tous les jours, mais ce n'était pas important. Elle était prisonnière de cette armée, qui était autant sa famille que son carcan, mais sa captivité prendrait une forme bien plus douce qu'elle ne l'avait espéré en pénétrant dans le bureau de Maître Melto ce jour-là.

Elle lui en était infiniment reconnaissante.

Avec une certaine émotion, le vieil homme lui posa une main bienveillante sur l'épaule, dans une attitude paternelle et protectrice. Pour la première fois depuis des lustres, Nina lui fit un sourire, avec une lueur dans son regard ambré qui bouleversa Melto. Il vit le fardeau d'une jeune femme trop jeune pour tout ça, qui luttait pour devenir ce qu'elle voulait être, et pas ce que la Reine ou l'armée voulaient faire d'elle, qui s'accrochait à ses rêves et qui n'avait plus peur d'affirmer ses idéaux et d'afficher ses convictions. Il vit la douleur qu'elle avait éprouvée devant l'incompréhension de ses supérieurs, et sa propre incompréhension à elle devant l'acharnement de ses pairs à tuer les Nalciens. Il vit également le soulagement, et la liberté, passer dans les yeux de la cadette des Fran, comme un torrent déchaîné et indomptable, insoumis à quelque force ou contrainte que ce soit, et il sentit sa poitrine se gonfler de fierté. Sa protégée était devenue un soldat accompli, et complet, mais il se souvint, alors que sa vue se brouillait de larmes, qu'elle n'avait même pas trente ans.

Droite et fière, mais sans la moindre arrogance, Nina se détourna de Melto, Genki sur les talons, pour se diriger vers l'extérieur du bâtiment. Dans la cour, elle fut stupéfaite de trouver son escadron au grand complet, tassé et silencieux, tendu dans l'attente du verdict. Elle ignorait si la nouvelle était déjà parvenue jusqu'à eux, et elle comprit que c'était le cas quand elle croisa le regard de ses compagnons. Certains étaient à ses côtés depuis quelques semaines à peine ; d'autres avaient fait leurs classes en même temps qu'elle, et avaient partagé ses repas et ses douleurs, au terme de dures journées d'entraînement dans la sueur et la poussière. Elle fit un pas dans leur direction, le souffle coupé par l'émotion, avant de faire un salut militaire que tous lui rendirent, avant de l'applaudir chaleureusement sans le moindre mot. Un chemin se forma parmi ses hommes pour la laisser passer, et elle sentit les larmes monter lentement, mais sûrement, jusqu'à perler au coin de ses yeux, alors qu'elle avançait en croisant le regard de ces militaires qui avaient été sous sa responsabilité jusqu'à ce jour. Certains d'entre eux qui ne la connaissaient que depuis peu la dévisageaient, admiratifs, mais d'autres avaient la plus grande peine à ne pas pleurer devant cette page qui se tournait, irrémédiablement. Ils savaient tous qu'à moins d'une guerre sur le sol mizuhanien, ils ne verraient plus le Colonel Wang sur un champ de bataille, encourageant ses troupes et les menant au combat, mais parmi eux, ils étaient nombreux à se dire, au vu des derniers événements, que ce serait mieux ainsi. Ceux qui avaient des projets de mutinerie ou d'insubordination pour soutenir Nina sentirent malgré tout leur résolution fondre comme neige au soleil quand ils virent le Major Wang au bout de l'allée, prêt à accueillir sa fille avec une sérénité et un calme impressionnants. Sergei offrit un sourire radieux à ceux qui avaient eu confiance en sa fille en toutes circonstances, et après avoir embrassé du regard son escadron une dernière fois, le Colonel quitta les lieux sans retenir ses larmes.

Nina resta un long moment avec ses Pokémon, expliquant à ceux qui ne voyageaient habituellement pas avec elle qu'elle allait enfin pouvoir passer du temps avec eux, et qu'elle était désolée de les avoir laissés à la maison si longtemps. La soirée se passa dans une atmosphère apaisée et chaleureuse, avec une Nina bien plus calme et souriante qu'à l'accoutumée. Malgré ses yeux rougis, elle discutait gaiement avec Sergei et Anouchka, et ses Pokémon étaient moins sérieux, eux aussi, profitant de cette ambiance pour jouer avec les plus jeunes. Lokkan' avait enfin commencé à se rapprocher du reste du groupe, même si sa rancœur envers sa maîtresse était intacte, et Eiki était désormais suffisamment en forme pour se mêler aux autres. Le petit Carapuce était toujours dans une pièce stérile, mais son état s'améliorait de jour en jour, et les Wang avaient bon espoir de pouvoir le présenter au reste de la famille d'ici peu.

Le lendemain, le Colonel s'enferma dans son bureau pour rédiger ses rapports et ses missives. Genki était couché à ses pieds, près d'Erebos, et Eiki et « Shiro » se chamaillaient sans méchanceté dans un coin de la pièce, quand on frappa à la porte. Après avoir lancé un « entre ! » distrait, elle mit quelques instants à constater qu'il ne s'agissait ni de Sergei, ni d'Anouchka.


« Oh, Raiden ! Je me demandais où tu étais passé. Je vois que tu as l'air en un seul morceau... C'est bien. Alors ? Qu'a donné cette expédition ? Installe-toi, je t'écoute. »

Le Colonel rassembla tous ses papiers étalés sur son bureau et les posa sur un coin du meuble pour laisser au Nalcien la place de poser ce qu'il aurait à lui montrer, s'il avait ramené quelque chose de son aventure.



[Post un peu long, mais c'était nécessaire vu le contexte ^^]

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Raiden Ôkami le Mar 24 Avr 2018 - 22:10

Sans bouger, je mis un temps à mon esprit de penser le plus vite possible à ce qu’il fallait que je dise. De plus, en la voyant faire une place sur son bureau, je failli me mettre encore plus la pression, pensant qu’elle s’attendait sûrement à ce que je ramène une pièce à conviction clé.

« Bon...D’abord dire tout le positif. Avec un peu de chance, ça atténuera la suite... »

_Et...Et bien...la mission d’exploration en soit est réussie. Les Midgardiens ne s’étaient pas trompés : il y avait bel et bien une anomalies sous l’océan. Après délibérations, nous avons nagés sous l’eau en direction de la Tour du Vent. Car c’est là-bas que l’origine de la tempête semblait provenir…

Plus je parlais, et plus je prenais de l’assurance. Mais une assurance qui venait seulement du fait que je racontais des faits qui ne me concernaient pas directement, et qui retardait donc le moment où j’allais parler de moi. C’était donc avec une assurance éphémère que je narrais à Nina les événements : comment nous étions arrivés sous la Tour, comment un navire avait failli nous engloutir en sombrant, comment Manaphy nous avait sauvé, puis conduit jusqu’au but de notre quête…

_...et c’est après que le groupe eût traversé un banc de Wailmer agité qu’ils découvrirent ce que nous étions venu chercher : Kyogre.

Je laissai une seconde de silence pour qu’elle reçoive la nouvelle avant de renchérir.

_D’après les Midgardien et les Erasiens présents, cette information est des plus capitale pour nous tous : Kyogre semble être bel et bien le responsable de ces perturbations climatiques, sur cette partie du monde en tout cas. La preuve en est que quand le groupe le découvrit, il semblait non point malade, mais infiniment plus féroce et destructeur. Même Manaphy n’a pas réussi à lui faire entendre raison. De plus son apparence avait l’air comme...évoluée, comme si les motifs sur sa peau étaient devenus lumineux. Inutile de vous dire que nous avons bien vite fait demi-tour pour ne pas finir dans ses siphons mortels. A l’heure actuelle, la nouvelle a dû être communiquée aux personnes hauts placées, dont sûrement certaines que vous connaissez. Mais on m’a déconseillé d’en parler sous tous les toits, car cela sèmerait la panique dans la population. Dans l’immédiat, je vous recommande donc la prudence.

Je laissai à nouveau un temps à Nina, mais plus long cette fois, pour qu’elle puisse digérer cette information. Évidemment, ce n’était pas à prendre à la légère. Quand j’eus estimé qu’elle avait terminé sa réflexion, je pus reprendre la parole, mais sur un ton un peu moins certains...

_En ce qui me concerne, j’ai pu cacher mon identité ethnique, je n’ai également rien révélé à propos de vous, ni de ce pourquoi on m’avait envoyé. Pourtant vous aviez raison, certains vrais membres de la Guilde des Explorateurs étaient présents. Heureusement, aucun ne m’a posé de question problématique.

Je sortis alors la Pokéball contenant l’Aquali qu’elle m’avait prêté et la posai sur la table.

_En outre, Stelmaria m’a bien aidé. Grâce à elle j’ai pu ne pas me perdre ni couler. Et il ne lui est rien arrivé de mal, je vous la ramène donc en un seul morceau…

Un petit silence gênant s’installa.

_C’est...tout.

Le silence s’intensifia...c’était maintenant le moment fatidique. Avec un peu de mal à me prononcer, les premiers mots sortirent de ma bouche.

_Euh...Mais…pour être tout à fait honnête avec vous...je n’ai pas été d’une grande aide aux Midgardiens, ni aux autres. Je n’aurais pas été là que ça aurait été pareil. J’ai même failli leur donner de fausses pistes, en pensant qu’elles étaient vraies alors qu’elles étaient incorrectes ou obsolètes. Et bien que je ne les ais pas ralentis, je n’ai pas pu me rendre utile, j’avais toujours un temps de retard sur eux. Ma mission à moi est un échec, et je m’en excuse.

Je finis ma phrase en m’inclinant bien bas, comme font les Mizuhaniens quand ils demandent pardon. Il n’y avait plus qu’à espérer que ça passe...

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Nina Wang le Mar 8 Mai 2018 - 19:35

Lorsque Raiden entama son récit, il semblait gêné, et embarrassé, à la surprise de Nina. Elle fronça les sourcils, décidant d'écouter le Nalcien jusqu'au bout avant d'émettre un jugement hâtif. Le groupe s'était dirigé vers la Tour du Vent, ce qui n'étonna pas le Colonel : après tout, les tempêtes faisaient rage sur les côtes nalciennes, bien que redirigées vers Mizuhan. L'Invocatrice en déduisit qu'ils s'étaient retrouvés très près du conflit et qu'ils avaient sans doute échappé à des assauts violents et des attaques qui ne leur étaient pas destinées. Il n'était pourtant pas impossible qu'ils aient subi des pertes humaines dans l'affaire... Raiden ne donna aucune précision à ce sujet, et Nina nota dans un coin de son esprit la question qu'elle lui poserait par la suite.

L'évocation de Manaphy, bien que réduite à l'état d'anecdote dans le discours de son obligé, fit prendre à Nina la mesure de l'ampleur des dégâts. Si le Prince des Mers, d'ordinaire si discret, avait pris la peine de se montrer et de guider les explorateurs, la situation était plus grave que prévu, ce que confirma le Nalcien par la suite : Kyogre, le Pilier de Mizuhan et protecteur de la famille royale, avait été formellement identifié comme étant le responsable des dérèglements climatiques. La nouvelle n'était pas parvenue aux oreilles du Colonel, et pour cause, mais nul doute que cette annonce provoquerait la panique et la colère une fois la source du conflit rendue publique.

Les excuses de Raiden pour son incompétence supposée, par la suite, semblèrent donc superflues et relativisées par la jeune femme, au vu de ce qu'elle venait d'apprendre. Pourtant, un long silence, lourd et pesant, s'installa dans la pièce, alors que même les deux jeunes Évoli avaient interrompu leurs jeux, calmés par le regard sévère de Genki. Finalement, le Colonel prit la parole, saisissant la sphère de Stelmaria d'un air préoccupé.


« Bien. Des pertes humaines à déplorer au cours de cette expédition ? »

La question était tellement décalée, par rapport à la gravité de l'issue de l'expédition, que même Genki leva les yeux vers sa maîtresse pour déchiffrer l'expression de son visage. Mais il savait qu'au fond, elle s'inquiétait toujours du bien-être de « ses » hommes, il n'était donc pas si étonnant de l'entendre formuler une telle chose. Libérant son Aquali, Nina la laissa venir se lover dans ses bras et quémander des câlins. La sirène était épuisée, mais elle semblait intacte, comme annoncé par Raiden. Après avoir eu son quota de caresses, Stelmaria sauta près de son père pour frotter sa tête contre la sienne, avant de s'allonger à même le sol pour prendre un repos bien mérité.

« Tu dis que Kyogre ne semblait pas malade, mais plus féroce et plus destructeur que d'habitude. Qu'entends-tu par là ? Tout le monde sait que notre Pilier a été déclaré comme dangereux et agressif depuis la Bataille de l'Île I'o Maï, et qu'il est fortement déconseillé de s'en approcher. Si tu l'as vu de près, comment peux-tu être certain que son état a changé ? Et pourrais-tu me le dessiner, même approximativement, en retranscrivant ses couleurs et la forme de son corps ? Surtout, comment étaient ses yeux ? »

Le Colonel avait une idée en tête, mais elle préférait ne pas en faire part à Raiden avant d'avoir le croquis sous les yeux, pour ne pas l'influencer et l'induire en erreur.

« Quant à ton implication et ta participation, eh bien... Si tu as gardé secrètes ton identité et la mienne, je ne vois pas de raisons de s'inquiéter. Ta mission première était de localiser le ou les responsables de cette catastrophe climatique, et même si tes hypothèses étaient fausses, et ta contribution minime... Elles auraient pu être vraies et ouvrir de nouvelles pistes. Tant que tu n'as pas été distancé et que tu as pu voir le phénomène de tes propres yeux, c'est l'essentiel. Par contre, il va falloir que tu me dises ce que tu leur as proposé, et que nous travaillions tes connaissances théoriques pour combler tes lacunes. Je t'ai aidé pour t'entraîner au combat, mais l'habileté à l'épée ne suffit pas pour résoudre des problèmes d'envergure.

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle ne doit pas sortir d'ici tant qu'elle ne fera pas l'objet d'une annonce officielle, ce qui ne devrait pas tarder, j'en suis persuadée. Vu l'importance de la découverte, je doute qu'elle puisse rester secrète bien longtemps, et la couronne ne pourra pas faire autrement que de la divulguer. Reste à savoir comment elle va s'y prendre, et si elle va dire toute la vérité.
»

Soucieuse, Nina dévisagea le Nalcien, comme si elle évaluait quelque chose. Non pas qu'elle doutait de lui ou de sa capacité à garder le silence... Mais elle se devait d'être honnête avec lui, de son côté, concernant son sort à elle. Néanmoins, elle estima que le plus urgent concernait la découverte des expéditionnaires, et elle décida de reporter, même de quelques minutes, le moment où elle lui expliquerait sa nouvelle approche de son rôle dans l'armée.

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Raiden Ôkami le Ven 18 Mai 2018 - 16:49

[Bon au vu de la conversation, je vais être obligé de recopier tes paroles. Ca fait répétition d’un poste à l’autre, mais ça me permet de mettre des réponses immédiates dessus.]



Nina me laissait parler dans un calme digne d’une commandante. Si je n’avais pas été stressé par ce que j’avais à lui dire, j’aurais trouvé ce moment exaltant, c’était la première fois que je faisais un rapport de ce genre. Officiel et pourtant dans le secret. Comme j’aurais dû m’y attendre, son visage s’aggrava. Ce ne fut pourtant pas sur mon incompétence, mais sur l’information que je venais de lui transmettre. Une fois de plus, mon amour propre m’avait trompé en me faisant croire que la présence d’un Légendaire destructeur était moins importante que mon manque d’initiative et de connaissance. Je compris cela quand elle me posa sa première question lorsque j’eus finis :

« Bien. Des pertes humaines à déplorer au cours de cette expédition ? »

_Une dizaine de personne environ sont portées disparues, Midgardien et Erasien compris. Répondis-je aussitôt tandis que la Colonel sortait Stelmaria de sa Ball pour lui offrir quelques caresses. Certains ont été emportés par de violents syphons, les autres ont été mis trop à l’écart de notre groupe à cause du banc de Wailmer fous qui nous barrait le chemin. Au moment où je suis repartis du campement Midgardien, aucun d’entre eux n’était revenu, et personne ne pouvait dire s’ils étaient encore en vie.

De nouveau elle m’écouta sans broncher. Puis quand elle eût finis de s’occuper de l’Aquali, elle la laissa aller se reposer avant de reprendre la parole.

« Tu dis que Kyogre ne semblait pas malade, mais plus féroce et plus destructeur que d'habitude. Qu'entends-tu par là ? Tout le monde sait que notre Pilier a été déclaré comme dangereux et agressif depuis la Bataille de l'Île I'o Maï, et qu'il est fortement déconseillé de s'en approcher.»

Ouille ! En entendant "tout le monde sait", je fis une mine honteuse. C’était encore une preuve de mon manque de savoir qu’il me fallait avaler...

« Si tu l'as vu de près, comment peux-tu être certain que son état a changé ? Et pourrais-tu me le dessiner, même approximativement, en retranscrivant ses couleurs et la forme de son corps ? Surtout, comment étaient ses yeux ? »

_Oui, je peux vous le montrer. Attendez, je vais vous faire un croquis.

Je pris alors des feuilles et un crayon qui se trouvait sur le bureau, mais tandis que je m’exécutais, Nina enchaina :

« Quant à ton implication et ta participation, eh bien... Si tu as gardé secrètes ton identité et la mienne, je ne vois pas de raisons de s'inquiéter. Ta mission première était de localiser le ou les responsables de cette catastrophe climatique, et même si tes hypothèses étaient fausses, et ta contribution minime... Elles auraient pu être vraies et ouvrir de nouvelles pistes. Tant que tu n'as pas été distancé et que tu as pu voir le phénomène de tes propres yeux, c'est l'essentiel. Par contre, il va falloir que tu me dises ce que tu leur as proposé, et que nous travaillions tes connaissances théoriques pour combler tes lacunes. Je t'ai aidé pour t'entraîner au combat, mais l'habileté à l'épée ne suffit pas pour résoudre des problèmes d'envergure. »

_O-Oui...Bien Ma Dame…

Je ravale ma salive. Intérieurement je me dis que c’était quelque chose auquel je ne pouvais pas couper.

« Quoi qu'il en soit, cette nouvelle ne doit pas sortir d'ici tant qu'elle ne fera pas l'objet d'une annonce officielle, ce qui ne devrait pas tarder, j'en suis persuadée. Vu l'importance de la découverte, je doute qu'elle puisse rester secrète bien longtemps, et la couronne ne pourra pas faire autrement que de la divulguer. Reste à savoir comment elle va s'y prendre, et si elle va dire toute la vérité. »

_Oui, c’est une situation délicate en effet. La plus grande discrétion s’impose dans l’immédiat, sinon la panique qui s’ensuivrait créerait un énorme chaos, et je ne tiens pas à en être responsable. Mais du coup je suppose que vous risquez donc de vous rendre au Palais pour y tenir conseil. A votre avis, quels sont les scénarios possible ? Vous pensez que la Reine trouvera les solutions qu’il nous faut ?

J’avais répondu tout naturellement, pendant que je disposais les feuilles devant moi pour m’apprêter à dessiner. Pourtant, à la fin de ma phrase, alors que je reposai mon regard sur Nina, je vis soudain qu’elle me dévisageait intensément. Son regard me perturba. Avais-je dit quelque chose de particulier qu’il ne fallait pas ? Surpris, mon regard fuya le sien et se reporta sur les feuilles de papier.

_Euh...Peu importe. Venez voir, je vais vous montrer Kyogre.

J’attendis que la Colonel se plaça à mes côtés pour que je lui montre ce que j’avais vu. Fébrilement, je commençai à tracer les traits au fur et à mesure tout en lui faisant pas à pas ma description :

_Voilà...là nous avons en gros le Kyogre que nous connaissons. Maintenant voici l’autre : déjà...là...voilà, là c’est son aile droite. Les motifs étaient légèrement différents, de couleur dorée, bien plus lumineux que leur habituelle couleur rouge, et bien plus épais. Ce n’étaient d’ailleurs pas les seuls : tout son corps était plus massif, vous voyez, comme ça...là...Voilà, c’est un peu la différence de taille entre les deux. Dans l’expédition il y avait quelques Mizuhaniens, et quand nous sommes rentrés au campement, j’ai un peu discuté avec eux : ils m’ont dit avoir été choqués par cette taille. D’après eux, elle devrait correspondre à ce que je viens de vous dessiner. Quand à ses yeux, maintenant que vous le dites, je n’y ai pas fait trop attention, mais c’est vrai qu’en comparaison aux vrais, ils étaient différents. Attendez...voilà...là c’est l’œil du vrai...et là, les yeux que j’ai vu étaient un peu plus...comme...ça...voilà ! Vous voyez ? Ils étaient plus brillants, moins "passifs", plus agressifs et menaçant. D’ailleurs leur brillance était similaire à celle des motifs de son corps. En résumé, ce Légendaire a, d’une manière qui nous échappe, gagné en poids, taille, puissance et férocité. J’ignore pourquoi il restait là dans son coin plutôt que de nager aux quatre coins de l’océan déchaîner sa colère, mais...si vous voulez mon avis, ça ne saurait tarder. Si ça se trouve, la première tempête qui a frappé le sol Nalcien n’est qu’une sommation, le pire peut encore venir.

Je déposai le crayon sur la table, et croisai les bras, inquiet.

_Ma Dame…A votre avis, qu’est-ce que c’est que ça ? Et que fait Rayquaza ? On aurait bien besoin de lui. Si jamais Groudon s’en mêle aussi…

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Nina Wang le Mar 29 Mai 2018 - 23:23

L'évocation du chiffre des membres de l'expédition portés disparus fit à Nina l'effet d'une douche froide. Elle se sentait responsable, de manière assez confuse (après tout, il ne s'agissait pas de ses hommes, mais d'un groupe formé hors de son contrôle à elle), et elle était également désolée pour ces volontaires qui n'étaient pas revenus de leur voyage en haute mer. S'ils avaient juste été séparés des autres, il y avait de bonnes chances qu'ils aient pu regagner la terre ferme, d'une manière ou d'une autre, mais les siphons... Nina n'avait eu que peu d'occasions de naviguer, puisqu'elle avait appartenu tour à tour à l'armée terrestre puis aérienne de son pays, mais les récits des soldats de la marine étaient glaçants. En un instant, même le plus expérimenté des hommes pouvait être englouti par la colère de l'océan - ou par celle de Kyogre, pour qui avait la malchance de le croiser en cette période troublée. La Mizuhanienne ne fit donc aucun commentaire supplémentaire à ce sujet, persuadée que Raiden comprendrait qu'il valait mieux éviter de s'éterniser à ce propos.

Observant le Nalcien l'air de rien, elle griffonna une indication sur son brouillon, un pli d'inquiétude barrant son front. Manifestement, il avait des lacunes sévères même en histoire contemporaine... Où avait-il donc vécu ces dix dernières années ? Elle décida néanmoins de ne pas formuler à voix haute ce qu'elle pensait, préférant le laisser dérouler son souvenir et son croquis sans l'interrompre. Elle tiqua malgré tout quand il évoqua la Reine et sa façon de traiter l'information cruciale que venait de lui livrer son obligé. Laissant un silence pesant s'installer, alors qu'elle le dévisageait, elle se contenta d'énoncer simplement :


« Nous en parlerons plus tard. Pour le moment, tout ce qui m'importe, c'est ton dessin. »

Peu à peu, les traits du Légendaire se précisaient sur le papier, alors que Raiden expliquait son point de vue, avec un premier croquis du Kyogre que tous connaissaient, suivi de celui qu'il avait vu avec ses camarades. Bonne idée, songea Nina en écoutant attentivement les mots du Nalcien. Plus le Fondateur des Océans s'étirait sur la feuille, imposant et menaçant, plus la jeune femme entendait ses pensées s'entrechoquer, dans un désordre apparent qu'elle parvint à démêler en quelques instants. L'interrogation de son obligé resta en suspens, en attente d'une réponse qui tarda à venir, non pas parce que Nina ne savait pas quoi dire, mais plutôt parce qu'elle essayait de mettre de l'ordre dans les mots qu'elle voulait prononcer pour que son propos soit clair et intelligible.

« Nous aurions besoin de Rayquaza, mais hélas, il est aussi malade que les Légendaires qui ont été déclarés comme dangereux et impossibles à approcher. Nalcia a perdu l'un de ses plus puissants protecteurs au moment où le Dragon Émeraude est devenu instable. Quant à Groudon, je crains qu'il ne soit déjà mêlé à ces dérèglements climatiques. Si Kyogre est responsable des tempêtes, il y a de fortes chances pour que Groudon soit la cause de la canicule qui sévit à Flamen. D'après mes sources, les deux phénomènes ont commencé à peu près en même temps. Reste à savoir pourquoi... »

Le Colonel parcourut le croquis du Kyogre déchaîné qu'avait dépeint Raiden, avant d'ajouter :

« Il est plus fort, plus gros et plus agressif... Comme Erebos, Sidéron et Irai lors de la Catastrophe de Mewtwo. Est-il possible que d'autres Légendaires que lui aient été touchés par le pouvoir des météorites ? Je ne sais pas si la nouvelle apparence de Kyogre est permanente, ou s'il s'agit d'une sorte d'évolution réversible. J'espère simplement que nous arriverons à lui faire retrouver son état normal. Raiden, ce que tu m'as décrit ressemble fort à une Méga-Évolution. Peut-être qu'au fond des mers, une météorite encore active a déclenché ce processus, et que c'est pour cela qu'il reste dans cette zone, pour bénéficier de ses effets. Il se peut qu'il en soit prisonnier et qu'il soit incapable de sortir de lui-même de cette transe. Quoi qu'il en soit, même si nous n'avons pas de prise sur les agissements des Légendaires affiliés à notre pays... Kyogre reste notre Pilier Fondateur, et il appartient aux Mizuhaniens de tout faire pour résoudre cette crise. En ce qui concerne sa gestion, d'ailleurs... »

Le Colonel se redressa subitement, laissant son regard dériver vers les deux Évoli endormis l'un sur l'autre. Stelmaria s'était blottie contre eux, plongée dans un profond sommeil, et Genki les observait sans bouger, considérant Eiki et la renarde argentée comme des membres de sa famille au même titre que les autres. Nina hésita alors à poursuivre, mais elle croisa le regard de son Mentali et comprit qu'elle ne pourrait pas y couper. Prenant finalement son courage à deux mains, elle regagna sa place, croisant ses mains sur le bureau d'un air qui se voulait désinvolte, mais qui trahissait en réalité son angoisse.

« Je doute fort d'être convoquée à un conseil de guerre pour les semaines à venir. Je vais essayer d'être à la fois concise et explicite, je m'excuse néanmoins par avance si ce n'est pas le cas. Lors de cette bataille, j'ai refusé de tuer nos anciens alliés, parce que je trouvais les ordres de la Reine totalement inappropriés à la situation, et j'ai préféré faire des prisonniers pour avoir des informations sur ces tempêtes. Cela n'a pas plu à mes supérieurs. J'ai fait part de mon désir de quitter l'armée à Maître Melto, le Doyen du Conseil militaire de Fla'Or, mais l'armée a refusé de me laisser partir. Je suis liée par un contrat perpétuel à mon pays, j'ai donc été mise à pied pour trois mois pour rébellion. À la fin de ma sanction, je serai officiellement instructrice à l'Académie militaire, comme je l'avais demandé il y a des années de cela. Mais, surtout, je suis libérée de mon commandement, et je ne garderai que quelques hommes sous mes ordres. C'est un mal pour un bien, en fin de compte. »

Marquant une courte pause pour laisser au Nalcien le temps d'encaisser ce qu'il venait d'entendre, elle esquissa un sourire à la fois triste et gêné.

« J'espère que ça ne te déçoit pas trop. »

Désireux de réconforter sa maîtresse, Genki appuya ses pattes avant sur ses genoux, comme il le faisait à l'époque où il n'était encore qu'un jeune Évoli. Souriant à son ami, qu'elle caressa longuement pour éviter de laisser le sol se dérober sous elle, elle se raccrocha à sa présence, rassurante et constante. Ce qu'elle venait de dire à Raiden était déjà suffisamment difficile à avouer, et la perspective de la révélation de sa place au sein de la famille royale lui donnait des vertiges.

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Raiden Ôkami le Mer 6 Juin 2018 - 9:36

Selon Nina, la situation était effectivement catastrophique. Groudon semblait donc lié à cette histoire, et Rayquaza avait disparu. Qui plus est, la métamorphose que j’avais observé pouvait très bien être une méga-évolution, encore une ! Une sombre pensée vint subitement à moi : et si le dragon vert avait lui aussi subi cette transformation et était devenu enragé aussi ? Qu’allions-nous devenir ? Ce pourrait être une nouvelle apocalypse. Les guerres reprendraient de plus belle à cause de l’incompréhension des Pays, les catastrophes climatiques redoubleraient...et les morts se compteraient par milliers…A force d’y songer un frisson aurait pu me parcourir l’échine, mais cette pensée disparu heureusement bien vite, happée par l’attitude du Colonel qui était devenue d’un coup beaucoup plus soucieuse. Encore une fois j’espérais ne pas avoir dit quelque chose qu’il ne fallait pas. Pourtant, on aurait dit que ce n’était pas moi qui la tracassait, mais elle-même.

Lentement elle retourna s’asseoir à son bureau, croisa les mains et me regarda avec une intensité nouvelle. Elle m’expliqua alors que sa situation avait quelque peu changée à cause d’un refus d’obtempérer. En entendant cela, je crus que sa sentence avait été de se faire radier de l’armée, mais en fait non. C’était plutôt le contraire. Certes, je n’y connaissais pas grand-chose dans ce domaine, ça ne m’avait d’ailleurs jamais intéressé. Mais elle avait été rétrogradée (si l’on peut dire) dans une section qu’elle avait souhaitée. Voilà pourquoi, sa dernière phrase me surprit quelque peu.

_Déçu vous dites ? Moi ? Pardonnez-moi Ma Dame, mais je ne comprends pas : pourquoi diable serais-je déçu ? Si j’ai bien compris, vous avez préférer épargner des hommes plutôt que de les tuer et ça vous coûté...quoi…juste un savon de la part de vos supérieurs ? Parce que, là encore si j’ai bien compris, on ne vous a pas renvoyé de l’armée mais juste mis en « permission forcée » de trois mois, et rétrogradée au statut d’instructrice. Un statut que, en plus, vous souhaitiez avoir. Alors excusez-moi mais je ne vois pas où est le problème. Moi je dirais plutôt que votre conduite a montré aux yeux de tous votre courage et votre respect envers votre prochain, même vos ennemis. C’est une preuve de noblesse d’esprit. J’ajouterais même que je vous dois des remerciements pour ce que vous avez fait : vous avez combattu des Nalciens, mon Père aurait pu faire partie de vos prisonniers, et si ça avait été le cas vous l’auriez épargné.

« D’ailleurs il faudrait que je lui demande des nouvelles, pensai-je. J’espère quand même qu’il ne lui est rien arrivé…»

_Alors certes, l’Armée a peut-être préféré vous garder pour des raisons inconnues. Ce pourrait être vos trop grandes compétences pour s’en passer, ou bien le fait qu’en vous radiant vous seriez devenu une martyr aux yeux de certains soldats qui se seraient rebellés contre cette décision. Je ne sais pas, allez savoir. Mais alors qu’ils auraient pu vous mettre dans un cadre plus déplaisant, ils vous ont mis dans un secteur que vous vouliez : instructeur à l’Académie. Eh quoi ! N’est-ce pas parfait ? En plus, vous allez pouvoir transmettre au recrues les mêmes valeurs auxquelles vous avez fait preuves au combat, et sans avoir à craindre les représailles de vos Chefs.

Je pris appuis sur la table où j’avais dessiné le croquis et me mis à croiser les bras.

_En ce qui me concerne strictement-personnellement, dis-je en haussant les épaules, je ne vois pas non plus où est le problème. Votre grade officiel n’est pas forcément une représentation de votre expérience et de vos compétences. Vous avez prouvé à maintes reprises que vous étiez une guerrière des plus talentueuses, et vous en avez suffisamment prouvé à moi pour que je vienne vous demander d’être à votre service afin que vous m’entraîniez. Alors que m’importe que votre grade ait changé ? De plus, que vous ayez à vous occuper « d’élèves » supplémentaires ne change rien pour moi : vous allez toujours continuer à m’entraîner de votre côté, non ?

Un silence, peut-être gênant pour elle, s’installa, mais je voulais lui laisser un temps de réflexion.

_Je vous repose donc la question Ma Dame, dis-je avec un léger sourire, en quoi pourrais-je bien être déçu ?


[Voilà ce qu’a compris Raiden par rapport à ce que lui a dit Nina ^^ Libre à toi de lui révéler ce que tu veux (ou pas).]

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Nina Wang le Sam 16 Juin 2018 - 0:41

Avec une certaine anxiété, celle que l'on éprouve devant l'attente d'une réponse incertaine et qui pourrait être déplaisante, Nina, dans l'expectative, dévisagea Raiden pour déchiffrer le moindre mouvement qui aurait pu le trahir. Il était peut-être trop poli pour répondre franchement, ou trop intimidé par le Colonel ? Il allait peut-être prendre ses jambes à son cou et détaler après cette annonce... Ou bien s'énerver et lui expliquer qu'elle s'était compromise dans cette bataille. À vrai dire, la jeune femme doutait tellement de la réaction du Nalcien qu'elle s'imaginait autant de scénarios qu'il existait d'espèces de Pokémon différentes.

Mais contre toute attente, son obligé ne manifesta ni colère, ni déception. Au contraire, il était même... Fier ? Reconnaissant ? Un brin moqueur ? S'attendant à tout sauf à ça, Nina le laissa parler sans rien dire, dans un premier temps, mettant de côté Kyogre et sa mutation pour consacrer son esprit à l'analyse de ce qu'elle venait d'entendre. Il se passa un long moment avant qu'elle ne se décide à reprendre la parole, calmement, mais avec une émotion à peine perceptible.


« On ne peut pas vraiment parler de permission forcée, vu que je n'aurai pas de solde pendant ces trois mois... Ce n'est pas non plus une rétrogradation, c'est plutôt un changement de statut et de poste, vu que je conserve mon grade. »

La jeune femme baissa les yeux vers le croquis, hésitante. Devait-elle rebondir sur les compliments qu'elle avait reçus ? Elle avait toujours travaillé dur, mais il y avait longtemps qu'elle n'avait pas eu de tels éloges, et elle devait avouer qu'elle en avait perdu l'habitude. Elle avait souvent caracolé en tête pendant ses études et sa formation, mais depuis qu'elle avait sa place dans l'armée en tant que gradée, elle avait passé plus de temps à encourager ses subalternes qu'à remercier ses supérieurs pour d'éventuels compliments, en vérité... Elle se rendit alors compte qu'elle avait même oublié cette sensation, cette satisfaction mêlée de gêne qu'on éprouvait en étant félicitée et abreuvée de mots positifs. C'était agréable et gratifiant, surtout lorsque c'était sincère !

« Et puis, bien sûr que ça ne change rien pour nous ! Je continuerai à t'entraîner et à te former, cela va de soi. Il n'a jamais été question de rompre notre accord. Et je n'ai pas pour habitude de me parjurer, j'ai promis de t'accompagner jusqu'au sommet, et je tiendrai parole. »

Le Colonel échangea alors un regard avec son Mentali, qui ne savait que trop bien ce qui la tracassait. Raiden ignorait les raisons pour lesquelles l'armée s'était opposée à son départ, et celles qu'il avait avancées étaient exactes, mais il lui manquait l'essentiel pour comprendre tout ce qui avait poussé Mizuhan à la retenir. Genki eut un discret hochement de tête pour approuver ce qu'elle hésitait encore à faire, et elle ancra son regard ambré dans celui du Nalcien.

« L'armée compte sur mes capacités et sur ma loyauté, c'est vrai. Mais la vérité... C'est que je suis prisonnière, quelque part. Lorsque Sergei m'a trouvée et adoptée, il n'a eu l'autorisation de me garder et de m'élever qu'en échange de mon enrôlement comme soldat, et ce jusqu'à la fin de mes jours. J'avais neuf ans quand j'ai intégré l'armée, et je suis persuadée que je serai toujours une guerrière de Mizuhan lorsque je mourrai. Mais il n'y a pas que cela. Si Maître Melto a insisté, ainsi que les autres membres du Conseil... »

Stelmaria s'était arrêtée et fixait sa maîtresse avec une gravité surprenante pour un Pokémon de son âge. Elle était encore jeune, mais elle avait toujours été en avance sur les autres jeunes de la maison, et en cet instant, elle dégageait une sérénité qui surprit même son père. Eiki et la renarde d'argent regardaient également Nina, curieux. Ils ne l'avaient encore jamais vue ainsi, et ils étaient pendus à ses lèvres en attendant la suite.

« J'ai découvert il y a plusieurs années maintenant que mes capacités et mes pouvoirs avaient une origine... Particulière. Depuis que j'ai participé à la bataille des Piémonts Pluvieux, la famille royale essaie de me convaincre de revenir et d'accepter mon appartenance à cette dernière. Ils ont même envoyé ma cousine pour tenter de me ramener au Palais, et j'ai été surveillée pendant longtemps. Je crois qu'ils ont fini par renoncer devant mon acharnement et mon refus, mais... Si je quitte l'armée, je serai forcée de prendre mes responsabilités en tant que membre de la branche principale de la famille Fran. Et cela m'est tout simplement impossible à envisager, ne serait-ce qu'une seule seconde. Je suis née princesse, mais j'ai été élevée en guerrière, et il est hors de question que je sois cloîtrée entre les murs du Palais sans pouvoir être utile à mon pays dans le domaine où j'ai toujours évolué. »

Avisant le meuble dans le dos de Nina, Eiki tenta soudain de sauter dessus, se détournant brusquement de la conversation comme s'il avait une idée précise en tête. Surprise, la Mizuhanienne se retourna, essayant de comprendre pourquoi l'Évoli était si agité, et ce fut lorsqu'elle vit léviter la pierre jaune et verte vers le renard qu'elle sourit à son protégé. Elle refit alors face à Raiden pour conclure :

« En résumé, je suis l'héritière du trône de Mizuhan, je ne veux pas de ce rôle et j'espère que la Reine trouvera une solution adéquate pour ramener Kyogre à son état normal au plus vite, parce que si elle n'y parvient pas, notre famille perdra son plus grand pilier, et mon pays, comme le tien, courront un danger plus grand encore que des tempêtes et des orages. »

Avec un soupir, Nina jeta un coup d’œil au croquis de Kyogre, songeant qu'elle devrait sérieusement envisager de creuser la piste qu'elle avait évoquée. Après tout, les semaines à venir s'annonçaient plutôt creuses pour elle, professionnellement parlant, ce serait donc une occasion en or de se consacrer à ce qui l'inquiétait au plus haut point...

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Re: Retour de guerre [Nina/Raiden]

Message par Raiden Ôkami le Dim 17 Juin 2018 - 15:30

[Quand mon perso parle et qu'il y a des parenthèses, ce ne sont pas des pensées, c'est une phrase dans la phrase que Raiden dit et que Nina entend. Attention, le post est long et compliqué, je conseillerais de le lire lentement ^^]



Comme je m’y attendais, le Colonel mis du temps à répondre. Elle commença à me dire que ce n’était pas tout à fait une permission forcée, ni une rétrogradation.

« Bof, pensai-je, c’est peut-être un peu différent, mais ça ne change rien. »

Je me contentai alors de hausser les épaules en guise de réponse. Mais son regard s’abaissa. Et elle mit encore un autre temps avant de continuer. Je commençais à me demander s’il n’y avait pas quelque chose qui la dérangeait encore plus. Finalement elle repris la parole en disant que nous allions continuer à nous entraîner quoi qu’il arrive. D’ailleurs, le «...j’ai promis de t’accompagner jusqu’au sommet, et je tiendrai parole. » me fit chaud au cœur. J’étais certain d’avoir enfin un mentor à mes côtés jusqu’à ce je j’atteigne un niveau de compétence que je recherchais. Certes, il y avait sûrement des choses que je ne pouvais apprendre que par moi-même, mais il me fallait d’abord de la technique pour savoir ensuite comment l’appliquer à ma manière. Sa phrase me fit donc sourire, j’étais confiant dans l’avenir.

Et puis il y eu un nouveau silence. Silence pendant lequel elle regarda un instant ses Pokémon, jusqu’au moment où elle me fixa à nouveau et me parla de son passé. D’abord ce fut son adoption, où je pris une mine désolée en pensant :

« Bigre...Être obligé de servir l’armée toute sa vie juste par la bonté d’âme d’un militaire...C’est pas très drôle comme situation. Je n’aimerais pas être à sa place, enchaînée comme ça, sans que personne ne lui laisse la possibilité de sortir...Tu parles d’un destin ! Bon après, c’est pas comme si elle détestait son boulot, mais... »

Un nouveau silence arriva après qu’elle eu commencée une phrase sur les membres du Conseil. Je commençai à m’y habituer et ne comptais plus trop y faire attention. Sauf que le tension monta d’un cran quand je m’aperçus que tous les Pokémon présents dans le pièce (les miens n’en faisaient pas partis puisqu’ils n’étaient pas encore sortis de leur Ball) tournèrent leurs yeux vers Nina, même l’Aquali que j’avais ramené et qui se reposait. Alors que je me demandais ce qui était bien en train de se passer, le Colonel commença un long monologue. Dés le début je sentis quelque chose, mon empathie naturelle envers les autres s’était enclenchée : la position de ses bras sur le bureau, son regard grave mais plus ou moins fuyant, et surtout la tonalité de sa voix...même si elle tentait de rester de marbre, elle dégageait un malaise. Je compris alors qu’elle était sur le point de m’avouer quelque chose qu’elle ne voulait pas dire, et qui était très important pour elle. Si j’avais compris cela avant, je lui aurais dis de ne pas se forcer à en dire plus. Si ça se trouve, ça ne me concernait pas. Mais elle avait déjà commencé à parler, il était trop tard pour songer à l’interrompre. Alors, je pris un air sérieux et attentif, prêt à écouter son secret dans le plus grand respect, car ce n’était pas chose facile que d’avouer des choses inavouables…

...et effectivement…

Pour un secret, c’en était un gros. Elle continua à parler avec la même voix, sans s’arrêter, sauf pour regarder rapidement l’Evoli qui toisait la pierre jaune derrière. Maigre détail que mes pensées m’empêchèrent de remarquer. Nina termina alors en résumant que, du fait de ce secret, la décision de la Reine par rapport à Kyogre risquait d’avoir des conséquences, bonnes ou mauvaises, mais irréversibles. Elle poussa un soupir et porta son regard sur mon dessin.

Encore un nouveau silence, beaucoup plus long et pesant cette fois. Mon regard, lui, se tourna vers le sol. Trop de choses étaient arrivées d’un coup, il fallait que je fasse le tri. Je me redressai, tournai le dos au Colonel, m’éloignai un peu, mis les poings sur les hanches et fermai les yeux en levant la tête.

_Pardonnez-moi, dis-je alors, mais vous êtes allé un peu vite dans votre révélation. J’ai besoin de tout remettre dans l’ordre. Si je reformule bien : vous avez été abandonnée (Arceus-sait-comment) par votre famille, recueillie par un militaire, Sergeï-sama, et donc enrôlée dans l’armée depuis votre plus jeune âge. Jusque là, d’accord. Sauf qu’un jour vous avez découvert que votre pouvoir (dont j’ignore l’origine, et à vrai dire je m’en fous !) était particulier, et ça s’est ébruité. Suffisamment pour que votre famille biologique vous reconnaisse, vous retrouve, et vous demande visiblement sans sommation de rentrer illico. Et cette famille n’est autre que celle des Fran, la lignée royale du Pays de Mizuhan. Rien que ça.

Je baisse la tête, toujours les yeux fermés.

_C’est bien ce que vous m’avez dit n’est-ce-pas ? Je ne me suis pas trompé ?

Elle allait probablement me répondre, ou pas, mais dans tout les cas je me mis à hocher la tête comme pour me répondre à moi-même.

_Je comprends maintenant pourquoi vous ne souhaitiez pas que je révèle votre identité pendant ma mission, je comprends aussi pourquoi ils vous retiennent...mais ce que je comprend surtout, c’est la difficulté avec laquelle vous avez eu à l’avouer. Révéler ce genre de secret...ça relève du courage, car ça pourrait effectivement en surprendre plus d’un, et ça explique aussi le profond malaise que vous ressentez. Et oui je parle bien de malaise, inutile de me le cacher Ma Dame : je le sens encore d’ici. C’est l’un des quelques avantages qu’on a lorsqu’on est trop sensible…

Je pousse alors un soupir.

_Bon...puisque vous débordez d’attendre quelle sera ma première réaction face à ce secret, je vais vous la donner tout de suite.

Je me retourne alors vers elle, les mains toujours sur les hanches, mais les yeux ouverts, puis lui sort un sourire amical en lui décochant une question toute bête.

_Qu’est-ce que ça change ?

Pour sûr, elle allait être surprise de celle-là, aussi pris-je l’initiative de continuer sur ma lancée.

_Voyons Ma Dame ! Qu’est-ce que cela peut-il faire que vous soyez de Sang Royal ou pas ? Dans un palais, il peut très bien y avoir des sages tout autant qu’il peut y avoir des idiots manipulateurs. Et pourtant ils portent la même toge ! A la campagne, on peut tout aussi bien trouver des paysans ouverts d’esprits que d’autres qui ne voient pas plus loin que leur propre champ et chassent les étrangers. Et pourtant les deux se suent chaque jour dans la boue et la terre ! Alors, bien que cela paraisse épique et incroyable, le fait de savoir que vos appartenez à cette famille n’a pas de plus piètre importance que de savoir si je suis Nalcien ou Flamennois. Pour moi, ça ne change foutrement rien !

Cette fois-ci, c’est mon regard qui s’intensifia sur elle, je cru percevoir quelque chose dans ses yeux, ce qui me fit tiquer.

_Quoi ? Vous vous attendiez à ce que je saute au plafond ? Que je pousse un cri en demandant à Arceus de me pincer pour être sûr de ce que j’ai entendu ?

Une pensée me vint alors en tête. Elle me fit sourire, un sourire qui s’intensifia et qui, sans crier garde, se mua en un éclat de rire.

_Pff...HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA ! ! Ah...Ah...Pardonnez-moi Ma Dame, mais...Ha ha ha ! Je ne me moque pas de vous, rassurez-vous ! Loin de moi l’idée de vous manquer de respect. Ce n’est pas votre secret qui me fait rire. Mais je ris car, quand j’y pense, je trouve que c’est une sacré ironie du sort : en me révélant votre histoire vous avez eu l’air encore plus déconfite que moi quand je suis entré dans votre bureau. Finalement, nous nous ressemblons je trouve...Nous passons notre temps à nous inquiéter de choses qui semblent insurmontables, mais qui, vues sous un autre angle, peuvent trouver leur solution.

Je m’avançai alors un peu vers son bureau tout en continuant de la regarder avec un sourire franc.

_Bon je ne suis peut-être pas très clair, alors je vais m’expliquer : vous vous mettez trop la pression sur cette histoire Ma Dame, vis-à-vis de moi et vis-à-vis de vous. Laissez-moi reprendre du début : votre famille vous a un jour perdue, bon, vous avez été recueillie par Sergeï, bon, et puis quand votre famille vous retrouve elle décide de vous ramener, bon. Jusque là tout va bien, c’est normal, ça peut arriver. Dans certaines histoires j’ai déjà lu des faits quasiment semblables, et à la fin : la famille d’origine est heureuse de récupérer l’enfant devenu grand, non pas parce qu’il serait utile à cette famille, mais parce qu’elle l’aime. Sauf que, vu la façon dont vous me l’avez raconté, votre famille à vous se fiche probablement de votre précédente perte, et souhaite vous récupérer uniquement parce que vous suscitez un intérêt pour les affaires royales grâce à votre pouvoir, et à votre succession au trône. Bien entendu, cela à de quoi vous mettre le pression : si vous voulez quitter l’armée, vous devrez vivre au Palais, et ce n’est pas votre souhait. Sauf qu’ils ont oublié qu’au delà de ça, vous êtes une personne comme une autre, libre de ses décisions et de s’épanouir à SA manière ! Cela s’appelle la liberté. Un Bonz m’a dit un jour que la liberté ne peut être imposée à quelqu’un ni gagnée dans la peine et la souffrance. Elle ne peut être ni achetée ni vendue. Ce n’est pas non plus une question de statut social, aucune profession n’interdit de l’atteindre.

Je haussai les épaules tout en reprenant mon souffle avant de reprendre.

_Certes, ma situation de voyageur itinérant n’est pas comparable. Vous me prendrez peut-être pour un naïf qui ne fait qu’affabuler. Mais je me permet de vous dire tout ça car je ressens la pression que vous ressentez. Je la comprends, même. Et vous savez comment je la comprends ? Parce que vous réagissez comme moi : vous vous mettez une pression monstrueuse en pensant qu’il n’y pas d’échappatoire. Même si nos situations sont différentes, le déroulement mental est le même dans nos têtes. Aussi, bien que je ne sois que votre humble serviteur, permettez-moi de vous donner un conseil tiré de mon expérience : les autres peuvent dire ce qu’ils veulent, vos décisions n’appartiennent qu’à vous, vous êtes seule maître de votre destin. Quand je vois les autres progresser plus vite que moi, je me dis que je ne suis pas assez bon, que je ne vaut rien comparé à eux. Mais je ne suis pas eux, j’ai mon chemin à moi. Et de la même manière vous n’êtes pas les autres, ni Sergeï, ni vos supérieurs, ni votre famille. Vous êtes vous-même ! Il n’y a pas de crime à aller dans une direction différente, encore moins si cela permet de sauver des vies. Alors quand votre coeur, votre intuition, et non votre raison, vous dit qu’il serait mieux de faire autrement, restez honnête avec vous-même et faites-le.

En lui disant tout ça je comptais lui prouver, de manière sincère, qu'elle avait le droit de ne pas rester dans un carcan, matériel ou mental. C'était un point de vue de Voyageur, mais c'était néanmoins quelque chose qui pouvait selon moi s'appliquer à tout le monde, et j'avais souhaité le lui partager pour ne pas qu'elle continue à se sentir mal par rapport à ça. Je fis alors un hochement de tête.

_C’est un conseil que j’ai encore du mal à appliquer, j’en conviens. Mais, ne culpabilisez pas sur ce que vous venez de me dire, ni sur ce que vous êtes. Je suis peut-être allé loin dans mes explications, mais retenez au moins que je me fiche bien que vous soyez la fille d’une Reine ou du dernier poltron du coin. Vous êtes pour moi une instructrice hors pair, qui épargne ses ennemis, et qui m’a même fait confiance pour une mission confidentielle ! Que m’importe le reste ? Vous n’avez pas d’inquiétude à avoir, et je n’ai pas à être déçu. Retenez aussi que je ne souhaite pas que vous fassiez comme moi qui se perds souvent des les méandres d’un esprit trop souvent culpabilisant. Vous valez mieux que ça. Tiens d’ailleurs… !

J’attrapai d’un geste vif le croquis qui était resté sur l’autre table et le déposai sur le bureau Nina, devant elle. Mon sourire était cette fois devenu plus malicieux, une idée venait de me traverser la tête.

_Puisque nous avons un problème avec Groudon et Kyogre sur les bras, dis-je en pointant Kyogre du doigt, que l’avenir de Mizuhan et aussi d’Erasia en dépend, que la Reine risque de décider quelque chose en conséquence (notamment quelque chose qui vous concerne), alors il n’y a pas à hésiter. Il faut agir, par Suicune ! Et Rayquaza est notre seul espoir. Malade ou non, il est le seul à pouvoir les calmer. Voilà donc ce que je propose : partons à la recherche du dragon vert. Allons-y à deux ou emmenons une petite équipe de gens de confiance, et partons sans prévenir personne. Avec un peu de chance nous croiserons d’autres Erasiens ou Midgardiens qui auront eu la même idée et nous prêterons main forte. Et si certains souhaitent nous en empêcher à grands coups de sermons, et bien basta ! Que Giratina les emporte ! En plus, cela tombe parfaitement bien : votre mise à pied nous offre trois mois de répit !

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