[ Clos ] Entre père et fils

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[ Clos ] Entre père et fils

Message par Kiel Wind le Ven 8 Jan 2010 - 2:46

[Contrainte no 1 : insister sur la description]

Kiel était assit là, les jambes suspendues dans le vide : en bas, le vide. Il ne voyait rien d’autre qu’un amat blanc de nuages qui l’empêchaient de voir le sol, probablement à des centaines de kilomètres plus bas… un véritable abime, un trou sans fin… et pourtant, il savait qu’il y avait une sorte de ville là-dessous : son père lui avait déjà apprit l’existence du sanctuaire du vent, lieu sacré qui n’était atteignable que grâce à un quelconque moyen de transport volant, pokemon, magie ou autre. Et pourtant, ce n’était pas cette ville que Kiel essayait de voir mais bien ce trou béant devant lui qui l’invitait à sauter, à en finir avec sa vie. Pourtant le jeune homme n’était pas du genre dépressif, loin de là : joueur, moqueur, toujours de bonne humeur, et surtout infatigable… voilà ce qu’il était habituellement. Et pourtant aujourd’hui, il était là, déprimant seul au bord du vide. D’ailleurs que faisait-il seul ? Lui qui avait toujours un petit chiot derrière lui, lui qui s’était trouvé une véritable amie il y a peu…

Tel était le résultat de la guerre. Envolés, disparus… il n’y avait plus rien autour de lui. Même cette herbe qu’il pouvait attraper lui filait entre les doigts, le fuyant comme la peste : même le vent qu’il maitrisait auparavant se jouait de lui, emmenant loin de lui les quelques larmes qui s’échappaient de ses yeux. Il était en vie… certes, en pleine forme même ! Les quelques blessures qu’il avait subites durant la seconde partie de la guerre avaient déjà disparues… pourtant il les ressentait en lui comme des pics qui transperçaient son cœur régulièrement.

Que se rappelait-il ? Il avait commencé par perdre Démolosse durant la courte trêve… il n’avait jamais revu le pokemon depuis. Sans doute s’était-il enfui… sans doute avait-il été tué… quoi qu’il en soit, il n’était plus avec lui. Ce n’était pas une grosse perte, ce n’était qu’un bon a rien de toute façon. Toujours à se plaindre, il devait a chaque fois le forcer à avancer quand il ne se retrouvait pas obligé de le porter… et depuis le début, il n’avait pas arrêté de lui sauver la vie ! Comment ce clebs faisait-il pour toujours se mettre dans des situations aussi pitoyables ? Bref, il ne lui manquait pas… non… pas du tout… ce pokemon n’était qu’une gène pour lui… ce n’était qu’un… un…


Un ami…

Le jeune garçon sécha ses larmes machinalement, sachant pertinemment qu’elles continueraient à couler et qu’il devrait à nouveau les sécher dans quelques instants. Sa manche était déjà bien trempée à force, d’ailleurs il ne faisait plus qu’étaler le liquide maintenant… mais il s’en fichait. Ce n’était pas important, plus rien n’était important.

Par la suite il s’était lancé dans un affrontement avec Mentarie, perdant ainsi de vue Mizuki : il avait le sentiment de l’avoir abandonnée… elle était sans doute morte elle aussi… par sa faute, parce qu’il n’avait rien fait pour la protéger. De toute façon il n’était pas doué pour protéger, il n’avait jamais réussi à défendre qui que ce soit. Il n’était bon que pour détruire, pour blesser, pour tuer… il l’avait bien vu pendant cette guerre, il avait tué de sang froid… tout ce vent qui l’avait entouré, il avait presque eut l’impression que l’air contrôlait son corps, et non plus l’inverse. Au final, il avait tout simplement perdu le contrôle de lui-même pour sombrer dans une folie destructrice… peut être avait-il fait un carnage ? Peut être Mentarie avait-elle réussi à le stopper ? En tout cas, pour la suite, il ne se souvient de rien. Il s’était réveillé sur un lit, aux cotés de son père auquel il n’a rien voulu dire et dont il n’a rien voulu entendre.

Depuis il était rentré sur Nalcia, se contentant de vagabonder comme une âme en peine. Il n’avait plus aucun plaisir à vivre, c’était comme si toute sa joie s’était envolée avec ses amis. A quoi bon rire quand on est seul ? Comment sourire d’une bêtise si personne ne peut profiter du spectacle ?
L’enfant s’allongea sur l’herbe douce qu’il n’arrivait même pas à apprécier. Ses yeux rouges encore trempés se plongèrent dans l’immense espace qu’est le ciel, toujours aussi sanglant malgré que la guerre soit terminée désormais. Quelqu’un pourrait peut être lui expliquer que le ciel n’était pas blessé, que cette couleur rouge-orangée n’était que celle d’un coucher de soleil, comme chaque jour et ce depuis la nuit des temps… et pourtant Kiel n’écouterait rien. Il s’attendait à voir un flot de liquide rouge tomber du ciel, à entendre un cri perçant venant de nulle part…

Une goutte… deux gouttes… bientôt suivis de milliers d’autres. Voilà le sang qui coulait… comment ? De la pluie ? Non… c’était bien du sang, quoi qu’en dise les autres… il la sentait sur lui, froide comme la mort, fouettant son corps comme une arme… et d’un simple coup de vent l’enfant eut l’impression de recevoir une claque humide en plein visage. L’élément de Nalcia n’était définitivement plus de son coté. Il était totalement seul désormais…



« Tu devrais te relever mon fils… les Wind sont des hommes forts… la tristesse ne s’engouffre pas en nous de cette façon. Elle nous gonfle et nous rend plus fort, ne reste pas abattu à cause d’une fatalité à laquelle tu n’aurais rien pu faire. »

Cette voix dure… ces paroles pleines de sens et pourtant si difficiles à accepter pour l’enfant. Son père se tenait là, juste derrière lui : une cape sombre recouvrait son corps des pieds à la tête, le protégeant de la pluie qui tombait. Seul son visage était visible, légèrement assombrit par une capuche. L’emblème des Wind était visible dans son dos, deux magnifiques ailes de dragon rouge… quel était le sens de ce symbole ? Montrait-il qu’un humain avait réussi à obtenir le pouvoir des dragons, la force de leurs puissantes ailes qui leur permettaient de dompter les vents sans difficulté ? Ou montrait-il justement ces créatures auxquelles on aurait coupé les ailes ? Emprisonnée, pour profiter de leur force… Un mystère… et surtout une réflexion inutile qui lui était venue sans raison valable… pourquoi son père était-il ici ? Il ne voulait pas lui parler… il ne répondrait pas. D’ailleurs il ne bougerait pas. C’était une perte de temps.

« Kiel, je ne suis pas venu pour te laisser t’apitoyer sur ton sort. Beaucoup de membres de notre famille sont morts durant la guerre… tu aurais pu en faire partie. Si tu étais resté, tu aurais pu suivre un entrainement plus sérieux… si tu étais resté, tu aurais pu protéger ceux auxquels tu tenais. Si tu étais resté, tu aurais pu te battre comme un homme aux cotés des tiens. »

Il laissa un blanc, plongeant son regard dans les yeux de son fils : l’enfant ne semblait pas écouter, il restait figé, fixant les nuages sombres qui se déplaçaient dans le ciel, cachant régulièrement le soleil qui tentait tant bien que mal de percer au milieu de cet amat gris pour émettre sa lumière rouge orangée.
A quoi bon lui raconter tout cela ? Kiel le savait très bien. Il n’aurait jamais du partir. Il n’avait fait que perdre son temps. Et pour quoi ? Pour cette bête qui n’était plus… le père reprit sur un ton étrangement plus doux, ce qui fit hausser les sourcils à Kiel : l’adulte sourit en voyant une réaction de la part de son fils, mais ne s’interrompit pas pour autant.


« Mais tu n’aurais jamais été le fils que j’ai aujourd’hui, qui malgré qu’il ait énormément de défauts, a de nombreuses qualités qui font de lui un homme. Je t’ai observé quand j’en avais l’occasion pendant cette guerre : tu ne te bats pas bien, c’est évident. Mais tu te bats avec une telle fougue… tu protèges les tiens avec tant d’entrain… tu vaux mieux que le Kiel que j’aurais élevé si tu étais resté. Garde espoir mon fils. Tes amis ont disparus… peut être même sont-ils morts… mais ils vivront toujours en toi, et tu vivras pour eux… et pour tout ceux qui viendront.»

Kiel garda les yeux grands ouverts un moment, jusqu’à ce qu’une goutte de pluie tombe directement dans l’un d’eux. L’enfant cligna des yeux rapidement, remarquant enfin que ce n’était pas du sang qui coulait, mais bien de la pluie. L’adulte à coté de lui sortit quelque chose de sous sa cape, le jetant directement à Kiel :

« Attrape ! »

L’enfant ne bougea pas, il ne vit même pas la créature qui lui atterrit sur le ventre, plantant ses petites griffes dans ses vêtements trempés, effrayée par la chute qu’elle venait de faire. Kiel baissa enfin les yeux, observant la petite Evoli recroquevillée sur elle-même qui jetait des regards effrayés autour d’elle. L’humain se releva enfin, sentant son corps tout engourdit à force de rester ici sans bouger : à l’origine il comptait faire fuir la bestiolle qui s’accrochait à lui en se levant, ou au moins la faire tomber par terre, mais la petite boule de poil restait accrochée par les griffes, tremblant de tous ses membres en fixant le visage de l’humain : elle semblait implorer sa pitié… comme s’il était en train de la menacer de mort. Exactement le même regard qu’une victime de cette guerre…

« Elle est ainsi depuis que je l’ai trouvée là-bas, durant la guerre. Je ne sais pas ce qu’elle a vu, mais ça lui a fait un choc. Enfin, sans doute sa famille a-t-elle été massacrée sous ses yeux, ou quelque chose comme ça… »

Kiel continuait de fixer d’un air neutre cette chose qui s’accrochait à lui comme à la vie, lui accordant autant d’importance qu’à lui pluie qui tombait. Finalement il regarda son père pour la première fois depuis son arrivée, remarquant le sourire sur son visage : étrange, il ne l’avait pas vu sourire depuis longtemps… depuis qu’il était partie probablement… d’ailleurs il ne l’avait pas vu souvent ces derniers temps. Il n’aurait jamais cru un jour dire ce qu’il allait dire maintenant, et pourtant…

« Je ne peux pas le garder. Je dois rentrer… entraine moi, permet moi de devenir plus fort, je dépasserais n’importe lequel de tes élèves, je battrais n’importe quel autre élémentaliste s’il le faut… je ne veux plus jamais qu’une telle tragédie se produise sous mes yeux sans que je puisse l’empêcher. »

Le père s’approcha de son fils, posant une main sur son épaule gauche puis répondit :

« Kiel… tu ne peux pas revenir, tu as un pokemon… »

L’enfant allait répliquer, expliquant à son père qu’il refusait cet Evoli, qu’il ne voulait surtout pas avoir un nouveau poids qui l’empêcherait d’avancer, mais l’homme ne lui laissa pas le temps de répondre, faisant signe de se taire à son Kiel :

« Toutefois, je veux bien t’entrainer… si tu veux une leçon, passe chez toi Kiel. Je t’y attendrais. Tu peux même venir tous les jours si tu le souhaites, la seule obligation que tu auras sera de ne pas vivre parmi nous avec ce pokemon. Tu dois le protéger… et tu sais très bien ce qui pourrait lui arriver s’il tombait sur certains d’entre nous. »

Kiel hocha la tête : les pokemons sauvages qui osaient entrer dans la maison des Wind n’en ressortaient jamais… d’ailleurs il arrivait que les plus jeunes de la famille s’amusent à capturer les quelques courageux qui passaient dans la rue, prenant plaisir à tester sur eux leurs diverses nouvelles techniques : les pokemons n’étaient que des bêtes pour eux, à la rigueur des armes qu’ils refusaient d’utiliser, et parfois même de simples mannequins d’entrainement. Kiel prit enfin la petite Evoli entre ses mains, la levant devant lui pour mieux l’observer : la petite tremblait encore, elle essayait de se débattre mais semblait trop jeune et trop faible pour s’échapper des mains de Kiel. Son pelage était doux, mais malheureusement trempé : d’ailleurs le petit animal secoua sa tête, aspergeant un peu plus le visage de l’enfant. Ce dernier lâcha un très bref sourire, mais suffisamment visible pour que son père le remarque : l’homme commença à s’éloigner, content de son geste auprès de son fils. Kiel serait sans doute remit d’ici peu… tout comme cet Evoli. Il avait pensé à son fils immédiatement en le voyant, ces deux là allaient très bien ensemble ! Mais il manquait encore une chose pour que l’enfant n’ait plus de séquelle de cette guerre : son ami. Car oui, c’était comme ça qu’il voyait ce Démolosse. Lui qui pourtant vivait parmi les Wind, lui qui avait essayé d’enseigner à son fils que les pokemons n’étaient que des bêtes… il avait reconnu ce Démolosse comme l’un des siens, au même titre qu’un humain.

Kiel rapprocha la petite boule de poils marron de son corps, commençant à lui caresser la tête doucement : mais l’Evoli voyait cela autrement. Elle réussit enfin à s’échapper des mains de Kiel, bondissant dans la capuche sur son dos. L’enfant plaça le morceau de tissu sur son épaule, formant comme un abri contre la pluie pour le petit pokemon. Elle ne remplacerait jamais Démolosse… évidemment… mais cette petite créature lui réchauffait légèrement le cœur, au moins il n’était plus seul…

L’enfant se remit enfin en route s’éloignant petit à petit de ce gouffre béant qu’il ne reverrait probablement plus avant un bon moment : la déprime l’avait quitté, la vie l’appelait désormais. Et derrière lui, il sentait le vent qui soufflait, l’entrainant vers son avenir comme auparavant. Son élément était revenu… maintenant il devait lui montrer qu’il était digne de le maitriser.

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