[ Clos ] Convalescence en terre d'accueil [Solo/Contrainte]

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[ Clos ] Convalescence en terre d'accueil [Solo/Contrainte]

Message par Tyrande di Neralitha le Lun 9 Oct 2017 - 20:34

Ma funeste rencontre avec le continent érasien, qui ne s’était pas tout à fait déroulée comme je l’avais imaginée, remontait déjà à plus de deux semaines. Comptant le nombre de fois où le Soleil s’était levé depuis ma chute, je ne m’étais pas risquée à tenter une ascension des montagnes où je me trouvais avec mes compagnons, craignant de me retrouver nez à nez avec un autre groupe de dégénérés dansant autour d’un terrible feu. Alors, je me contentais d’explorer les alentours, tout en évitant soigneusement de me rapprocher de la tombe où j’avais assisté à ce funeste spectacle. J’avais découvert que la chaîne montagneuse où j’avais malencontreusement atterri n’était pas spécialement haute, bien qu’assez difficile à explorer, en raisons des tempêtes qui s’abattaient sur les lieux sans prévenir. Habituée au climat humide, mais clément, de la Canopée, je m’étais laissée surprendre la première fois et m’étais réfugiée dans la première cavité rocheuse que j’avais dénichée. Curieusement, le paysage pourtant de mauvais augure pour moi me fascinait, et je me laissais bien souvent guider par mon sauveur, qui ne me quittait plus d’une semelle.

L’Osselait qui nous avait empêchés de mourir empalés sur un pic naturel semblait en effet reconnaissant pour le réconfort que je lui avais apporté la nuit où nous avions vu les nécromanciens ranimer les cadavres dont son père faisait partie. J’avais appris à mieux le connaître durant ces derniers jours passés en sa compagnie, et j’avais également eu tout le loisir de l’observer, curieuse d’en apprendre davantage sur cette espèce. Le petit portait un crâne que je soupçonnais être celui de sa mère, puisque celui de son père était encore bien à sa place lors du bal des nécromanciens, et il ne se séparait jamais de l’os qui lui servait d’arme. Bien que fêlé suite au choc avec l’aile de mon Gueriaigle de prêt, il refusait catégoriquement de s’en défaire ou de le remplacer… Je n’avais donc pas insisté après ma première proposition pour ne pas le contrarier. Il était vraiment tout petit, bien trop jeune pour perdre ses parents, mais il maniait déjà sa massue avec une dextérité surprenante. Lorsque je l’avais vu faire la première fois, je n’avais pu m’empêcher de lâcher un sifflement d’admiration. Même avec mon arc et en pleine possession de mes capacités, je n’étais pas certaine de viser aussi bien ! Il avait même réussi à ramener le fruit dont la tige était entortillée autour de l’os en calculant précisément sa force et la trajectoire du projectile. Bluffée, je l’avais félicité avec chaleur, et le voir baisser les yeux d’un air gêné m’avait tiré un sourire. Dans mon malheur, j’avais trouvé un peu de lumière, même si l’identité de mon agresseur me tourmentait encore et avait ravivé de douloureux souvenirs.

Au terme d’une journée de chasse et de cueillette, je ramassai les derniers fruits que nous avions trouvés et regardai autour de moi. Je m’étais constitué un territoire assez limité, mais suffisant pour couvrir nos besoins, sans doute par peur de m’égarer encore et de me retrouver à la merci du moindre prédateur. Fort heureusement, la faune locale était assez peu belliqueuse à mon égard, et il m’arrivait régulièrement de croiser des Teddiursa en quête de Baies. Mon expérience aux Monts d’Obsidienne m’avait définitivement dissuadée d’essayer de me lier à ces Pokémon, de peur de voir débarquer les parents protecteurs et agressifs, mais j’étais toujours contente d’offrir un peu de notre butin à un ourson inoffensif. Lorsque l’un d’entre eux s’avança en me fixant avec de grands yeux, je lui tendis un fruit en souriant, avant de reculer prudemment. Le Teddiursa dévora son repas sous l’œil bienveillant de mon petit protégé, mais la silhouette qui se dessina derrière le Pokémon sauvage nous fit détaler à toute vitesse. Xul, que j’avais baptisé ainsi d’après une légende érasienne découverte peu avant mon départ, n’eut même pas un regard en arrière pour le bébé. Mon Osselait était courageux, mais il préférait éviter les conflits et les affrontements quand il en avait la possibilité. J’ignorais encore les circonstances de la mort de ses parents, mais je me doutais qu’ils avaient livré un âpre combat avant de succomber, d’après les quelques indices que j’avais pu recueillir.

Malgré notre fuite précipitée, nous n’eûmes aucun mal à retrouver le chemin de notre repaire. Après avoir ralenti, je sautai sur un rocher qui surplombait la vallée en contrebas, et au bout de laquelle je devinai un fleuve qui continuait vers le nord de ma position actuelle. D’après mes calculs, j’étais tombée au Pays de l’Air, Nalcia, assez loin de mon but initial. Mais je n’étais pour le moment pas en capacité de quitter les Monts Tempête, d’une part parce que ma monture n’était toujours pas en état de voler, et d’autre part parce que je ne pouvais me résigner à abandonner Xul à son triste sort ici. Oh, bien sûr, l’idée de l’emmener avec moi m’avait bien effleuré l’esprit. Mais quand je voyais le paysage sublime qui s’étalait jusqu’à l’horizon, et à la pensée de tout ce qu’il avait déjà subi… Xul était probablement né ici, et je n’avais pas le droit de l’arracher de force à ses terres natales. D’un autre côté, il était désormais orphelin, et l’avenir dans ces lieux était bien sombre pour lui… Avec un soupir, je déposai notre récolte de la journée près de moi, avant de m’asseoir sur l’énorme caillou, laissant mes jambes pendre dans le vide.

Le crépuscule tombait doucement sur les terres nalciennes, me laissant seule avec mes interrogations et mes dilemmes. Le ciel se teintait lentement de rouge et d’or, changeant ma perception de cet environnement que j’avais appris à aimer malgré notre premier contact plus que mauvais. Les montagnes projetaient leurs ombres sur leurs sœurs, tantôt rieuses, tantôt sévères, prenant des formes imprévues et effrayantes. L’une d’elles me rappela la silhouette facétieuse d’un Ursaring revenant parmi les vivants pour une atroce valse, et je détournai le regard pour observer un Galegon en pleine excavation. Au-dessus de moi, un Gueriaigle passa pour rejoindre son nid, donnant à manger à ses petits qui piaillaient sans discontinuer. Mon cœur se serra à la pensée de ma monture, grièvement blessée par ma faute. Ce soir encore, il me faudrait la soigner, jusqu’à ce que sa fracture ne soit plus qu’un mauvais souvenir...

Une petite patte inquiète se posa alors sur mes doigts cassés, avec une douceur qui me surprit encore. Xul me dévisageait, et je pris une nouvelle fois conscience de la profondeur de ce regard si jeune qui avait déjà tant souffert. La brume caractéristique qui recouvrait les Monts à la nuit tombée se leva, et je saisis l’Osselait avec délicatesse pour le prendre dans mes bras.


« Je vais mieux, mes doigts sont presque guéris, ne t’inquiète pas. Tu sais, je pensais… Je ne vais pas rester ici éternellement, alors je me disais que tu pourrais peut-être venir avec moi. Je veux voyager et apprendre à guérir les gens. Même si je ne peux rien pour les blessures du cœur, je veux pouvoir au moins résorber celles du corps, et je pense que j’ai beaucoup à apprendre en rencontrant des gens venus de tous les horizons. Mais pour être honnête (et un jour, je te dirai pourquoi je n’ai pas le choix), je n’ai pas envie de te laisser ici. »

Xul cligna des yeux plusieurs fois, avant de se blottir contre moi en guise de réponse. Je passai doucement ma main sur son dos, évitant les excroissances qui en dépassaient, tout en levant les yeux vers le ciel soudain bien trop clair pour annoncer une nuit paisible. En quelques instants, une furieuse tempête de neige s’abattit sur nous, nous obligeant à nous réfugier dans notre abri en emmenant notre précieux repas. Au bout d’une heure, le climat se fit plus doux, et même si le fond de l’air était encore frais, je pus enfin sortir en déblayant l’entrée de notre repaire. Au moment où je posai le pied dehors, un bruit sourd fit trembler la grotte, et je reçus une bonne dose de neige en pleine figure venant tout droit du sommet de l’abri. Un peu sonnée, j’enlevai au plus vite ce cadeau gelé de mon visage, et je fis un pas en arrière en constatant que le responsable n’était autre qu’une belette blanche et bleue qui se massait le crâne.

« Ça va, rien de cassé ? Tiens, prends ça pour te requinquer. »

Le Pokémon, que je n’avais jamais vu jusqu’à présent, accepta la Baie Oran avec plaisir, et elle décida de rester avec nous, profitant de la séance de soin quotidienne à mon Gueriaigle pour se lier d’amitié avec Xul. Il fallut encore deux jours à mes doigts pour récupérer leur souplesse et leur agilité, et lorsqu’au terme d’une semaine supplémentaire, enfin, ma monture put déplier entièrement ses ailes sans souffrir, nous partîmes, emmenant avec nous le Sabelette décidément bien singulier.

[Contrainte 1, insister sur la description des lieux et des personnages]

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