La légende de Mako [solo]

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La légende de Mako [solo]

Message par Mako le Mar 7 Aoû 2018 - 20:12

[Ne pas clore, merci !]

La légende de Mako, 1ere partie : le grand incendie

Pour la troisième fois, Mako tourna la feuille qu’elle tenait entre les mains de quatre-vingt-dix degrés. C’était une lettre de Luce. Un dessin de son apprentie pour être précise… Enfin apprentie… Elle n’était plus sûre de pouvoir la qualifier ainsi puisque la jeune fille était maintenant archère comme l’indiquait la lettre qui allait avec le dessin… Mais en plus de la lettre lui annonçant son nouveau grade, Luce lui avait envoyé ce portrait assez mystérieux… La jeune Terrosienne avait beau avoir des dispositions naturelles pour les arts ninja, le dessin n’était pas son fort ! La seule chose que la ninja avait pu deviner, vu que la feuille représentait de grosses taches jaunes rayées de noir, était qu’elle représentait probablement un Dardargnan. Pour le reste, elle aurait été incapable de différencier la tête de l’abdomen de l’insecte. Elle interrompit la contemplation de l’œuvre de sa disciple lorsqu’on frappa à la porte.

« Entrez »

Une courte silhouette familière se dessina alors sur le seuil et s’avança da la pièce principale de la cabane de Mako.

« Oh, bonjour mère.
-Bonjour mon enfant. Je vois que tu as reçu du courrier.
-Oui, une lettre de Luce… Que puis-je pour vous ?
-Rien de particulier. J’ai simplement des choses à te dire qui pourraient t’intéresser. Moi aussi je viens de recevoir une lettre de mon ami guérisseur à Fla’Or. Dernièrement, il a fait partie d’une équipe d’archéologie menée par un de ses amis, et ils ont découvert de vieux documents issus de l’arène de cette ville, ainsi que de mystérieux carnets de notes codés.
Mon ami ne connait pas les codes de Loukai bien sûr, mais il m’a envoyé une copie de ces carnets pour voir si je ne pouvais les déchiffrer, à tout hasard… Et c’est le cas.
-Et vous pensez que le contenu de ces carnets peut m’intéresser ?
-Je sais à quel point tu apprécies les récits concernant ta légendaire homonyme.
-…
-Eh bien, me serais-je trompée en venant te voir ?
-Non mère, non… C’est juste que… Je pensais que vous saviez déjà tout à son sujet ! Vous connaissez si bien l’histoire de Loukai… »


Suzu esquissa un sourire…

« Ma chère, je crois que toi et moi serions surprises si nous ne connaissions ne serait-ce que le quart de ce que nous ignorions au sujet de ce village. Les ninjas ne cachent pas des choses qu’à leurs ennemis. Pour être plus précis, les carnets trouvés par mon ami sont ceux d’une certaine Ryoza, une ancienne guérisseuse de Fla’Or qui a rencontré Mako alors qu’elle n’était qu’enfant, une partie de sa vie que nous ne connaissions pas encore. Souhaites-tu que je t’en dise davantage ?
-Bien sûr.
-Bien. Je vais donc te faire un résumé de ce que j’ai réussi à déchiffrer.


Mako n’a malheureusement pas eu une enfance heureuse. Son père, nommé Ryo, était un ancien du village, un homme puissant et avisé mais également très dur et ambitieux. Il avait tout juste trente ans qu’il souhaitait déjà devenir le chef du village. Mais d’après les carnets, il était surtout un homme extrêmement fier et possessif, et son honneur était la chose qui comptait le plus pour lui, bien devant l’intérêt de Loukai.

Une telle attitude n’était pas du goût de tous et en dépit de ses qualités, peu de gens l’appréciaient, à commencer par sa femme, Kasumi, qui n’avait pas choisi de l’épouser et qui était partie voir auprès d’un autre homme du village. Hélas, cet homme avait eu la mauvaise idée de la mettre enceinte, ce qui n’avait pas du tout plu à Ryo qui avait dans un premier temps caché sa réaction, attendant patiemment la naissance de l’enfant…

-Et j’imagine qu’une fois Mako née, il aura demandé une analyse de son sang à un alchimiste pour savoir qui était le père de l’enfant ? Demanda Mako qui avait une bonne idée de la réponse qu’il avait reçue.

-Non. Un autre que Ryo aurait probablement réagi ainsi, mais ce dernier était apparemment bien trop fier pour courir le risque d’une humiliation. Sitôt sa femme accouchée, il cacha l’enfant et fit tuer sa femme pour adultère, ainsi que l’amant de cette dernière. Vu l’influence dont il disposait à ce moment-là Loukai, ce n’était guère difficile pour lui.

Puis il séquestra sa fille avec un objectif bien précis en tête : en faire son arme vivante personnelle. Personne ou presque n’était et ne serait au courant de son existence, ce qui en ferait un assassin de choix. Et il l’entraîna donc aux armes plus durement que ne le fut jamais un ninja à Loukai.

Mako vécut les dix premières années de sa vie dans une grande salle d’entraînement dont elle n’avait pas le droit de sortir. Elle vécut donc dans cette salle sans autre contact que celui de son père, qui la méprisait. Sa seule compagnie était un Cadoizo qui s’était pris d’amitié pour elle, et qui apportait parfois de la nourriture en cachette de son père pour améliorer son ordinaire. L’oiseau était également son seul lien avec l’extérieur et sans doute le seul être qui l’empêcha de sombrer dans la folie.

Un jour pourtant, peu après son dixième anniversaire, son père vint lui annoncer qu’il avait été choisi, en sa qualité d’ancien du village, pour répondre à une sollicitation de la famille royale. Son voyage durerait une quinzaine de jours. Deux semaines que Mako passerait sans la moindre visite… Mais également sans nourriture car son père la mit au défi de survivre pendant son absence sans manger. Autrement, déclara-t-il, elle ne lui servirait plus à rien.


Heureusement pour Mako, son ami à plumes lui apporta de la nourriture, mais lorsqu’elle lui dévoila toute l’histoire, le volatile réalisa qu’il ne pourrait jamais lui prodiguer suffisamment de nourriture sur toute cette durée. Mais la jeune fille semblait en avoir confiance, car elle finit par lui demander s’il voulait l’aider à s’enfuir. Il accepta.

Heureusement pour les deux complices, le départ de Ryo coïncidait avec une soirée de réjouissances pour le village tout entier, ce qui facilita l’évasion de la jeune fille, comme elle l’avait prévu. Et avec l’absence de son père, personne ne la rechercherait avant au moins deux semaines, ce qui lui laissait le temps de se cacher… Etre inconnue aux yeux du monde avait au moins un avantage… Pour le reste, l’entraînement du père avait porté ses fruits.

Hélas, en cheminant dans la forêt, Mako et son ami tombèrent sur une meute de Farfuret affamés. Mako se battit vaillamment mais sans arme, elle finit par succomber sous le nombre et n’eut la vie sauve que grâce à son ami qui se sacrifia pour la sauver. Avant de mourir, il confia à son amie le dernier objet qui se trouvait dans sa queue : un œuf de Pokémon.

Ce dernier éclot sitôt que Mako posa la main dessus. Les dieux voulaient sans doute que ces deux-là se rencontrent. Il s’agissait d’un Evoli mâle. La jeune fille s’enfuit donc le plus vite possible en direction de la seule ville qu’elle connaissait par son père : Fla’Or. Mais à cause du combat et des privations, elle tomba vite d’épuisement et elle serait probablement morte de froid si l’Evoli n’avait pas évolué dans la neige en un puissant Givrali et n’avait pas transporté sa jeune dresseuse sur son dos à travers le blizzard jusqu’à destination.

Par miracle, ils parvinrent jusqu’à Fl’a’Or. Malheureusement pour Mako, son accoutrement ne trompait pas sur son statut de ninja et à ce titre, elle fut conduite, encore sous le choc, jusqu’au chef de la ville qui en était également le champion, un certain Orochi. L’homme était violent mais juste malgré tout et respecté par ses sujets. Néanmoins, il voyait d’un très mauvais œil l’existence de Loukai et de ses ninjas qui remettaient en question son autorité sa province.


Aussi, en voyant la jeune fille, son premier souhait fut de la faire tuer pour envoyer un message aux ninjas. Mais sa femme, Ryoza – celle qui a écrit ces carnets donc – fut prise de pitié pour la fillette et insista pour que son époux se montrât moins cruel. A la place, il fut donc décidé que la jeune fille subirait le jugement d’Artikodin au lieu d’une mise à mort immédiate. Ryoza intercéda toutefois en sa faveur et obtint que la jeune fille ne subisse le châtiment qu’une fois qu’elle serait complètement rétablie. Ryoza, qui était guérisseuse, se chargea elle-même des soins et veilla sur Mako pendant sa rémission.


La jeune fille profita de cette période de calme relatif – la première de sa vie- pour nommer son vaillant Givrali du nom de la saison qui l’avait rendu si fort : Fuyu, ou hiver en érasien.
Vint enfin le jour de l’épreuve. Le jugement d’Artikodin est une ordalie est comme toutes les ordalies, elle est fondamentalement injuste : le supplicié est amené dans les eaux les plus froides de la banquise – qui sont les plus froides d’Erasia – et doit rester immergé jusqu’au torse sans bouger pendant douze heures. S’il survit, c’est qu’Artikodin l’a jugé digne et innocent, et les hommes devront respecter son verdict. S’il meurt, il était coupable et sa dépouille doit être traitée comme celle du lâche qu’il est. »

Mako doutait très fortement que l’oiseau légendaire intervienne personnellement dans des débats aussi… humains. Elle y voyait plutôt là le moyen de légitimer une torture particulièrement perverse et cruelle. Mais ne voulant pas interrompre encore sa mère, elle garda ses pensées pour elle.

« Heureusement pour Mako, Ryoza avait détecté en la soignant un très fort potentiel pour l’hydrokinésie chez la jeune fille, aussi elle lui enseigna son art et plus particulièrement la maîtrise du sang…
-Alors… Mako était guérisseuse ?? Les textes insistent tellement sur ses exploits guerriers que je pensais qu’elle aurait choisi une classe plus offensive, comme la fusion.
-Non. Peu de gens le savent mais Mako était une grande guerrière en même temps qu’une grande guérisseuse. Et grâce à son nouveau pouvoir, elle réussit à faire circuler son sang suffisamment vite pour se réchauffer et survivre de très peu aux douze heures. Elle révéla alors son passé à Orochi et Ryoza, et ce dernier n’eut d’autre choix que de la croire puisqu’elle avait passé l’épreuve d’Artikodin en personne. Sur l’insistance de sa femme, il finit même par recruter Mako comme arbitre pour son arène, un poste qu’elle occupa pendant les dix années suivantes.


Ainsi, en plus de ses compétences martiales et de guérisseuse, elle put développer ses talents de dresseuse en observant les combats de son nouveau maître. Pour la première fois de sa vie, Mako connut le bonheur et cela aurait pu durer si les relations entre Loukai et la ville voisine ne s’étaient pas tendues brusquement pour cause : Ryo était à présent devenu le chef du village et il était beaucoup moins accommodant que les dirigeants précédents du village caché, allant jusqu’à affirmer sa totale propriété de la forêt enneigée, ce qui déplut fortement au bouillant Orochi.
Les deux hommes étaient sur le point de se déclarer la guerre, mais cette dernière n’était pas du tout au goût des habitants de Fla’Or. Dans une ultime tentative de préserver la paix, Mako se proposa pour négocier entre les duex parties, qu’elle connaissait bien, et grâce à l’influence de Ryoza, son plan fut accepté par Orochi.

Elle regagna donc Loukai après dix ans d’absence pour trouver portes closes. La décision de Ryo était sans appel et elle eut beau clamer qu’elle était la fille du chef et qu’elle avait des informations concernant Orochi, les gardes à l’entrée ne la crurent même pas et elle ne put accéder au chef. C’est à peine si elle put repartir en vie.

A son retour à Fla’Or, des nouvelles encore plus graves l’attendaient : durant son absence, Ryoza, sa seule et unique amie, était morte empoisonnée. Cet événement fit entrer son mari dans une rage terrible. Convaincu de la culpabilité de Ryo dans cette affaire et désireux désormais de détruire entièrement Loukai, il lança de force son armée dans la forêt enneigée, armée qu’il avait renforcée avec des mercenaires venus de Flamen.

L’homme n’était pas idiot et il savait qu’il ne pouvait pas trouver Loukai sans l’aide d’un ninja. Et il savait également que Mako préférait mourir plutôt que de l’aider à déclencher une guerre, il avait demandé à des guerriers maîtres du feu de brûler purement et simplement la forêt toute entière et le village avec, et il avait embauché assez de pyrokinésistes pour atteindre son objectif.

Horrifiée devant l’ampleur de la catastrophe qui se profilait, Mako fit demi-tour immédiatement. Malgré l’inimitié qu’elle ressentait pour son père, Ryoza lui avait enseigné qu’il fallait tout faire pour préserver la vie et elle ne se résignait pas à voir un village entier brûler au nom de son amie. Elle ne put pourtant prévenir Loukai avant que la forêt ne prenne feu. Lorsqu’elle arriva au village consumé par les flammes, elle trouva une dizaine de corps calcinés mais rien de plus. Ainsi, Ryoza, le puissant ninja, l’homme qui plaçait l’honneur par-dessus tout, avait fui comme le lâche qu’il était.

Elle attendit le retour des ninjas pendant dix jours mais aucun ne se montra. Ils avaient fui. Ils ne reviendraient pas. Elle était seule. La dernière des ninjas de Loukai. En cet instant, elle n’éprouvait pas de haine envers Orochi, dont elle comprenait le geste. Mais son père… Son père qui l’avait privé de sa vie au nom son ambition personnelle venait de laisser tomber cette même ambition pour fuir comme un lâche, entraînant le village avec lui dans le déshonneur.

Ryo puis Orochi avaient tous les deux été très clairs sur ce point lorsqu’ils avaient formé la jeune fille : le déshonneur signifiait la mort. Alors pourquoi ces ninjas avaient-ils fui ? Pourquoi ne revenaient-ils pas ? Étaient-ils aussi lâches que son père ? Ici commence le récit de la légende de Mako, dernière ninja de Loukai. »


Mako laissa quelques instants de répit à sa mère avant de lui faire part des remarques qui lui étaient venues lors de son récit :

« Si la femme qui a signé ces carnets est bien Ryoza, alors elle devait être une ninja de Loukai elle aussi pour en connaître le code. Ca expliquerait peut-être son attitude envers Mako. On pourrait alors penser qu’elle était une espionner chargée de surveiller Orochi ? Et ce dernier aurait pu découvrir le pot au rose, faire empoisonner sa femme et en faire porter la responsabilité à Ryo pour déclencher une guerre contre lui.
-C’est probable en effet… Si Ryoza a bien écrit l’intégralité de ces carnets car…
-Car si elle est morte empoisonnée, cela n’explique pas qui a écrit la fin de ce récit… Cela m’a troublé moi aussi.
-Précisément. Mais j’ai bon espoir que nous le saurons bientôt. En tout cas je pense que tu auras noté les curieuse similitude qui existent entre une de nos plus célèbres nija et toi… Troublant n’est-ce pas ? »

Comme pour répondre à son vœu, un Roucool messager pénétra dans la cabane de Mako et laissa tomber une lettre aux pieds de Suzu avant de repartir. La vielle dame epliqua, tout fisant léviter le papier à elle :

« Je connais cet oiseau. C’est celui de mon ami… Et apparemment, nous en saurons bientôt plus car il a trouvé d’autres carnets, qu’il va me retranscrire. Mais ceci est une autre histoire… »

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